Sang de cordon ombilical : du gros business !

Umbilicalcord.jpg

Il y a 3 ans j’écrivais sur ce blog un article relatif à l’utilisation potentielle de cellules souches pour traiter certaines pathologies pour lesquelles il n’existe pas d’autre alternative. Et des cellules souches il y en a beaucoup dans le sang de cordon ombilical. Or dans le domaine de l’utilisation des cellules souches en thérapeutique, le législateur a tendance à suivre les résultats d’essais cliniques ponctuels – plus ou moins autorisés selon les cas – pour décider de l’autorisation de l’usage de ces cellules à des fins médicales. L’exemple le plus connu de l’application médicale des cellules souches est la transplantation de moelle osseuse pour traiter certains cas de leucémies chez l’enfant. Comme je l’avais exposé dans le billet de ce blog (voir le lien) de nombreuses applications potentielles restant pour la plupart à explorer sont envisageables. Cependant et pour des raisons surtout mercantiles certains médecins n’hésitent pas à proposer à leurs patients (fortunés) des traitements à l’aide de cellules souches de sang de cordon ombilical.

Brièvement des cellules souches ont été utilisées pour tenter de « réparer » une moelle épinière d’un adolescent victime d’un accident qui a partiellement récupéré une certaine sensibilité de la peau au niveau des jambes. Elles ont été également utilisées pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) avec un succès mitigé. Dans les cas de diabète de type I ces cellules ont été utilisées avec un certain succès pour restaurer la fonction pancréatique de production d’insuline. Les essais cliniques réalisés dans ces domaines ont conduit à l’autorisation d’utiliser de telles cellules. Au total il y a actuellement 27 applications cliniques autorisées pour l’utilisation thérapeutique de cellules souches.

Le sang de cordon ombilical est par exemple utilisé pour traiter certains types de leucémies car il contient les mêmes cellules que celles de la moelle osseuse mais dans tous les cas le corps médical doit soumettre une demande d’autorisation auprès des instances législatives.

Or la loi peut être facilement contournée dans la mesure où les banques de sang de cordon, le plus souvent privées, ne sont pas elles-mêmes contrôlées par les autorités. Un cordon ombilical correctement prélevé dans n’importe quelle clinique est une matière première virtuellement gratuite mais qui peut rapporter gros. C’est ce qui est arrivé au Japon, une affaire dont l’épicentre se trouve à Tsukuba (préfecture d’Ibaraki). Il existe dans cette ville une banque privée de sang de cordon ombilical et le directeur de cet établissement a distribué du sang de cordons à un certain nombre de cliniques tant à Kyoto qu’à Tokyo et plus de 300 patients ont été traités illégalement pour un coût individuel de l’ordre de 4 millions de yens ( 40000 euros environ) essentiellement dans deux cas qui requièrent une autorisation : le traitement de certains cancers et un usage cosmétique, mais oui, c’est vrai !

Uniquement attirés par l’appât du gain, des médecins indélicats ont donc enfreint les règles éthiques de base et la banque de sang de cordon qui facture 200000 yens la préservation de ce sang pour un éventuel usage thérapeutique futur chez le nouveau-né dont provient le cordon a cru bon d’arrondir ses fins de mois en promouvant l’usage de ce matériel auprès de cliniques privées peu regardantes. Il faut préciser qu’aucun essai clinique impliquant du sang de cordon pour des usages cosmétiques n’a pu montrer qu’il pouvait être utilisé pour combattre le vieillissement de la peau et dépenser 40000 euros pour un résultat plus qu’hypothétique relève de la pure sottise. Fort heureusement peu d’effets adverses ont été décrits et de surcroit plus du tiers des patients crédules traités étaient … des Chinois. Business is business !

Source : Japan Times

https://Saint-Jacques-de-Compostelle/2014/10/14/avec-ses-propres-cellules-souches-un-enfant-peut-etre-sauve-marche-a-suivre/

Note : il est intéressant de relire les articles de Monsieur Grégory Katz-Bénichou au sujet de l’utilisation du sang de cordon ombilical comme par exemple : DOI: 10.1111/j.1537-2995.2010.02954.x

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s