La disparition de la mégafaune : entièrement le fait de l’activité humaine ? Pas si sûr.

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La mégafaune désigne les grands animaux terrestres ou marins encore vivants ou disparus. L’éléphant est un représentant de ce classement qui comprenait bien d’autres espèces vivantes terrestres pour la plupart disparues aujourd’hui comme le mammouth laineux ou encore le paresseux terrestre (Paramylodon harlani) qui disparut des Amériques il y a environ 11000 ans. Il s’agissait d’un animal muni de grosses griffes d’une hauteur d’environ 3 mètres pouvant peser jusqu’à 1000 kilos. Comme l’indique le nom de ses cousins existant encore à ce jour et essentiellement arboricoles – les paresseux – il devait se déplacer lentement et devint une proie facile pour les chasseurs-cueilleurs qui arrivèrent en Amérique depuis l’Asie par le détroit de Behring. Jamais aucune preuve de l’extinction de ces représentants de la mégafaune de la fin du Pléistocène par les hommes n’avait été apportée jusqu’à la découverte d’empreintes de cet animal visiblement pourchassé par des êtres humains dans le monument national des White Sands au Nouveau-Mexique.

L’illustration en deux parties montre clairement que des hommes, au moins deux, tentaient de s’approcher d’un paresseux pour l’abattre. L’un des hommes marche sur les traces du paresseux (sloth + human track), probablement en le poursuivant alors qu’un autre homme va l’attaquer à revers. Les empreintes en vert sont des traces des « mains » du paresseux (sloth manus trace) peut-être blessé ou tentant d’adopter une démarche de quadrupède pour s’échapper. Bref, il s’agit d’une scène de chasse (flailing circle) préhistorique unique en son genre.

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La disparition de la mégafaune du Pléistocène qui avait vu le jour des dizaines de millions d’années auparavant peut donc s’expliquer par l’activité des chasseurs-cueilleurs qui y avaient trouvé des proies faciles, certes, mais il ne faut pas perdre de vue que ces espèces animales avaient atteint le stade ultime de leur évolution de même qu’aujourd’hui les pandas, les éléphants, les rhinocéros ou encore les koalas sont des espèces animales qui ont atteint les limites de leur évolution et devraient disparaître naturellement à plus ou moins brève échéance quoique l’homme fasse pour les protéger. C’est la dure loi de l’évolution et que l’activité humaine accélère ce processus n’est qu’un épiphénomène monté en épingle par les tenants de la biodiversité tout simplement pour culpabiliser les hommes.

Source et illustrations : Science Advance, 10.1126/sciadv.aar7621 et aussi un vidéo en anglais résumant résumant ces travaux : https://youtu.be/fkY5aWNomUs . Sloth en anglais = paresse ou paresseux

6 réflexions au sujet de « La disparition de la mégafaune : entièrement le fait de l’activité humaine ? Pas si sûr. »

  1. Vous avez raison, dès que le potentiel adaptatif d’une espèce s’est épuisé, celle-ci ne peut plus survivre à un bouleversement de son milieu trop important.
    Certes et ne le nous cachons pas, la nôtre, d’espèce est celle qui sut, bien plus que la majorité des autres, agir sur son espace.
    Mais avec juste un petit peu d’imagination nous pouvons comprendre que nous ne fûmes pas les seules, loin de là.
    Le premier insecte et/ou champignon xylophage (pas mal au scrable) sur bois vivant, le premier carnivore, les premières cyanobactéries , générant de l’oxygène, en quelques exemples, furent tout autant destructeur de leur milieu.
    C’est se prendre pour dieu, doté d’un sentiment de toute puissance, que de croire ainsi le genre humain unique et, ce, de tous points de vues.
    En fait, ceux qui déblatèrent en profusion de ce genre d’ânerie en manque singulièrement, d’imagination.
    Le plus intéressant dans cette histoire c’est de remarquer combien leurs porteur se montrent infiniment plus irresponsables que ceux qui comprennent la dynamique de la vie et,de ce fait, agissent avec la logique nécessaire pour que, chacun à son niveau, fasse le premier pas vers la résolution de ce que nous pouvons bien nommer un ensemble de problèmes, entre-autre et pas seulement, celui de la pollution.
    Et pour cela il ne s’agit pas de croire ou être au-dedans d’une vérité toute faite et prête à l’emploi, mais d’au-moins d’être dans la résolution de vouloir comprendre la réalité qui, de et par nature, se trouve au-dedans du troisième infini,celui de la complexité, ceci après l’infiniment petit et l’infiniment grand.
    Qui peut dire tout ce qui concerne la simple pomme dans toute sa complexité?

  2. Disserter sur la biodiversité est un exercice difficile dans la mesure où cette notion n’a pas encore de contenu scientifique rigoureux qui fasse consensus.

  3. Quels sont les critères pour déterminer qu’une espèce a atteint « les limites de son évolution » ? parce que dit comme ça ressemble beaucoup a du « wishful thinking »

    • Votre question est excellente.
      A mon sens l’hyper-spécialisation et l’hyper-adaptation en seraient deux des signes les plus centraux.
      Les difficultés de reproduction, les très longs temps de gestation, une fragilité métabolique, peuvent en être d’autres, si quelqu’un à des idées là-dessus, je suis preneur, plus loin je sèche.

      • Quelques exemples parmi bien d’autres. Le diable de Tasmanie, victime d’un cancer transmissible aurait disparu sans l’intervention de l’homme. Il a fallu créer une réserve d’individus sains dans les Nouvelles-Galles-du Sud puis réintroduire ces derniers dans des régions isolées de Tasmanie. Sans intervention de l’homme le panda aurait disparu mais il aurait disparu aussi en raison de l’activité humaine qui a détruit la plupart de ses biotopes naturels en Chine. Le cycle de reproduction du panda est vraiment à la limite du viable, les chances de survie du nouveau-né étant quasiment nulles. Une autre espèce en voie de disparition est le thon rouge en raison de la pêche intensive et le problème pour ce poisson réside dans le fait que la maturité sexuelle de ce poisson (un des rares poissons à sang chaud) n’est atteinte qu’au bout de 5 ans, une exception dans le monde des poissons … Inutile de mentionner le koala qui souffre de son régime alimentaire toxique uniquement basé sur certaines variétés d’eucalyptus …

  4. Moralité : Tavaiskapa être « paresseux », la paresse étant un vilain défaut et même un des 7 péchés capitaux (c’est dire)

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