Réintroduire des animaux dangereux voire nuisibles : quel intérêt ?

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Il y a quelques semaines j’ai mentionné les dégâts provoqués par les loups réintroduits en France pour la plus grande gloire de l’équilibre du biotope naturel. Tout ça au nom de je ne sais quel principe de reconstitution de la nature telle qu’elle était lorsque nos ancêtres vivaient encore dans des cavernes et se vêtaient de peaux de bêtes, dont de peaux d’ours, qu’ils avaient tué pour se nourrir et se protéger contre leurs agressions incessantes. Mais l’idéologie moderne de retour à la nature primitive n’en est pas à ses premiers effets dévastateurs. Il s’agit d’un grave problème de société entretenu par des illuminés adorateurs de la Terre nourricière harmonieuse et généreuse qu’il faut à tout prix préserver au risque de voir des enfants se faire dévorer par des chiens errants.

À propos de chiens errants, j’ai toujours en mémoire cet épisode de panique que je vécus, seul, au bord d’une petite plage isolée sur la commune de Saint-François à la Guadeloupe. Il s’agissait de la fin d’un calvaire avec une petite chapelle remplie de bougies fondues. J’ai été attaqué par une meute de chiens errants et j’ai cru que ma dernière heure était arrivée. J’ai couru tout habillé dans l’eau et fort heureusement la plage était constituée de galets, d’excellents projectiles pour éloigner ces bêtes immondes couvertes de parasites. Les chiens ont horreur de recevoir des projectiles car ils n’ont alors plus de défense. J’ai donc parlé des loups qui massacrent ici et là quelques brebis mais c’est exactement la même situation avec les ours réintroduits dans les Pyrénées …

Dans les Pyrénées, comme dans les Alpes, quel que soit le côté de la frontière, les éleveurs pratiquent depuis des temps immémoriaux le pastoralisme qui est une forme de protection de la diversité biologique et qui de plus préserve la vie de la montagne. Les estives produisent une herbe de qualité appréciée par les bovins, en Suisse surtout, mais aussi par les moutons. Pendant des siècles, donc, les éleveurs ont tout fait pour se débarrasser des prédateurs carnassiers, les loups et les ours. Le dernier ours brun natif des Pyrénées a été abattu en 2004 et les éleveurs ont poussé un grand ouf ! car cet animal terrorise les moutons plus qu’il ne les massacre contrairement aux loups.

C’est ce qui est arrivé il y a quelques jours dans les Pyrénées où de part et d’autre de la frontière des ours en provenance de Slovénie ont été réintroduits pour justement reconstituer la nature originelle telle qu’elle était autrefois quand nos ancêtres vivaient dans des cavernes … Cette fois ce sont plus de 200 brebis qui se sont littéralement suicidées en se jetant dans le vide, poursuivies par un ours.

L’aspect le plus exécrable de cette histoire est que ce sont, des deux côtés de la frontière franco-espagnole, les contribuables qui vont indemniser les éleveurs pour leurs pertes comme ce sont ces mêmes contribuables qui ont financé la réintroduction de ce nuisible à grands frais. Et sous prétexte de protéger la nature c’est exactement le même scénario par exemple en Australie et dans les îles Salomon. Les crocodiles d’estuaire qui peuvent atteindre 7 mètres de long sont protégés. Seuls ceux qui ont dévoré un être humain – encore faut-il qu’il y ait un témoin de la scène – peuvent être abattus. Quand des randonneurs se feront dévorer par un ours (ou un loup) peut-être que l’opinion publique refusera de continuer à se faire mener en bateau par ces écologistes rêveurs d’un autre temps pour qui l’homme est l’animal le plus nuisible de la planète.

Source de l’information : The Guardian

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/06/28/nicolas-hulot-patauge-dans-la-boue-rouge-et-se-fait-mordre-par-les-loups/

10 réflexions au sujet de « Réintroduire des animaux dangereux voire nuisibles : quel intérêt ? »

  1. Sous la pression des éleveurs Hulot a permis l’abattage d’un certain nombre de loups, ce que personnellement je trouve dommage. Vous êtes contre la réintroduction des espèces que l’homme, avec un profond égoïsme a fait disparaître, comme les lynx, les renards qui survivent que grâce aux défenseurs des animaux et je ne parle pas des vautours, des aigles etc… La biodiversité est en train de disparaître, les éléphants, les léopards, les guépards etc en Afrique, les tigres, les panthères, les orangs-outangs etc.. et combien d’autres espèces. Alors la disparition de quelques moutons, payés aux propriétaires, vaut bien la survie de cette espèce. Allemagne, Italie, Europe Centrale, Russie sont les territoires des loups qui se nourrissent d’animaux sauvages, cerfs, daims, chevreuils, chamois, lapins etc… et quelque fois, de mouton. En Croatie, ils ont même fêté l’année du loup. Certaines de nos forêts et campagnes abritent de nombreuses hardes de sangliers qui sont en surnombre et dévastent les potagers…. une proie idéale pour les loups qui pourraient réguler leur nombre. Quant aux accidents, il sont tellement rares…. le loup est un animal très timide et craintif, nous ne sommes pas au moyen âge, sans remonter à l’âge des cavernes. Je pense également que les chiens errants sont susceptibles d’avoir attaqué des moutons. Quant à l’histoire du suicide des moutons poursuivis par un ours…. il y avait-il un témoin digne de foi ? Voilà mes explications. Elles ne vous auront pas convaincu, mais j’aurai essayé.

    • Deux bergers étaient témoins de cet évènement, selon le Guardian, quotidien que l’on ne peut pas taxer d’antiécologisme. J’attire votre attention sur le fait que durant les milliers et millions d’années passées de nombreuses espèces animales ont disparu : c’est le résultat de l’évolution naturelle et de la compétition entre espèces animales.

      • Il est difficile de réintroduire une espèce qui aura disparue depuis des décennies ou siècles, car alors l’environnement aura évolué sans cette espèce.

        Je trouve justifié la réintroduction d’espèce afin d’équilibrer la chaîne alimentaire (si une proie a disparue et que ça conduit à la raréfaction de ses prédateurs, ou pour limiter la prolifération excessive d’anciennes proies dont le prédateur naturel a disparu).

        Il y a une culpabilité à voir des espèces disparaître: c’est dommage quand c’est l’Homme le responsable (cas de l’orang-outang cf palmiers à huile). Mais c’est injuste de dire « vous, habitant de Bornéo, vous devez crever de faim, car pour vivre à votre faim, vous allez détruire l’orang- outang ».
        Protéger des espèces menacées par l’Homme, oui. Mais si ça menace les habitants du coin, il faut trouver une alternative qui ménage les 2 parties. (bon courage)

      • Dont acte, mais c’est quand même bizarre que 2 bergers se soient trouvés à cet endroit pile au moment où un ours a surgit et mis en fuite un troupeau vers un précipice. Et puis même, c’est un malheureux concours de circonstance, comme un accident d’avion qui n’empêche pas les voyages en avion.

  2. Pas d’accord avec Erik en ce qui concerne le droit des hommes à détruire l’habitat d’un animal à fin d’exploiter la nature. justifier les plantations des palmiers à huile c’est justifier la disparition des orangs-outangs, justifier alors la disparition de grands pans de la forêt amazonienne pour la culture du soja, c’est justifier également la disparation des peuplades indigènes qui se battent pour leur survie. En Afrique, un des plus vieux parcs (1927) le parc Albert, maintenant des Virunga est soumis a d’importante pression, car il recèle du pétrole et son conservateur un belge, qu’on a tenté d’assassiner, se bat pour défendre les derniers gorilles des montagne. La forêt, habitat naturel des gorilles est petit à petit détruite, déboisée par les villageois pour étendre leurs cultures et faire du charbon de bois. La disparition naturelle des espèces due à l’évolution naturelle OUI mais les disparitions dues uniquement à l’homme NON. On a évité la disparition de la baleine bleue, le plus grand animal que la terre ait porté, chassée pour sa graisse ! les bisons d’Amériques ont failli disparaître. les thons rouges de Méditerranée également et combien d’autres exemples, les rhinocéros, les éléphants…..cupidité des hommes, croyances imbéciles. Rendons grâce aux associations qui se battent pour sauver ce qui peut encore être sauvé !

  3. Je lis avec grand intérêt votre blog, mais là pour le coup je trouve que votre avis et trop tranché.

    Vous dites:
    « Dans les Pyrénées, comme dans les Alpes, quel que soit le côté de la frontière, les éleveurs pratiquent depuis des temps immémoriaux le pastoralisme qui est une forme de protection de la diversité biologique et qui de plus préserve la vie de la montagne. Les estives produisent une herbe de qualité appréciée par les bovins, en Suisse surtout, mais aussi par les moutons. »

    En fait l’élevage pastoral de montagne se divise en deux parties bien distinctes:

    1/ Les montagnes humides (Alpes du Nord, Suisse, Auvergne, Jura) dont les herbages sont presque aussi productifs en herbe et en lait par hectare que les pâturages de plaine (comme en Normandie). Ces montagnes là sont assez densément peuplées et anciennement avec un habitat traditionnellement dispersé, on y élève essentiellement des vaches laitières, tandis que les moutons et les chèvre n’y sont que du complément insignifiant. Ces montagnes là peuvent être considérées comme de vraies régions de production alimentaire de qualité, et elles sont bien moins gravement touchées par le retour des prédateurs que celles qui suivent, car les bovins sont moins vulnérable et surtout ils bénéficient d’une population agricole résidente bien plus conséquente pour les surveiller.

    2/ Les montagnes moins humides, souvent calcaires et très rocheuses (Alpes du Sud, et la plus grande partie des Pyrénées). Ces montagnes là sont pauvres et dépeuplées depuis toujours (très peu de villages et presque pas d’habitat dispersé dans les alpages). Ce sont les populations les plus pauvres qui les ont investi historiquement, en y pratiquant autrefois un élevage ovin et caprin laitier qui ne permettait que la subsistance dans des conditions extrêmement pauvres, ces bergers là étaient pour une partie presque des clochards des montagnes. La vente de laine et du peu de fromage produit était la seule source de revenu pour acheter d’autres denrées de survie. Aujourd’hui nos pays occidentaux étant devenus prospères, l’exode rurale a fait disparaitre ce mode de vie ancestral précaire, il n’existe définitivement plus. Ces vastes espaces montagnards sont devenus libres (à partir du XIXe siècle) pour y pratiquer un élevage ovin commercial nouveau, pour satisfaire une demande moderne: l’élevage ovin à viande. En effet ce nouvel élevage permet de conduire d’immenses troupeaux sans s’en occuper (pas de traite journalière pour le lait, pas ou peu de tonte pour la laine), exigeant un très faible nombre d’éleveurs qui exploitent une très grande surface de montagne de façon très extensive. Mais la viande de mouton plait peu au consommateur, qu’elle soit issue de la plaine ou de la montagne, ça reste quoi qu’on en dise, une viande de qualité gastronomique assez faible, on la mangeait autrefois parce que c’était un sous-produit de l’élevage laitier (lait de brebis) et à laine, mais on en mangeait pas plus que ça et on élevait jamais des moutons rien que pour leur viande (c’est pas productif comparé au lait). Or si on rapporte la quantité de viande produite par cette méthode à l’immense surface d’herbage exploitée en montagne, c’est une production absolument ridicule et insignifiante, au rendement à l’hectare vraiment très faible, et dont la France n’a absolument pas besoin pour se nourrir, ça ne produit même pas un petit gigot par an et par famille françaises. Mais cela monopolise les plus majestueux et les plus vastes espaces naturelles qu’on possède en France. La simple augmentation du tourisme de nature dans ces régions, qui pourraient redevenir plus sauvages très facilement, rapporterait économiquement beaucoup plus à ces régions. (Les Pyrénées pourrait même devenir un Yellowstone franco-espagnol). La seule solution viable dans ces montagnes là selon moi : se servir des pléthoriques aides financières aux éleveurs actuellement jetées par les fenêtres, qui ne produisent quasiment rien en quantité alimentaire, pour les aider plutôt à changer de métier.

    Après ces considérations, après avoir compris cela, je dis vive le retour des ours en France.

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