Politique : Brexit or not Brexit, that is the question !

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Le projet d’accord entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne relatif au Brexit sera vraisemblablement rejeté par la Chambre des Communes à Londres cette semaine car il comporte trop d’incertitudes et de zones d’ombre en particulier les points précis de la frontière entre l’Ulster et la République d’Irlande et le statut de Gibraltar. La non divulgation par le gouvernement britannique de l’ensemble des articles du pré-accord a d’ailleurs ému les membres du Parlement. Si la Chambre des Communes rejète ce projet d’accord alors la Première Ministre britannique n’aura pas d’autre choix que de proposer un nouveau référendum à la population. Cependant les délais impartis pour préparer une telle consultation populaire avant la date butoir du 29 mars prochain sont insuffisants. Cette incertitude grandissante a conduit la Cour européenne de justice à préciser que la Grande-Bretagne pouvait avant cette date fatidique ou à la limite le 29 mars 2019 présenter à la Commission européenne qu’elle renonçait finalement et unilatéralement au Brexit.

C’est ce qu’a déclaré ce lundi 3 décembre l’avocat général de la CJU Manuel Campos Sanchez-Bordona. Depuis le référendum qui décida de la procédure du Brexit la Grande-Bretagne, conformément aux traités, a manifesté son « intention » mais pas sa « décision » de quitter l’Union. Cette nuance sémantique toute diplomatique est lourde de sens car les gesticulations stupides et insensées de Michel Barnier effraient les milieux financiers européens. Barnier, tout commissaire qu’il est, n’a pas la stature d’un diplomate. Il croit toujours que l’Europe peut être dirigée comme il le fit lors des jeux olympiques d’hiver de Grenoble ! Ce triste individu n’a pas l’air de comprendre quels sont les enjeux tant européens qu’internationaux d’un Brexit effectif.

Par exemple Washington voit d’un très mauvais oeil une désintégration même partielle de l’Union européenne car le Brexit pourrait ouvrir la boite de Pandore d’une dissolution de cette Union et la disparition à terme de la monnaie unique. La construction de l’Union européenne était initialement un projet suggéré et soutenu par les services secrets américains, c’est une vieille histoire qui remonte à Jean Monnet, agent de la CIA, pour que les USA contrôlent plus aisément le continent face à l’Union soviétique, en quelque sorte un protectorat chapeauté par l’OTAN. On en est fondamentalement toujours là alors que l’URSS a disparu. Le Brexit, vu de Washington, pourrait encourager des pays comme l’Italie, l’un des piliers de l’OTAN, à quitter l’Union et après il pourrait se développer un mouvement touchant l’Espagne, la France ou encore la Grèce qui a ouvert ses facilités portuaires à la Chine mais aussi et surtout l’Allemagne dont l’industrie souffre particulièrement des sanctions unilatéralement décidées par les USA à l’encontre de la Russie. Pour les Américains l’espace européen deviendra alors ingérable. En conclusion ce sont les USA qui ont dicté et dicteront encore la politique de l’Union européenne ainsi que le processus du Brexit dont les jours me semble-t-il sont comptés, mais je peux me tromper …

Source partielle et illustration : Reuters

14 réflexions au sujet de « Politique : Brexit or not Brexit, that is the question ! »

  1. L’article 42 du traité constitutionnel de l’UE indique que sa défense est assurée par l’OTAN, donc les USA. Qui contrôle la défense, contrôle la politique de l’UE qui est de facto entre les mains de l’oncle Sam. A moins qu’un véritable pouvoir central n’émerge d’ici peu, on doit considérer que l’UE n’est politiquement qu’une coquille vide, et donc qu’une zone de libre-échange dans laquelle le Royaume-Uni compte bien continuer à faire du commerce, Brexit ou pas Brexit.

  2. Je viens de réaliser un truc plutôt cocasse: si les étasuniens continuent de contrôler l’U.E. l’un de ses pays, via l’O.T.A.N., peut les mener à un conflit avec la Russie, ce qu’ils ne veulent pas, voyez l’affaire syrienne lors de la magistrature de Hollande;
    S’ils s’en éloignent ils craignent la création d’une armée européenne et, de plus, de se retrouver à la traine au sein de l’organisation transatlantique.
    Quoi qu’il en soit, la révolte française sous forme des gilets jaunes, qui n’en est encore qu’au stade d’une jacquerie mais qui tend à se radicaliser, ne peut que progressivement gangréner le reste de l’union (tout le monde en Europe n’attendait que la France bouge pour bouger à son tour, tradition oblige).
    Ceci ne pouvant que mener à cet effondrement économique dont je fais cas depuis quelque temps déjà, or, je suppute (bonjour madame ) que les U.S.A. voudraient bien que l’histoire retienne que ce serait en raison des divagations économiques de l’union que le-dit effondrement serait survenu.
    Et puis, pour Monsieur Trump, il serait pain béni d’affirmer que les difficultés U.S. auraient pour origine ces mêmes divagations, ce lui serait une solution élégante d’éviter de se retrouver comme étant le responsable de la faillite du dollar, de sa nation et du monde.

  3. L’UE n’a pas vraiment le choix si elle veut se développer : elle doit affirmer sa monnaie comme une devise internationale de référence en prévision de la chute du dollar américain qui va bientôt perdre son statut d’étalon standard. Dans le même temps, les seules sources de croissance sont une plus grande connexion économique et financière avec la Russie et l’Asie, essentiellement la Chine dans un premier temps, avant d’opérer un retour sur des zones de chalandises à forte démographie et donc à forte consommation comme le continent africain. Encore faut-il que l’Europe se donne les moyens de ce genre d’ambitions en se réindustrialisant intelligemment.

    • PS : Le fait que Renault et PSA aient installé des usines de montage de grosse capacité en Afrique du Nord, notamment au Maroc (les Renault et surtout les Peugeot étant ds voitures très prisées en Afrique du Nord) est un exemple évident de ce mouvement qui s’esquisse. Des groupes comme l’ex-Lyonnaise des eaux et la RATP/Alstom proposent aussi de la gestion industrielle de l’eau et des outils de transport (métro, trains). Evidemment, l’aéronautique française surfe sur une image de qualité et consolide ses parts de marché. La Russie n’est pas en reste puisqu’elle propose de la sécurité (et donc des armes défensives et offensives) et des usines énergétiques notamment au Moyen-Orient, et s’est illustrée récemment avec de gros contrats avec l’Algérie (avions de chasse, frégates et sous-marins). La Chine s’occupe des infrastructures de communication, des produits de grande consommation, et prête de l’argent aux pays africains pauvres qui veulent financer leur développement.
      Chose que peu de gens savent, selon la Coface, l’Allemagne est le premier pays européen exportateur en Afrique : la technique allemande est rôdée, les PME chassent en meute, notamment dans les pays anglophones et réussissent à vendre de la qualité germanique très chère (voitures, chimie, machines-outils) sur des marchés de niche.

      • Cher calendos,
        Je ne pense pas que l’Union-Européenne puisse survivre à la disparition du dollar, voire pourrait bien disparaître bien avant, et, ce, pour deux raisons principales (il y en a plein d’autres):
        -Un grand nombre des banques européennes trop grosse pour faire faillite, dont celles situées et France et en Allemagne sont très très mal en point, disons même qu’elles sont virtuellement faillies.
        -Que la Germanie veuille prendre le contrôle des bombes atomiques françaises par le truchement de l’U.E. et que Macron, le gaffeur, ait parlé d’une armée européenne est un évident casus belli autant pour les étasuniens que pour les russes, d’autant plus que cette petite idée lui a sûrement été soufflé par Frau Merkel (il a suffit qu’elle lui en parle une fois…).
        Rajoutez-y le fait que les britanniques verraient avec plaisir se dissoudre l’union dans les mois qui viennent, cela leur faciliterait grandement la tâche due au brexit.
        Que croyez-vous, les cénacles gouvernementaux européens, Bruxelles comprise, ne peut que grouiller de barbouzes en tous genres et de tous poils provenant de tous lieux, la particularité du néolibéralisme c’est que, comme tout s’achète et tout se vend, tous les néolibéraux peuvent se vendre puisque c’est dans leur philosophie.
        Combien, par exemple, des conseillés de notre ubuesque président ne recevraient pas un petit peu de picotins provenant du nord au sud et de l’est à l’ouest?

  4. @theuric : tout à fait d’accord avec cette analyse.
    Je précise cependant que je n’ai jamais dit que le dollar US allait disparaître, mais allait perdre sa fonction d’étalon monétaire mondial du fait du désengagement de la Chine, de la Russie et d’autres puissances du billet vert (ce qui aurait dû être fait quand Nixon a désindexé l’USD sur l’or en 1971). Le commerce international aura donc besoin à l’avenir d’un étalon monétaire autre que l’or et l’euro fait figure pour le moment de favori. Evidemment ceci n’est que pure spéculation et il suffira s’une énième crise financière venue comme d’habitude d’outre-atlantique pour que les cartes soient rebattues (les banques italiennes et allemandes sont en effet à l’agonie si on prend en compte leur « hors-bilan », et si on ajoute les dettes des états européens converties en assurances-vie et autres placements hautement risqués, on aura un bank-run apocalyptique qui risque de faire voler l’euro en éclats). La stratégie britannique par-delà le Brexit est d’avoir un pied dans l’UE, un pied dans le Commonwealth, un pied aux USA et un pied en Asie, plus particulièrement en Russie et en Chine : les dirigeants de sa Majesté la Queen Mum n’ont aucun état d’âme à manger à tous les râteliers, et pendant que leurs tabloïds défèquent des âneries sur les russes, et que le Mi6 fomente coup tordu sur coup tordu contre Poutine (affaire Skripal, financement des terroristes en Syrie, etc…), le business continue tranquillement « as usual ».

  5. Je pense que les agissements de Michel Barnier qualifié de « crétin des alpes » par Emmanuel Todd et il a raison doivent sérieusement émouvoir les financiers européens. Il faut savoir que les Britanniques ont d’incroyables capacités de résilience et que ce seront les européens continentaux qui en subiront les conséquences à commencer par les pays dits du Club Med dont la France fait partie. Il se trouve que Donald Trump se moque de l’Europe comme du dernier golf qu’il a créé dieu sait où et c’est donc maintenant que l’affrontement va avoir lieu. Merkel est affaiblie, Macron est affaibli, May est dans une situation peu enviable, elle a menti aux « Mps », ces conditions sont le nid d’une désagrégation de l’euro et donc de l’union européenne. Dans leur inconscient les Français ont compris (peut-être) avec le mouvement des gilets jaunes – dont je suis totalement solidaire au moins en pensée – que la situation devenait critique. Il ne reste qu’à espérer que la crise profonde à venir se passera en douceur.
    En ce qui me concerne j’achète des yens et quand les premiers signes de crise apparaîtront je prendrai le premier avion pour le Japon !

      • Pour le yen je n’en suis pas si certain car il existe depuis plusieurs années des accords de swap yen-yuan et également, d’un autre côté, des accords de swap yuan-rouble mais peut-être que je suis trop optimiste, toujours est-il que la suprématie du dollar est incertaine, c’est en tous les cas ma perception de la situation monétaire. Mais je peux me tromper … Toujours est-il que l’avenir ne se situe plus en Europe mais bien en Asie avec la Chine, l’Indonésie, les Philippines, l’Inde, la Malaisie et bien d’autres pays y compris la Russie … oubliez l’Europe et même les USA ! Si la situation se dégrade je prendrai le dernier avion pour Tokyo, point-barre !

  6. @jacqueshenry : il n’y a pas beaucoup d’options de repli en cas de krach financier :
    – investir dans l’or (et accepter de le déclarer et de se prendre des taxes non négligeables en UE, donc en France) ou dans des certificats de valeurs aurifères (« l’or papier ») notamment dans certains établissement bancaires suisses spécialisés sur l’or..compte-tenu du graphique historique de l’or, ce n’est pas forcément un investissement rentable pour le moment pour les gens qui n’ont pas eu la bonne idée d’acheter de l’or à partir de 2006 : https://www.goldbroker.fr/cours/or/eur
    – investir dans de l’immobilier en dur et payer les taxes correspondantes et/ou monter une SCI ou encore investir dans des parts de SCPI qui sont des société civiles immobilières à fiscalité un peu plus allégée
    – acheter un panier élargi de devises étrangères pour répartir les risques comme vous avez commencé à le faire et/ou ouvrir des comptes en banque à l’étranger (à déclarer obligatoirement au fisc bien entendu)
    – voir s’il est possible de confier son argent à la caisse des dépôts et consignations avec garantie totale de restitution des fonds confiés en cas de crise financière, les dépôts des banques privées n’étant malheureusement garantis qu’à hauteur de 100 k€ (un dépôt est un crédit gratuit que le particulier fait à sa banque sans garantie formelle de remboursement à 100 %)
    – faire des dépôts à terme dans des établissements financiers qui présentent un excellent bilan comptable (le rendement de ces crédits que le particulier fait aux banques est garanti contractuellement mais proche de zéro en ce moment et se fait dans une optique de moyen à long terme)
    – vérifier qu’on ne tombe pas sous le coup de taxes bien cachées (voir un aperçu de la liste des 365 taxes et impôts qui existent en France ici : https://www.contrepoints.org/2018/12/02/331489-combien-de-taxes-en-france )
    – il y a probablement d’autres moyens plus astucieux connus des avocats fiscalistes mais je ne les connais pas encore.

  7. Hello,
    Petite correction: Barnier et JO hiver c’etait albertville, pas Grenoble (pas sûr que.il était né lors des JO de Grenoble qui consacrèrent killy).
    Note quand à « je prendrais le dernier avion pour Tokyo, point barre »: à réfléchir, le Japon a tendance à emprisonner les personness qui voient dans çe pays un refuge financier…jahaha…

  8. @camembert et olivier
    Ma petite retraite ne me permet pas de me risquer sur les marchés financiers. Ma banque (Caixa) permet d’acheter 450000 yens par mois en cash. Je réduis au maximum le contenu de mon compte en banque au cas où il y ait une crise financière probablement initiée par le défaut d’une banque italienne ou au pire de la Deutsche Bank que j’ai quitté préventivement il y a 3 ans. Dans ce dernier cas ce serait alors une crise mondiale pire que Lehman Brothers …
    Si je mentionne le Japon c’est pour une raison simple. Mon dernier fils habite dans ce pays depuis plus de 13 ans et il est résident permanent. j’ai plus de 70 ans et je suis retraité de l’Etat français. Il existe une disposition spéciale des services d’immigration japonais qui stipule que je peux demander l’asile économique au Japon pour les trois raisons évoquées ci-dessus et disposer d’un visa de résident. C’est dans cette optique que j’achète des yens cash, des liasses de billets de 10000 yens que j’accumule chez moi.

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