Nouvelles du Japon : la culture hors-sol en plein développement.

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La société Spread ( http://www.spread.co.jp/en/technology/ ) s’est spécialisée depuis une dizaine d’années dans la culture hors-sol, aussi appelée hydroponie, à grande échelle, et pour diverses raisons. Le climat au Japon varie entre des étés avec des températures tropicales et de fortes précipitations et des hivers parfois longs et froids en raison de la proximité de la Sibérie. Si le riz profite de l’humidité estivale il n’en est pas de même pour beaucoup d’autres cultures maraîchères. De plus la paysannerie japonaise vieillit et un bon nombre d’exploitations agricoles disparaissent chaque année. Les jeunes Japonais sont plutôt attirés par les villes et délaissent donc l’agriculture. Inévitablement la recherche de solutions pour pallier à ce changement démographique a conduit la société Spread à en quelque sorte industrialiser la production de légumes et en particulier de salades.

Par exemple l’exploitation située à Kameoka près de Kyoto et construite par Spread produit 30000 salades (trois variétés différents) par jour dans des conditions sanitaires proches de la stérilité, en hydroponie et éclairage artificiel. L’équilibre des nutriments est strictement contrôlé ainsi que la teneur en CO2 et l’éclairage.

La clientèle des échoppes et des super-marchés a tout d’abord été réticente en apprenant que des salades étaient cultivées « sans soleil » puis comme elles étaient garanties sans aucun pesticides alors le marché s’est rapidement développé et il y a aujourd’hui plus de 200 fermes maraîchères de ce type au Japon. De nombreux grands groupes industriels ayant fermé des usines pour répondre à l’évolution des marchés ont reconverti leurs locaux en fermes de culture hors-sol. Dans la seule préfecture de Fukushima plus d’une dizaine de grandes installations de culture maraîchère hydroponique ont vu le jour et le groupe Fujitsu a reconverti des locaux où étaient produits des semi-conducteurs en d’immenses installations maraîchères « verticales », des fermes au sein desquelles l’automatisme se développe rapidement. Et dans ce domaine les Japonais sont à la pointe du progrès. Dans les banlieues de l’immense agglomération de Tokyo de telles fermes surgissent un peu partout bien que les plantes ne « voient » jamais le Soleil.

Pour accompagner cette nouvelle technologie les plantules sont produites par clonage des cellules de méristème en milieu strictement stérile, une technique qui a d’abord été mise au point pour la culture in vitro des plantules de bananiers et de palmiers à huile. Elle est aujourd’hui appliquée à grande échelle pour la production de salades, d’aubergines, de tomates, de courgettes et de bien d’autres légumes. Encore une fois le Japon fait figure de leader dans ce nouveau créneau de l’agriculture high-tech. Il y a une dernière motivation qui va favoriser le développement de cette technologie, c’est le changement du climat que ce soit vers le « plus chaud » ou vers le « plus froid ». Dans les deux cas cette approche se révélera judicieuse.

Source et illustration : Spread

8 réflexions au sujet de « Nouvelles du Japon : la culture hors-sol en plein développement. »

  1. Merci pour le « pallier à », qui vous aurait valu une faute, fût un temps ! 🙂
    Sur le fond, je suis bien d’accord, ces fermes verticales sont UNE des solutions pour pallier le manque de terres « arables », dans pratiquement tous les pays, à la réserve près de l’investissement initial (très bonne occasion d’utiliser intelligemment des fonds « verts » ou « climat » !)
    Certes, on ne cultivera pas « tout » en hydroponie, mais déjà tout ce qui est maraîchage au sens large, et qui en « pleine terre » utilise pas mal d’espaces agricoles.
    Certes les « pauvres » plantes ne verront pas le soleil, mais, alléluia (je suis un tantinet ironique) elles ne seront pas « pesticidées » (i.e n’auront pas besoin de « médicaments »).
    Et puis on fait confiance aux ingénieurs pour que les longueurs d’onde et la « couleur » des lumières artificielles se rapprochent de celles du « vrai » Soleil.
    Là je sens nos « amis » écolos un peu perplexes : de la techno, de « l’artificiel », mais zéro pesticides, avec, du moins espérons-le, un bon goût, une (trop belle ?) texture, et des valeurs nutritionnelles/titives préservées.

  2. Un pas de plus (inévitable peut-être, et les si « félins » japonais ont au moins la lucidité de déceler pour leur part notre probable avenir ?) vers le <i<meilleur des mondes.
    Adieu aux terroirs et du même coup aux fantaisies sublimes que Dame Nature nous avait offertes jusqu’ici. Désormais tout sera aligné, propre, calibré, stérile et… prodigieusement désespérant.
    « Sic transit gloria mundi », pour autant qu’il puisse perdurer ainsi !

    • Ben c’est comme beaucoup de choses, on n’est pas obligé de devenir 100% XXX pour être « moderne » ou « progressiste ».
      Perso, mais peut-être suis-je naïf, je vois très bien « la majorité » du maraîchage et autres productions agricoles « urbanisables », effectuée dans les fermes hydroponiques, et en même temps (copyright ***) des produits « vraiment » de terroir avec des spécificités de goût et de consistance.
      De même sur un tout autre sujet, le « 100% énergies renouvelables », est aussi stupide et dogmatique que le « 100% nucléaire » ou le 100% Pétrole » etc…
      ( sauf exceptions, par exemple le (quasi) 100% électricité renouvelable en Norvège, cause géographie permettant hydroélectricité, dans un pays grand et étendu géographiquement, et peu peuplé et « petit » démographiquement)

      • espérons que c’est de l’hydro, pas toujours « idéal » pour le paysage non plus 🙂

      • Ils étaient encore à + de 65% fossiles en consommation finale en 2014 (source Wikipédia) et environ 1/4 de l’électricité était origine hydro. Ils ont bien sur de la géothermie.
        Mais, bon, le 100% annoncé, même si il ne concerne que la production d’électricité, ça risque d’être un peu ambitieux en à peine 12 ans, d’autant plus qu’il semblerait que les nouvelles installations soient majoritairement vent et soleil…

  3. On peut espérer que les techniques de création des graines et pousses à planter permettent de recréer une diversité qui de fait s’est fort rabougrie dans nos cultures modernes en plein champ ou sous serre.
    L’essentiel est de préserver, voire améliorer qualité nutritionnelle et qualité gustative.
    La méthode « japonaise » est déjà connue pour les « chicons »!!!
    Chez nous il y a un bel avenir aux légumes de mon père si on repartage un peu les grands champs de maïs au profit des ruraux que les nouveaux seigneurs des villages ont spolié grâce aux subventions de la PAC. On ne peut pas de petite ferme à mille vaches, mais des fermes de mille hectares ne gênent personne, cherchez l’erreur.

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