Le réchauffement contemporain du climat : loin d’être une anomalie

Capture d’écran 2018-09-18 à 17.55.13.png

C’est en étudiant très finement deux carottages d’environ 8 mètres de long recueillis au fond du fjord de Gullmar en Suède que des scientifiques de l’Université de Gothenburg ont reconstitué les variations de température depuis les années – 370 à 2000. Et il n’y a vraiment de quoi paniquer : le climat a toujours varié passant de périodes chaudes à des périodes froides au cours des siècles passés. Le site de forage des sédiments a été choisi car l’eau reste toujours à une température basse et presque constante au cours des saisons, entre 4 et 8 degrés, et cette eau est pratiquement stagnante car elle se trouve emprisonnée dans un canyon protégé par un seuil rocheux (« sill » en anglais) qui détourne les courants marins. Enfin il n’y a pratiquement pas de marées qui puissent perturber la sédimentation des débris organiques.

Dans ces sédiments les squelettes de calcite d’un foraminifère vivant dans les eaux intermédiaires et profondes (Cassidulina laevigata) ont été utilisés pour retracer l’évolution des températures au cours des siècle en mesurant les teneurs en oxygène-18. Le δ18O ou différence entre la teneur normale en isotope lourd de l’oxygène qui est dans l’atmosphère de 0,2 % et de l’oxygène léger représentant 99,76 % du total avec des traces d’oxygène-17 permet de reconstituer les températures à la surface de la mer. Plus il fait froid moins les molécules d’eau contenant cet oxygène « lourd » ont tendance à s’évaporer. Il apparaît donc un enrichissement en isotope de l’oxygène-18. Mais attention, que mes lecteurs ne se méprennent pas, l’ « eau lourde » des réacteurs nucléaires type CANDU, la filière canadienne, est de l’eau comportant du deutérium à la place de l’hydrogène. Il faut mentionner enfin que les conditions d’hypoxie régnant au fond de ce fjord permettent d’exclure toute perturbation par des traces de vie au niveau des sédiments qui proviennent donc majoritairement de la surface des eaux.

Capture d’écran 2018-09-18 à 17.19.51.png

La chronologie des sédiments a été établie par datation à l’aide du carbone-14 représentée par les étoiles dans la figure ci-dessous. RWP est l’optimum climatique de la période dite romaine ( de – 350 à 450 ans de l’ère présente) suivie de la période froide dite « dark age » (DA de 450 à 850 ans de l’ère présente) caractérisée par l’effondrement de l’Empire romain et les invasions barbares. Cette période est suivie d’un optimum climatique dit âge des Vikings et anomalie climatique médiévale (VA/MCA, 850 à 1350) qui se caractérisa par l’invasion de l’Europe de l’est par Gengis Khan, la construction des cathédrales en Europe occidentale et la colonisation de l’Islande et du Groenland par les Vikings. Cette période de prospérité remarquable fut suivie par le « petit âge glaciaire » (LIA, 1350-1850) qui vit l’Europe s’entredéchirer dans des conflits futiles et enfin l’optimum climatique moderne depuis les années 1850 qui aurait du être une période d’apaisement géopolitique mais au cours de laquelle l’émergence de nouvelles idéologies précipita les peuples de la planète entière dans des conflits tout aussi stupides que ceux du précédent « âge glaciaire » alors qu’ils n’avaient aucune raison d’être, mais c’est un tout autre sujet qui demande une plus ample dissertation.

Compte tenu des résultats obtenus par les scientifiques suédois les températures moyennes de l’eau de surface relevées au fond du fjord (BWT, benthic water températures) à l’aide du proxy  δ18O n’ont pas sensiblement évolué au cours de toutes ces années et, selon les auteurs de cette étude, elles ne sont pas significativement plus élevées aujourd’hui que durant les périodes romaine et médiévale de climat « plus » chaud. Il faut donc se rendre à l’évidence : l’activité humaine accusée de perturber le climat : c’est tout simplement une vue de l’esprit.

Source et illustrations : https://doi.org/10.5194/cp-2017-160

10 réflexions au sujet de « Le réchauffement contemporain du climat : loin d’être une anomalie »

  1. Article très intéressant merci 🙂
    Cela m’a permis de me mettre à jour sur le δ18O qui s’appelle le « thermomètre isotopique », qui est utilisé donc comme proxy de la température.
    Je conseille pour les curieux de jeter un coup d’oeil sur cette page de l’ENS de Lyon qui traite de ce sujet : http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/paleo/variations/paleoclimats/syntheses/indicateurs-paleoclimatiques/isotopes-oxygene

    Nous n’avons ainsi aucune raison -comme le veulent les différentes COP qui se succèdent- de dépenser entre 50.000 et 100.000 milliards pour faire la chasse au CO2 qui est un gaz rare (400 ppm dans l’atmosphère actuellement) et qui apparemment n’a rien à voir avec les variations locales et temporaires des températures.
    Il me semble de dépenser une pareille somme pour rien relève sur le plan juridique de l’escroquerie en bande organisée.

    • Il fallait à l’humanité une nouvelle religion qui fait peur : toutes les religions (hors bouddhisme et hindouisme) comportent un aspect terrifiant : la damnation des âmes. La nouvelle église de scientologie climatique vient remplacer le manque de foi qui s’est accéléré depuis la mise en place d’internet. Poutine a eu l’intelligence dans son pays de remettre sur le devant de la scène la religion orthodoxe pour calmer les esprits et les Russes lui en sont reconnaissants. Comme Trump et Xi Ping Poutine ne veut pas entendre parler de cette histoire de climat qui est devenue la nouvelle religion du moins dans les pays occidentaux. Ça occupe les esprits et vide les porte-monnaies …

  2. En lisant bien jusqu’au bout (mais assez en diagonale) la source citée par jacqueshenry, on trouve ce qu’on veut :
    à la fois une période récente similaire, voire légèrement inférieure aux périodes chaudes précédentes, et « en même temps » une augmentation « la plus importante depuis 2500 ans » de la température de certains paramètres dans les toutes dernières années…
    En revanche, si le rôle « anthropique » est rappelé plusieurs fois, les auteurs ont « un faible » pour les oscillations océaniques, NAO et AMOC.
    Autrement dit la science n’est pas « settled », et c’est le plus important !

  3. Bien que je sois plus que sceptique sur le réchauffisme, la rigueur du raisonnement implique de garder l’esprit critique. Est- on certain que les taux d’isotopes d’oxygène dans l’atmosphère sont les mêmes à un moment donné sur toute la planète ? Cela ne remet pas en cause cette brillante étude, mais la conclusion à en tirer.

    • @Louis Monceaux : je crois que la réponse à votre question figure dans la dernière phrase de la page web de l’ENS de Lyon que j’ai mentionnée ci-dessus dans mon premier commentaire, je cite :
      « Enfin, l’analyse isotopique des carbonates des foraminifères benthiques permet de corréler à longue distance les carottes des sédiments provenant de divers bassins océaniques. En effet, les variations du rapport 18O/16O des eaux sont sensiblement les mêmes en tout point de l’océan parce que celui-ci se mélange en un temps de l’ordre du millénaire. »
      Donc, il s’agit en analysant les rapports isotopiques 18O/16O (l’oxygène standard a une masse molaire de 16 g et son isotope plus lourd a une masse molaire de 18 g, d’où leur appellation, et leur discrimination se fait par spectrométrie de masse logiquement car on est sur des atomes similaires de masses différentes) des carbonates issus de la sédimentation des coquilles de foraminifères du fjord en question, de modéliser l’évolution des températures des eaux benthiques, c’est-à-dire dans le fond océanique concerné.
      Attention donc à ne pas faire de confusion, on ne parle pas de l’oxygène de l’atmosphère, mais de celui de l’eau de mer (même si l’équilibre liquide-vapeur aidant, la température des eaux benthiques et celle de l’atmosphère sont théoriquement reliées entre elles, mais encore faut-il la déterminer).
      Par contre, on est certain que ce rapport est identique en tout point de la planète, pour des raisons de chimie physique (temps de séjour de l’ordre du millier d’années, le fond océanique a une grande inertie sur le plan de sa composition, ce qui permet de faire des comparaisons en n’importe quel point immergé du globe).

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s