Transition énergétique (suite) : un suicide à l’échelle planétaire !

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La substitution des énergies d’origine fossile par des sources dites renouvelables à l’horizon 2050 afin de diminuer l’empreinte carbone globale va conduire à un impact considérable sur le revenu brut des nations ayant opté pour un tel changement de paradigme énergétique. En choisissant comme modèle de base l’évolution passée – 1980-2000 – des produits intérieurs bruts corrélée à la consommation d’énergies fossiles les prédictions sur l’avenir laissent rêveur sinon perplexe. La croissance économique passée a été principalement alimentée par la disponibilité en une énergie bon marché et non pas comme on a coutume de le penser à tort par les progrès techniques exclusivement. Ceux-ci ont été rendus possibles par l’abondance de cette énergie fossile à bas prix. La croissance économique est en effet étroitement liée à la consommation d’énergie primaire et les besoins en énergie iront croissants pour satisfaire l’accession des pays en développement à un standard de vie proche de celui des pays développés. L’énergie est essentielle pour la croissance parce que toute production de biens est liée au capital, au travail et à l’énergie, trois paramètres intimement liés contrairement à ce qu’indiquent certains modèles économiques inspirés de situations biophysiques.

Le lien entre croissance économique et énergie n’est que très peu « élastique ». Il suffit d’un exemple pour comprendre cette relation très étroite avec le cas des engrais pour l’agriculture. Il faut de l’énergie – beaucoup d’énergie – pour produire des engrais. L’épandage de 50 kg d’engrais azotés par hectare augmente le rendement d’une culture comme le maïs de plusieurs tonnes parce l’azote est un nutriment limitant. Il en est exactement de même pour l’économie : l’énergie est un intrant limitant qui est absolument nécessaire mais pas suffisant car il faut y adjoindre du capital et du travail. Or comme plus de 80 % de l’énergie produite et consommée dans le monde provient des combustibles fossiles, ceux-ci sont donc LE facteur limitant qui apparaitra dans les prochaines décennies dans le cadre de la limitation de la production de carbone. En conséquence, l’effondrement des économies du monde entier sera inévitable.

En restant dans l’hypothèse déjà très défavorable d’une décroissance de l’usage de combustibles fossiles à l’horizon 2050 de 80 % – le but fixé par les pays de l’Union Européenne ( ! ) – et en étendant les prévisions de l’évolution des produits nationaux bruts au monde entier il en résulte une situation pas vraiment enviable à cet horizon 2050. La consommation d’énergie primaire chutera à son niveau du début du XXe siècle. Le produit intérieur brut global sera de 42 % inférieur à celui de 2010. Ce produit intérieur brut global sera de 137000 milliards de dollars (dollars 2015) inférieur à celui pouvant être prévisible selon les modèles largement vérifiés durant la période 1820-2000 qui établissent une corrélation étroite entre consommation d’énergie primaire et croissance économique. Et enfin l’économie mondiale décroitra de 0,6 % par an entre 2015 et 2050 (ce qui est déja le cas en 2018 depuis l’année 2015, la consommation de pétrole étant l’un des meilleurs indicateur de croissance et celle-ci a commencé à décroitre).

Dans ces conditions il est peu vraisemblable que des investissements significatifs puissent être raisonnablement envisagés pour le développement des énergies dites renouvelables sans une paupérisation drastique des populations. Ces populations seront-elles prêtes à sacrifier leur confort de vie pour poursuivre une telle chimère ? Ce n’est malheureusement que l’instauration d’une gouvernance mondiale totalitaire qui pourra permettre d’atteindre de tels objectifs irréalistes. Et la poursuite de tels objectifs sera d’autant plus difficile que les économies, en particulier occidentales, entreront dans une récession brutale et durable. Autant dire que sans un changement complet de paradigme énergétique l’avenir apparaît très sombre. Je suis un ardent défenseur de l’énergie nucléaire qui elle seule peut permettre un avenir à l’humanité qui soit enviable et au risque de me répéter il y a assez d’uranium sur la Terre pour assurer pendant plusieurs milliers d’années une production d’énergie électrique stable, bon marché et non polluante à partir de laquelle tous les process industriels existants aujourd’hui pourront être adaptés.

Il est significatif de constater que les deux pays les plus en pointe dans la progression technologique de l’énergie nucléaire sont la Chine et la Russie. Ces deux pays ont interdit leur accès à Greenpeace. Cette organisation ainsi que d’autres ONGs occidentales y sont considérées comme indésirables …

Source : NIPCC, liens : Hypersustentatrices LLP. 2015 « The World in 2050 : Will the shift in global économic power continue ? et Tverberg, G. 2012 « An energy/GDP forcast to 2050« , Our Finite World

15 réflexions au sujet de « Transition énergétique (suite) : un suicide à l’échelle planétaire ! »

  1. Bonsoir Jacques Henry
    je suis assez d’accord avec les questions que vous vous posez. Vous parlez de l’énergie nucléaire qui produit de l’électricité mais il y a tous les besoins ou l’électricité n’est pad prête de remplacer le pétrole comme l’aéronautique ou le Btp. Je n’imagine pas les énormes bull dozer et camions géants tourner sur batterie. L’humanité va être confrontée à un choix cornélien de niveau de confort et de qualité de vie, face à une dégradation de son environnement. Mais les géants pétroliers ne sont pas prêts de pomper jusqu’à la dernière goutte de conventionnel et de schiste. Sans parler du gaz. Alors on parlera de plus en plus de geo ingenierie d’abord pour capter le co2 puis de balancer des sulfites ou autres pour contrer le réchauffement. Avec tous les risques que cela comporte. Sauf si les températures chutent comme vous l’annoncez. Mais ça me semble mal barré tout ceci !

    • Je suis moins pessimiste que vous. Il y a encore des réserves de charbon colossales dans le monde (y compris en France !) et comme vous ne l’ignorez pas le charbon peut remplacer en grande partie le pétrole pour la production de carburants. Pour ce qui concerne le pétrole et le gaz nul ne connait précisément les réserves et encore moins les potentialités encore non explorées. Il y a aussi les hydrates de méthane des fonds océaniques dont l’exploitation est encore très onéreuse.
      Je suis convaincu que les ingénieurs trouveront en temps utile les solutions pour par exemple produire de l’hydrogène. Dans ce domaine la seule technologie rentable fait appel aux réacteurs nucléaires à haute température qui sont activement étudiés par la Chine et la Russie. J’ai des petits-enfants et peut-être avant ma mort des arrières-petits-enfants et je ne peux pas me permettre d’être pessimiste.
      Quant au refroidissement du climat tel qu’il est prédit par de nombreuses équipes de scientifiques (dont je ne fais que reprendre les travaux sur mon blog) il est urgent que les politiciens changent leur fusil d’épaule car il en va réellement de l’avenir de l’ensemble de la population de la planète.

    • Bah un 80 T mus par un monstre gazogène, ce serait sympa non ❓
      Sinon, grâce à la surgénération, le méthane synthétique sera accessible.

    • Pour info : les exploitations minières géantes à ciel ouvert opèrent d’énormes pelleteuses fonctionnant à l’électricité et non au pétrole.

  2. Peut-être ne faut-il pas trop s’inquiéter ?
    On va pouvoir reservir l’effet de serre aux politiques dans la phase de refroidissement… Pour le coup là il faudra faire beaucoup de CO2 pour réchauffer l’atmosphère. Et les énergies fossiles, le charbon en tête redeviendront à la mode.

  3. On sait que l’énergie et le produit intérieur brut mondial (donc le niveau de richesse des pays, donc le niveau de vie de la population mondiale pour faire court) sont bien corrélés, et cette corrélation obéit à une droite presque parfaite dont voici une représentation graphique de 2017 issue du blog de Jean-Marc Jancovici qui a bien étudié cette question :

    L’accroissement d’énergie équivaut donc à plus de richesses, et donc de quoi nourrir une population mondiale qui croît à une vitesse très rapide qualifiée d’exponentielle (en mathématiques, on appelle cette croissance une suite géométrique de raison q).
    Restreindre l’énergie équivaut donc à directement réduire les richesses et donc la population vivant sur Terre.
    Restreindre l’énergie est exactement ce que les organisations écologistes veulent faire puisque -aujourd’hui- elles admettent que leur projet est celui de la « décroissance ».
    Combien de gens comprennent aujourd’hui que la décroissance consiste à faire mourir des populations entières ? Quasiment personne malheureusement.
    Ainsi, l’idée (prétendue « hautement morale » de ces organisations écologistes) est de réduire la consommation d’énergie pour réduire la population. Il s’agit donc là de ce qu’on pourrait appeler « un agenda totalitariste », voire nazi.
    Je ne dis pas que cela a été volontaire de la part des consommateurs soucieux de réduire la pollution atmosphérique.
    Je dis simplement que c’est une conséquence logique de la volonté de suppression des énergies conventionnelles peu onéreuses comme les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) et leur substitution par le biais d’énergies intermittentes (solaire, éolien) très coûteuses.
    Ainsi, il y a eu augmentation volontaire du prix de l’énergie depuis 30 ans, et comme tout français l’aura constaté en regardant ses factures d’électricité et de gaz, ceci a bien fonctionné car la facture énergétique EDF/GDF des français a été multipliée par un facteur de 6.5 depuis la fin des années 90.
    Le bilan de l’action des organisations écologistes politiques est un bilan anti-démocratique car
    -en faisant adopter de force des énergies alternatives et intermittentes comme l’éolien et le photovoltaïque- il vise à paupériser davantage les gens aux revenus les plus modestes.
    Plus encore, il vise à réduire -à une plus grande échelle- la population mondiale, puisque selon la droite de Jancovici, plus on augmente le prix de l’énergie et plus on plonge les plus pauvres dans l’extrême pauvreté, voire la mort.
    Finalement, les préconisations des organisations écologistes sont calquées sur l’agenda de l’ex « Club de Rome » des années 1970 qui visait à recommander de réduire la population du globe pour permettre à la population restante de vivre avec un niveau de vie plus élevé.
    Cet agenda « malthusien » peut se comprendre dans la mesure où la Terre ne peut accueillir confortablement qu’une nombre limité de personnes. Le crédo est qu’ « on ne peut faire de croissance infinie dans un milieu fini ».
    Mais que diable ! Que ces organisations écologistes le disent clairement à l’ensemble de la population ! Elles veulent la mort des plus pauvres et des plus précaires !
    Au lieu de cela, elles cachent sournoisement leurs buts inavoués de décroissance et de réduction de la population (via des famines donc) derrière des artifices relatifs à la pollution atmosphérique par un gaz naturel présent à l’état de traces infimes dans notre atmosphère (le CO2 supposé être un gaz à effet de serre alors que le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau, et que ces deux gaz sont la source de croissance des plantes, avec l’aide précieuse du soleil).
    Les gens finiront-ils par ouvrir les yeux ou attendront-ils de mourir de faim pour réagir ?
    Doit-on attendre l’arrivée de « Gilets Jaunes Energétiques » pour enfin se poser les bonnes questions ?

    • En effet il y a une idéologie « underground » sur la limitation de population, mais ici on risque de rentrer dans des sphères complotistes si on prend la maîtrise de la circulation financière par quelques « grandes » familles …
      En tant que français respectant le noble territoire agricole, il est important de nourrir une population mondiale qui, par train de vie social (auto limitation des naissances) croisé avec les migrations en croissance, pourra atteindra les 10 millliard d’ici 100 ans puis s’y stabiliser voire même de régresser lentement par la suite.
      Nourrir 10 milliard n’est pas un problème pour la planète, on (les agro dont je fais partie) le savais dès les années 80. Par contre l’énergie utilisée pour l’agriculture et le niveau de vie sont , comme l’indique ce billet, un facteur limitant si on prend en compte l’apport du pétrole qui n’est pas que source d’énergie mais aussi produit de consommation dont tout le secteur de la pétrochimie est déterminant dans notre confort de vie (à bas coût …et les bas de madame aussi !).
      Alors gardons le pétrole pour des matériaux indispensables et peux coûteux selon l’ordre de nos connaissance actuelles et, par défaut, continuons sur les améliorations en sûreté de fonctionnement du nucléaire et les recherches dans la recyclabilité des déchets … dommage que la filière STRONTIUM fût écartée des choix pour des raisons de stratégie militaire 😦
      L’homme ne changera pas le climat (qui nous a pas attendu pour nourrir nos dinosaures) et les micro variations anthropiques de CO2 sont toujours bon à prendre en positif pour la production végétale !

      • D’accord avec votre analyse, et voici comment je vois les choses sur un plan général :
        – comme les producteurs du Moyen-Orient font tout pour se diversifier, on peut être certain que le « peak-oil » -prévu pour 2010-2020- a été dépassé (du moins pour les bruts légers); les bruts plus lourds et plus difficiles à traiter seront à garder, notamment du fait que la fin du siècle promet des surprises au niveau climatique, ce qui devrait booster les prix et la rentabilité des pétroles non-conventionnels;
        – il faut donc électrifier tout ce qui consomme des carburants fossiles dans la mesure des possibilités techniques et économiques (donc essentiellement les véhicules à moteur, hors aviation, qu’il faut recharger avec des énergies propres et non intermittentes, donc obligatoirement du nucléaire);
        – pour ce faire, la France a une bonne avance avec ses centrales nucléaires, qu’il faut moderniser : remise à neuf du parc pour prolonger sa durée de vie, installation d’EPR dont on commence à maîtriser la construction et de réacteurs à neutrons rapides utiles pour retraiter les déchets, en signant des accords de coopération technologique avec les champions en la matière : la Fédération de Russie (et la Chine pour certaines parties de la maîtrise d’ouvrage);
        – comme une centrale nucléaire a au bas mot une durée de vie d’au moins 80 ans, ça nous laisse le temps de développer tranquillement la fusion thermonucléaire à l’échelle industrielle qui remplacera la fission;
        – on garde ainsi le pétrole pour toute la chimie organique de base et la chimie de spécialités (plasturgie, intermédiaires de synthèse, spécialités industrielles, produits pharmaceutique…);
        – une fois qu’on a l’énergie et les produits chimiques de base, on peut laisser la balle dans le camp des agronomes pour nourrir la planète à la condition de les laisser travailler tranquillement avec des OGM à hauts rendements et adaptés aux conditions de culture et de climat (dernier exemple en date, on a réussi à augmenter les rendements de cultures de tabac en utilisant des OGM qui optimisent le fonctionnement de la Rubisco);
        – pour la régulation des populations, il faut que les politiques traitent le problème de façon socialement intelligente et à bras le corps, sans passer par des stratégies écologistes hypocrites dont le seul véritable but est d’affamer les plus pauvres.

  4. (Zimba)
    + 40% ….de CO2. Mais, le CO2 est « parti » de 0.03% à 0,041% (environ) par rapport à l’ensemble des gaz de l’atmosphère ; soit une (micro) progression de 0,011% ! Tout est relatif !
    Climatiquement vôtre. JEAN

    • Cf les travaux du Professeur François Gervais : temps de séjour du CO2 issu de la combustion du charbon et du pétrole dans l’atmosphère 4,7 ans. Compte tenu de cette évidence scientifique où se trouve l’effet de l’activité humaine ? J’attends une réponse claire et nette s’appuyant sur des arguments irréfutables …

      • Désolé de ne pas pouvoir vous fournir d’arguments faute de connaissances. Je prend les informations de gens plus compétent que moi qui donnent plutôt un siècle comme temps de maintien du CO2 dans l’atmosphère. Quelle que soit son origine. Sinon passer de 280ppm à 400ppm en si peu de temps serait lié à quel phénomène ?

    • Oui si vous voulez. Mais cette micro augmentation, toujours d’après les spécialistes, aurait suffit à augmenter la température globale de 1.2°C dans le monde et même de 1.8°C sous certaines latitudes comme chez nous. Si c’est confirmé , qu’en sera t-il en cas de doublement (560ppm?)

      • à votre précédent commentaire. L’optimum climatique moderne a débuté vers la fin des années 1930 et l’essentiel de l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique est le résultat du dégazage des océans en raison de l’augmentation des températures moyennes provoquées par l’activité solaire anormalement élevée. Ce dégazage va encore continuer en raison de l’inertie thermique des océans. La climatologie est une science du passé et non de l’avenir et par le passé l’augmentation du CO2 atmosphérique a toujours succédé à une augmentation des températures moyennes. Ceci a été prouvé avec l’analyse des carottages glaciaires sans contestation possible. Or l’IPCC, dans sa théorie de l’effet de serre, veut faire admettre le contraire. On ne peut que constater la fausse science de cet organisme qui nie l’ensemble des études de climatologie sérieuses du passé qui ont été effectuées …

      • @zimba :
        vous trouverez la réponse à toutes vos questions dans cette présentation de François Gervais du 13 décembre 2018, professeur émérite de l’université de Tours, spécialisé en physique et science des matériaux, et relecteur critique du GIEC :
        URL : https://www.youtube.com/watch?v=iK3G8wqqp_k
        Durée : 59 mn
        Langue : FR
        Niveau de difficulté : pour tous publics

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