L’affaire rocambolesque du talc pour bébé de J & J (suite)

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Comme de bien entendu ça se passe aux USA, pays où il y a plus d’avocats que de personnes incarcérées pour diverses raison en particulier la couleur de leur peau (population carcérale américaine : 2,5 millions, plus que dans n’importe quel pays totalitaire passé ou présent) mais il ne s’agit pas du sujet évoqué dans ce billet. La firme Johnson & Johnson a été condamnée ce lundi 21 août 2017 par un tribunal de Los Angeles à verser 417 millions de dollars dont 70 millions de dollars en dommages compensatoires et 347 millions en dommages punitifs à une femme de 63 ans qui la poursuivait car elle considérait que son cancer des ovaires avait été provoqué par le talc pour bébé qu’elle appliquait autour des parties intimes de son anatomie depuis l’âge de 11 ans. Pour bien comprendre le caractère surréaliste de cette histoire il faut faire quelques remarques au sujet du talc, J & J faisant face à plus de 4800 procès et ayant donc déjà été condamné à payer plus de 700 millions de dollars à divers plaignants (voir le lien sur ce blog), merci pour les avocats !

Le talc est constitué de particules solides et insolubles dans l’eau de silicate de magnésium. Il est fortement hygroscopique, il assèche donc la peau lors de la transpiration, et sa structure cristalline en feuillets facilite la friction de la peau, il n’y a plus d’irritations et celle-ci reste « douce ». Le talc utilisé dans l’industrie cosmétique ne contient pas d’amiante et ce point particulier est vérifié soigneusement car certains gisements de talc contiennent de faibles quantités d’amiante et le talc qui y est extrait n’est pas autorisé pour des usages cosmétiques. Cette régulation a été mise en place en 1970 aux USA puis a été appliquée dans tous les pays du monde. Le silicate de magnésium du talc n’a jamais pu être prouvé comme carcinogène tant sur des animaux de laboratoires que sur des cellules humaines en culture y compris à fortes doses. C’est d’ailleurs lors de ces études que l’interdiction du talc contenant de l’amiante a été mise en place, les animaux de laboratoire inhalant ce type de talc ayant développé des cancers de la plèvre.

L’argument des plaignants américains à l’encontre de J & J se base sur une classification controversée du talc par l’IARC ou Centre international de recherche sur le cancer, cet organisme onusien situé à Lyon, France, au sujet duquel j’ai déjà eu l’occasion de disserter, qui a classé le talc comme « possible carcinogénique » pour les humains alors qu’il n’existe aucune évidence scientifique pour étayer cette classification tout aussi absurde que de déclarer le glyphosate cancérigène « possible » (voire « probable ») pour la plus grande satisfaction des avocats qui sont payés à la commission, du moins aux USA. Les procès intentés à l’encontre de J & J se basent donc sur une « possible » accessibilité du talc jusqu’aux ovaires, c’est en tous les cas l’argument avancé par les avocats : les particules de talc seraient-elles munies de flagelles comme les spermatozoïdes ?

L’influence du fumeux principe de précaution a donc permis à l’imbécillité humaine mercantile de franchir une nouvelle étape. C’est la seule conclusion qui puisse être trouvée pour cette histoire caricaturale et rocambolesque. Aux dernière nouvelles J & J a fait appel de la décision du tribunal de Los Angeles en raison du manque de preuves scientifiques dans les affirmations fantaisistes des avocats, mais le mal est fait et l’opinion publique, encore une fois et comme dans de nombreuses autres situations, considérera dorénavant le talc comme cancérigène, comme les pommes de terre frites, le glyphosate, la viande grillée, les « ondes » et pourquoi pas le clair de Lune pendant qu’on y est … Tous ces plaignants, plutôt que de s’adresser à des avocats, devraient consulter un psychiatre, voire plusieurs spécialistes, car ils sont vraiment dérangés mentalement !

Sources de l’information et illustration : Les Echos, American Cancer Society, et aussi sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/02/25/apres-lamiante-le-talc/

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