Esthétique du sexe vue par une photographe britannique

Capture d’écran 2019-02-14 à 16.44.32.png

Je parcours les titres du Guardian chaque jour et je suis fasciné quand ce quotidien en ligne totalement gratuit ose aborder des sujet décapants si on est imprégné de cette morale judéo-chrétienne rétrograde qui a, pendant des siècles, rabaissé la sexualité au niveau du caniveau. Les Anglicans ont bien compris depuis le Roi Henry VIII que les prêtres étaient des hommes comme tout le monde et que par conséquent ils avaient le droit de vivre avec une épouse, copuler et engendrer des enfants, si possible dans la « position du missionnaire » afin que leur partenaire ait quelque chance d’atteindre le plaisir. Les catholiques purs et durs ont banni ces horribles turpitudes et il est arrivé ce qui était prévisible, l’épidémie de pédophilie qui ravage les prêtres condamnés au célibat et donc à la pédophilie ou à l’onanisme. De ce fait l’image de l’église catholique s’est considérablement dégradée dans l’opinion de catholiques pourtant convaincus. Pour les Anglais et encore plus pour les Canadiens les choses du sexe font partie du quotidien. Au Canada, et en particulier au Quebec, ce sont les femmes qui « chassent » et elles se moquent des a priori religieux ou moraux.

En Grande-Bretagne, le Guardian est là pour le prouver, le sexe et la sexualité occupent une position centrale qui ne doit pas être négligée par un média de grande diffusion. En définitive il n’y a que deux préoccupations majeures dans la vie quotidienne de tout individu : l’argent et le sexe. L’argent concerne la vie de tous les jours puisque ce que l’on gagne matérialisé sous forme de billets de banque est le résultat de la création de richesse par le travail qui au final nous permet de vivre, de nous nourrir, de nous loger, d’assurer notre descendance et c’est sur ce point que l’argent rejoint le sexe, la procréation. Comme n’importe quel autre animal nous sommes sur terre pour assurer la perpétuation de notre espèce et il est vain de le nier. Pour élargir ce lien entre argent et sexe, la prostitution et la grossesse pour autrui sont deux approches différents permettant de lier le sexe, l’argent et la procréation, étant entendu que les femmes ont le droit de disposer de leur corps, un droit inaliénable qui ne concerne que les individus et certainement pas les politiciens qui s’agitent périodiquement à ce sujet.

Quand Victoria Bateman donne une conférence dans la tenue d’Eve (billet du 11 février dernier) elle n’enfreint aucune loi. La photographe britannique Laura Dodsworth (illustration) a peint en photos la relation entre le sexe et l’aspect, non pas de l’acte sexuel lui-même, mais de sa véritable image anatomique, disons pour un couple normal, perçue au quotidien. Cette photographe a d’abord réalisé en quelque sorte un reportage sur les seins et il est surprenant de réalisme, jugez par vous-même avec ces trois photos :

Capture d’écran 2019-02-12 à 23.43.08.png

Puis elle s’est intéressée aux pénis et cette mosaïque est tout aussi réaliste qui aurait fait l’objet d’une éloge dithyrambique de la part de Pierre Perret :

Capture d’écran 2019-02-12 à 23.31.17.png

Pour parfaire son oeuvre Laura Dodsworth s’est alors penchée sur la vulve, vaste programme … Elle insiste sur le fait que la femme, à moins de se contorsionner ne peut pas voir son sexe et elle utilise maintenant son smart-phone pour réaliser un selfy de sa vulve – dixit Laura Dodsworth – alors que l’homme a le privilège de pouvoir contempler son « service trois pièces » en toute liberté. Cette constatation est d’ailleurs une preuve supplémentaire de la différence entre une femme et un homme. Cette artiste du 24×36 numérique n’a pu que constater l’immense diversité esthétique du sexe féminin. La perception, par l’homme, de l’esthétique intrinsèque d’un sexe de femme n’est pas objective puisqu’elle est corrompue par le fait que l’homme est aussi un géniteur soumis à ses instincts et le spectacle d’un sexe de femme éveille ces instincts. Laura Dodsworth a inclut dans cette mosaïque de sexes féminins sa propre vulve :

Capture d’écran 2019-02-12 à 23.45.07 - copie.png

Pour l’anecdote, je me souviens il y a bien longtemps m’être trouvé au bord d’une piscine avec deux femmes, la mère et la fille, et nous étions tous les trois nus pour profiter pleinement du soleil. La fille, qui de mémoire devait avoir environ 25 ans, me demanda sans aucune gène et devant sa mère, un peu amusée, en écartant légèrement ses jambes, si je trouvais son sexe agréable à regarder, si je le trouvais beau. Je signale au passage que ni la mère ni la fille ne s’épilaient. Je fus surpris par cette question car je ne prêtais pas particulièrement attention aux sexes ni de la mère ni de la fille, car, comme aurait dit Pierre Desproges, je regardais voler les papillons. Bref je ne sus pas trop quoi répondre et cette fille dit alors : « Moi je ne le trouve pas beau ».

Source et illustrations : The Guardian

Et pour approfondir la relation entre argent, bonheur et sexe, une causerie avec la sociologue Eva Illouz, d’origine marocaine, professeur à Princeton et à l’Université de Nanterre à voir absolument : https://www.youtube;com/watch?v=dTtirdyvqww

7 réflexions au sujet de « Esthétique du sexe vue par une photographe britannique »

  1. Le titre esthétique du sexe paraît bien inapproprié ! Une visite au musée d’Orsay et l’arrêt devant « l’origine du monde » pour une prochaine visite à Paris ? Par ailleurs jeter l’opprobre sur toute une religion à cause de quelques brebis galeuses met en doute des capacités de discernement de l’auteur. Il sait fort bien que s’il incrimine de la même manière les rabbins, les imans, les pasteurs, les bonzes, les chamanes, les yogis cela serait plus honnête car les études de scientifiques impartiaux montrent qu’il y a la même proportion de « détraqués » dans toutes les religions et dans la population… Espérons par ailleurs que Jacques Henry ne fait pas subir à ses femmes, nombreuses elles aussi, le triste sort des épouses d’Henry VIII…

    • Je suppose que vous n’avez pas passé 7 années de votre adolescence en pension chez les curés. j’ai subi au cours de ces années de nombreuses tentatives de séduction de la part de ces personnages que je hais viscéralement. Je n’ai connu qu’un seul curé sympathique dans la Saône-et-Loire profonde qui aimait le bon vin et les bons morceaux de viande. Normal : il avait fait 4 enfants à sa « bonne » et toute la commune, y compris les hobereaux locaux, subvenaient largement à ses besoins de père (des âmes) de famille. Voilà la raison pour laquelle j’ai glissé ce trait d’humeur dans mon billet …

  2. Le sujet proposé par Jacques Henry et Mme Illouz s’accorde bien avec la Saint Valentin mais est d’une complexité inouïe car si on sait expliquer (un peu) la Nature grâce à la science et aller sur la lune grâce à la technologie, force est de constater qu’on ne sait toujours pas pourquoi deux êtres vont s’unir pour la vie quelques fois, et la plupart du temps divorcer au bout de quelque années d’union libre ou de mariage. Il faut donc avoir une approche réductionniste pour saucissonner la problématique en parties les plus élémentaires possibles.
    Deux remarques de base :
    1- parler des Hommes et des Femmes est possible mais uniquement sur un plan biologique, dire  »nous les femmes » ou « nous les hommes » est un non sens car ce ne sont pas des ensembles homogènes;
    2- la reproduction répond à des impératifs biologiques inscrits dans l’ADN avec les chromosomes sexuels, et les femmes ont deux impératifs provenant certainement de leur double chromosome X : le besoin impérieux de faire des enfants, et celui tout aussi impérieux de les élever et de les protéger le plus longtemps possible; chez l’homme, cette contrainte est moins forte, plus sociale que biologique, l’homme étant biologiquement conçu pour aller donner son ADN au plus grand nombre (du moins chez la plupart des mâles des espèces animales); l’homme est un butineur;
    Ceci étant posé, il faut injecter maintenant les contraintes sociales qui varient selon les cultures.
    – Jusqu’aux années 60, un homme et une femme se mariaient, créaient une famille, en général le plus longtemps possible, le divorce étant excessivement mal vu, surtout par l’église qui n’accepte -je crois- toujours pas de remarier les gens déjà divorcés (on jure à l’église devant Dieu, devant sa famille et devant ses amis amour, fidélité et protection toute sa vie, on ne doit donc pas revenir sur cet engagement dans la logique de la religion catholique);
    – vinrent ensuite les années 60 et 70, au cours desquelles les femmes purent travailler en plus grand nombre, et devenir plus indépendantes financièrement, la notion de chef de famille pour le père prenant un sacré coup dans l’aile puisque le chef de famille était chef tant qu’il faisait bouillir la marmite (les femmes accédèrent ainsi à la possibilité d’avoir un compte en banque après guerre en même temps que le droit de vote en France). Cette période coïncide également avec la libération sexuelle et la naissance d’un féminisme exacerbé : on voulait d’abord jouir de son corps avant de sacrifier aux contingences biologiques;
    – des études récentes ont montré d’ailleurs que la libération sexuelle a eu un impact sur la durée de vie d’un couple : plus les femmes (et les hommes aussi je crois) ont de multiples partenaires avant le mariage, et plus le couple voit sa durée de vie réduite (ce qui laisse supposer que la sexualité des « couples modernes » prend plus d’importance qu’avec les couples plus traditionnels);
    – les jeunes d’aujourd’hui assimilent très rapidement avec l’Internet les techniques sexuelles et la majeures partie des adolescents savent pour la plupart à partir de 12 ans ce qu’est la sodomie, la bisexualité, le sexe de groupe, le fist-fucking, les douches de sperme, les gloryholes etc… ce qui peut poser problème car cette éducation qui se fait en général progressivement entre 12 et 20 ans, se voit parasiter par des concepts que les psychologues qualifient de pratiques sexuelles déviantes;
    La question qu’on peut se poser maintenant est : « où est l’amour dans tout ça ? ».
    Le piège classique consiste à expliquer que les femmes sont holistiques et conçoivent le sexe et l’amour comme une continuité alors que l’homme est plus sauvage qui ne voit dans l’amour qu’une possibilité de fornication, c’est un « baiseur invétéré », en bref le queutard modèle DSK apprécié des médias. C’est je crois une grande erreur d’appréciation, les femmes de 40 ans et plus qui divorcent et se remettent sur le marché de la séduction, après avoir passé du temps à l’éducation des enfants, se rappellent soudainement qu’elles sont des femmes, que le temps est compté avant la ménopause, et se comportent souvent (mais pas toujours) comme des consommatrices, à l’instar de beaucoup de séducteurs;
    – la sexualité est de nos jours devenue marchande, comme le souligne Eva Illouz, ce qui complique les relations hommes-femmes;
    – les attentes des gens sont également devenues très élevées, on veut le grand amour à tout prix et à tous les âges…surtout en France, alors que les britanniques sont quelque plus pragmatiques et moins romantiques différents : le mot « love » signifie chez eux à la fois « amour » et « amitié ».

    • Merci cher monsieur pour cet excellent commentaire et je partage votre opinion sauf sur un tout petit point : beaucoup de femmes découvrent leur libido après la ménopause. Comme je suis un biologiste et que j’ai travaillé (il y a bien longtemps) sur les hormones sexuelles, les femmes ménopausées synthétisent un peu plus de testostérone ce qui stimule leur libido. C’est l’un des effet de cette hormone.
      En guise de conclusion je constate que mes billets relatifs au climat attirent beaucoup plus de commentaires alors que les choses du sexe occupent un point central dans la vie et cette histoire de climat n’est basée que sur des suppositions pseudo-scientifiques. Je ne pense pas que beaucoup de couples dissertent de réchauffement climatique sur l’oreiller ! Cette photographe anglaise a osé et le Guardian a aussi osé illustrer ces diversités de l’aspect des sexes et elle doit en être remerciée. C’est aussi de l’information que la pudeur veut ignorer. On pourrait disserter sur l’importance quotidienne du sexe à l’infini mais il s’agit tout simplement d’un comportement instinctif et nous en sommes dépendants, c’est sur ce point que je conclurai ce commentaire.

      • Merci également 🙂
        J’ai constaté en effet que les femmes ménopausées avec qui j’ai eu des relations étaient beaucoup plus « entreprenantes » à l’horizontale que des femmes plus jeunes, mais je pensais que c’était un épiphénomène, alors que beaucoup d’entre elles disent en public que leur « libido est en berne depuis la ménopause » pour reprendre l’expression d’une de mes ex-compagnes. Je ne savais pas que le phénomène était plus global. Merci de l’information, ça devrait donner des idées croustillantes à plus d’un 🙂

  3. Histoire de nuancer et compléter Camembert au sujet de l’amour si on prend l’expression espagnole « te quiero » pour dire je t’aime et qui se traduirait par « je te veux », nous avons affaire à une volonté d’acquisition apparemment évidente. Toutefois elle dénote aussi du souhait de l’établissement d’un lien qui se structure consciemment : nous y retrouvons là un aspect culturel qui recouvre (telle une couche qu’on superpose) l’approche biologique de continuité phylogénique puisque lien suppose mise en place d’une relation.
    Or cette relation est fondée sur la reconnaissance de soi, sur le ressenti d’un désir d’union dont la physiologie hormonale décidera du bon accord des odeurs (Oh Lancôme et papillons).

    Tout ceci pour dire que le mode sexué de reproduction est un moyen et ne présente à aucun moment une quelconque relation avec l’amour qui se situe sur un autre plan qui pourrait être regardé et inspecté à partir de l’expression du mode affectif que les mammifères ont fortement accru par la protection de leurs progénitures.
    Remarquons sociologiquement, et pour prendre exemple, que l’homme recherche – tentative d’établissement de liens – ce qui lui manque le plus, ce qui se traduit par le fait qu’il en parle le plus tel par exemple que le souhait de communication et de son manque comblé artificiellement en constatant l’explosion des réseaux sociaux. De même l’amour, chanté depuis l’antiquité, est le thème qui revient le plus depuis que l’homme le recherche d’autant plus ardemment qu’il n’existe pas là où il souhaiterait le trouver : c’est-à-dire dans une reconnaissance de soi qui est de l’ordre du culturel et qu’il l’impute sur un niveau biologique pour mieux convaincre qu’il est rattaché à une Nature.

    Voici pourquoi dans un autre billet ( j’avais fait la remarque que « l’homme est CULTUREL et non NATUREL ». Il restera dans ce dilemme tant qu’il croira que son statut ressort d’une nature dont sa conscience, emplie d’un langage culturel – verbal ou non – s’est éloignée dans une séparation corps/esprit sur laquelle des auteurs comme Koestler ou Sartre se sont interrogés.
    Le sexe est sur le plan biologique, le reconnaissance de soi (et son alliée psy qui est le besoin de sécurité) concerne le plan mental quand à l’amour je laisse au lecteur le soin de le confectionner ! 😉
    Aussi, à chacun de relier ces (ses) plans et comme dirait les belges de tirer son plan pour trouver sa bonne route lol

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s