Un pétrolier à voiles : Retour vers le passé !

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J’ai (re)regardé il y a quelques jour le film « Christophe Colomb » avec Depardieu dans le rôle de l’explorateur et en lisant un article paru sur le site Associated Press daté du 6 décembre 2018 je me suis demandé si je n’avais pas d’hallucinations. L’armateur Maersk a équipé un tanker de 245 mètres de long, le Maersk Pelican, de deux « voiles tournantes » de 35 mètres de haut et 6 mètres de diamètre pour économiser (estimation à vérifier) entre 7 et 10 % de fuel lourd chargé en soufre provenant des « queues » de raffinage et dont on ne sait que faire d’autre que de l’utiliser dans des moteurs diesel deux-temps équipant plus de 50000 gros navires dans le monde. Que l’on ne se méprenne pas il ne s’agit pas vraiment de voiles mais de cylindres tournants dont la rotation est assurée par des groupes électrogènes situés dans le local de la machinerie de propulsion classique. L’estimation précisée plus haut n’a pas encore été vérifiée dans les conditions réelles comme par exemple un voyage entre le Golfe Persique et le port de Rotterdam via le Cap.

Cette technologie qui vit le jour dans les années 1920 redevient aujourd’hui à la mode si on peut dire les choses ainsi en ces temps où les émissions de carbone sont devenues la bête noire des écologistes politiques de tout poil qui veulent absolument que le monde entier fasse un effort pour sauver Gaïa. Il s’agit de mettre à profit les turbulences crées dans un flux d’air – dans le cas d’un navire le vent – pour produire une force de propulsion appellée force de Magnus apparaîssant entre les deux surfaces opposées du cylindre de par la différence des vitesses d’écoulement du flux d’air (voir le lien Wikipedia).

Ces mêmes écologistes mettent la pression sur les affrêteurs et les compagnies aériennes pour qu’ils réduisent leurs émissions de carbone chaque fois que l’IPCC se manifeste publiquement comme ce fut le cas la semaine dernière en Pologne. Ce type d’appoint à la propulsion maritime me fait furieusement penser aux moulins à vent dans le cadre de la production d’électricité, une sorte de rêve coûteux et tout simplement inefficace en arrière plan dans l’illustration (photo de Maersk). Il faut rappeler que les transports commerciaux aériens et maritimes sont exclus du système de taxation mis en place pour sauvegarder le climat pour une raison simple : qui taxer ? l’affrêteur, l’armateur, le client, la compagnie aérienne, le pavillon comme par exemple le Panama ou le Liberia, le loueur d’avion, nul ne le sait et il s’agit d’un problème juridique international défiant l’intelligence des meilleurs juristes. À ce propos on peut se demander à juste titre si la taxe carbone appliquée par le gouvernement français aux billets d’avion de la seule compagnie Air France et instituée par l’administration Hollande est juridiquement valable au niveau international (merci Fabius, du coup je ne voyage plus avec Air France).

Bref, ces « voiles » tournantes ne remplaceront jamais les bons vieux moteurs diesel mais il est raisonnable de songer que dans peut-être moins de 20 ans les gros navires marchands se verront peut-être équipés progressivement de propulsion nucléaire si les militaires abandonnent leur droit de contrôle sur l’uranium hautement enrichi dit de qualité militaire ou bien si la créativité humaine met au point des petits réacteurs nucléaires modulaires à haute température pouvant être rechargés en un temps record lorsqu’un navire est en mouillage au port. Il ne faut pas baisser les bras, le génie créatif des humains est sans limite mais ces gros tubes qui doivent pouvoir être rétractés dans la coque pour un porte-container par exemple me semblent une vue de l’esprit …

Source : Maersk et https://en.wikipedia.org/wiki/Magnus_effect

Un dogme central de la génétique battu en brèche

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Au cours des immenses progrès en 30 ans de la génétique un dogme apparut et que personne n’avait jusqu’à ce jour remis en cause : l’ADN des mitochondries – ces petites centrales énergétiques de la cellule vivante qui produisent de l’ATP en « brûlant » par exemple du glucose et donc en consommant de l’oxygène puis rejetant du CO2 – provenait, au cours de la reproduction sexuelle, de la mère et exclusivement de celle-ci. Les milliers de copies de cet ADN mitochondrial circulaire de 16569 paires de bases codant pour 37 protéines différentes (chez l’homme) et retrouvées dans chaque cellule sont toutes identiques, on dit homoplasmiques en termes savants, c’est-à-dire provenant uniquement de la mère. Lors de la fécondation d’un ovule qui contient des mitochondries de la mère, les mitochondries géantes du spermatozoïde, selon ce dogme, ne pénètrent pas à l’intérieur de l’ovule ou si par erreur certaines d’entre elles arrivent à pénétrer elles sont alors immédiatement détruites. C’est aussi en s’appuyant sur ce dogme que certains aspects des recherches paléogénétiques ont progressé. En effet l’ADN mitochondrial, en termes de mutations, varie plus rapidement que l’ADN nucléaire, un paramètre qui a permis de dater certaines divergences matrilinéaires entre sous-espèces au cours de l’évolution comme par exemple la divergence entre les chimpanzés et les bononos.

Lorsque divers travaux se focalisèrent sur des maladies génétiques d’origine mitochondriale il apparut que cet ADN mitochondrial n’était pas totalement homoplasmique mais qu’il coexistait une forme d’ADN mitochondrial non muté avec la forme mutée. Par exemple dans le cas de la maladie génétique de Leigh qui conduit à un retard mental sévère, des troubles moteurs profonds et la mort à la suite de convulsions et d’insuffisance respiratoire au bout de quelques années, la gravité de ces symptômes a pu être reliée au pourcentage d’ADN mitochondrial défectueux (mutation m.8993T>G) en regard de l’ADN mitochondrial non muté. L’ADN mitochondrial était donc à l’évidence de nature hétéroplasmique. Cette observation a alors conduit des équipes de biologistes des USA, de Chine et de Taiwan – une improbable collaboration internationale – à se pencher séparément et en utilisant des approches expérimentales différentes sur trois familles n’ayant aucun lien entre elles et dont quelques-uns des membres de ces dernières présentaient à des degrés de gravité divers des maladies génétiques d’origine probablement mitochondriale. Ces travaux avaient été initiés à la suite de la naissance d’un « enfant à trois parents » en 2016 dont l’ovule de la mère, porteuse d’une maladie génétique mitochondriale, avait été énucléé, le noyau implanté dans un ovule sain lui-même énucléé au préalable et ensuite fécondé in vitro par un gamète du père puis introduit dans l’utérus de la mère (lien en fin de billet).

L’article dont est inspiré ce billet et aimablement communiqué par le Docteur Taosheng Huang de l’hôpital pour enfants de Cincinnati qui a coordonné ces travaux fait état de la nature hétéroplasmique de l’ADN mitochondrial comme cela a été montré dans le cas de la famille A dont l’arbre généalogique est présenté ci-dessous où les carrés représentent les hommes et les ronds les femmes.

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Les symboles en noir représentent les 4 membres de la famille (II-1, II-3, II-4 et III-6) montrant une transmission biparentale de l’ADN mitochondrial. Les symboles remplis de diagonales représentent les 6 membres de la famille montrant un degré élevé d’hétéroplasmie de cet ADN mais avec transmission par la mère normale (III-1, III-2, III-5, IV-1, IV-2 et IV-3). Les membres de la famille soulignés ont fait l’objet d’une séquençage complet de leur ADN mitochondrial. Il en est ressorti une carte de l’hétéroplasmie de cet ADN :

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Par rapport à une séquence d’ADN mitochondrial de référence figurent en bleu le long de la séquence les variants hérités du père, en rose et en rouge les variants dérivés de la mère. Dans cette famille l’enfant IV-2 de 4 ans avait été diagnostiqué comme souffrant d’hypotonie et de douleurs musculaires. Son état clinique avait été attribué avant même que son ADN mitochondrial ne fut séquencé à une maladie génétique. Sa soeur jumelle (IV-3) présentait un retard d’élocution sans autres symptomes. Leur soeur plus âgée (IV-1) ne présentait aucun symptôme clinique particulier. Leur mère (III-6) avait été diagnostiquée comme souffrant d’une neuropathie légère et de douleurs musculaires au niveau des jambes, symptôme attribué à une sclérose en plaque sans qu’ait été alors suspecté un désordre mitochondrial. Les résultats des séquençages ont donc confirmé la présence de 9 variants homoplasmiques et de 31 variants hétéroplasmiques, 19 d’entre eux provenant du grand-père (II-4), de la mère (III-6) des trois enfants IV-1, IV-2 et IV-3.

Cette étude ainsi que celles effectuées sur deux autres familles confirme qu’il existe bien une hétéroplasmie de l’ADN mitochondrial de type père/mère à des degrés divers expliquant au moins en partie les différences de gravité des symptômes cliniques. À la vue de ces résultats une question apparaît et dont l’éclaircissement demandera probablement des années d’investigation : quelle est la déficience, cette fois au niveau de l’ovule et au cours de la fécondation, expliquant la présence d’ADN mitochondrial d’origine paternelle ? Il s’agit peut-être d’un défaut dans la capacité d’autophagie (il faut parler ici de mitophagie) des mitochondries d’origine paternelles au cours des toutes premières divisions cellulaires de l’embryon ou alors d’une dérégulation de la duplication de l’ADN mitochondrial paternel échappant à tout contrôle nucléaire lors de ces premières divisions cellulaires. Pour confirmer ce type d’hypothèse la tâche risque d’être particulièrement rude et longue.

Source : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1810946115 aimablement communiquée par le Docteur Huang qui est vivement remercié ici.

Et « enfant à trois parents » : https://doi.org/10.1016/j.rbmo.2017.01.013

Note. Selon le dictionnaire Larousse le dogmatisme est – je cite –  » une attitude philosophique ou religieuse qui, se fondant sur un dogme, rejette catégoriquement le doute et la critique « . Il n’existe par de dogmes dans les disciplines scientifiques, quelles qu’elles soient, car la science évolue sans cesse et les remises en question font partie de l’attitude normale d’un scientifique.

Billet d’humeur politique : l’Europe et les paradis fiscaux

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L’Europe, la première puissance économique mondiale si elle était intégrée politiquement et fiscalement car l’euro n’est qu’une façade creuse, s’en trouverait bien mieux si elle ne tolérait pas une multitude de paradis fiscaux à l’intérieur et autour de son espace. Ces contrées sont une pompe permanente de capitaux qui non seulement échappent aux dispositions fiscales de chacun des pays de l’Union mais ne sont pas ou très peu réinvestis dans les économies nationales.

Pourquoi pas ne pas faire une petite revue de ces paradis fiscaux qui se trouvent parfois à quelques kilomètres de la moindre bourgade européenne. Le plus simple est de commencer par le sud. Il y a Gibraltar, un rocher acquis par le Royaume-Uni à l’issue du traité d’Utrecht (1715). C’est un paradis fiscal notoire. Il suffit de se promener dans les rues où il est incroyable de constater que par exemple toutes les banques françaises ont de luxueuses succursales dans cet endroit surréaliste aux maisons de style Victorien et comble d’ironie les banques espagnoles sont aussi présentes sur le « Rocher ». Quand on remonte plus au nord de la péninsule ibérique on arrive à Andorre, un territoire également minuscule, une co-principauté partagée entre le Président de la République française et l’Evêque de Séo de Urgel. Encore une fois, pourquoi y a-t-il autant d’agences bancaires dans ce mouchoir de poche ? À peu près à la même latitude se trouvent dans la péninsule italienne San Marino et le Vatican, deux autres paradis fiscaux qui préfèrent rester discrets. Qui oserait déclarer haut et fort que la banque du Vatican traficote dans des domaines financiers peu avouables. Il est certain que si cette basilique-Etat pouvait émettre sa propre monnaie, ce serait au monde le seul pays capable d’adosser sa monnaie sur de l’or et des pierres précieuses tant son trésor caché dans ses caves ultra-blindées est gigantesque.

En remontant un peu en latitude on tombe sur un autre rocher, Monaco. Selon le Prince son tout petit pays a mis de l’ordre dans le choix des investisseurs qui viennent y déposer leurs dollars, leurs euros ou leurs francs suisses. Vaste blague ! Rien n’a vraiment changé. Plus au nord encore on arrive à un gros morceau : la Confédération helvétique et son satellite le Liechtenstein. Dans ces deux pays tout est légalement autorisé. Le trafic d’or constitue un élément essentiel de l’économie suisse. Une multitude de grandes multinationales impliquées dans le négoce mondial de matières premières se trouvent comme par hasard localisées en Suisse car l’opacité de leurs comptes, gérés par des banques adéquates, passe au travers des juridictions des pays où elles opèrent et pour les Suisses le Lichtenstein n’est en définitive qu’un moyen de se laver la conscience.

Plus au nord, passons au sujet de la bourse de Zürich, il y a là nouveau un gros morceau, le Duché du Luxembourg, le nec plus ultra des paradis fiscaux les plus opaques du monde. Il existe dans ce petit territoire une multitude d’officines d’avocats spécialisés dans l’optimisation fiscale et les coups tordus en tous genres. C’est la face cachée du Duché : dans chaque petite maison coquette des quartiers résidentiels du Luxembourg il y a un véritable fourmillement de cabinets d’avocats spécialisés en contact direct avec des officines tout aussi souterraines aux Bahamas, aux Bermudes, aux Iles Vierges, à Antigua ou encore Panama, Santa-Lucia, Curaçao.

A peu près à la même latitude se trouvent les Iles Anglo-Normandes. Inutile d’insister qu’il s’agit d’une filiale ilienne de la City, elle-même un gigantesque paradis fiscal. Pas très loin de Londres, à même pas quelques heures de Victoria Station, se trouvent les Pays-Bas, un paradis fiscal qui n’a jamais avoué sa réelle nature.

Ce n’est pas fini, après la City on trouve l’île de Man, petit paradis fiscal presque oublié qui comme les îles anglo-normandes arrange bien les financiers de la City, la City qui traite des transactions mondiales comme l’or, le Libor ou le cours du Brent, des paramètres économiques qui ont des retombées mondiales sans que le citoyen européen ou du monde entier puisse en prendre parfaitement connaissance. Enfin un autre gros morceau tout aussi discret, car dans la grande tradition du catholicisme il ne faut pas offenser autrui, donc respecter la loi, c’est la République d’Irlande. On ne peut pas dire que l’Irlande soit un paradis fiscal mais, comme dans le cas des Pays-Bas, les avantages fiscaux proposés aux grandes entreprises sont tels que de nombreuses multinationales ont choisi de se domicilier dans ce pays ainsi qu’aux Pays-Bas d’ailleurs.

Conclusion : les contribuables européens, de quel pays que ce soit, paient infiniment plus d’impôts qu’ils ne le devraient en raison de l’existence de tous ces paradis fiscaux qui sont de véritables cancers rongeant les économies et les finances des grandes entités nationales comme l’Italie, l’Espagne ou la France. Pourquoi ces pays tolèrent-ils l’existence de ces parasites qui siphonnent la richesse qui devrait rester chez eux ? Parce que les paradis fiscaux au sein de l’Europe participent au grand dessein de main-mise de la grande finance apatride sur le monde pour mettre en place un nouvel ordre mondial …

Et l’Europe est justement la première grosse économie à maîtriser. Et c’est d’autant plus facile que l’Europe est déjà un vassal des USA, ne possède pas de pouvoir politique ni d’harmonie fiscale. Donc les paradis fiscaux européens permettent de canaliser le pouvoir financier vers ces grandes multinationales hégémoniques et tous les moyens de pression sur les contribuables sont bons à prendre. Les grandes multinationales de l’industrie, de l’alimentation, de la chimie, de la pharmacie, de la distribution et de l’énergie sont elles-mêmes sous le contrôle de la grande finance apatride.

Tout le système financier est mondialement interconnecté et la mise en place de la suprématie du dollar, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sans oublier la Banque des règlements internationaux ou le système Swift a rendu possible la construction progressive de cette gouvernance mondiale pilotée depuis le « Deep State » américain.

Alors les gouvernements ont l’impression d’avoir les coudées franches pour rançonner les petits, les gueux, et tous les prétextes sont bons pour organiser l’instauration étape par étape de ce nouvel ordre mondial. Il n’est même plus question de démocratie, c’est un concept qui a vieilli ! L’opportunité montée de toutes pièces pour siphonner la richesse des classes laborieuses est le sauvetage de la planète avec la préservation du climat, des écosystèmes, des forêts et des espèces en voie de disparition, c’est nouveau (non, pas vraiment, depuis 30 ans déjà) et c’est génial : tous ces sans-dents se sentent concernés car ils sont à longueur d’émissions de télévision culpabilisés et ils doivent donc expier leurs fautes. Cette préoccupation de sauvetage de la planète est un produit vendu par les médias elles-mêmes au service de la grande finance. C’est une partie de l’agenda de la mise en place de ce nouvel ordre mondial qui en a décidé ainsi … Il n’y a pas dans ce projet de totalitarisme à l’échelle mondiale de centre décisionnel ni d’acteurs clairement identifiés. Le grand public connait les noms de certaines organisations non gouvernementales actives (et activistes) sur l’ensemble de la planète pour soutenir cette idéologie mais ce qu’il ignore est l’action incessante et souterraine de clubs financiers supranationaux comme Bilderberg, le Forum économique mondial (Davos), pour la mentionner une deuxième fois la Banque mondiale et enfin, cerise sur le gâteau à laquelle ont déjà goûté à leurs dépens certaines sociétés, l’existence de tribunaux internationaux d’arbitrage largement ignoré par les peuples, un outil imparable pour faire plier un pays récalcitrant. Et ce n’est pas un fait du hasard si ces tribunaux se trouvent à Washington.

Il apparaît néanmoins qu’il y a dans le monde de grands pays récalcitrants non seulement aux mesures démagogiques de sauvetage du climat mais aussi à la main-mise du dollar sur l’économie mondiale. Ce projet de domination du monde est de toute évidence issu de l’aristocratie financière anglo-saxonne et cet agenda est naturellement mal venu en Chine, comme en Inde ou encore en Russie.

J’ai oublié Malte, Chypre mais aussi l’archipel des Canaries (oui c’est vrai …) ou encore Saint-Barth, mais bon, mes lecteurs me le pardonnerons. Commentaire sur l’illustration. Le « rocher » de Gibraltar est peuplé de macaques parfois agressifs. La piste de l’aéroport traversé par l’unique route qui relie cette possession anglaise au reste de l’Espagne péninsulaire traverse la piste qui matérialise la frontière avec l’Espagne et la ville de La Linea de la Concepcion dont l’économie est intimement liée à Gibraltar.

Gilets jaunes : effets collatéraux

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C’est encore un billet de Mish Shedlock qui a satisfait ma curiosité

Pour les non-anglophones dunce = cancre, I just blew … = Je viens de détruire en morceaux le pacte de stabilité, Macron will … = Macron va augmenter le salaire minimum de 100 € par mois dès janvier 2019. Il paraît que ça ne coûtera pas un centime ni aux employeurs ni à qui que ce soit d’autre.

À croire que Rothschild vient de lui faire un chèque de 15 milliards d’euros mais comment va-t-il rembourser ?

Energie nucléaire : rôle dans le mix énergétique bas-carbone

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La très sérieuse Union des scientifiques « préoccupés » (Union of Concerned Scientists) fut créée en 1969 par un ensemble de membres seniors du MIT. L’une des premières missions de cette organisation fut de dénoncer la course aux armements. L’UCS s’orienta ensuite vers le bannissement des armes spatiales et la préservation énergétique de la planète en prônant la diversification des sources d’énergie mais en soutenant parallèlement le développement de l’énergie nucléaire. Une grande partie des scientifiques membres de l’UCS sont en effet des ingénieurs et des professeurs spécialisés dans le domaine de la physique nucléaire et de ses applications civiles. L’UCS considère que sans énergie nucléaire il ne sera pas possible de maîtriser les émissions de carbone ni de préserver les ressources en pétrole dont une grande partie est consacrée à la chimie et le sera encore pendant de nombreuses décennies à venir. Certes le charbon constitue une alternative au pétrole pour la chimie et également pour les carburants et il existe d’immenses réserves de charbon dans le monde dont la majeure partie n’est pas exploitée ou exploitable avec les technologies actuelles.

Cependant la montée en puissance probable des véhicules électriques va accroître la demande en énergie électrique dans des proportions difficiles à prévoir puisque les approvisionnements en lithium, cobalt et lanthanides (terres rares) constitueront également une limitation au développement massif de ces véhicules électriques.

L’UCS a rédigé un rapport qui indique clairement que l’humanité ne pourra pas se passer d’énergie nucléaire dans les décennies à venir et qu’il n’existe à l’heure actuelle aucune alternative fiable et économique et cette situation perdurera encore longtemps. Dans l’optique d’une protection du climat, approche que je me permets de contester mais qui présente au moins l’avantage de préserver les ressources en hydrocarbures liquides, le rapport de l’UCS s’est focalisé sur les centrales nucléaires des Etats-Unis mais ses recommandations sont valables pour tout autre pays. Cette organisation préconise, en dépit des problèmes de sécurité et de traitement des déchets, que les compagnies d’électricité (les « utilities ») investissent dans les centrales nucléaires existantes pour améliorer leur sécurité et permettre une exploitation prolongée. Aux USA, après inspection par les autorités de sureté, la durée de vie autorisée des réacteurs est actuellement de l’ordre de 80 ans (voir note en fin de billet).

Pour présenter des solutions économiquement viables il est donc nécessaire de préserver le parc nucléaire existant dans le cadre du développement de tous les types d’énergies renouvelables bas carbone et le nucléaire en fait partie. Si aux USA le nucléaire ne fournit que 20 % de la totalité de l’électricité, il représente 53 % de l’ensemble des énergies renouvelables en incluant l’éthanol produit par le maïs. L’UCS reconnait que les prix très faibles du gaz naturel ont conduit les « utilities » exploitant des centrales nucléaires à faire face à des difficultés financières. Ces utilities envisagent de fermer des unités de production électro-nucléaires car elles ne sont plus rentables en regard des prix du gaz. Si l’UCS s’est toujours battue pour que la sureté des centrales nucléaires soit améliorée, bien avant l’accident de Fukushima-Daiichi, elle privilégie une approche pragmatique de ce problème. Des Etats comme Illinois, New-York et New-Jersey ont déjà décidé d’aider les utilities en ce sens et l’Ohio et la Pennsylvanie vont suivre.

Ces préconisations sont valables pour beaucoup d’autres pays. Par exemple les compagnies d’électricité japonaises ont investi massivement pour mettre les centrales nucléaires du pays aux nouvelles normes de sécurité post-Fukushima. Les Allemands ont décidé de quitter l’énergie nucléaire et sont devenu de ce fait les plus gros pollueurs en termes de carbone en Europe. La France est un bon élève et, malgré la pression constante des organisations et partis politiques écologiques, ce pays semble avoir compris que l’énergie nucléaire offre la seule possibilité fiable pour réduire les émissions de carbone. L’ensemble du parc électronucléaire français pourra très probablement être encore exploité pendant 50 années supplémentaires si les autorités de sureté en décident ainsi.

Source : https://www.ucsusa.org/nuclear-power/cost-nuclear-power/retirements#.XA5WSC3-TuO , illustration Axios (www.axios.com)

Notes. Le mot « concerned » est difficilement traduisible en français. Je rappelle que les deux réacteurs de la centrale électronucléaire de Fessenheim peuvent subvenir au rechargement d’approximativement 400000 véhicules électriques par jour de manière économique et fiable. La durée de vie de 80 ans préconisée par l’organisme fédéral de contrôle des installations nucléaires civiles concerne le réacteur lui-même. Les pompes primaires, les générateurs de vapeur et les autres accessoires présents dans l’îlot nucléaire proprement dit peuvent être changés au cours de la durée d’exploitation.

Les « gilets jaunes » vus de Toronto par la journaliste Donna Laframboise

Un mois de manifestations a mis le gouvernement français à genoux. Voici 5 remarques cruciales.

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Un. C’est une protestation spontanée venant du peuple. Les conducteurs français doivent de par la loi posséder un gilet fluorescent dans leur voiture. Les centaines de milliers de mères, de grand-mères, de frères et de soeurs, d’oncles et de cousins qui ont revêtu ces gilets sont connus comme « les gilets jaunes ». Ils englobent tout l’électorat français.

Deux. Les images des scènes d’émeute parisiennes ont fait le tour du monde, mais dans la France provinciale les communautés de gilets jaunes ont été pacifiques. Ce mouvement a été catalysé par la taxe carbone sur l’essence et le diesel qui devrait entrer en application le premier Janvier prochain. Ces taxes carbone vont rendre les déplacements en voiture délibérément plus coûteux. Elles sont supposées encourager les transports publics, au nom du combat pour le climat. Alors que les habitants de Paris et de sa région peuvent disposer d’un bon réseau de transports ils ne représentent que 20 % des 67 millions de Français.

Les gens ordinaires qui vivent en dehors des grandes agglomérations sont dépendants de leurs voitures. Ces personnes ont été outragées car, pour eux, utiliser des transports en commun n’est pas réaliste et le gouvernement a décidé de les pénaliser directement et indirectement : quand le prix de l’essence augmente il s’en suit qu’un paquet de farine, des couches pour bébé ou une boite de médicaments transportés d’un point A à un point B voient leur coût également augmenter.

Trois. Ces taxes carbone ont été annulées. Initialement elles devaient faire l’objet d’un moratoire de 6 mois. Elle ont finalement été annulées..

Quatre. Les protestations ont déstabilisé le gouvernement et provoqué de sérieux dommages à l’économie. Pour restaurer le calme, le Président Emmanuel Macron devrait démissionner après avoir accédé au pouvoir il y a seulement un an et demi.

Cinq. Donner la priorité du changement climatique sur le bien-être des citoyens est un suicide.

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Note. Ce billet de Donna a été écrit avant l’allocution télévisée de Macron. Selon les analystes les décisions prises par le Président ne feront qu’aggraver la situation de la dette française et le déficit de l’Etat, deux « détails » qui pourraient énerver la Commission de Bruxelles. Mais au fait qui va prêter de l’argent à la France ? Sans aucun doute pour attirer les investisseurs les taux vont augmenter ce qui aura donc pour effet de rendre encore plus pesante la charge de la dette. Macron, tout banquier qu’il fut, n’a pas compris dans quelle impasse financière la France se trouve.

En Islande il n’y a pas de pétrole mais des volcans et des idées

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Le titre de ce billet est une paraphrase d’un slogan franco-français « on n’a pas de pétrole mais des idées ». Certes l’ex-ministre de l’écologie solidaire et festive, l’inénarrable Nicolas, a interdit toute exploitation de pétrole dans le bassin parisien au grand dam de certaines communes qui percevaient de confortables revenus et je ne me souviens plus quel autre ministre ayant le même genre d’irresponsabilité a interdit la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux dans le sud et le nord de la France. En France, donc, quand on n’a pas de pétrole et qu’on a des idées pour en extraire celles-ci sont annulées par le gouvernement.

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En Islande, un pays magnifique à ne visiter qu’aux mois de juin et juillet il y a une activité volcanique intense et ce petit pays a fait preuve d’une ingéniosité admirable pour exploiter cette énergie gratuite à la portée de n’importe quel petit forage. L’électricité est entièrement produite par des usines géo-thermiques et elle est d’un prix très abordable pour les consommateurs. Des réseaux sophistiqués d’eau chaude également d’origine volcanique assurent le chauffage domestique pour un prix dérisoire. Mais dans ce pays situé sur le cercle polaire en dehors de l’herbe – les prés sont fauchés toutes les trois semaines entre juin et août – il n’y aurait pas de cultures vivrières sans la créativité d’ingénieurs et de techniciens qui ont encore une fois mis à profit l’énergie géothermique. Quand j’ai visité l’Islande il y a environ 25 ans il y avait perdues au milieu de nulle part des serres où des bananiers poussaient et poussent probablement toujours en toute quiétude. L’Islande était déjà autosuffisante en bananes ! Le chauffage des serres était assuré en pompant de l’eau chaude souterraine et en la réinjectant ensuite et l’éclairage provenait d’usines géothermiques comme celle du « Blue Lagoon » près de Keflavik (illustration).

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La révolution de l’agriculture sous serre, le plus souvent en hydroponie (agriculture hors-sol) est une conséquence des smartphones depuis lesquels l’agriculteur peut surveiller ses serres. Dans chaque serre il y a un ordinateur qui commande tout. Il est relié au service météorologique central et via internet également connecté à un smartphone d’où l’agriculteur peut prendre les décisions qui s’imposent : arroser, contrôler la température, ouvrir des vasistas de ventilation, changer la nature des ingrédients de l’hydroponie, etc … Après la grande crise économique de 2008 qui vit le système financier islandais s’effondrer totalement puis l’éruption volcanique de 2010 qui interdit toute liaison aérienne pendant plusieurs semaine les Islandais se sont ressaisi et ils assurent aujourd’hui plus de 50 % de leur consommation de fruits et légumes localement et la tendance s’accélère aussi bien pour les tomates, les salades, les concombres et autres légumes que pour les plantes aromatiques ou encore les haricots totalement exempts de pesticides, seuls les engrais sont importés. Et tout est possible puisque ce secteur agricole de pointe ne consomme que 0,5 % du total de l’énergie géothermique exploitée dans le pays et l’installation d’éclairage LED a grandement contribué à réduire les factures d’électricité qui pour certains maraîchers sont encore lourdes. Si l’Etat islandais, c’est-à-dire la société d’Etat Landsvirkjun, acceptait de consentir des tarifs préférentiels pour l’électricité aux agriculteurs, ne serait-ce qu’à hauteur de 1 % de la production électrique les cultures sous serre pourraient assurer près de 80 % de la consommation du pays, les protéines provenant de la pêche et de l’élevage ovin. Pour conclure il est impossible d’installer des moulins à vent en Islande car les vents sont beaucoup trop violents, quant aux panneaux solaires autant dire qu’ils ne fonctionneraient que quelques mois par an.

Source et illustrations : Thomson Reuters, 3 décembre 2018, et Blue lagoon : Wikipedia