Petite histoire vécue très personnelle : l’effet de la télévision sur le comportement.

Il y a quelques jours je suis allé dans la province d’Alicante aider à la mesure de mes moyens une de mes nièces à déménager. Constatant selon mes dires que j’étais esseulé sentimentalement parlant, ce qui est exact, celle-ci entreprit, parce qu’elle aime bien son vieil oncle et je l’en remercie si elle lit mon blog, d’organiser une rencontre avec une de ses amies, Colombienne d’origine et fort belle femme au demeurant, pour que, affinités aidant, je l’invite éventuellement à Tenerife. Un soir je me retrouvais dans un petit restaurant avec cette charmante femme, un rendez-vous organisé par ma nièce, et après avoir dégusté quelques tapas elle m’invita à aller boire un café chez elle. Il était un peu plus de 21h et quand une femme assez attirante, célibataire de surcroit, invite un homme chez elle à un tel moment de la soirée, ce dernier peut s’imaginer que cette tasse de café ne sera en fait qu’un début.

Bref, la première chose qu’elle fit en m’accueillant chez elle fut d’allumer la télévision. Je lui fit observer que si elle venait me voir à Tenerife elle serait surprise de constater qu’il n’y a pas de télévision chez moi. Fort heureusement elle n’avait pas mis le son du téléviseur à un degré trop élevé et nous pouvions ainsi bavarder dans la limite de mon espagnol un peu précaire tout en jetant un coup d’oeil à une émission totalement débile comme il y en a tant sur le « petit » écran qui est devenu de plus en plus grand au fil des années pour bien occuper l’espace et en mettre plein la vue à tous les membres de la famille y compris les visiteurs. Elle me fit comprendre qu’échanger un baiser ne serait pas nécessairement un geste engageant. En gentleman que je suis fondamentalement je me rapprochai d’elle mais elle me repoussa car pour elle je sentais trop le tabac, à son goût. Elle n’ignorait pas que j’étais fumeur puisque nous avions dégusté ces tapas en terrasse et j’avais grillé au moins 2 cigarettes au tabac brun très odorant. Je lui répondis alors que je fumais depuis 58 ans et que je n’avais pas l’intention de quitter la cigarette à mon âge. La situation devenait de plus en plus compliquée.

Pour mettre une petite touche d’humour dans une conversation sans suite je lui déclarai que j’avais fumé dans ma vie au moins 25 km de cigarettes. Elle trouva cette boutade un peu drôle et se mit à rire. J’en profitai alors pour lui glisser un baiser innocent et furtif derrière son oreille droite, un endroit assez douillet de l’anatomie d’une femme de surcroit toujours légèrement parfumé. Avec une lourde arrière-pensée je lui dis avec un aplomb qui me surprit moi-même que j’avais eu l’impression de déposer un baiser sur son sexe que j’imaginais, comme tout septuagénaire un peu libidineux (mais pas trop tout de même), être agréablement paré d’une pilosité aussi abondante que ses sourcils ou sa chevelure. Elle me répondit immédiatement qu’elle rasait son sexe !

La situation me parut alors sans issue et fort heureusement, quelques secondes plus tard, mon petit-neveu téléphona pour me prévenir qu’il m’attendait en bas de l’immeuble pour rentrer à la maison, ce qui me délivra de l’encombrante nécessité d’expliquer mon point de vue à cette charmante personne au sujet de l’utilité des poils pubiens que mes lecteurs ont découvert sur ce blog.

Je ne revis plus cette Colombienne et pour cause. Allumer la télévision quand on reçoit une personne chez soi, refuser un baiser (innocent, mais pas complètement) à cause des odeurs de tabac – je veux bien l’admettre, fumer est un vilain défaut comme ne pas pouvoir se passer de télévision chez soi – mais se raser le sexe fut l’argument final pour clore cette rencontre galante indubitablement vouée à un échec total en prenant en considération l’enchainement de ces évènements révélateurs.

Le lendemain, lors du petit-déjeuner, mon petit-neveu me demanda si j’allais revoir cette amie de sa mère et l’inviter à Tenerife. Je lui répondis qu’il n’en était pas question pour les trois raisons évoquées plus haut. Il me surprit alors en me déclarant que lui aussi se rasait les poils pubiens et que la plupart de ses petites amies en faisaient de même. Comme j’ai la réputation dans ma famille d’être un vieil obsédé habité par une lubricité que réprouve la morale judéo-chrétienne je ne pus m’empêcher de demander à ce jeune homme pour quelle raison il se pliait lui aussi à ce genre de pratique et il me déclara que dans tous les films « porno » qu’il avait vu à la télévision autant les femmes que les hommes étaient rasés et que c’était, donc, plus propre et plus esthétique. J’ai enfin trouvé de la bouche d’un jeune homme de 20 ans quelle était la vraie raison de cette mode stupide, inconfortable et de surcroît source d’infections variées.

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Le débat à ce sujet me semble donc clos, il s’agit d’une conséquence subconsciente des messages télévisuels perçus par des millions de personnes dans le monde qui, par un geste paraissant anodin, s’identifient dans leurs comportements à des acteurs de cinéma de qualité désespérément médiocre oeuvrant dans des films d’une facture tout aussi médiocre. Illustration : une photo personnelle du sexe d’une de mes « petites amies » transformée à l’aide d’un petit logiciel de traitement d’images il y a plus de 20 ans qui rappelle un peu « L’Origine du Monde » de Gustave Courbet.

 

7 réflexions au sujet de « Petite histoire vécue très personnelle : l’effet de la télévision sur le comportement. »

  1. Comme j’ai pu l’écrire ailleurs, il s’agit là d’un ensemble de délire plus ou moins grave adopté par une part importante de la population et auquel j’ai donné nom de brouillard conceptuel.
    Vous en remarquerez deux choses complémentaires:
    1) l’extrême difficulté de simplement discuter de la validité de l’un de ces présupposés;
    2) l’impossibilité, pour leur porteurs, d’en apporter une explication cohérente.
    Leur origines se trouvent, en effet, pour une bonne part, dans les flux télévisuels où, par imitation, cette part de la population essaie de donner du sens à un monde rapidement transformé en seulement deux siècles.
    Vous remarquerez, aussi, le grand nombre d’incohérences aux plus hauts des hiérarchies sociales des pays occidentaux au moins,, entre-autre politiques, économiques, scientifiques, artistiques même…, signe que ce malaise anthropologique touche bien l’ensemble des classes sociétales.

  2. Je comprends cet amour de la pilosité, mais personnellement j’en suis revenu après une aventure enthousiasmante avec une jeune adepte de l’épilation intégrale (pas du rasage) une étudiante libanaise fan d’André Franquin comme moi. C’était bien avant de la mode de la déforestation du jardin parfumé.

  3. @jacqueshenry : je partage votre ressenti, il est difficile de faire l’amour avec un maximum de désir masculin quand une femme mûre adopte les codes physiques d’une jeune fille prépubère. Personnellement, ma réaction première (instinctive) est de me vomir dessus car j’ai l’impression qu’on m’oblige à me comporter comme un pédophile. J’ai eu du mal à passer d’une femme naturellement velue au niveau du pubis à une femme rasée par coquetterie (il m’a fallu je crois 3 ou 4 ans de mémoire pour m’y faire). Pour être lus précis, il m’a fallu vraiment me concentrer et prendre sur moi pour retrouver le chemin du désir. Il est possible que je ne sois finalement qu’un vieux con de 60 ans très très bien conservé mais réactionnaire car capable de changement uniquement par une nécessité impérative. J’en conviens tout à fait, cela dit j’ai une autre idée qui nous permet de comprendre la chasse aux poils par les femmes, objet moyen et bientôt interdit de notre désir viril.
    C’est vrai qu’on n’en est pas arrivé là par hasard.
    Des sociétés multinationales qui -pour élargir leurs parts de marché- ont évidemment bien compris et exploité à fond la combine (Gillette, Johnson&Johnson, etc..). A tel point qu’aujourd’hui, des femmes (ex-partenaires sexuelles de mon âge) m’ont expliqué qu’elles adorent faire l’amour avec des hommes totalement rasés (sexe, périnée, anus, fesses). Bon, ce sera clairement sans moi.
    (Au passage, j’en profite pour dire que beaucoup de femmes quinquagénaires et sexagénaires ont une sexualité très active, pour ceux qui ne le sauraient pas encore).
    J’ai pris l’habitude de faire l’amour avec des femmes d’un certain âge (plus de 40 ans) totalement rasées et je me suis (on va dire par inadvertance) rendu compte que les femmes de 10 ou 20 ans plus jeunes adoptent les mêmes comportements. OK, je me suis adapté, mais au fond de moi-même, mettez-moi de la pilosité naturelle et ma libido qui s’amenuise immanquablement au fur et à mesure que les années passent, subira à n’en point douter une accélération très salutaire…mais à quoi bon lutter et rêver de choses qui n’existent pour ainsi dire presque plus ?
    Les femmes naturelles se font de plus en plus rares et constituent une espèce en voie de disparition. Commerce oblige (un actionnaire du Groupe L’Oréal m’a expliqué un jour en détail comment il a fait fortune grâce à l’Ego des femmes, mais bon, on ne va pas ici commencer à briser la libido de ceux qui aiment les femmes dont la peau est partout aussi lisse que la peau d’une pêche du Roussillon).
    D’où ma question à notre hôte : doit-on aller à Ténérife pour retrouver de vraies femmes ?
    Si oui, laissez-moi quelques mois pour régler ma situation personnelle et professionnelle, …et j’arrivveeeeee
    LOL 🙂

  4. Oups désolé, j’ai envoyé mon brouillon par erreur avant la version finale…bon pas grave, on verra comment j’essaie d’améliorer mes réactions par petites étapes quand j’interviens sur ce blog, et souvent, cela m’oblige à réfléchir, à analyser les choses un minimum en profondeur et à m’améliorer…mes réactions sont c’est vrai rarement totalement spontanées.
    Par contre ici, j’ai fait un très gros effort pour m’adapter à la sincérité profonde de Monsieur Henry et donc comme lui à me dévoiler un peu plus de façon intime, ce dont je n’ai pas forcément l’habitude. Cher monsieur Henry, vous m’avez amené à conduire une introspection assez profonde chez moi ce soir ou plutôt cette nuit, et je vous en remercie.
    Car finalement, c’est somme toute un excellent exercice ! 🙂

  5. Conclusion sur les riches réflexions que Jacques Henry a suscité chez moi ce soir (ou plutôt cette nuit) en partant d’une banale histoire de poils pubiens.
    A y regarder de près, je crois que les gens d’un certain âge dont je fais partie sont beaucoup plus jeunes d’esprit qu’on voudrait bien le croire et je voudrais prendre l’exemple des Gilets Jaunes qui plongent le pouvoir actuel dans un désarroi profond (le pauvre premier ministre qui n’a aucun leadership sur le pays alors que c’est le chef du gouvernement attendant avec impatience que le jeune président totalement azimuté et en orbite politique géostationnaire revienne de ses pérégrinations stériles par G20 interposé en Argentine…to sum up : totally pathetical).
    Finalement qui sont les Gilets Jaunes ? Des vieilles et des vieux de 60, 70 ans qui veulent changer le monde, et qui se font accessoirement matraquer par des groupes de CRS sur Paris pendant que des casseurs essentiellement du 93 foutent le feu à des bagnoles dans les beaux quartiers huppés de la capitale, histoire de prendre leur revanche sur les inégalités fiscales venues de l’Elysée, de Matignon et de Bercy. vis-à-vis des nantis.
    Quel est le con qui a dit que la lutte des classes n’existe pas ? (je crois qu’il s’appelle Sarkozy…aujourd’hui il va en Russie dire tout le bien qu’il pense du communisme, c’est génial cette propension à changer de voilure non ?).
    Que font les jeunes générations dont c’est le boulot de faire la révolution ? (du moins de montrer aux générations plus anciennes comme nous que notre façon de faire les choses c’est de la merde et c’est ce qu’on attend des jeunes générations qui doivent fondamentalement et naturellement remettre en question ce que leurs aînés ont construit pour améliorer le système) ?
    Réponse : Rien, nada, niente, walou, nichts, nothing, peau de zob et balai de crin.
    Ils passent leur temps sur leur smartphones, à mater des matchs de foot à la télé ou à jouer sur leurs PlayStations de daube. En bref, ils se lavent gentiment le cerveau. C’est le cannabis virtuel légal universellement partagé de nos jours à partir du plus jeune âge, dès qu’on a fini de se gaver avec les Lapins Crétins à la télé (les Barbapa et l’Ile aux Enfants des temps modernes).
    Ce qui est intéressant voire fascinant avec les Gilets Jaunes, c’est que ce sont les vieux qui prennent le rôle naturel des jeunes.
    C’est excellent mais cela nous indique que nous avons fait des enfants qui sont devenus des consommateurs stupides sans aucun discernement (oui comme les Lapins Crétins qui portent bien leur nom).
    Et là nous devons non seulement prendre la relève mais également nous poser la question du monde que nous avons crée avec des rejetons qui se comportent comme de simples moutons.
    Nous ne sommes finalement plus très loin de « Brave New World » d’Aldous Huxley.
    Bonne nouvelle : les vieux veillent au grain 🙂
    Mauvaise nouvelle : on va bientôt claquer.
    Conclusion : il nous reste 20 ou 30 ans pour former une génération qui aura de grosses « burnes » et un cerveau opérationnel. Ca ne nous laisse pas beaucoup de temps pour faire un miracle…

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