Téhéran et Hong-Kong : coïncidence ?

Cette fin d’année a été émaillée d’évènements variés et pour la plupart d’une importance toute relative. Cependant deux de ces évènements auraient du attirer l’attention des journalistes et je ne veux même pas mentionner les 600 voitures incendiées dans les banlieues françaises la nuit de la Saint-Sylvestre, un non-évènement, non, c’est naturel et rituel : c’est ce qui se passe dans la rue à Téhéran et par un effet du hasard ce qui se passe aussi à Kowloon, le quartier populaire, portuaire et industrieux d’Hong-Kong.

Sous prétexte d’assister à une main-mise de Pékin sur le statut spécial de Hong-Kong les leaders de la « révolution des parapluies » qui avait agité l’ancienne possession britannique en 2014, Joshua Wong en tête (illustration), ont organisé une manifestation en marge de l’ouverture de la gare ferroviaire reliant très prochainement Hong-Kong à Shenzen avec des trains à grande vitesse. Le prétexte semble futile pour Pékin qui a décidé d’instaurer un contrôle d’identité pour accéder aux trains dans cette gare mais les autorités chinoises y voient là l’oeuvre de la CIA qui tente une nouvelle fois de déstabiliser l’ancienne colonie de la couronne britannique. Bis repetita placent …

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À Téhéran et d’autres ville iraniennes le scénario ressemble étrangement à celui de Hong-Kong. Sous le prétexte que l’Iran est une théocratie qui prive les Iraniennes en particulier de leurs droits fondamentaux et que le régime ressemble à tout sauf à une démocratie « à l’américaine » alors qu’au contraire les Iraniennes comptent parmi les femmes les plus émancipées de toute la région du Moyen-Orient il semble être du devoir des USA de dénoncer la ploutocratie et la corruption qui règne en Iran. Inutile de chercher plus loin : ces manifestations estudiantines sentent aussi l’odeur de la CIA tant elles étaient parfaitement bien organisées et préparées de longue date par les services secrets américains main dans la main avec le complexe militaro-industriel du pays, la cible à abattre étant l’Iran, fomenteur de troubles dans toute la région. Ah bon ? Et l’Arabie saoudite qui massacre la population yéménite sans état d’âme n’a pas l’air d’émouvoir la grande démocratie américaine, c’est à n’y rien comprendre.

Les USA jouent à une partie d’échec perdue d’avance pour une simple raison. Déstabiliser le gouvernement central de Pékin est une grossière erreur. La Chine possède une rame absolue qui est son stock invraisemblable de dollars. Il suffirait que Pékin se débarasse de tous ces bouts de papier pour que les USA soient plongés en quelques heures dans une crise dont ils ne se remettront pas. Déstabiliser l’Iran, allié de la Syrie et de la Russie et en outre de l’Irak dont le gouvernement est majoritairement chiite et qui partage aujourd’hui un objectif commun avec Téhéran qui est de combattre le mouvement séparatiste kurde avec la bienveillance de la Turquie, ça fait beaucoup d’ennemis en perspective et c’est également une erreur tout aussi grossière. Les dépêches d’agence en particulier celles de l’AFP à la solde de la CIA n’ont fait que décrire un amalgame de causes tellement disparates et surréalistes en ce qui concerne les évènements d’Iran qu’on peut se demander s’il n’y a pas là une sorte d’apothéose de la désinformation systématiquement organisée par les « services » américains.

L’année 2018 commence bien dangereusement.

Sources et illustrations : dépêches de l’AFP du 1er janvier 2018 à 14h34 et 15h01

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