Où l’on redécouvre le bon vieux « gaz de ville ».

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Comme un précédent billet le mentionnait la Pologne comme la Grèce et l’Allemagne sont des gros consommateurs de charbon souvent de mauvaise qualité, ce que l’on a coûtume d’appeler du charbon brun mais il s’agit de lignite, encore plus polluant que la belle anthracite que nous brûlions autrefois dans les poêles à feu continu de nos maisons. Au début du XXe siècle les grandes villes produisaient du « gaz à l’eau » aussi appelé « gaz de ville » en injectant de la vapeur d’eau dans des fours brûlant du charbon. Ce gaz constitué d’oxyde de carbone et d’hydrogène était stocké dans d’immenses réservoirs qui pullulaient dans les villes et étaient appelés gazomètres. Quand la maîtrise du captage du gaz naturel (méthane) devint économiquement rentable le gaz de ville, dangereux et toxique, fut remplacé par le méthane. L’avènement du gaz de pétrole liquéfié, propane et butane, fut la deuxième innovation domestique des années 1950 : finis les fourneaux à charbon ou à bois pour faire la cuisine !

Cependant la valorisation de la houille en gaz n’a jamais été abandonnée et la firme américaine Synthesis Energy Systems (SES) côtée au NASDAQ et domiciliée dans les Îles Vierges anglaises vient de décrocher un contrat avec la Pologne pour gazéifier du charbon en produisant … du bon vieux « gaz à l’eau », le procédé largement utilisé pendant des dizaines d’années mais renommé pour la bonne cause « SynGas Technology », ça fait plus sérieux !

Si la société SES a pu obtenir un premier contrat avec la Pologne c’est essentiellement pour quatre raisons. 1. Ce pays veut s’affranchir le plus possible du gaz russe et comme la Pologne est le premier producteur de charbon d’Europe il était opportun d’envisager de gazéifier ce charbon. 2. La pollution provoquée par le chauffage domestique au charbon est très préoccupante et remplacer ce charbon par du « gaz à l’eau » purifié et donc débarrassé des traces de contaminants comme l’acide cyanhydrique ou des mercaptans et des oxydes de soufre par ce procédé nouveau, dont je mets en doute le caractère innovant, est en soi une avancée qui a convaincu les autorités polonaises. 3. Comme la Grèce et l’Allemagne la Pologne ne peut pas se permettre d’importer du gaz naturel liquéfié ou de brûler des fractions lourdes de pétrole (également importé) pour produire de l’électricité. 4. Enfin produire moins de CO2 sera toujours bien vu par la communauté internationale.

La SES n’en est pas à ses premières arnaques – son siège social ne se trouve pas par hasard dans les Îles Vierges – puisque 5 usines fonctionnent déja en Chine et une autre installation est opérationnelle dans l’Etat australien du Queensland, un autre très gros producteur de charbon.

Source : Reuters, illustration Wikipedia

Une réflexion au sujet de « Où l’on redécouvre le bon vieux « gaz de ville ». »

  1. Les polonais vont créer des usines à gaz juste parce qu’il y a un peu d’eau dans le gaz entre eux et les russes ?
    Au vu du procédé de fabrication (http://www.synthesisenergy.com/technology#how-gasification-works), j’ai l’impression que tout cela va coûter beaucoup plus cher que d’utiliser du gaz russe bon marché.
    Les gouvernants polonais adorant les américains, en cas de problèmes, ils pourront toujours leur acheter du GNL de schiste et quelques armes en bonus…OTAN en emporte le vent, n’est-ce pas ?

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