Nouvelles du Japon : le cas du riz

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Comme j’aime beaucoup le Japon et que je me désintéresse de plus en plus des pays européens en raison de la paralysie qui les frappe au sein de l’Union dirigée par des technocrates qui haïssent les citoyens je préfère m’intéresser à l’actualité de l’archipel nippon et aujourd’hui ce sera le cas du riz. Les petits Japonais sont habitués dès leur plus jeune âge au goût et à la texture du riz collant puisqu’ils en consomment très tôt, par petites portions à partir du troisième mois. Le bol de riz remplace sur une table le pain et sa cuisson, que ce soit avec un « rice-cooker » automatique ou avec le pot de terre traditionnel, fait l’objet d’une attention toute particulière.

Le riz était utilisé autrefois comme monnaie et symbole de richesse et au Japon cette céréale est presque sacrée et doit être respectée. Pourtant les Japonais en consomment de moins en moins et la paysannerie japonaise disparaîtrait sans subventions de l’Etat. En effet la majorité des exploitations de paddys sont petites avec des parcelles de taille réduite, l’ensemble dépassant rarement une superficie d’un hectare. La seule solution pour réduire les coûts d’exploitation est, quand cela est possible un remembrement des parcelles et une mécanisation poussée pour réaliser des économies d’échelle. De plus le vieillissement de la population rurale et la fuite de la jeunesse vers les grandes villes. Dans la grande plaine des rivières Watarase et Tone au nord-est de la Préfecture de Saitama, elle-même située au nord de celle de Tokyo, il est possible compte tenu de la configuration du terrain de mécaniser de grandes parcelles aplanies à l’aide techniques de terrassement sophistiquées et de réduire au maximum la main-d’oeuvre en mécanisant toutes les opérations nécessaires à la culture du riz.

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La modernisation et la mécanisation de la culture du riz est une priorité du gouvernement de Shinzo Abe. Le système des quotas mis en place dans les années 1970 pour préserver le prix de revient du riz vient d’être aboli pour justement encourager les agriculteurs dont la moyenne d’âge est de 67 ans à se regrouper, augmenter la taille des paddys par remembrement et mécaniser la culture. Ce programme de mécanisation doit attirer de jeunes agriculteurs et réduire par voie de conséquence le nombre d’exploitations de riziculture qui est aujourd’hui d’environ 700000. Dans le cadre de cette politique le gouvernement de Shinzo Abe a maintenu les taxes sur les importations de riz et qui s’élèvent à 700 % dans le cadre des accords commerciaux avec les autres pays de la région Asie-Pacifique (TPP) ainsi qu’avec les accords de libre échange avec l’Europe (JEFTA).

Il reste un problème au sujet de ces taxes douanières avec les USA qui pourraient instituer à leur tour des taxes sur les véhicules automobiles japonais en représailles. Mais le riz à grains courts, collant, de la variété Koshihikari (il existe plus de 300 cultivars de riz au Japon) ne peut apparemment pas être cultivé ailleurs qu’au Japon. Il reste un fait : l’occidentalisation des goûts des Japonais et la consommation annuelle de riz par habitant, qui était de 188 kg en 1963 n’est plus que de 54 kilos aujourd’hui. Enfin le riz se heurte de plus en plus à la consommation de pain depuis que dans l’île d’Hokkaido la culture du blé tendre s’est répandue, malgré tout sur une petite échelle car cette île est majoritairement montagneuse.

Inspiré d’un article paru sur le site de l’AFP

10 réflexions au sujet de « Nouvelles du Japon : le cas du riz »

  1. Apparemment, Trump aurait dit à Shinzo Abe qu’en échange du maintien de l’ouverture des frontières américaines aux voitures japonaises sans droits de douane additionnels, le Japon devra ouvrir massivement ses frontières aux produits agricoles américains…voila de quoi perturber légèrement les projets du premier ministre japonais en matière de remembrement des exploitations rizicoles traditionnelles de son pays. Il va devoir se lancer en parallèle à la création d’appellations d’origine contrôlée, en comptant sur le patriotisme de ses compatriotes.

    • Je vous répondrai que depuis des années (je ne sais plus exactement) le Japon est « obligé » d’importer du riz américain produit essentiellement en Louisiane et un peu dans le sud de la Californie. Je ne me souviens plus exactement des tonnages imposés mais ce riz que les Japonais trouvent infect est utilisé pour alimenter les volailles ! Essayez de donner du riz long à ma petite-fille franco-japonaise elle n’y touchera pas …

      • Le riz américain utilisé pour nourrir les volailles nippones, je trouve ça excellent 🙂
        Ca mérite un tweet en direct à la Maison Blanche.

  2. @Camembert
    Je n’invente rien c’est ainsi … Je connais suffisamment le Japon pour ne pas raconter d’idioties. La politique de Shinzo Abe est surtout de préserver l’agriculture de son pays qui est vieillissante de manière alarmante encore plus que l’artisanat des zones urbaines. Et ce sauvetage ne peut pas passer par autre chose qu’une restructuration et un remembrement des implantations agricoles : passer comme la France le fit dans les années 1960 à une réforme cadastrale profonde et un regroupement autoritaire des petites exploitations. Compte tenu du conservatisme des ruraux japonais il y aura certainement des grincements de dents mais c’est inévitable.

    • On a en quelques sortes le même problème en France avec la transmission des petites exploitations agricoles qui n’intéressent plus grand monde du fait de leur très faible rentabilité, quand elle existe. Je pense notamment à la Bretagne.
      Si rien n’est fait, on devra à terme accepter d’importer un part très substantielle de nos aliments, ce qui est en pratique déjà le cas.

  3. Je pense que l’une des responsabilités premières d’un gouvernement serais d’assurer l’auto-suffisance du pays dont il a la charge, le risque, sinon, est que le-dit pays se retrouvât au-devant de problèmes alimentaires profond, de disettes, voire de famines si une catastrophe survenait, guerre, pandémie, effondrement économique ou autre.
    De ne pas pourvoir à la subsistance minimum de la population, quelles qu’en soient les raisons, est, selon cette optique, de l’ordre du criminel.
    Or, il est à remarquer l’instabilité croissante de l’économie-monde monétarisée et il n’est pas sûr que la France puisse se retrouver en auto-suffisance.
    Alors, faites vos réserves…

    • le Japon, puisqu’il s’agit de ce pays est essentiellement montagneux (70 % de la superficie environ), compte 128 millions d’habitants qui doivent arriver à se nourrir avec 378000 km2 x 0,7 moins la surface des grandes conurbations de Tokyo et Osaka, à la louche 50000 km2. C’est moins du dixième de la superficie totale de la France. C’est la raison pour laquelle le boeuf de Kobe (ou d’ailleurs) est hors de prix ! Ce qui fait que le Japon est très dépendant de ses importations de nourriture, c’est le deuxième pays importateurs de denrées alimentaires au monde après, paradoxalement, les USA …

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