Alzheimer et homéopathie : même combat !

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Par décret paru au Journal Officiel de la République Française le Premier Juin 2018 les 4 spécialités et leurs génériques prescrites pour non pas soigner la maladie d’Alzheimer mais en retarder l’évolution ne sont plus remboursées par la sécurité sociale française. Il s’agit de l’Aricept ou Donepezil, de l’Exelon (rivastigmine), de la Galantamine (ou Reminyl) et de la Memantine (Ebixa). Il est opportun de rappeller ici que les « spécialités » de l’homéopathie sont toujours remboursées par la sécurité sociale. Mais là n’est pas le fond du problème, encore que … La réalité est tout autre : depuis plus de 15 ans aucun des 500 essais cliniques réalisés dans le domaine du traitement de la maladie d’Alzheimer n’a été couronné d’un quelconque succès. Outre les effets secondaires parfois difficiles à supporter de ces médicaments il s’agit en réalité de vaches à lait des laboratoires pharmaceutiques qui ont osé les mettre sur le marché en dépit des résultats décevants des essais cliniques qui n’ont jamais montré clairement de ralentissement de cette maladie ni de la démence progressive associée à la maladie de Parkinson. Il s’agit pour trois de ces spécialités d’inhibiteurs de l’acétyl-choline estérase, mode d’action qui n’a jamais été formellement montré comme pouvant infléchir l’évolution de ces démences. La quatrième spécialité, la Memantine, interfère avec le système glutamatergique neuronal sans toutefois affecter les jonctions synaptiques, fort heureusement !

C’était un peu difficile à comprendre mais dans la mesure où on ne connait pas encore les causes initiales – il y a probablement une conjonction de plusieurs éléments – de la dégénérescence neuronale, s’attaquer aux effets comme ce fut le choix des grands laboratoires pharmaceutiques n’est à l’évidence pas une solution. Alors que les traitements avec ces produits peuvent atteindre jusqu’à 500 euros par mois pour des résultats loin d’être satisfaisants il faut reconnaître que la décision du gouvernement français est justifiée au grand dam des médecins prescripteurs et des familles qui espèrent toujours une amélioration de l’état de santé de leurs proches. En effet si un malade va consulter son médecin il attend de lui (ou d’elle, qu’on ne m’accuse pas de sexisme) une prescription : c’est rassurant. Alors pourquoi ces mêmes médecins ne prescriraient-ils pas des « spécialités homéopathiques » – qui sont elles toujours remboursées – pour traiter les maladies neurodégénératives puisque tous ces produits coûteux n’ont qu’un effet placebo comme les médicaments homéopathiques ?

13 réflexions au sujet de « Alzheimer et homéopathie : même combat ! »

  1. C’est clair…essayer de traiter au pif les symptômes d’une pathologie neurodégénérative sans connaître la biochimie du cerveau dans ses moindres détails est très aléatoire…autant demander à un boulanger de réparer un des moteurs cryogéniques de la fusée Ariane.
    Alzheimer nous rappelle qu’on ne sait pas grand chose sur le cerveau.
    A ce titre, je me demande si la formation des plaques amyloïdes (+ l’accumulation de protéines anormales dites ‘protéines Tau’, constitutives du cytosquelette des neurones) qui est décrite comme la cause de la pathologie ne serait pas une de ses conséquences.
    Il faut donc mettre le paquet en recherche fondamentale si on veut que les pharmaciens puissent prendre le relais. On a plus d’1 millions d’Alzheimer en souffrance rien qu’en France.

    Petite remarque en passant : le surcoût de la mise en place des éoliennes en France équivaut à 3 fois le budget du CNRS avec ses 80.000 chercheurs (je sens que je vais être accusé de faire du mauvais esprit 🙂 ).

  2. On peut être sceptique sur l’efficacité des spécialités homéopathiques. Je l’étais, car rationnellement avec les dilutions des éléments actifs, il ne pouvait en être autrement. Et pourtant après avoir eu connaissance d’un témoignage d’une personne atteinte d’acouphènes depuis longtemps qui a été « soignée » par l’homéopathie et n’a plus ressenti ces bourdonnements. Moi-même ayant des acouphènes pour avoir été prés des enceintes d’un orchestre avec James Brown, je me suis dit pourquoi pas ? J’ai donc pris Natrum salicyum et Chininum sulfuricum et mes acouphènes ont disparu !!!! Est-ce un effet placébo, je ne crois pas, car j’étais crédule. Et vous avez raison, autant prescrire ces spécialités homéopathiques, qui de toutes les façons n’auront pas d’effets secondaires. Il est aussi question de ne plus rembourser les spécialités homéopathiques.

  3. Quelques chiffres pour y voir plus clair :
    – taille du marché français des médicaments : 55 milliards €/an environ
    – remboursements médicaments par la sécurité sociale : 19 milliards environ
    – taille du marché français des produits homéopathiques : 700 millions €/an environ
    – remboursement homéopathie par la sécu : 120 millions €/an environ
    Donc la sécurité sociale française rembourse environ 34 % du prix des produits allopathiques et 17 % du prix des produits homéopathiques. Pas de quoi se rouler par terre.
    L’homéopathie rend clairement des services, sinon les gens n’achèteraient pas (personnellement je suis 100 % allopathie, mais des amis à moi, bac +12, chercheurs encore en poste en biologie végétale, se soignent et soignent leurs enfants à 80 % avec l’homéopathie, et constatent que cela fonctionne chez eux pour traiter la « bobologie »).
    Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas pourquoi ils fonctionnent dans certains cas qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain en effet. Ca coûte moins cher que les médicaments allopathiques et c’est pour ça que ça arrange la sécurité sociale de les rembourser.
    Maintenant, soigner des pathologies lourdes avec des granules (infections nosocomiales, cancers, diabète, insuffisances rénales, cardiopathies, etc…), comme on dit dans le Beaujolais : « j’y vois pas beau ».
    Pour les maladies neurodégénératives, vu que l’allopathie fait chou blanc, passer à l’homéopathie ne changera pas la donne, les résultats ne seront pas meilleurs mais au moins la sécu fera des économies. Ceci exaspère les spécialistes de ces maladies, j’en ai bien conscience aussi.

    • Christian Boiron me disait un jour qu’il faisait fortune en vendant de l’eau, du glucose et accessoirement un peu d’alcool (dans ses « teintures ») et lui-même ne croyait pas trop à l’homéopathie … mais plutôt à l’effet placebo. Pour reprendre le commentaire de Francis Matton, je souffre d’acouphènes à l’oreille droite apparus à la suite d’un accident de voiture (« coup du lapin »). Ces acouphènes sont provoqués par un très léger pincement de l’artère vertébrale droite du à un tassement de l’axis et il n’y a rien à faire …

      • Oui dans le cas d’un traumatisme, il n’ y a rien à faire, mais dans les cas de stress ou exposition à un volume sonore très important, l’homéopathie peut marcher. Je peux l’affirmer..
        Et d’ailleurs je vais utiliser cette thérapie pour soigner d’autres petits ennuis qui interviennent à nos âges (bientôt 80 printemps) On verra bien, et on ne risque rien, sinon un soulagement.

    • Et bien tant mieux, si ça marche pour guérir ou au moins « soulager » Alz, même si on ne sait pas vraiment comment et pourquoi.
      (et cyniquement, si, en plus , les médicaments qui suivront sont peu onéreux…)

  4. Au temps (qui s’éloigne de manière inexorable…) de ma douce enfance, on ignorait ce désormais si fameux « Alzheimer », et pour parler des personnes vieillissantes qui commençaient quelque peu à divaguer on se contentait, la plupart du temps avec une réelle bienveillance, de dire « il (ou elle, parité oblige !) commence à être un peu gaga ».
    À mon modeste avis, cela relevait du simple, mais aujourd’hui si souvent perdu, bon sens lié à l’observation. Étions-nous pour cela moins serein et moins apaisé face à l’inéluctable déchéance humaine, je ne le pense pas.
    Quant à l’homéopathie, mettons au moins à son crédit que son probable pur effet placebo a le mérite de permettre aux patients d’échapper à certains des empoisonnements chroniques générés par l’allopathie classique.

    • Je me souviens de la manière paysanne de traiter les « gâteux » dans les années 1950 et il est sain de le rappeler ici. Quand dans une ferme rurale le vieux (ou la vieille) commençait à ne plus se souvenir où se trouvait le poulailler pour aller nourrir les volailles deux fois par jour, la dernière responsabilité qui lui était assignée dans la ferme, la maîtresse de maison qui gérait le bas de laine réduisait la ration alimentaire quotidienne du « vieux » en question : un litre de vin rouge coupé d’eau, quelques croutons de pain et un bout de fromage. La mort s’ensuivait assez rapidement …

      • Était-ce plus cruel que le placement « hygiénique » en EHPAD qui a pris la suite de nos jours ? On peut, sans cynisme particulier, se poser la question.

    • Je vous rassure ici à Santa Cruz de Tenerife, en bord de mer, il y a une agréable brise marine qui tempère les températures moyennes de 27 degrés au cours de la journée. Il n’a pas plu significativement depuis la fin du mois d’avril … Les usines de dessalage de l’eau de mer fonctionnent à plein régime !

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