L’ « intelligence artificielle » : un abus de langage

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Tous les développeurs et programmeurs en informatiques utilisent quotidiennement des algorithmes. Inutile d’avoir la prétention de décrire ici ce qu’est un algorithme, un excellent article de Wikipedia l’a fait pour vous : ( https://en.wikipedia.org/wiki/Algorithm ). Quand Cédric Villani, mathématicien français prestigieux distingué par la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour cette discipline, et devenu député LREM, a été chargé d’étudier l’impact et l’avenir de l’intelligence artificielle il s’est rendu compte que moins de 30 % de la population interrogée ignorait ce qu’était un algorithme. Pourtant dans la vie quotidienne chacun d’entre nous fait des choix avec ou sans un bout de papier pour clarifier ses idées et construit mentalement un algorithme.

Prenons un exemple qui est une prose de mon cru. Je pars en vacances avec ma voiture qui consomme X litres pour 100 kilomètres. J’ai le choix entre l’autoroute sur laquelle je roulerai naturellement le plus vite possible pour gagner du temps. Si j’utilise la route nationale, je roulerai moins rapidement et je consommerai moins de carburant mais je serai obligé de faire une halte pour m’alimenter dans un restaurant. L’avantage financier pourrait alors disparaître. Mais je peux aussi prendre une sacoche avec du pain, du jambon, du fromage et de l’eau. Si j’utilise l’autoroute je devrai acquitter aussi un péage … etc. Ce simple raisonnement qui conduit au final à une décision est un algorithme mental que j’aurais pu donc écrire sur un bout de papier !

Ce qui m’a interpellé dans l’interview de Villani (lien ci-dessous sur Thinkerview) est que l’utilisation d’algorithmes informatiques sophistiqués est appelée intelligence artificielle. Pour ma part cette classification est un peu rapide car aucun ordinateur n’est capable d’émettre des jugements de valeur : il ne fait que ce qui est inscrit dans son programme, celui qui a été écrit par une équipe de développeurs informatiques. L’intelligence artificielle n’existe pas et n’existera jamais. Villani le suggère à demi-mot en disant qu’un ordinateur ne peut pas « avoir de sentiments » et ne le pourra probablement jamais. Ouf ! C’est rassurant mais pas autant qu’on pourrait le croire car ce que l’on appelle intelligence artificielle réside dans le fait qu’un gros ordinateur « raisonne » plus vite qu’un cerveau humain quand il s’agit de traiter un grand nombre de données. Voilà, à mon humble avis, la définition de l’intelligence artificielle dont on parle presque quotidiennement comme si la calculatrice de Blaise Pascal n’était pas une machine intelligente !

Enfin un autre aspect de l’intelligence artificielle qui inquiète Villani est la quantité d’énergie monstrueuse qu’utilisent les serveurs informatiques et les ordinateurs connectés à ces serveurs qui à terme commanderont toutes sortes d’objets « connectés », depuis les pace-makers jusqu’aux réfrigérateurs sans naturellement oublier les moteurs de recherche qui sont capables – toujours à l’aide d’algorithmes – de « profiler » n’importe quelle personne en fonction de ses recherches sur internet ou du type de musique qu’elle écoute sur Youtube, ce qu’a très bien souligné Villani, ou encore comme Amazon le fait en proposant à ses clients habitués des produits entrant dans la catégorie leurs achats passés.

Ma conclusion et elle ne concerne que moi-même est que l’intelligence artificielle n’est qu’un concept sémantique abusif. Illustration Cédric Villani, capture d’écran de https://youtube.com/watch?v=LMRdn_MQWxM

30 réflexions au sujet de « L’ « intelligence artificielle » : un abus de langage »

  1. Cher Jacques Henri, j’apporterai deux bémols a votre article 😀

    Intelligence et sentiments ne me semblent pas être la même chose, bien souvent même les uns perturbent l’autre lui faisant prendre justement des décisions irrationnelles….

    D’autre part, en ce qui concerne les algorithmes programmés sur ordinateur, ceux-ci sont désormais en capacité de modifier le code source même de leur propre programme, modifiant les algos d’origine sans intervention humaine, une espèce d’adaptation lorsque des résultats sont incohérents…

    Ce qui ressemble furieusement à de l’intelligence, augmenté de ne pas être perturbée par les hormones et préjugés…

    • Ce que vous dites est exact mais il s’agit encore d’algorithmes préexistants dans la mémoire de l’ordinateur. C’est sur ce point particulier que l’industrie financière a fait d’énormes progrès pour éviter toute erreur humaine ou avec le trading haute fréquence. Des algorithmes particuliers détectent en temps réel tout incident ou dépassement de seuil et vont alors orienter le système vers un autre choix mais ce n’est pas l’ordinateur qui décide tout seul. Vu d’un côté anthropomorphique le fonctionnement de l’ordinateur semble alors « intelligent » mais ce n’est pas le cas.
      Un exemple caricatural est la voiture sans chauffeur dont l’ordinateur traite en temps réel un ensemble de données provenant de capteurs radar, de caméras, de détecteurs et analyseurs de sons et d’images, etc …, un domaine que Google (Alphabet) a bien l’intention de dominer. Est-ce que l’ordinateur de bord va être capable de choisir dans une circonstance extrême d’aller dans un mur ou d’écraser un piéton ? Va-t-il être capable d’évaluer le risque de mettre en danger les occupants du véhicule et sur quels critères prendra-t-il sa décision ? Le véhicule sans chauffeur qui me semble être une technologie inutile et sans avenir (quand il y aura eu plusieurs accidents mortels tout sera remis en question) est un exemple très clair des limites de ce qu’on appelle abusivement l’intelligence artificielle …

      • « mais il s’agit encore d’algorithmes préexistants dans la mémoire de l’ordinateur. »

        Justement, non.

        Ceux-ci sont modifiés par l’algorithme lui même, pour aboutir au bout d’un moment à une chose qui n’a plus rien à voir avec celui de départ, donc oui, c’est l’ordi, en fonction de l’environnement et des événements qui « décide », et j’hésite sur les guillemets 😀

        Concernant votre exemple que vous qualifiez de caricatural, si l’on reste cartésien, il est plus raisonnable d’écraser le piéton.

        Nombre de personne sont mortes à vouloir éviter chevreuil ou sanglier, la logique veut de rester sur la trajectoire et de ne pas donner un coup de volant risqué, parfois fatal…

        Concernant le véhicule sans chauffeur, je crains que vous ne fassiez fausse route, les accidents corporels pour l’instant constatés ont pour origine une défaillance humaine. D’autres sont à prévoir avec pour seule origine, peut être, les algos, il me semble qu’ils seront cependant moins meurtriers que les conducteurs du dimanche, du samedi soir, des inaptes, des beurrés, des drogués (médicaments inclus), enfin, ceux qui nous produisent 60 millions d’handicapés, blessés ou morts (1.2 milions !) par an..

      • Et quand un PC sera capable de reproduire la démarche de par exemple Dijkstra au lieu de l’utiliser stupidement, j’ouvrirai juste un œil pour quelques secondes.
        En attendant, c’est l’heure de la sieste.

    • La modification de code source j’en faisais sur atari dans les années 90 et je n’étais pas le seul…l’intelligence artificielle n’existe pas. Il ne s’agit qu’un tas d’algorithmes mais bien loin d’une forme d’apprentissage humaine et d’approche globale des problèmes

  2. Je suis pas un expert mais c’est un outil que j’utilise plus ou moins au quotidien. Il y a une différence entre un algorithme et une approche en intelligence artificielle (au sens que l’on entend habituellement), il faudrait aussi distinguer le machine learning.
    Si tu penses par exemple à une régression linéaire, un être humain voit le nuage de points et il pose la règle la ou ça lui semble aller le mieux. Une machine va faire à peu prêt la même chose, poser la règle évaluer la qualité (en minimisant la somme des carrés des écarts par exemple) et faire bouger la règle jusqu’à avoir trouver le meilleur endroit. Le fait de faire bouger la règle un petit peu pour trouver le meilleur endroit est de l’intelligence artificielle. Il n’y a pas de réponse immédiate. Il faut procéder par une descente de gradient stochastique. Exactement ce que nous faisons en faisant bouger la règle sur le nuage de points.
    Après il y a de nombreux type d’intelligence artificielle. Mais celui là est simple à appréhender.

    • Rien à voir avec de l’intelligence, il s’agit d’un ordinateur qui exécute des tâches qu’on lui a dit de faire…il sera intelligent quand il décidera seul des tâches à faire face à toute sorte de problème différent comme le fait un humain.

  3. En fait Villani pose une bonne question sur la « débauche » d’énergie nécessaire à tout ce « machin ».
    Sera t il le porte-parole, écouté, de la nécessité de conserver une grande part d’électricité d’origine nucléaire pour satisfaire cette « dématérialisation » ?

    • Si j’ai bien compris ses propos il est opposé à l’énergie nucléaire … Et pourtant les logiciels de pilotage des réacteurs comptent parmi les plus sophistiqués qui soient ! Il réagissent en temps réel à plusieurs centaines de paramètres différents.

    • « En fait Villani pose une bonne question sur la « débauche » d’énergie nécessaire à tout ce « machin ». »

      C’est oublier l’existant.

      Exemple, tout les « machins » qui nous permettent de communiquer par mail ou via un blog, sont ils plus énergivores qu’à « l’ancienne »: couper des arbres, les transformer en papier pour fabriquer lettres, enveloppes, timbres, les transporter à votre magasin du coin, chez lequel vous vous rendez (en bagnole) pour les acheter, puis missive faites aller la poster (en bagnole) pour être récupéré (en bagnole), centralisé, renvoyé (en camion) pour l’aéroport le plus proche, etc, etc…

      • J’aimerais bien connaitre le coût pour la France de la lettre que j’ai reçu la semaine dernière depuis Paris dans ma boite aux lettres pour l’élection législative partielle à laquelle j’étais convoqué – je crois qu’il s’agissait d’élire le député représentant les Français vivant à l’étranger en Europe – et à laquelle je ne me suis pas rendu. J’ai aussi reçu une véritable avalanche de propagande par mail puisque mon adresse mail a été communiquée aux candidats par le Ministère des Affaires Étrangères sans mon consentement. Ça fait beaucoup de papier et d’énergie consommée dans les serveurs. Du grand n’importe quoi !

      • Pas faux bien sur, mais on se dirige, entre autres à cause de la « dématérialisation », vers une débauche de besoin en électricité.
        Que ça permette au final d’économiser un peu de pétrole (quoique, vu le mix énergétique moyen planétaire…), ou user moins de papier (mais le papier est fait, essentiellement, à partir de « chutes » forestières, les fûts plus nobles servant à la menuiserie au sens large ou… à être brûlé et donc déstocker le carbone patiemment engrangé pendant des décennies), bref tout ça pour dire qu’il n’y a pas UNE solution énergétique simple et encore moins unique.
        Quant au nucléaire, c’est comme la démocratie selon Michel Audiard : « C’est le pire des régimes à défaut de tous les autres »l (et le nucléaire, la pire des solutions énergétiques. à défaut de toutes les autres ».

  4. En tant qu’ancien ingénieur informaticien certes à la retraite, je me réjouis de cet article très pragmatique sur l’intelligence des ordinateurs.
    Jusqu’à présent les ordinateurs ne savent traiter que des informations codées 0 ou 1 selon des algorithmes conçus par des humains, je ne vois pas d’intelligence à ce niveau mais bien sûr l’ordinateur peut traiter sans erreurs des milliards de milliards d’informations à une vitesse phénoménale, et c’est là sa grande supériorité sur l’homme.
    Je dois avouer ne pas bien comprendre tout le vocabulaire des experts en IA.

    • Sans erreur, je n’en suis pas si certain. Il suffit qu’une seule cellule foire pour semer le bordel. Probabilité non nulle qui se calcule.

  5. « L’intelligence artificielle n’existe pas et n’existera jamais »…si j’étais certain que nous puissions en reparler dans quelques décennies(centaines d’années?), je parierais bien que vous vous trompez .
    🙂

  6. Je suis bien incapable de comparer intelligence naturelle et intelligence artificielle… Ce n’est pas demain qu’une machine aura le prix Nobel de littérature ou la médaille Fields…
    Par contre ce que je sais pour l’avoir parfois subi c’est que grâce aux super machines on peut faire des plus grosses bêtises plus vite… C’est d’ailleurs ce que j’ai parfois dit à quelques brillants cerveaux en bénissant la démocratie qui modère les élites si rapides à nous mettre dans la panade.

    • « grâce aux super machines on peut faire des plus grosses bêtises plus vite »
      Tout à fait.
      Des petits malins s’étaient ingéniés à transformer une AI en monstre raciste…

      • Et l’IPCC s’en est donné à coeur joie avec ses modèles d’évolution climatique qui sont tous faux. Il n’y avait probablement pas d’ « intelligence artificielle » dans leurs monstrueux ordinateurs … Rien à ajouter

  7. Je trouve singulier de faire de l’anthropomorphisme à l’égard d’une machine qu’est l’ordinateur.
    Parce que, après tout qu’est-ce, sinon qu’un boulier amélioré plutôt énergivore.
    Il ne se sait pas lui, ce qui veut dire qu’il n’a pas l’intelligence suffisante pour être conscient, ce qui veut dire qu’il n’a pas de pensée.
    De plus, il n’a pas d’intuition, ce qui veut dire qu’il ne peut pas mettre en parallèle deux informations parfois tout à fait différentes pour en comprendre les structures semblables, puis pour en déduire et induire des liens parfois ténus mais essentiels.
    Il peut certes apprendre, mais les bactéries aussi le font très bien.
    Parce que, par nature, tout apprentissage n’est qu’une transformation interne, ce que la survie réclame.
    Mais l’intuition humaine reste, quoi que nous en pensions, infiniment plus puissante que ce que nombre d’entre nous pourrait en concevoir, là se trouve la véritable source de notre intelligence: notre imagination, et non pas l’imaginaire qui n’est que le simple refuge de nos angoisses face à notre incompréhension du monde.
    Ainsi, si nous parlons de l’intelligence humaine il faut prendre en compte trois de ses dimensions: le conscient, l’inconscient et, entre les deux, la pensée, qui est le médiateur entre l’un et l’autre, une façon de membrane semi-poreuse en quelque sorte (je fais court, je n’aborde pas la question essentielle de l’égo et du narcissisme, ces frères siamois, ainsi que de bien d’autres).
    Ce n’est pas tant que ce qui, en nous, en un instant T, n’est pas conscient dans le choix, mauvais ou bon, que nous faisons qui pose véritablement problème si, et seulement si, nous avons su remettre en ordre, autant que faire se peut, ou de simplement d’être dans la volonté de le faire, de nos diverses méprises, non-sens, faussetés, craintes, angoisses, incompréhensions, culpabilités (qu’il s’agit de définir), douleurs, émotions, mais aussi plaisir, désir, envies, frustrations, ennuis, traumatismes… que nous avons pu traverser tout au long de notre vie sans que nous n’en ayons véritablement compris le sens, tant dans l’événement que de nos propres sentiments à ce moment là.
    Troubles qui, parfois, furent à tel point refoulés, oubliés donc mais devenus agissants puisque remplis de sens, qui peuvent guider jusque les moindres de nos décisions et gestes, surtout si ces émotions, souvent contradictoires, ont pu survenir avant que la conscience émerge avec l’âge, soit vers les trois ans, ce qui les rend le plus souvent inaccessible à la pensée et dès lors à la conscience, du-moins de manière directe et formelle.
    Il ne s’agit pas de tout comprendre, de tout remonter à la mémoire, mais de savoir que ici ou là se situe une faille, non pas qu’il s’agisse de la combler mais de l’observer en tant que telle et, s’il ne peut en être autrement, de simplement en accepter ce fait en tant que tel, et de la réfréner si elle met à mal une bonne vie sociale, soit le respect de l’autre.
    Il ne s’agit pas non plus à ce que tout le monde ait une conception similaire de la vie, tout au contraire, il s’agit de pouvoir penser par soi-même en ayant conscience de ce qui, en nous, fait contrainte inutile et brouille la cohérence de notre psychisme en rendant la personne psychologiquement instable.
    Même si cette instabilité provient d’une situation sociale anxiogène ou d’une puissante passion collective partagée par une grande majorité de la population.
    La réelle liberté, en cela, est de comprendre ses propres contraintes, qu’elles quelles soient.
    Si j’explique cela c’est pour montrer que la véritable puissance d’Homo Sapiens Sapiens se trouve dans son inconscient, que nous pourrions définir de la même façon que C.G. Jung: « L’inconscient c’est ce qui n’est pas conscient », c’est à dire tous les fonctions, états mentaux, perceptions, compréhensions, décisions, réactions, émossions et autres qu’à chaque instant nous avons sans en avoir conscience.
    Nous pouvons ainsi marcher, manger, écouter son pote en comprenant le sens de la conversation et, entre deux déglutitions, lui répondre, cela en s’arrêtant au pied d’un feu tricolore au vert en se tournant vers lui, ce en usant d’une quantité d’énergie singulièrement limité: trois repas par jour.
    En fait, ce sont nos formidables potentiels qui génèrent les erreurs, en comptant, il est vrai, le fait qu’en raison de la vitesse avec laquelle nos sociétés ont évolué, nous restons tous, au fond de nous, d’indécrottables chasseurs cueilleurs, ce que nous devons tout autant saisir.
    D’où notre logique possibilité à de nombreuses dissonances cognitives.
    Un Être Humain qui, ainsi, de par sa volonté ou par sa nature, aidé ou non par quelqu’un, a su psychiquement se stabiliser, ne peut que réaliser des prouesses qu’un ordinateur, aussi puissant soit-il, ne pourra pas effectuer.
    Et je dirais même que le jour où l’ordinateur sera en capacité de rivaliser véritablement avec son créateur, nous donc, dès ce jour là, dès cet instant là, il commencera à faire des erreurs et deviendra, de ce simple fait, parfaitement inutile, voire dangereux.
    Pourquoi?
    Parce que, comme nous le faisons, il commencera à confondre croyance et réalité (étant entendu que là je ne parle pas de la croyance religieuse qui est, en fait, la foi) et de l’interprétation rapide, sans autre fondement qu’idéologique, avec la compréhension profonde d’une situation ou d’un apprentissage, même simplement empirique.
    Parce que le jour où l’ordinateur dira « je » il sera de fait en but à ses deux limites structurelles, l’égo qui marque la limite de ce qui appartient et de ce qui est créé, et le narcissisme qui défini la limite de ce qui est soi, l’autre et l’univers.
    C’est quand ces limites deviennent instables que la maladie mentale survient, qu’elle qu’en soit les raisons, biologiques, psychologiques, voire socio-anthropologique.

    • J’oubliais de préciser qu’en raison du fait qu’il, l’ordinateur, ne se confronte pas, de fait, à un milieu qui serait, pour lui, dans le même temps, ce qui est nourricier et potentiellement destructeur, ce qui fait la notion même de la moindre parcelle de vie et de son processus évolutif, il ne peut avoir d’existence qu’en tant que machine.
      Machine qui, en soi, n’est qu’une simple extension de notre être, comme peut l’être un marteau.
      Le danger que représenterait l’ordinateur serait s’il devenait composition intrinsèque d’Homo Sapiens Sapiens, parce qu’à ce moment là nous deviendrions aussi stupide que lui.
      L’homme augmenté ne le serait nullement mais, au contraire, deviendrait singulièrement diminué: ce phantasme du paradis retrouvé sonnerait le glas de notre humanité par la perte de notre double nature: ange et démon.

  8. Intelligence Artificielle (IA) = terme de marketing informatique foireux qui est actuellement utilisé à toutes les sauces pour nous revendre le vieux concept de « Systèmes Experts » (SE) très en vogue il y a 30 ans.
    A cette époque, les SE étaient supposés remplacer l’intelligence humaine comme les médecins pour les opérations de diagnostics médicaux via des serveurs télématiques (Minitel) etc…
    Cela n’a jamais eu lieu.
    On ne saura jamais remplacer par un cerveau humain par un programme informatique.
    Aujourd’hui, on fantasme de la même façon sur les IA avec une vision apocaplytique additionnelle, héritée de certains films de SF (« Terminator »).
    Cela n’aura de la même façon jamais lieu.
    Ce n’est un mathématicien comme VILLANI qu’il aurait fallu utiliser pour faire ce rapport sur l’IA, mais un psychiatre et un philosophe.

    • Merci pour ce commentaire qui va dans le sens de mes idées parfois à contre-courant de la pensée universellement admise (j’allais dire « main-stream »). Je cite un autre exemple : les robots manufacturiers. Il y a 5 fois plus de robots en Corée du Sud qu’en France (631 pour 132 rapportés à 10000 employés). Le Japon arrive en 4e position après Singapour et l’Allemagne. La pénétration de ce qu’on appelle intelligence artificielle dans un pays peut être mesurée à l’aune du nombre de robots. Alors quels pays sont les plus développés en terme de robotique ? Certainement pas la Chine où il n’y a « que » 68 robots pour 10000 employés dans les industries manufacturières. Quand Jacquard inventa sa mécanique ce fut une révolution. La révolution de la robotique a déjà eu lieu pour le plus grand bien des pays développés alors qu’elle fut sanglante sur la colline de la Croix-Rousse à Lyon …

      • En effet, si on réduit l’IA à la robotique et à l’automatisation, on constate déjà que l’homme est très en deçà de leur maîtrise (l’usine Tesla qui produit la Model X est robotisée à outrance et fonctionne infiniment moins bien que si on remet les ouvriers sur les chaines d’assemblage).
        Quant à l’intelligence, on ne sait même pas la définir (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_intelligences_multiples).
        Imaginer produire une intelligence synthétique, c’est comme si on décidait subitement de mettre un bébé de 9 mois à la présidence du CNRS…tout cela manque éminemment de modestie et de réalisme 🙂
        Pour camoufler leur ignorance en la matière, les marketeurs de l’IT n’ont d’autres recours que l’utilisation outrancière de jolis termes tous aussi creux et pompeux les uns que les autres : réseaux neuronaux, logique floue, intelligence artificielle, systèmes experts, cloud computing, intelligence dématérialisée, j’en passe et des meilleures.
        Tout ça c’est de l’enfumage et n’a qu’un seul objectif : vendre du vent à prix d’or.
        Bref, une arnaque à deux balles dans la même lignée que le réchauffement climatique ou la taxe carbone.
        En ce qui concerne VILLANI, s’il avait fait un peu d’informatique systèmes/réseaux, il saurait que l’Internet à lui seul – hors IA – consomme 15 % des capacités électriques mondiales (datacenters + PC).
        Bref, le gars chargé du rapport au gouvernement n’a aucune compétence en la matière, le mieux qu’il puisse faire c’est de retourner à l’Institut Poincarré et continuer à faire ce qu’il sait faire : diriger des recherches mathématiques.
        (On peut en dire de même avec Borloo et son rapport à deux balles sur les banlieues, ou Spinetta avec son rapport merdique sur la SNCF, ou encore Attali et son rapport pourri sur la croissance qui s’est avéré faux de bout en bout, etc.. etc..).

  9. J’ai lu un article sérieux, en résumé, un pilote chevronné d’avion de chasse ne gagne pas une seule fois une simulation contre une machine programmée avec ce qu’ils appellent des algorithmes « génétiques », en fait ce que décrit J. Henry avec l’exemple de la voiture …
    Mais, le truc c’est que la machine va plus vite que l’être humain, le résultat semble qu’elle connait l’avenir, enfin ici la fin de la simulation avec moins de paramètres et plus de rapidité qu’en a besoin un humain !
    Cela, en programmant exactement les mêmes caractéristiques que lui.
    Ici le cas extreme c’est la destruction, donc pour la machine pas une seule fois !
    Voila un système qui pourrait tres bien collé en terme d’assistance ou de doublage a la conduite voir sans chauffeur total pour les voitures.

    • Les vols sur les grandes lignes sont automatisés depuis longtemps…on peut atterrir juste avec le pilote automatique.
      Mais alors pourquoi donc garde-t-on un commandant de bord et un assistant ?
      Parce qu’on ne sait pas automatiser l’imprévu et les erreurs…
      (C’est ce qu’il y a de plus dur à faire quand on fait du développement informatique et des automatismes : la gestion des erreurs qu’on contrôle en phase recettage du projet).
      Exemples récents :
      1 – Atterrissage d’urgence sur l’Hudson River par le commandant Sullenberger sur un A320 qui a percuté un vol de bernaches causant un incendie 2 minutes après son décollage…réussite formidable de l’équipage qui a sauvé la vie de tout le monde..car faire amerrir un avion sans qu’il parte en morceau est du grand art.
      2 – Vol NYC – Dallas sur un B737 avec explosion du moteur gauche, éclatement d’un hublot et dépressurisation de la cabine…le commandant de bord, une ancienne pilote de chasse – Tammie Joe Shults – a réussi à limiter les dégâts et à faire atterrir son coucou sans encombres. La classe.

      Un jour quand on saura gérer les imprévus par des systèmes experts, on pourra alors se passer de pilotes…mais c’est pas demain la veille 🙂

      • Est-ce que les catastrophes aériennes d’origine humaine auraient pu être évitées avec le pilotage automatique ?
        Merci d’argumenter 🙂

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