L’approche raisonnée du chauffage domestique : du grain à moudre pour les écologistes

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Lorsque j’avais entrepris de rénover une vieille maison pour y habiter j’avais opté pour le « tout électrique » pour le chauffage : convecteurs et pompe à chaleur. J’avais choisi une pompe à chaleur air-air et je fis une erreur dans la mesure où la vieille maison disposait d’un puits d’une vingtaine de mètres de profondeur dont l’eau aurait pu être utilisée comme source de chaleur avec un équipement eau-air. En effet le rapport entre les capacités thermiques volumiques de l’eau et de l’air est d’environ 4000. En d’autres termes refroidir de 1°C un litre d’eau permet, en considérant le rendement de 100 %, de chauffer 4000 litres d’air de 1°C. C’est un calcul très approximatif mais il indique la formidable efficacité d’un tel système de chauffage. Il faut cependant disposer d’électricité de manière fiable car dans le cas de la maison dans laquelle j’habitais j’avais calculé, hors chambres à coucher, qu’il fallait une pompe à chaleur d’une puissance de 3,5 kW et ce ne sont ni des moulins à vent ni des panneaux solaires qui peuvent assurer le bon fonctionnement d’un tel équipement par tous les temps, de jour comme de nuit.

L’avantage d’une pompe eau-air est qu’au fond d’un puits la température de l’eau est constante et abondante (ce qui était le cas de ce puits) tout au long de l’année alors que l’efficacité d’une pompe air-air devient pratiquement nulle quand la température extérieure avoisine 5°C en vertu du principe de Carnot bien connu des auteurs classiques. Je ne parlerai pas ici de l’aberration du chauffage électrique à l’aide de résistances car produire de l’électricité à partir de chaleur, que ce soit en brûlant du charbon, du pétrole ou de l’uranium avec un rendement désastreux de l’ordre de 30 % pour produire à nouveau de la chaleur en bout de ligne électrique est tout simplement stupide. La logique voudrait d’ailleurs que la chaleur perdue par les centrales électriques puisse être utilisée pour chauffer les maisons et les immeubles des villes.

Les Japonais ont partiellement résolu le problème du chauffage individuel en commercialisant des conditionneurs d’air totalement réversibles qui refroidissent les habitations en été – à Tokyo il fait très chaud en été – et chauffent ces dernières en hiver mais jusqu’à une certaine température extérieure en deça de laquelle des résistances électriques prennent le relais.

À ma connaissance (mais je n’ai pas fait de recherche exaustive) seules deux installations électro-nucléaires dans le monde fonctionnent en mode « cogénération » si cher aux écologistes. Il s’agit des centrales électriques de Beznau et de Gösgen en Suisse dont une partie de la chaleur est utilisée pour le chauffage des habitations et des édifices publics locaux (lien en fin de billet).

Pourquoi ai-je fait cette digression, tout simplement pour introduire une nouvelle technologie de récupération de la chaleur produite par les serveurs informatiques, « clouds » ou « data-centers », très gourmands en énergie électrique qui est fatalement convertie en chaleur. Il faut dépenser de l’énergie pour les refroidir, un comble ! La société française Stimergy s’est lancée dans le créneau de la récupération de chaleur d’un serveur informatique qui a été installé dans un local en sous-sol de la piscine de la Butte aux Cailles à Paris. L’ensemble des installations est plongé dans de l’huile minérale et ce fluide est utilisé pour chauffer l’eau de la piscine à l’aide d’un échangeur de chaleur. Le même type d’installation a déja été mis en place pour chauffer des bâtiments collectifs par la société Dalkia, une filiale d’EDF. Et ce système de chauffage est compétitif par rapport au gaz naturel y compris quand le prix de celui-ci, indexé sur le pétrole, est relativement bas. Ces installations ne comportent pas de pompe à chaleur mais seulement des échangeurs et leur efficacité pourrait être améliorée en combinant ces deux technologies de transfert de chaleur.

Sources : Dalkia ( https://www.dalkia.fr/en ) et Stimergy, illustration Stimergy ( https://stimergy.com/en/ ) via AFP

et aussi : http://www.world-nuclear.org/information-library/country-profiles/countries-o-s/switzerland.aspx#.UXcZG7Xvvfc

Une réflexion au sujet de « L’approche raisonnée du chauffage domestique : du grain à moudre pour les écologistes »

  1. Il aurait fallu un puits de grand débit dans les 4 a 5 mètres cubes par heure, ainsi qu’un deuxième point pour le rejet de l’eau « traitée ».

    ça ne fonctionne que sur cours d’eau, souterrain ou non. (mieux en sous terrain question rendement, cop 4.5 à 5)

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