Elon Musk et la Tesla modèle 3, ça sent l’escroquerie

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Au mois d’avril dernier j’avais laissé un billet au sujet de la voiture électrique Tesla (voir le lien) et je me posais la question, à juste titre d’ailleurs, de savoir qui était réellement Elon Musk. Des éléments de réponse viennent s’accumuler depuis quelques semaines. Il y a d’abord le fiasco total de la production de la Tesla modèle 3 supposée toucher un plus large public que ses consoeurs les modèle S et X qui sont réservés à une clientèle aisée. Durant le troisième trimestre de cette année Tesla a péniblement produit 3590 véhicules perdant durant la même période la coquète somme de 619 millions de dollars. Pendant cette même période Tesla n’a produit que 220 modèle 3, tous assemblés « à la main » car les chaines de production ne sont pas encore automatisées.

Elon Musk avait pourtant, lui qui est un habitué des apparitions grandioses en public, déclaré en février dernier que la production du modèle 3 atteindrait 5000 véhicules par semaine avant la fin de l’année 2017. Force est de constater qu’il n’en est rien … Quant au modèle S Tesla n’en a produit que 1335 en novembre alors que General Motors a vendu ce même mois de novembre 2987 Chevy Bolt dont le prix est sensiblement identique à celui de la Tesla modèle 3. La Chevy Bolt n’a représenté ce même mois de novembre que 1,2 % de l’ensemble des ventes de GM. Cherchez l’erreur !

Pendant ce temps Elon Musk a présenté son semi-remorque électrique entièrement fait main. C’est un prototype, certes, mais il restera encore longtemps comme une Ferrari pour un conducteur de Deux-Chevaux. Elon Musk, avec la dette abyssale de sa société – les actions émises à Wall Street à hauteur de plus de 52 milliards de dollars – et l’organisation surréaliste de sa société, ressemble de plus en plus à un escroc habitué aux coups de pub pour attirer les investisseurs. Son dernier coup en date réalisé en 100 jours, ça sent la déconfiture à la Napoléon Bonaparte, est le fameux ensemble de batteries dit Powerpack installé à Jamestown au nord d’Adélaïde pour stocker l’électricité produite par les moulins à vent installées et exploités, eux, par la firme française Neoen. D’une capacité de stockage de 100 MW cet ensemble qui a coûté « au moins » 50 millions de dollars selon Musk devrait contribuer à lisser les pics de consommation dans cette région reculée des Nouvelles Galles du Sud (NSW), Etat qui a autoritairement opté pour l’énergie électrique « toute verte » souffre de black-out chroniques. Surgit alors une autre question : comment un tel investissement qui peut à peine subvenir aux besoins de 30000 maisons d’habitation peut-il significativement contribuer à diminuer le nombre de coupures d’électricité dont souffrent les habitant des NSW ?

Le surréalisme a atteint cette fois des sommets mais on est en Australie, ce pays étant le premier producteur de charbon dans le monde et l’un des plus importants producteurs de gaz naturel. À ne plus rien y comprendre ? Non, il reste qu’Elon Musk est un opportuniste doublé d’un escroc et que sa chute est programmée à brève échéance. Les chroniqueurs diront plus tard que c’était un visionnaire et comme beaucoup de visionnaires il n’avait aucun sens de la gestion d’une entreprise, belle excuse. Toujours est-il que certains clients de Tesla ayant versé une avance sur l’achat d’une Tesla modèle 3 et perdant patience ont tenté de se faire rembourser. Ils ont eu la douloureuse surprise de se voir opposé une close en petits caractères au bas de leur contrat stipulant que récupérer ses fonds était impossible et qu’ils devaient être patients. Comme c’est beau les technologies renouvelables !

Sources : Wolfstreet, Techxplore, Mike Shedlock, Futurism

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/04/23/elon-musk-un-genie-un-doux-reveur-un-escroc-ou-les-trois-a-la-fois/

24 réflexions au sujet de « Elon Musk et la Tesla modèle 3, ça sent l’escroquerie »

  1. On ne passe pas de l’artisanat à l’industrie en deux coups de cuillères à pot.
    L’industrie est un métier. Musk doit s’en rendre compte, mais il apprend vite.
    Le principe des réservations n’est pas nouveau (exemple : acheter sa maison sur plan).
    Par rapport à Altice et à son patron qui ne comprend que les réductions de coûts drastiques, Musk a au moins l’avantage de proposer des innovations régulièrement…mêmes si certaines d’entre elles tiennent davantage de l’emballage marketing que de la R & D.
    SpaceX a ouvert la voie au transport spatial bon marché par exemple.
    Laissons un peu de temps au temps et surtout à Musk pour voir ce qui va sortir de tout cela.

    • Effectivement ! Le module Powerpack installé par la société d’Elon Musk peut délivrer une énergie 125 MWh pour une puissance installée de 100 MW selon les données figurant dans l’article de Techxplore en cas d’instabilité du réseau électrique local.

  2. Peut-être s’agit – il de stabiliser à un minimum, très temporairement, la production en sortie des « fermes d’éoliennes », car la production en amont si elle chute brutalement doit être compensée rapidement. Et plus la compensation doit être rapide et courte, plus le prix de vente est haut (jusqu’à plusieurs centaines de fois).
    Je ne pense pas qu’il s’agisse de couvrir les nuits pour les PV ou les jours de hautes pressions sans vent. Pour ceci, une bonne prévision météo devrait suffire à programmer la production requérable.
    Mais tout cela est une chaîne de complication avec une efficacité très probablement négative par rapport aux revendications.
    Cf Lire la jubilation de Engie face aux taux de EnR envisagé : http://www.boursorama.com/actualites/engie-vise-100-de-gaz-renouvelable-en-france-a-horizon-2050-71b33016531ea6066794d3dcb589e06f

    De l’énergie abondante et bon marché ? Naaaan…

    • Comme dirait Jean-Marc JANCOVICI, plus on poussera les éoliennes et le photovoltaïque, et plus les gaziers seront heureux. Normal, pour compenser les périodes de non production, il faut une énergie d’appoint non intermittente.
      Maintenant, proposer de la méthanisation n’est pas bête.
      Ce procédé est utilisé depuis belle lurette par les industriels de l’agro-alimentaire qui s’en servent pour transformer en biogaz leurs freintes (pertes en fabrication). Des sociétés spécialisées en traitement d’eau comme DEGREMONT maîtrisent ces procédés industriels.
      Etendre cette technologie aux déchets alimentaires domestiques est faisable, à la condition de donner le contrôle de la gestion de ces déchets à des industriels dignes de ce nom (exit donc les sociétés intercommunales de gestion des ordures ménagères tout juste bonnes à faire du compost à prix d’or revendu largement à perte).
      Pour le moment, la méthanisation est peu utilisée en France pour les déchets domestiques pour des raisons d’économie d’échelle. Son utilisation en agriculture est actuellement non rentable pour les mêmes raisons.
      Faire le pari de créer une filière industrielle nationale voire internationale dans ce domaine me paraît être une bonne idée. Reste à voir si elle sera compétitive face au gaz russe qui inondera le marché de demain.

      • À ma connaissance Degremont n’a réalisé que des petites unités de méthanisation à usage très local car il y a un problème fatal qui n’est toujours pas résolu : le méthane produit par fermentation doit être purifié. Il contient en effet d’autres gaz toxiques ou corrosifs qu’il faut éliminer pour injecter le méthane dans le réseau de distribution. Cette étape est coûteuse et limite donc l’usage de ce « biogaz ». Je n’investirais pas un kopeck dans un quelconque projet de fermentation à grande échelle … si, bien sûr, j’avais quelques kopecks à investir !

      • J’ai travaillé dans ce domaine et ma foi, ça fonctionne très depuis une bonne vingtaine d’années.
        La chose à surveiller est d’éviter de contaminer les bactéries méthanogènes par de l’oxygène dissous car ce sont des anaérobies stricts. Ceci vaut pour les petites unités où le biogaz est brûlé pour généralement produire les eaux chaudes nécessaires aux process alimentaires (pasteurisation, eaux chaudes pour le nettoyage assisté par ordinateur, etc..).
        Il faut aller dans certains pays scandinaves pour voir des installation plus importantes car il s’agit là de transformer la biomasse issue des boues de grandes stations d’épuration d’eaux pour faire un biogaz utilisé par des véhicules à moteur thermique (bus par exemple dans le cas de la Suède).
        Et ce n’est donc pas un hasard si ce sont des sociétés de traitement d’eau comme Degremont qui ont travaillé sur ce sujet pour rendre ces procédés industrialisables.
        Il existe bien entendu de nombreux procédés de purification des biogaz issus de la méthanisation (lavage à l’eau ou aux solvants, adsorption sur charbon actif, traitements membranaires…), et là on arrive à une échelle véritablement industrielle qui ne se rencontre pas ou très rarement dans l’hexagone.

  3. PS : ce type de projets industriels rares en France existent néanmoins(Lille et Strasbourg).
    Un exemple, le projet Biovalsan sur Strasbourg (Degrémont est encore de la partie bien entendu) qui vise à injecter du biogaz dans le réseau de distribution de gaz –> http://www.biovalsan.fr/biovalsan/presentation-du-projet.html
    C’est ce qui me fait dire que si ENGIE se lance dans ce type de projets de valorisation de la biomasse, c’est une bonne chose puisque la faisabilité industrielle en a déjà été démontrée.
    Sera-ce rentable sur le long terme face au gaz russe, c’est par contre la question que je me pose.

  4. Et vous ne parlez pas de la fourniture de l’électricité pour toutes ces voitures. Car si on calcule l’énergie nécessaire pour alimenter les tesla et toutes les autres , les réacteurs français qui suffisent tout juste aux chauffages , électroménager ,éclairage et aussi à l’industrie très gourmande lors des pics de 100GWh en période de grand froid., il y a du souci à se faire. Car quand on fait son plein de 50 l d’essence, c’est plus d’un demi MWh que l’on met dans le réservoir ! (Environ 10kwh par litre). Bon ceci dit, le rendement des moteurs thermiques (35%) est mauvais par rapport à celui des électriques qui est de 80% environ. Et si effectivement ces technologies ont encore de très gros progrès à faire (énergie massique des batteries, prix, matériaux et recyclage), il faut avoir beaucoup d’imagination pour admettre que c’est la mobilité d’avenir. Et pourtant à moyen et surtout long terme, c’est inéluctable. Ça prendra du temps, beaucoup de temps mais à l’évidence un jour il n’y aura plus de fossiles. Oh oui j’entends déjà les cris de ceux qui vont dire on nous l’a déjà faite celle là ! Je ne dis pas de date, mais si c’est dans un siècle ou plus plutôt que dans 50 ans, ça ne change rien. Le stock finira un jour. Mais le chemin sera long , très long pour remplacer les fossiles et les compagnies iront pomper longtemps encore les precieuses gouttes d’or noir (schiste compris). Mais quand on voit tous les grands acteurs de l’industrie investir lourdement dans ces technologies, y compris les majors petroliers, nul doute qu’ils commencent à y croire après s’être contentés de faire du green washing grossier. Mais encore une fois ce n’est pas demain la veille.

    • La solution évidente : le nucléaire 🙂 …et idéalement, les surrégénérateurs pour produire moins de 0.5 % de déchets à courte vie (< 100 ans).

    • Je crois avoir répondu à plusieurs reprises à votre argument en citant les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim voués à une casse prématurée qui suffiraient à recharger quotidiennement 400000 véhicules tout électrique. Mais non ! Le nucléaire, pour les écologistes qui pourtant sont adeptes de voitures électriques, est dangereux (comme le CO2 ?) alors que c’est la seule source d’énergie fiable pour réduire les émissions de CO2. Ce n’est pas avec des centaines de milliers de moulins à vent que la solution sera trouvée !

      • Merci pour votre réponse. Je n’ai pas fait le calcul mais je crains qu’avec 40 millions de véhicules, sans compter les camions, bulls, pelles mécanique, tous les engins et outils à moteur thermique, le besoin reel soit bien supérieur. Mais bon je vous fait confiance si vous avez calculé que ça suffisait alors tant mieux. Cordialement.

    • Et surtout la question de la production de cette électricité reste entière (nucléaire ? Epr ou fusion dans tres longtemps ? biogaz ? Biocarburant ? Éolien ? PV ? Solaire thermique ? Hydrolien ? …). Je ne lis pas dans la boule de cristal mais j’imagine que tout sera exploité ?

      • Je pencherais pour le nucléaire neutrons rapides (thorium ou uranium 238) à haute température et refroidissement à l’hélium. C’est la seule filière qui me paraît rentable à terme. Les Chinois et les Russes l’ont bien compris …

  5. Génial génie ou escroquant escroc ? Ça se discute, comme disait le génial escroc Ponzi (et sa – aussi fameuse que la crosse de Hockey de Mann – pyramide).
    PS Quand je vois dans mon bled sud-parisien que les (pauvres) acquéreurs des (grosses) Tesla se branchent, en toute impunité pécuniaire sur les bornes de recharge « Autolib »… j’ai comme des envies de sortir un poinçon bien pointu…

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