Brève : Florence et Mangkhut

Capture d’écran 2018-09-13 à 23.04.48.png

La presse main-stream nous a inondé (sans jeu de mots) d’informations au sujet de l’arrivée sur les cotes de Caroline (USA) du plus puissant ouragan jamais connu depuis des décennies. Cet ouragan est devenu un pétard mouillé et comme la cause en était le dérèglement climatique autant dire que la propagande s’est emparée de l’affaire avec grand bruit.

Capture d’écran 2018-09-13 à 23.05.31.png

Par contre le typhon Mangkut va passer au dessus du nord des Philippines en catégorie 5 et je peux assurer mes lecteurs que je sais de quoi le parle puisque j’ai, si l’on peut dire, essuyé (toujours sans jeu de mots) trois cyclones de catégorie 5 lorsque je résidais au Vanuatu. Le plus impressionnant était le calme lorsque l’oeil du cyclone passait, une heure de calme avec les oreilles qui bourdonnaient en raison de la faible pression atmosphérique un souvenir toujours terrifiant … Bref, les activistes anti-réchauffement en sont pour leur argent mais le sort des Philippins leur importe peu, qu’ils crèvent !

Les « trumperies » du Donald

Capture d’écran 2018-09-10 à 17.03.22.png

En anglais trump veut dire atout pour les joueurs de carte et c’est à se demander si le Président américain dirige son pays comme un joueur de poker tente de dominer le jeu qu’il partage avec trois autres partenaires. Pour ce qui concerne ce billet les trois autres partenaires de cette partie de poker sont l’Europe, la Chine et la Russie. Dans le cas présent il ne s’agit plus d’une partie entre amis où le point vaut un dollar mais des milliards de dollars entre nations. Cependant il connait les cartes des autres joueurs et de plus ils n’ont pas tous des dollars en poche. Sur le tapis vert il y a des euros, des roubles et des yuans et ça complique sérieusement la situation.

Pour cet embargo douanier sur l’acier décrété par la Maison-Blanche – il faut appeler les choses par leur nom – on peut se demander à juste titre si Trump a bien compris la situation internationale. Il suffit de quelques graphiques pour se faire une idée de l’immense erreur que Trump a commis en voulant taxer outre mesure l’acier importé sur le territoire américain. Car les USA dépendent d’importations d’acier sous forme de tôles, de poutres, de linéaires laminés, bref, sans importations massives d’acier les capacités de production domestique ne permettent pas d’alimenter l’industrie américaine et en particulier l’industrie automobile. Deux graphiques (source Worldsteel : https://worldsteel.org/media-centre/press-releases/2018/world-steel-in-figures-2018.html ) en disent plus que n’importe quel texte.

Capture d’écran 2018-09-10 à 17.03.46.png

Capture d’écran 2018-09-10 à 17.04.31.png

Les deux principaux producteurs d’acier sont la Chine et le Japon mais ces deux pays exportent essentiellement vers les USA une partie de leur production. En effet les USA, bien que produisant un peu plus de 80 millions de tonnes d’acier (2017) en utilisent 130 millions pour leur industrie. Ces droits de douane vont à n’en pas douter avoir un impact néfaste sur l’activité économique américaine.

Quelques mots au sujet des autres « tromperies » de Washington. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) les USA sont devenus les premiers producteurs d’hydrocarbures, avant l’Arabie saoudite et la Russie. La Maison-Blanche a même déclaré que grâce aux techniques de fracture hydraulique des roches mères en particulier dans le bassin de Bakken (Dakota) les USA étaient autosuffisants depuis près de 18 mois. À tel point que les USA ont déjà commencé à exporter du gaz naturel liquéfié vers la Pologne. Mais où est le lézard puisque l’agence internationale de l’énergie, quant à elle, indique (chiffres de 2017) que les USA importaient toujours 7,9 millions de barils de pétrole par jour. Enfin, s’il s’agissait de favoriser l’industrie américaine il est important de noter que la plupart des entreprises, petites ou grandes, impliquées de la fracturation des roches mères sont endettées et qu’à l’instar de Tesla elles n’ont encore jamais dégagé de bénéfices et leurs dettes sont adossées sur le pétrole qu’elle produiront dans le futur. N’importe quel investisseur comprend que le lézard est vraiment gros.

On ne peut que conclure que Donald Trump a tiré les mauvaises cartes dans cette partie de poker menteur pour l’économie américaine qui, elle, va à terme se retrouver toute nue. On appelle ce genre de jeu du strip-poker …

Le bétail c’est mauvais pour le climat : la solution existe !

Capture d’écran 2018-08-29 à 10.37.49.png

Les écologistes ne sont pas à court d’idées pour sauver le climat. Ils ont organisé une propagande éhontée pour que des populations entières mangent moins ou pas du tout de viande et se nourrissent plutôt d’insectes et de légumes parce que les vaches ça pète sans arrêt et leurs pétulances contiennent des quantités extravagantes de méthane qui, c’est bien connu mais non encore prouvé, est un beaucoup plus puissant gaz à « effet de serre » que le vulgaire gaz carbonique. Pour que les bêtes à cornes qui fournissent viande, lait et cuir ne fabriquent plus de méthane il n’y a qu’à leur faire manger un peu d’une algue vert-brune (Asparagopsis taxiformis) qui a la particularité de produire du bromoforme (CH3Br). Ce composé inhibe la formation de méthane dans le tractus intestinal des ruminants. En ajoutant jusqu’à 2 % en poids de cette algue dans la nourriture des bovins, ces derniers ne produisent pratiquement plus de méthane.

Asparagopsis_taxiformis.jpg

Riche idée ! D’ailleurs les écolos ont toujours de bonnes idées comme en particulier de contrôler drastiquement les naissances parce que (mais ils ne l’ont pas encore dit clairement) les êtres humains eux aussi produisent du méthane même s’ils ne mangent pas d’herbe, et par conséquent il faudrait vraiment que la population diminue pour sauver le climat. Il y a cependant deux gros problèmes pour mettre en place cette riche idée. Comment produire en quantités suffisantes cette algue. Mystère, pas le moindre soupçon de solution.

L’autre très gros problème qui n’a pas semblé effleurer les cerveaux de ces rêveurs : le bromoforme est un carcinogène confirmé pour les animaux classé en catégorie 3B. Même s’il est probable que ce produit soit largement dégradé dans l’estomac des bovins il pourrait en rester des traces dans la viande ou le lait. Autant dire que cette idée lumineuse qui a fait l’objet de travaux de laboratoires du CSIRO financés par les contribuables australiens illustre l’imbécillité crasse de ces individus. Il faut remarquer que le Président américain a quitté l’accord de Paris sur le climat et on le comprend. Son message s’adressait à tous les écologistes et aux centaines de milliers de pseudo-scientifiques vivant du commerce de la peur du changement de climat, message qu’il aurait pu twitter ainsi : « la récréation est finie ». Via le site wattsupwiththat.com.

Sources. Illustration : The Sydney Morning Herald, Animal Production Science, doi : 10.1071/AN15576 et https://en.wikipedia.org/wiki/Bromoform

L’égalité des genres ?

Capture d’écran 2018-09-06 à 14.19.04.png

Une étude paru dans le journal britannique The Lancet en 2016 concernant la consommation d’alcool dans 195 pays montre clairement que les femmes sont très en retard par rapport aux hommes. Mais c’est ironique car les hommes boivent plus et meurent beaucoup tôt que les femmes. L’étude a comptabilisé 2,8 millions de morts prématurées dans le monde en 2016 ayant été provoquées par l’excès de boissons alcoolisées. Les femmes ne sont donc pas égales aux hommes mais elles sont franchement moins idiotes qu’eux. Le graphique (source Statista) ne concerne que les dix premiers pays dans le classement. Ça laisse rêveur.

Nouvelles du Japon : l’entretien des voies du Shinkansen

Capture d’écran 2018-08-27 à 12.15.10.png

La compagnie ferroviaire JR-Ouest gère la liaison entre Tokyo et Osaka et bien plus loin au sud de l’île de Honshu. Toutes les 5 minutes environ un Shinkansen quitte Tokyo-Station (illustration) avec une précision horaire de « montre suisse ». Des centaines de milliers de passagers utilisent ce train pour se rendre de Tokyo vers Kobé, Kyoto, Osaka et bien d’autres villes chaque jour. Pour information le tronçon Tokyo-Osaka est le seul train à grande vitesse rentable dans le monde. Mais il faut entretenir les voies et parfois des interventions ponctuelles sont nécessaires au cours de la journée alors que les trains circulent à la vitesse de 300 km/heure presque toutes les 5 minutes. Les employés de la JR doivent donc être entrainés à la dangerosité de leur travail sur les voies.

Et au Japon on ne plaisante pas avec la sécurité. La JR entraine donc ses employés sur le réseau ferré à supporter le trafic des trains à grande vitesse. Pour exposer ses employés aux conditions extrêmes de travail elle a déjà formé (si on peut dire les choses ainsi) 190 de ses travailleurs intervenant sur les voies à supporter le passage d’un Shinkansen à proximité. Il fallait l’imaginer : ils ont été placés dans un tunnel et devaient supporter le passage d’un train à 300 km/h. Je signale à mes lecteurs qu’un individu debout ne peut pas résister à un vent de plus de 150 km/h, j’en sais quelque chose pour avoir fait l’expérience de trois cyclones de catégorie 5. L’onde de choc provoquée par l’arrivée du train dans un tunnel doit être inimaginable. Bien qu’il y ait peu de syndicats au Japon ou du moins ils ont peu de pouvoir, ces derniers se sont tout de même ému des traitements inhumains infligés par la JR à ses employés que certains ont comparé à une « flagellation publique ». Pour la petite histoire shinkansen veut dire « nouveau train » ( ヌーボー列車 ). Inspiré d’une dépêche de l’AFP

Il y a 50 ans naissait le Club de Rome

Capture d’écran 2018-09-05 à 12.53.04.png

Aurelio Peccei, un industriel italien philanthrope qui avait travaillé dans la firme automobile Fiat puis la société Olivetti, créa en avril 1968 avec Alexander King, un chimiste écossais, le Club de Rome, mettant en avant pour la première fois le concept de « développement durable ». Le Club de Rome existe toujours et est basé à Winterthur en Suisse, le pays de tous les possibles. La problématique de cette assemblée dont le secrétaire général actuel est Graeme Maxton, connu pour son livre « La fin du Progrès », est de prôner le malthusianisme afin de sauvegarder l’humanité. On peut résumer l’idéologie de ce club ainsi. En réalité si les thèses d’un déclin imparable de la qualité des conditions de vie sur la Terre en raison de l’accroissement de la population fait partie de la préoccupation centrale du Club de Rome, le but final est tout autre.

Il est difficilement concevable d’imaginer un instant que les individus sur la planète entière restreindront sans contrainte extérieure leur instinct de procréation. Il s’agit donc pour cette organisation de mettre en place progressivement un gouvernement mondial dont les objectifs seront d’abolir les gouvernements nationaux et d’imposer des règles strictes de bonne conduite afin de restreindre la population. Pour atteindre un tel objectif il faut naturellement que les populations soient réceptives à des injonctions venant d’ « en haut ». L’Eglise chrétienne a remporté un franc succès en persuadant les adeptes qu’il y avait un paradis promis à ceux qui étaient vertueux et un enfer pour les autres. C’est exactement ce type d’attitude qu’adopta tout de suite le Club de Rome.

Dès 1973, avec les ordinateurs de l’époque, des chercheurs du MIT travaillant pour le Club de Rome modélisèrent un sombre avenir pour l’humanité si celle-ci ne réussissait pas à restreindre le nombre des naissances. La vidéo datant de cette année-là et diffusée à la télévision indique que dès 2020 l’humanité sera confrontée à des graves problèmes de survie, de pollution, de ressources alimentaires et qu’en 2040 la situation se sera tellement dégradée que la population mondiale chutera catastrophiquement. Voici le lien pour les anglophones : https://youtu.be/cCxPOqwCr1I. On peut croire ou non à ce type de prévision sur le long terme appelée par son auteur Jay Forrester le programme « World One » mais son but était surtout de terroriser les foules.

Pour imposer « sa loi » à l’humanité toute entière il faut d’abord la préparer psychologiquement et le seul moyen, comme l’a fait l’église chrétienne en son temps, il faut lui faire peur. Comme le disait Christine Lagarde l’humanité dérègle le climat – ce qui reste encore à prouver – et « on va tous griller comme des toasts », c’est ce qu’elle a affirmé : l’image de l’enfer ! Alexander King, alors directeur du Club de Rome, évalua les résultats de ce programme de simulation et en conclut que les grandes corporations devaient imposer un nouvel ordre mondial afin d’achever le but d’ « un développement durable » qui ne dégrade pas les conditions de vie sur la planète Terre. Lors de sa prochaine réunion le Club de Rome formulera les 17 points qui doivent être implémentés rapidement. C’est essentiellement une directive de mise en place d’une gouvernance mondiale sous l’égide des Nations-Unies, du Fond Monétaire international et de la Banque Mondiale. Pour retrouver les détails de ce projet il suffit d’aller sur le site des Nations-Unies et de chercher Sustainable Development Goals.

Monter en épingle le réchauffement climatique d’origine humaine – alors que l’activité humaine joue un rôle négligeable par rapport à l’activité solaire – est du pain béni pour ces globalistes qui veulent imposer leurs lois et leur lubies au monde entier. Le Club de Rome est sponsorisé par les globalistes les plus acharnés au monde. Juste pour situer l’importance qu’ils donnent à cette organisation, citons les membres passés et présent de cette assemblée qui veut s’octroyer des pouvoirs terrifiants pour les démocraties : Al Gore, Mikhail Gorbachev, Bill Clinton, Jimmy Carter, Bill Gates, Ted Turner, George Soros, Tony Blair, Deepak Chopra, Henry Kissinger, Barbara Marx Hubbard, Marianne Williamson, Le Roi Juan Carlos I et la plupart des anciens secrétaires généraux des Nations-Unies ainsi que divers officiels de haut rang. Les bras séculiers déjà présents pour mettre en oeuvre ce projet sont Facebook, Google ou encore Amazon, Microsoft et la majeure partie des médias appartenant à des entités financières transnationales.

Nous entrons donc bien dans une ère nouvelle orwellienne, la dictature mondiale dont le principal acteur sera les USA, inutile de s’en étonner. Pour donner un petit exemple de l’attitude particulièrement significative des Nations-Unies j’ai écrit un billet il y a quelques jours sur la bilharziose. Je conseille à mes lecteurs d’aller sur la page schistosomiasis de Wikipedia en anglais et ils découvriront avec stupeur ceci :

Capture d’écran 2018-09-05 à 16.04.00.png

Ce passage a disparu de la version française ! Il est très facile de comprendre quelle est la politique de l’OMS, organisme onusien, faut-le rappeler, tout simplement de laisser les enfants africains mourir, c’est mieux pour la planète : la bilharziose tue seulement 200000 personnes chaque année, ce n’est pas assez … N’importe quel individu normalement constitué trouve que ce genre de décision émanant d’un organisme international est inique. Mais si on prend la peine de fouiller dans les directives du Club de Rome, force est de retrouver tous les chevaux de bataille des ONGs concernant la lutte contre l’usage des pesticides. C’est un levier pour réduire la population humaine car ne plus faire appel à des molécules chimiques hautement spécifiques dans l’agriculture extensive entrainera inévitablement des famines généralisées, ce que désire finalement le Club de Rome. Un autre point intéressant dont les médias n’ont pas le droit de faire un quelconque commentaire, l’orchestration par le Club de Rome des campagnes anti-vaccins dans le but d’affaiblir les défenses immunitaires des êtres humains afin d’assister à une augmentation de la mortalité généralisée. Ce type d’actions souterraines est largement repris par les médias. Pas étonnant, ces médias appartiennent pour la plupart à des groupes financiers impliqués dans le grand projet du Club de Rome et je le rappelle ici au risque de me répéter.

La supposée raréfaction des ressources en hydrocarbures est aussi une préoccupation de cette insidieuse organisation totalitaire néo-troskyste dont le label trompeur est le néo-libéralisme est un mensonge. Il existe des réserves en charbon et en pétrole partout dans le monde mais leur exploitation est préjudiciable pour la santé du climat. En effet le Club de Rome a largement encouragé la propagande consistant à déclarer que le gaz carbonique était mauvais pour le climat, normal me direz-vous car il s’agit du seul argument dont dispose cette assemblée de complôtistes qui veulent établir une hégémonie dictatoriale sur l’ensemble de l’humanité. J’ai plus de 70 ans et je ne suis pas encore dénué de sens critique mais je suis convaincu que mes petits-enfants vivront des années très sombres. Ils seront les esclaves des grandes compagnies apatrides guidées par les USA, peut-être le seul créneau qui reste aujourd’hui à ce pays pour survivre à moins de catalyser un nouveau conflit mondial meurtrier, ce que désire finalement le Club de Rome pour réduire la population mondiale. Belle perspective …

Inspiré d’un article de Michael Snyder paru sur le site endoftheamericandream.com le 3 septembre 2018 via le site ZeroHedge

L’Europe va plonger avant la fin de cette année dans une crise économique majeure

Capture d’écran 2018-09-03 à 17.56.54.png

Alors que l’Iran a déposé un recours auprès de la Cour de Justice Internationale (organisme dépendant des Nations-Unies) pour obtenir la suspension des sanctions US contre ses exportations de pétrole, l’Union Européenne se prépare au choc économique qu’elle devra subir lorsque les sanctions américaines seront entièrement appliquées le 4 novembre prochain. Les intentions américaines sont claires : réduire à zéro les exportations de pétrole iraniennes et mettre à genoux l’économie et la finance iraniennes. La conséquence sera une augmentation du prix du pétrole et les décisions de la Maison-Blanche affecteront les économies de bien d’autres pays. Les pays de l’Union Européenne encaisseront le choc ou bien se battront-elles contre les USA ?

L’Iran est le troisième plus important producteur de pétrole de l’OPEP après l’Arabie Saoudite et l’Irak avec une production quotidienne de 4 millions de barils. En ce moment de vastes régions du monde, Amérique du Nord, Europe et Asie du Sud-Est entrevoient une embellie économique qui a eu pour conséquence une augmentation de consommation de pétrole de 1,5 millions de barils par jour depuis 2017, augmentation qui a eu pour effet une augmentation du prix du pétrole. Comme l’Iran l’a déjà signalé, s’il est contraint de réduire ses exportations à zéro (l’objectif de la Maison-Blanche) l’OPEP ne pourra pas faire face à la demande des pays importateurs. La conséquence sera une tension sur les prix qui aura pour effet d’entraver la croissance économique de tous les pays importateurs. Les USA doivent donc s’assurer, avant de mettre en place leur embargo sur le pétrole iranien, que le marché mondial du pétrole soit approvisionné. Mais à la vue de la demande actuelle en pétrole cet objectif n’est qu’un voeu pieux car les exportations du Vénézuela s’effondrent et l’OPEP a conclu un accord avec la Russie pour réduire de 1,8 millions de barils par jour la production par rapport à celle de 2017.

Les firmes pétrolières occidentales cessent déjà leurs opérations en Iran et les sanctions américaines atteignent les pays alliés des USA en particulier l’Union Européenne. Le bloc européen est dépendant des importations de pétrole à hauteur de 98 % et avec un euro qui commence à se déprécier par rapport au dollar, une augmentation du prix du pétrole ne pourra qu’aggraver la situation économique de l’Europe. Un pétrole plus coûteux va tout de suite compliquer la situation de l’économie allemande, fer de lance de l’ensemble de l’économie européenne. La politique exportatrice de l’Allemagne est en effet très sensible aux chocs économiques extérieurs. Les commandes de produits manufacturés allemands ont déjà considérablement réduit et selon des enquêtes récentes réalisées auprès des entreprises allemandes celles-ci indiquent qu’une augmentation du prix du pétrole sera gravement dommageable pour l’ensemble du tissu industriel allemand.

Si l’Europe doit craindre un effet négatif des sanctions contre l’Iran, la législation extra-territoriale américaine doit être également redoutée par les entreprises européennes : en se retirant du marché iranien elles vont de facto perdre des dizaines de milliards de dollars en raison des accords d’investissements sur le long terme ayant été conclus depuis la mise en place du traité qui a été dénoncé par les USA. Le cas de Total est emblématique. Cette société a signé un accord pluriannuel de 5 milliards de dollars avec l’Iran pour l’exploitation de l’immense gisement gazier de South Pars. Aujourd’hui Total se bat pour désinvestir en Iran avant la date du 4 novembre 2018. Dans cette perspective Total et Shell viennent de cesser toute importation de pétrole iranien. Les autres raffineurs européens ont également sensiblement réduit leurs achats de pétrole iranien alors que les gouvernement des pays européens tentent d’imaginer un statut de blocage des sanctions américaines pour protéger les entreprises européennes actives sur le sol iranien. Jean-Claude Junker a par exemple déclaré que « c’est une devoir pour l’Union Européenne de protéger le marché en Iran en particulier des petites et moyennes entreprises européennes ». Cette décision est entrée en vigueur le 7 août mais elle n’est pas claire car Bruxelles négocie toujours une protection de ces entreprises de taille moyenne. La décision européenne n’est pas seulement une résistance de principe mais elle repose sur une nécessité économique.

En effet l’Europe va se trouvée confrontée à deux défis avant la fin de cette année : non seulement les sanctions américaines contre l’Iran qui prendront effet le 4 novembre mais fin octobre les sanctions contre le géant russe de l’aluminium Rusal prendront également effet. Ainsi les pays membres de l’UE seront exposés à deux chocs : une raréfaction du pétrole et de l’aluminium, un véritable ouragan pour les indicateurs économiques.

Exactement comme pour l’Iran les USA n’ont pas consulté leurs partenaires européens en mettant en place au mois d’avril les sanctions contre Rusal. Presque immédiatement les marchés de la bauxite et de l’aluminium métal sont devenus chaotiques avec des prix à la hausse qui vont se répercuter sur les consommateurs finaux. Les acteurs du marché de l’aluminium de chaque côté de l’Atlantique ont tenté de rechercher d’autres fournisseurs sans grand succès et les négociants ont accepté d’emblée une augmentation de 20 % de l’aluminium métal. En Allemagne l’autorité Wirtschafts Vereinigung Metalle qui représente 655 entreprises métallurgiques a averti du risque de voir de nombreuses petites entreprises baisser le rideau en raison de l’augmentation du prix de l’aluminium mettant en danger une multitude d’autres petites et moyennes entreprises du pays. Le futur d’une myriade de petites entreprises sous-traitantes de grosses entités industrielles comme Daimler ou Volkswagen qui représentent 13 % de la force de travail européenne pourrait être compromis. Elles représentent, seulement en Allemagne, 60 % des emplois … Avec une augmentation prévisible du prix du pétrole autant dire que l’économie européenne – et allemande en particulier – va vivre une période noire avec des conséquences sur l’emploi incalculables.

La politique commerciale américaine choisie par le Président Donald Trump est clairement en conflit avec les intérêts essentiels des pays membres de l’Union Européenne : le pétrole et l’aluminium sont essentiels pour maintenir la santé de l’économie. Cette rafale de sanctions décidée par la Maison-Blanche doit être prise pour ce qu’elle est réellement : une menace existentielle pour la multitude d’entreprises européennes qui concourent au maintien de l’Union Européenne. Il reste à espérer que les autorités de Bruxelles ne baisseront pas leur culotte devant la Maison-Blanche (l’expression est de mon cru, en anglais « One can hope the Europeans will not waver in their determination to stand up to the White House« ).

Traduction par votre serviteur d’un article de Scott Belinski paru sur le site Oilprice.com il y a trois jours. Les ajouts entre parenthèses ne sont pas de l’auteur mais de votre serviteur pour une meilleure compréhension du texte original.