La nouvelle ruée vers l’or

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Il y a une trentaine d’années, entre deux congrès scientifiques qui avaient lieu à l’Université du Queensland à Brisbane j’avais décidé d’aller explorer une toute petite partie de cet immense pays. Depuis Bundaberg, petite bourgade côtière construite autour de ce qui était à l’époque l’une des plus grandes sucreries du monde, je partis dans ce que les Australiens appellent l’ « outback » ou encore le « bush », en suivant la petite route tortueuse 75 au milieu de nulle part. La fin du jour arrivait et les petits kangourous se promenaient en famille. Le but de cette excursion était la toute petite ville de Cracow où une ancienne mine de cuivre et d’argent venait d’être remise en exploitation. Il y avait un seul tout petit hôtel à Cracow et j’espérais bien pouvoir y dormir une nuit (illustration : bar de l’hôtel de Cracow).

Le tenancier de cet établissement, un homme affable fut surpris qu’un Français se perde dans cet endroit qu’il me décrivit comme devenu soudainement hostile en raison des immenses travaux qui venaient juste de débuter pour le creusement d’un immense trou de la taille d’une centaine de terrains de football pour extraire non plus du cuivre mais de l’or. Je ne me souviens plus quoi la serveuse me servit pour le dîner tant la nourriture australienne manque de caractère mais par contre, dans ce bar comme dans beaucoup d’autres endroits du Queensland, je me souviens parfaitement de la bière « XXXX bitter », une sorte de bière brune assez alcoolisée qui ressemble à la Guinness. Et je m’en souviens d’autant mieux que quelques dizaines de minutes plus tard un homme entra, posa son détecteur de métaux qu’il s’était probablement procuré dans les boutiques de surplus de l’armée et offrit une tournée générale.

Il venait de trouver deux pépites d’or, deux « nuggetts » de la taille de mon pouce au milieu des buissons fréquentés par les petits wallabys peu agressifs et plutôt curieux. L’ancienne mine de cuivre venait d’être rachetée par la société Newcrest Mining mais avec de la patience et un bon détecteur de métaux il était encore possible, non pas de faire fortune, mais de vivre aisément, du moins dans cet endroit précis.

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Aujourd’hui les milieux financiers s’inquiètent de la disponibilité en or-métal et probablement à tors car en raison de la demande en or-métal de pays comme la Chine ou la Russie, la prospection et la découverte de nouveaux gisements un peu partout dans le monde, comme par exemple au Nigeria il y a seulement quelques semaines, a permis d’obtenir une estimation de l’ordre de plus de 200000 tonnes d’or déjà extraites dans le monde, selon le World Gold Council (WGC). L’US Geological Survey (USGS) a estimé que 54000 tonnes d’or pouvaient encore être extraites de mines à ciel ouvert et des milliers de tonnes restaient à extraire dans des mines souterraines à découvrir ou remettre en exploitation. Lorsque le prix de l’once d’or atteindra 10000 dollars, une projection considérée comme raisonnable par le WGC, il y aura encore plus d’or extrait de cette multitude de petites mines abandonnées.

Source et illustration : https://www.gold.org/about-gold/gold-supply/gold-mining/how-much-gold-has-been-mined

Une réflexion au sujet de « La nouvelle ruée vers l’or »

  1. 10 000 dollar l’once est, je crois, un prix bien en-dessous de ce qu’il est possible de prévoir dans le futur, si tant est que le dollar survive à l’effondrement économique en cours.

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