L’Homme de Crô-Magnon souffrait-il de neurofibromatose de type 1 ?

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L’Homme de Crô-Magnon, en réalité un homme moderne, fut découvert dans un abri sous roche au lieu dit Crô-Magnon au bord de la Vézère sur la commune des Eyzies en 1868. Le crâne de Crô-Magnon 1 a été daté précisément de 27680 années avant l’ère présente et est celui d’un homme adulte faisant partie de la civilisation du néolithique supérieur dite de l’Aurignacien contemporaine des artistes qui décorèrent la grotte de Lascaux située près des Eyzies. Sur ce site quatre autres squelettes ont été retrouvés, deux autres hommes, une femme et un enfant. Les vertèbres cervicales de l’un des hommes sont soudées car il devait souffrir d’une pathologie encore non identifiée et le crâne de la femme présentait l’évidence d’une fracture frontale qui s’était partiellement réduite elle-même. Outre le fait que ces individus ont été enterrés avec divers objets décoratifs, la présence de ces pathologies indique qu’ils faisaient partie d’une communauté qui prenait soin de ses congénères malades ou souffrant d’une maladie chronique et qu’elle respectait les morts en les enterrant correctement.

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Le crâne de Crô-Magnon 1 a été réexaminé par l’équipe du Docteur Philippe Charlier de la section d’anthropologie médicale de l’Université de Versailles en France. L’aspect d’une dépression frontale ostéolytique a en effet attiré l’attention des pathologistes. Ils ont procédé à un examen radiologique détaillé du crâne et ils ont découvert des occlusions au niveau de l’oreille interne pouvant être caractéristiques de tumeurs osseuses bénignes permettant d’expliquer l’ostéolyse frontale provoquée par le fait que cet homme souffrait probablement de neurofibromatose de type 1.

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À la vue de ces analyses la face de l’homme a été reconstruite en présentant les tumeurs bénignes caractéristiques de cette maladie génétique. L’homme devait également souffrir de surdité et présenter les divers symptômes de la neurofibromatose de type 1, une maladie pas si rare puisqu’elle affecte, en Grande-Bretagne seulement, environ 15000 personnes.

Source et illustrations : The Lancet, vol. 391, 31 mars 2018, p. 1259 aimablement communiqué par le Docteur Charlier qui est vivement remercié ici.

Une réflexion au sujet de « L’Homme de Crô-Magnon souffrait-il de neurofibromatose de type 1 ? »

  1. Personnellement, je pense qu’affubler notre ancêtre direct de graves défauts génétiques alors qu’on n’a découvert ce problème juste sur un spécimen montre bien l’idée haute que les hommes actuels se font d’eux-mêmes.
    Je ne suis pas sûr qu’entre nos ancêtres proches et nous-mêmes, la différence de biologie et d’intelligence soit aussi grande qu’on voudrait bien le croire.
    Nous sommes encore à la préhistoire de ce que notre potentiel d’intelligence est capable de produire 🙂 .
    Charge à nous de le démontrer en comprenant fondamentalement que la coopération est infiniment supérieure à la compétition.

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