L’instinct dominateur de l’homme : une vieille histoire

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C’est au cours d’une conversation avec mon fils que m’est venue l’idée d’écrire ce billet. Il s’agit de la domination masculine. Mon fils venait d’assister dans la société dans laquelle il travaille à Tokyo à la mutation d’une jeune cadre confirmée (sur sa demande à elle), une femme d’une trentaine d’années, grande, blonde aux yeux bleus parlant couramment le japonais, le chinois et l’anglais, outre le français sa langue maternelle, et brillante experte en informatique. C’était beaucoup trop à assumer pour ses supérieurs hiérarchiques directs japonais qui à force de brimades quotidiennes l’ont poussée, en quelque sorte, vers la porte de sortie. Mon fils m’a demandé quelle était mon opinion au sujet de cette attitude dominante de l’homme vis-à-vis des femmes sur le lieu de travail.

J’ai tout de suite objecté que cette attitude n’était pas réservée au lieu de travail, bien au contraire. Il s’agit de la conséquence d’un instinct profondément inscrit dans nos gènes. Que je rassure ici mes lecteurs je ne suis ni anthropologue ni sociologue mais je vais tenter de livrer mon point de vue d’ancien biologiste sans aucune prétention dans ce domaine complexe de la vie sociale en groupes.

Il y a 30000 ans nos ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs et ils vivaient en petits groupes. Existait-il des couples stables, nul ne le sait. Les hommes avaient deux missions essentielles : trouver de la nourriture et protéger leur cellule familiale et celle du groupe. La femme, quant à elle, devait nourrir ses enfants et aussi et surtout procréer car la mortalité infantile devait être particulièrement élevée et il fallait faire vite car l’espérance de vie était probablement d’à peine 40 ans. Trente mille ans c’est peu de temps au cours de l’évolution et l’homme moderne n’est pas très différent de ces hommes (dits « modernes ») qui décorèrent diverses grottes de magnifiques peintures.

Lorsqu’émergea l’agriculture, l’élevage et la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs avec comme corollaire une organisation plus sophistiquée de la société ainsi que l’apparition de la notion de monnaie ainsi que le langage les cellules familiales se structurèrent probablement en couples stables et les « chefs » imposèrent des règles élémentaires de vie en société. Mais l’homme tenait toujours le rôle de pourvoyeur de nourriture pour « sa » famille et la femme, gardienne des enfants, en charge de les élever et également de procréer inlassablement pour les raisons indiquées ci-dessus. Dans les pays développés c’était à peu de détails près la règle au début du XXe siècle en milieu rural : l’homme n’avait pas fondamentalement évolué du point de vue sociétal depuis 30000 ans !

Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que tout commença à changer en ce qui concerne le statut de la femme. Il y a d’abord eu l’apparition des antibiotiques et des vaccins qui ont réduit très rapidement la mortalité infantile réduisant de ce fait l’obligation physiologique de la femme à procréer. Les progrès techniques dans tous les domaines, y compris l’agriculture, ont favorisé l’apparition de toutes sortes de conforts domestiques qui ont radicalement modifié la vie laborieuse des femmes, que ce soient la cuisinière puis la machine à laver, le réfrigérateur et bien d’autres équipements qui apparaissaient dès les années 1950 comme des gadgets, je ne mentionnerai que le cas de l’aspirateur, facilitant la vie quotidienne des femmes. L’abondance de nourriture a également contribué à cette évolution dont la conséquence fut une augmentation exponentielle de la population humaine car comme c’est le cas pour n’importe quel animal quand il y a abondance de nourriture la population augmente. Les femmes ont alors pris conscience que leur situation pouvait évoluer vers plus de loisirs et éventuellement une vie professionnelle au même titre que les hommes. Porter des enfants presque sans relâche, comme un devoir, fut remis en question et l’apparition des procédés hormonaux de régulation des naissances fit le reste.

Il est donc normal que la femme revendique une égalité dans la société d’aujourd’hui puisque toutes les contraintes datant de 30000 ans ont disparu. Le problème réside donc dans le fait que l’homme n’est pas tout à fait d’accord car son instinct de domination n’a pas disparu d’un coup de baguette magique et certainement pas avec des antibiotiques ou des vaccins … La femme contemporaine revendique à juste titre une sexualité qui n’est pas nécessairement synonyme de procréation et cette posture heurte aussi l’instinct dominateur (et géniteur) de l’homme. Quant à l’égalité sur le lieu de travail c’est presque pire et comme me le relatait mon fils il arrive parfois que le comportement des hommes soit une caricature d’un autre âge surtout quand il s’agit d’une Européenne côtoyant des Japonais et qui plus est séduisante de par son aspect physique.

Pour en terminer avec cette petite dissertation sans prétention avec l’apparition de la monnaie la femme, sujet de convoitise pour l’homme, a imaginé de monnayer son corps – la prostitution est, dit-on, le plus vieux métier du monde – ruinant de ce fait ses velléités d’émancipation vers un statut plus respecté. Certes il ne faut pas généraliser mais ce métier, respectable d’ailleurs, représente encore pour l’homme l’image dégradée de la femme. Et puisque l’anecdote relatée par mon fils avait pour scène un lieu de travail, il est compréhensible que ces Japonais ayant pour la plupart une vie sentimentale inexistante s’en prennent à une Occidentale pour expurger leurs frustrations variées, eux qui sont des habitués nocturnes de bars à entraineuses qui pullulent de partout à Tokyo, ceci explique peut-être cela …

Illustration satirique pêchée sur la Tribune de Genève. Note : ce billet ne prend en aucun cas position contre le féminisme malgré l’illustration.

3 réflexions au sujet de « L’instinct dominateur de l’homme : une vieille histoire »

  1. Cela rappelle un livre déjà un peu ancien d’Amélie Nothomb « stupeur et tremblement ». Mais la jeune fille belge avait visiblement des problèmes psychologiques malgré une vive intelligence… L’épigénétique nous apportera certainement quelques câblages neuronaux un peu différents entre la gente féminine et la masculine liés à notre histoire humaine. Les groupes de chasseurs ne comprenaient pas d’éléments féminins, ce qui se retrouve encore chez les peuples « premiers »… Le mélange des genres n’est pas encore sur les terrains de sport ? Simple constat, il faut donc un grand coup de balai sur l’olympisme. Il n’y a pas si longtemps que le Grand Orient accepte les jupons !!! Y en a t’il d’ailleurs, chut…

  2. Cette histoire me rappelle que quand on est brillant, l’entourage professionnel « moyen » a vite fait de vous tailler des croupières (qu’on soit un homme ou une femme). Les gens brillants ont en effet la fâcheuse tendance à aller plus vite que la musique, l’inertie de l’organisation humaine va s’y opposer d’une façon ou d’une autre.
    La société japonaise est de plus très patriarcale et machiste donc la petite blonde a eu semble-t-il vite fait d’être remerciée car elle ne savait pas rester à sa place (de femme et d’employée).
    La France n’est pas en reste d’ailleurs car c’est un pays très conservateur malgré les apparences.
    Rappelons-nous le brillant Jean-François Kahn qui -quand il appris que l’inénarrable DSK avait été mis en garde à vue à New-York suite au dossier « Nafissatou Diallo »- il a minimisé l’affaire sur les plateaux TV en parlant de « troussage de bonnes ». A l’époque, la culpabilité de DSK me paraissait peu évidente, mais j’ai été surpris de constater que quelques uns de nos brillants intellectuels vivaient mentalement encore au Moyen-Age.
    Troussage de bonnes…en 2011…hallucinant…

    • Les « complotistes » racontent que DSK s’est fait piéger par le FBI et que tout était organisé pour le faire tomber. DSK avait en effet mis en place le projet du FMI de création des DTS ce qui ne plaisait pas aux USA car le dieu dollar aurait de facto été détrôné. On ne connaîtra jamais la vérité mais ce scénario paraît tellement plausible qu’on est tenté de le croire … Pour ce qui est des amours ancillaires cela a toujours existé, j’avoue en avoir moi-même fait l’expérience il y a bien longtemps …

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