L’activité solaire et le prix des denrées alimentaires

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En 1887 le Professeur Rogers publia le dernier et septième volume d’une considérable somme rassemblant l’ensemble de ses travaux de décryptage des registres des moines anglais et des notes manuscrites des propriétaires terriens anglais ou encore des économes des séminaires, documents relatifs aux fluctuations du prix du blé dans le Royaume de Sa Majesté. Cette étude gigantesque occupa plus de 50 ans de la vie de cet érudit acharné et elle est toujours considérée par les économistes comme un instrument irremplacable pour l’étude sur le long terme des facteurs externes influençant le prix des denrées agricoles (voir note en fin de billet). En ce qui concerne l’évolution du prix du blé il est nécessaire de rappeler que le Royaume-Uni est un cas particulier car il s’agit d’un pays insulaire situé à la limite nord de la culture de cette céréale. En effet, en dehors des périodes de climat optimal comme au Moyen-Age et plus récemment au cours de la deuxième moitié du XXe siècle il était hasardeux de cultiver le blé au nord de l’estuaire de la rivière Humber. L’approvisionnement en blé du Royaume était donc très étroitement corrélé aux conditions météorologiques et comme il n’existait pas encore de commerce international convenablement organisé pour suppléer aux besoins en blé les fluctuations du prix de cette denrée alimentaire de base sont donc un reflet extrêmement précis de ces variations météorologiques et comme l’ont magistralement montré les Docteurs Lev Pustilnik et Gregory Yom Din, respectivement de l’Université de Tel Aviv et du Golan Research Institute en Israël, des variations de l’activité solaire.

Les travaux de Rogers couvrent la période 1249-1703 or l’observation des taches solaires qui sont un bon indicateur de l’activité solaire n’ont réellement débuté qu’après l’invention de la lunette – ou plutôt du téléscope – par Galilée en 1609. Après cette date se situe le fameux minimum d’activité solaire de Maunder qui durera jusqu’au début du XVIIIe siècle et l’observation des taches solaires qui était devenue une véritable mode en Europe avec l’usage du téléscope et de la lunette fut plutôt difficile car il n’y eut tout simplement presque pas d’activité magnétique solaire pendant plus de soixante-dix ans. Fort heureusement la science moderne a pu reconstituer l’activité solaire passée en mesurant la teneur en béryllium-10 dans les carottes glaciaires du Groenland et cette teneur est inversement proportionnelle à l’activité magnétique solaire.

Sans vouloir établir une relation de cause à effet directe entre l’activité solaire et le prix du blé en Grande-Bretagne Pustilnik et Yom Din ont tout de même établi, après un dépouillement détaillé et une analyse minutieuse des données rassemblées par Rogers, qu’il était impossible de nier que cette relation existait. Il leur fallut filtrer, c’est-à-dire exclure, certaines fluctuations de ce prix du blé en raison d’évènements historiques tels que des conflits guerriers bien répertoriés par les chroniques. Il est apparu que les fluctuations du prix du blé étaient périodiques et que cette période était d’environ 11 à 12 ans. Il existe deux cycles astronomiques pouvant coïncider avec cette périodicité, l’activité magnétique du Soleil en moyenne de 11 ans et la révolution de Jupiter autour de cet astre qui est de 11 ans et dix mois. Comme les observations récentes par satellite ont clairement montré que le rayonnement cosmique galactique avait une influence directe sur l’apparition de nuages, une vérification des simulations réalisées dans des chambres à brouillard réalisées dans les laboratoires du CERN par bombardement avec des particules simulant les rayons cosmiques l’a d’ailleurs clairement démontré, les auteurs ont pu établir que même durant le fameux minimum de Maunder l’activité magnétique solaire fluctuait avec une périodicité d’environ 11 années et qu’elle avait eu une influence sur le prix du blé amplifiée par les conditions climatiques calamiteuses qui prévalèrent non seulement en Grande-Bretagne mais également en Europe continentale.

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L’illustration ci-dessus est une représentation des fluctuations des prix du blé au cours de la période couvrant le minimum climatique de Maunder. La courbe continue relate les variations de la teneur en béryllium-10 des forages réalisés au Groenland et il faut rappeler que plus il y a de béryllium-10 (radioactif) plus l’activité solaire est faible. Superposés à cette courbe de variation de la teneur en béryllium-10 atmosphérique se trouvent les prix du blé en noir durant les minima d’activité solaire et en blanc durant les maxima d’activité. Les symboles, losanges ou triangles, résultent de calculs de moyennes différents mais ils corroborent le fait que les prix du blé étaient de manière générale plus élevés durant les années de faible activité magnétique solaire. Cette illustration est bien une preuve évidente de l’influence directe du Soleil sur les récoltes agricoles à une époque où il n’était même pas question de charbon ni de pétrole. Cette périodicité calculée comme étant très exactement de 11,2 années a permis par ailleurs d’exclure toute influence significative de la rotation de Jupiter autour du Soleil sur le climat terrestre.

Comment peut-on encore passer sous silence l’effet de l’activité solaire sur le climat de la planète ? Dans les lignes de ce blog il m’est souvent arrivé de mentionner les effets potentiellement catastrophiques du refroidissement du climat prévu par de nombreux géophysiciens dans un très proche avenir sur la production agricole d’une manière générale et plus critiquement encore dans les pays les plus sensibles à ce refroidissement. Viennent à l’esprit la Pologne, l’Ukraine, le Danemark, le nord de l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le nord de la France pour ne mentionner que l’Europe. Les grandes cultures comme le blé ou encore le maïs et la betterave risquent d’être fortement perturbées par la chute de l’activité magnétique solaire qui est annoncée comme imminente – vers 2019-2020. L’étude mentionnée ici faisait état d’un temps de latence d’environ 18 mois de l’incidence de la chute d’activité solaire sur l’augmentation du prix du blé. Il est donc à peu près certain que dès le début de la prochaine décennie de graves perturbations apparaîtront dans la production de ces grandes cultures qui entraineront une envolée considérable des prix. Huile, sucre, farine, fruits et légumes, viande et produits lactés seront impactés par ce refroidissement que d’aucuns continuent à nier car la propagande « réchauffiste » favorise les « affaires » en tous genres liées à la production qualifiée comme dangereuse de gaz carbonique. Le retour à la réalité sera très douloureux. Il ne reste que trois ans pour se préparer : c’est déja trop tard …

Source : arXiv, doi : 10.1134/S1990341313010100

Note. La notion de météorologie spatiale englobe les facteurs d’origine extraterrestre influençant la météorologie terrestre. L’activité magnétique solaire joue un rôle central dans la « météo spatiale ». Le champ magnétique solaire varie selon un cycle de 11 années environ et a une directe influence sur le flux de rayons cosmiques d’origine galactique atteignant l’atmosphère terrestre. Les variations d’activité de la dynamo solaire ont également un effet direct sur le champ magnétique terrestre et sur la fréquence et la violence du « vent solaire ». Il est important de noter que l’irradiance solaire varie très faiblement au cours d’un cycle solaire ( +/- 0,1 %), une observation qui a conduit les gourous de l’IPCC à nier l’influence de l’activité solaire sur le climat terrestre.

Illustrations : lunettes de Galilée et arXiv

En vacances, profitez du soleil mais sans en abuser

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En cette période estivale les rituels bains de soleil à la plage ou plus prosaïquement dans son jardin font presque partie du folklore des vacances. Cette pratique n’est pas sans dangers surtout pour les personnes qui ont la peau claire et n’arrivent pas à bronzer. Étymologiquement la peau va prendre la couleur du bronze mais outre l’aspect esthétique recherché il s’agit d’une réaction de celle-ci aux rayons ultra-violets (UV) dont les effets cancérigènes sont prouvés contrairement à ceux de beaucoup d’autres produits considérés comme « probables cancérigènes » sans qu’il n’y ait jamais eu de preuves formelle de cet effet. Mais là n’est pas l’objet de ce court billet.

Toutes les crèmes dites solaires supposées protéger la peau des rayons UV ont, sans exception, une efficacité médiocre. Si elles contiennent effectivement des produits arrêtant les UV ces produits sont détruits par ces derniers et il faudrait se tartiner la peau toutes les 5 minutes pour espérer une protection significative. Il existe pourtant une plante qui stimule la production, sans bain de soleil, de la mélanine par la peau, la substance qui protège naturellement contre les rayons UV et conduit au bronzage tant recherché.

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Cette plante, de la famille des coléus, le Plectranthus barbatus, synthétise un composé chimique appelé forskoline du nom précédent de cette plante le Coleus forskohlii ou coléus indien. Il s’agit d’un diterpène qui n’a pas d’effet de protection sur les UV mais stimule la peau pour produire massivement de la mélanine selon un mécanisme biologique plutôt complexe au sujet duquel je ne m’étendrai pas. Appliquée en lotion sur la peau, une décoction aqueuse de cette plante provoque un « bronzage » protecteur rapide et il paraît, selon la médecine traditionnelle indienne qu’en tisane ce coléus serait même un hypotenseur.

Source : ScienceAlert, illustrations Wikipedia

La propagande climatique bat son plein !

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Cette photo a fait la une de la presse occidentale et des réseaux sociaux. L’Inde va mettre en service des trains propulsés à l’énergie solaire !!! C’est du grand n’importe quoi … La capture d’écran ci-dessous indique la source : il s’agit du quotidien indien The Hindu et l’article date du 15 juillet 2017. Apparemment le titre a accroché la sagacité des journalistes et des adeptes névrosés des réseaux sociaux (dont je ne fais pas partie) assommés quotidiennement par la propagande « réchauffiste » qui ressort aussi chaque mois en affirmant qu’on vient de vivre le mois le plus chaud depuis la disparition des dinosaures, je veux parler du mois de juin dernier.

En Inde, pays où se trouve le plus grand réseau ferroviaire du monde, en très grande majorité les trains sont tractés avec des motrices diesel. Or dans ces motrices il y a plusieurs moteurs, en général deux moteurs pour la traction, et un ou deux groupes électrogènes pour produire de l’électricité qui alimente l’éclairage et éventuellement des conditionneurs d’air. C’est exactement la même chose dans les avions de ligne qui sont équipés d’un groupe électrogène dans la queue de l’appareil et des bateaux de fret ou de croisière.

Dans le cas des gros porte-containers (j’ai fait la traversée Le Havre-Pointe-à-Pitre sur un de ces bateaux) il y a deux énormes moteurs pour la propulsion et une dizaine de groupes électrogènes car il faut aussi alimenter les centrifugeuses qui clarifient l’huile de lubrification des moteurs de propulsion et les groupes frigorifiques qui refroidissent les containers remplis de denrées périssables. Dans le cas des trains de banlieue de l’agglomération de Delhi, les DEMU (diesel electric multiple unit) vont être équipés de panneaux solaires pour alimenter l’éclairage des wagons, un point c’est tout ! Le titre de l’article de The Hindu est ambigu et toute la presse asservie par les grands groupes financiers internationaux a repris cette information en la déformant car ces mêmes groupes financiers veulent prioritairement profiter de la manne de la « transition énergétique » dont on nous gargarise à longueur de journée. Ce sont en effet des centaines de milliards de dollars bons à prendre chaque année, une véritable ruée vers l’or climatique …

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Il reste cependant à noter que le Ministère des Transports indien prétend pouvoir économiser 21000 litres de fuel par an pour chaque train équipé de ces panneaux solaires « made in PRC ». Il est intéressant de mentionner également que ce Ministère envisage aussi de faire rouler certains trains avec du bio-carburant oubliant à l’évidence que produire des biocarburants dans un pays où tout le monde ne mange pas à sa faim paraît criminel. Mais les écologistes de tous poils n’en sont pas à une aberration près quitte à éventuellement affamer la population pour satisfaire leurs rêves insensés.

Source et illustrations : The Hindu

Les plantes se défendent elles-mêmes contre les ravageurs, et c’est très sophistiqué !

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Le gazon fraichement tondu dégage une odeur particulière, un mélange d’acide abscissique et de jasmonate de méthyle (structure ci-dessus) que beaucoup de parfumeurs ont tenté d’incorporer à leurs savants mélanges de senteurs sans grand succès commercial. L’acide abscissique stimule le processus de cicatrisation de la plante coupée et sert également de répulsif pour les insectes et les champignons pathogènes. L’ester, le jasmonate, est volatil et désoriente les insectes prédateurs mais cette stratégie n’est pas toujours gagnante malheureusement pour la plante : c’est la dure loi de la nature. Pour comprendre comment la plante se défend des biologistes de l’Université du Wisconsin à Madison ont étudié ce qui se passait avec des plants de tomates quand ils les infestaient avec des chenilles Spodoptera exigua (illustration) que tous les jardiniers redoutent. L’expérience en elle-même fut très simple. Avant que les chenilles commencent à se nourrir sur la plante l’expérimentateur vaporisait une solution de jasmonate de méthyle à différentes concentrations sur celle-ci. Les chenilles, animées d’un appétit féroce et en quelque sorte perturbées par la présence de cette molécule chimique se livraient alors à un cannibalisme en règle pour le plus grand bénéfice de la plante, naturellement.

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Cette étude toute simple révèle que la plante dispose d’outils de défense sophistiqués en partie induits par le jasmonate excrété par la plante elle-même. Reste à déterminer quel est le mécanisme chimique secondaire que développe la plante pour se défendre efficacement et éventuellement identifier les composés chimiques qui constitueraient un excellent insecticide pour combattre les assauts de chenilles souvent dévastatrices pour les cultures maraîchères à ciel ouvert. La partie n’est cependant pas gagnée car l’identification de telles molécules chimiques requiert de la patience et un équipement analytique très sophistiqué en particulier si ces composés ne sont pas volatils et ne sont présents qu’en quantités infimes. À suivre

Source : Nature en accès libre, doi : 10.1038/s41559-017-0231-6

Fusion nucléaire : la Chine a pris une avance de 100 secondes !

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La Chine est l’un des pays contributeurs du projet ITER dont j’ai dit quelques mots à plusieurs reprises sur ce blog. Mon opinion (que je ne partage qu’avec moi-même comme disait très justement Pierre Desproges) n’a pas évolué au sujet de ce projet insensé et incroyablement coûteux. Jamais la fusion nucléaire ne pourra être maîtrisée afin de produire de l’énergie. Ce projet relève de l’illusion mais néanmoins la Chine investit des moyens considérables dans ce type de technologie et vient pour la première fois de maîtriser un plasma d’hydrogène plus de 100 secondes à une température propice à la fusion nucléaire qui aurait atteint l’incroyable valeur de 100 millions de degrés. Afin de clarifier les idées de mes lecteurs peu familiers de cette technologie il s’agit de confiner dans un champ magnétique intense des noyaux d’hydrogène. L’agitation de ces noyaux entraine une élévation de température et si le plasma est bien confiné dans le champ magnétique cette température atteint des valeurs telles que la fusion de noyaux entre eux devient possible. Cette fusion produit des noyaux d’hélium avec comme conséquence une intense production d’énergie thermique.

Cependant dans le cas de l’installation chinoise appelée EAST (acronyme de Experimental Advanced Superconducting Tokamak) la prouesse récemment atteinte ne concernait que des noyaux d’hydrogène léger. Or il est difficile d’assister dans ces conditions à une fusion nucléaire effective car il faudrait arriver à maîtriser un plasma constitué à parts égales des deux isotopes plus lourds de l’hydrogène, du deutérium et du tritium, qui en fusionnant produiront un noyau d’hélium et un neutron très énergétique. Dans la pratique, cette étape démontre qu’il va être donc possible de réaliser la même opération avec ce mélange. La Chine a donc franchi une étape cruciale dans la mise au point de la fusion nucléaire, ce qui ne veut pas dire qu’on arrivera un jour à exploiter industriellement ce processus.

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Le principe de la production d’énergie thermique par fusion nucléaire consistera à récupérer cette énergie à l’aide d’un gaz, très probablement de l’hélium, qui sera conduit dans un échangeur de chaleur. Il s’agit d’un concept encore très théorique pour deux raisons essentielles. La stabilité du plasma doit être maintenue durablement – des jours, des mois, des années – pour qu’une exploitation industrielle puisse être raisonnablement envisagée : les ingénieurs chinois sont péniblement arrivés à 100 secondes, on est donc encore très loin des conditions d’exploitation. La deuxième raison qui apparemment ne semble pas préoccuper ces mêmes ingénieurs est le bombardement neutronique extrêmement intense auquel sera soumis l’intérieur de l’installation en forme de tore (illustration Académie des Sciences chinoise) outre bien entendu la chaleur intense dégagée qu’il faudra évacuer à l’aide d’hélium propulsé par des pompes résistant à cette même chaleur intense. Pour l’instant c’est la « boite noire » technologique. Ce qui est stupéfiant dans cette histoire est que les ingénieurs comme les décideurs politiques qui encouragent ces projets de fusion passent sous silence ces deux aspects pourtant cruciaux pour éventuellement atteindre une production électrique rentable dans un avenir incertain.

Et pourtant, forts de cette avancée qualifiée de très satisfaisante – 100 secondes, c’est « énorme » – les responsables chinois sont optimistes et pensent qu’à l’horizon 2030 il sera possible de produire jusqu’à 200 MW électriques, entendez production nette. Je n’arrive pas à le croire, c’est de la pure propagande organisée par des scientifiques qui ont tout simplement besoin de vivre, exactement comme les dizaines de milliers de personnes qui vivent du « réchauffement climatique d’origine humaine » en pondant des projets de recherche tous aussi farfelus les uns que les autres. Compte tenu de mes maigres connaissances en chimie et en physique je peux affirmer sans me tromper qu’il n’existe aucun matériau dans la croute terrestre capable de résister à un bombardement de neutrons intense et durable résultant du processus de fusion le plus simple imaginable :

deutérium + tritium –> hélium + 1 neutron + énergie thermique

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Quant à la résistance à la chaleur de machines tournantes, je pense aux pompes véhiculant l’hélium vers des échangeurs de chaleur, au delà de 1000 degrés les problèmes deviennent sans solution. Or ces installations de fusion devront gérer des températures théoriques de dizaines de millions de degrés … J’avoue que je suis non seulement perplexe mais aussi et surtout écoeuré par l’immense gâchis financier tant chinois qu’international pour un rêve qui ne se concrétisera jamais. Ci-dessous le chantier ITER en octobre 2016 et construction par des techniciens chinois de bobines supra-conductrices pour ITER dans les ateliers de la CNIM à la Seyne-sur-Mer à l’aide de centaines de milliers de fils supra-conducteurs fabriqués en Chine, chaque fil aussi fin qu’un cheveu coûtant la modique somme de 4400 dollars.

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Source et illustrations : South China Morning Post

Réflexions personnelles sur la protection sociale santé

Réflexions personnelles sur la protection sociale santé

En Espagne, mon pays de résidence depuis maintenant 9 années, la sécurité sociale fonctionne à deux vitesses. Il y a les riches qui ont les moyens financiers de s’assurer auprès d’une compagnie privée et avoir accès à des cliniques privées luxueuses et il y a le système public pour les pauvres, pour faire court. Le système public est « gratuit », à une nuance près tout de même puisqu’il est financé par les impôts et les charges sociales que tout un chacun paie, personnes physiques ou morales y compris d’ailleurs ceux qui s’assurent auprès d’une compagnie privée. Et pour bien comprendre la suite de ce billet il faut décrire comment fonctionne ici en Espagne l’assurance maladie publique.

À chaque « assuré », terme que j’utilise bien qu’il soit impropre (je préférerait le terme « assujetti » à une protection sociale étatique), est attribué un « centre de santé » et un médecin référant. La procédure pour une consultation est assez complexe et longue : il faut fixer un rendez-vous par téléphone ou par internet avec son médecin (c’est un robot qui répond) puis faire la queue dans le centre de santé, parfois plusieurs heures, pour enfin décrire ce dont on souffre quand on se trouve devant son médecin généraliste attitré. Le médecin ne vous ausculte même pas, il ne regarde pas votre gorge ni le blanc de vos yeux, il se borne à pianoter sur le clavier de son ordinateur et vous prescrit éventuellement une prise de sang. S’il a selon vos dires déterminé le mal dont vous souffrez il vous prend un rendez-vous avec un spécialiste s’il en a le temps sinon c’est à vous de le faire muni d’un numéro administratif auprès des hôtesses du centre de santé ou encore par téléphone avec un robot qui vous répond. Le délai peut aller de quelques jours pour un rendez-vous avec un cardiologue et jusqu’à 6 mois pour un ophtalmologue. Les consultations avec le spécialiste ont lieu dans un autre centre de santé plus vaste et on refait la queue encore une fois plusieurs heures. Le spécialiste va éventuellement vous prescrire toutes sortes d’examens complémentaires qui ont alors lieu à l’hôpital où vous ferez encore la queue de nombreuses heures. Il faut absolument se munir d’un livre ou de mots croisés (ce que votre serviteur fait) pour tuer le temps …

Il reste tout de même une possibilité pour court-circuiter ce système bureaucratique kafkaïen, l’urgence ! Le centre de santé accepte les cas d’urgence s’ils ne relèvent pas de soins lourds en milieu hospitalier en d’autres termes si votre vie n’est visiblement pas en danger et s’il n’y a pas de sang qui coule sinon vous êtes immédiatement évacué vers les urgences de l’hôpital en ambulance.

Pour illustrer cette dernière possibilité des urgences il m’est arrivé il y a quelques mois de souffrir de douleurs relativement intenses très précisément au niveau du coeur. Je suis allé à pieds de chez moi dans « mon » centre de santé et j’ai décrit à la fille de la réception ce qui m’arrivait avec mon espagnol approximatif. Moins de dix minutes plus tard on me faisait un électro-cardiogramme et deux jours plus tard, compte tenu du peu de gravité révélé par les tracés de l’EEG non pas par mon médecin attitré mais par la technicienne qui a acquis avec les années une certaine habitude en interprétation des EEGs, je me retrouvais dans le cabinet d’un cardiologue dans l’autre centre de santé qui conclut rapidement mais après des examens approfondis, nouvel EEG, échographie, Doppler, etc … que j’avais un coeur de jeune homme et que mes douleurs n’étaient que de bénignes contractures musculaires inter-costales.

Il est également possible d’aller directement dans un des services d’urgence de l’hôpital mais comme partout en Europe les services d’urgence ressemblent à la cour des miracles et il vaut mieux ne pas être mourant pour attendre qu’un infirmier s’occupe de vous.

En venant m’installer ici à Tenerife un anglais, à la retraite comme moi, me peignit un tableau tellement sombre du système de santé publique espagnol qu’il me conseilla vivement de souscrire à une assurance maladie privée, ce que je fis. Mais à ce sujet, et je suppose qu’il en est de même dans tous les pays développés, plus on vieillit plus les mensualités sont élevées. Pour vous donner un ordre d’idées, au tout début (mais après trois mois de carence obligatoire à la suite d’une visite médicale détaillée dans les locaux de la compagnie d’assurance) je payais chaque mois un peu moins de 200 euros. Au delà de 70 ans la cotisation passe à plus de 300 euros mensuels et si on est un trop gros « consommateur » (je reviendrai sur ce terme) la compagnie d’assurances a tendance à augmenter encore plus rapidement la cotisation. J’ai donc mis fin à mon contrat et aujourd’hui je m’adresse pour mes petits bobos au système public.

Récemment j’ai pris conscience du coût effectif de la santé que l’on a trop tendance à considérer comme gratuit et je relate ici précisément les évènements que j’ai récemment vécu et qui sont riches d’enseignements. Quand j’étais assuré avec une compagnie privée, j’étais allé consulter un ophtalmologue qui m’avait bien mis en garde qu’il fallait que je consulte régulièrement car l’état général de mes yeux n’était pas optimal. Il y a quelques semaines je souffris d’un accès d’infections au niveau de l’oeil gauche, un truc que les spécialistes appellent la blépharite et qui est en fait une sorte d’acné au niveau des cils. Ce n’est pas très douloureux mais c’est gênant. Je m’étais également aperçu que ma vision de l’oeil droit était un peu trouble. Je voulais revoir la même ophtalmologue et je sollicitais donc un rendez-vous en consultation dite privée dans la clinique privée luxueuse où j’avais vu ce médecin il y a environ 7 ans et dont j’avais oublié le nom.

Coût de la démarche : 100 euros plus des pommades et des compresses non remboursées, naturellement. Tout ça pour m’entendre dire que pour mes yeux tout allait bien sinon un début de petite cataracte au niveau de l’oeil droit et qu’il fallait que je soigne cette blépharite. Rien de nouveau, donc, sous le soleil. Si je m’étais adressé au système public « gratuit » j’aurais tout simplement attendu quelques mois pour un rendez-vous avec un ophtalmologue. La question que je me suis posé par voie de conséquence est la suivante : le système de santé public dit gratuit est-il vraiment gratuit ? Pas vraiment. Je ne vois pas pourquoi le système public serait moins coûteux qu’une consultation privée comme celle à laquelle j’ai consenti financièrement uniquement par confort. J’en arrive à la conclusion évidente qu’on devrait clairement préciser aux personnes dépendant du système de santé gratuit combien il leur en coûte réellement quand ils vont consulter un médecin en dépit des nombreuses heures d’attente (j’ai aussi fait la queue dans la clinique privée) et de la lourdeur administrative du système. Il faudrait dire clairement aux patients combien leur consultation a réellement coûté à la société et leur faire comprendre également que ce prix apparaît dans les impôts et autres charges sociales payées par chacun, y compris les « pauvres » en France en particulier car tout le monde est assujetti à la CSG (contribution sociale généralisée) qui est un impôt – une flat-tax comme disent les Anglo-saxons – déguisé car son utilisation n’est en théorie qu’exclusivement consacrée au financement de la protection santé, ce dont je doute.

Le système de santé public a donc ôté tout sens critique et toute responsabilité au citoyen lambda : il croit que c’est gratuit mais c’est un leurre et pourtant il devient consommateur outrancier de ce service mis à sa disposition « gratuitement ». J’ai fait part de mes réflexions à ma copine et je lui ai demandé ce qu’elle ferait si on augmentait son salaire de 30 %, en d’autres termes si elle percevait outre son salaire net toutes les charges que son employeur et elle-même paient, mais qu’elle devrait alors prendre en charge elle-même le coût de sa santé en faisant nécessairement des choix comme par exemple ne pas s’assurer contre les risques mineurs mais seulement les gros risques. Il est évident que sa « consommation » médicale serait rapidement réduite, y compris les arrêts de travail pour maladie, et qu’elle se trouverait du jour au lendemain magiquement en bonne santé alors qu’elle va consulter son médecin pour le moindre mal de tête. Comme elle est politiquement orientée plutôt vers le socialisme (elle aime bien Maduro) elle considère que l’assurance maladie « gratuite » et gérée par l’Etat est un dû, un progrès social ! Ah bon ?

L’alcool, un don des dieux !

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Les zoologistes ont toujours observé un comportement particulier de nos cousins les grands singes qui se délectent de fruits tombés à terre dans la forêt, que ce soient des bonobos ou des gorilles. En effet ils sont attirés par ces fruits car en raison du climat tropical ils ont tendance en s’ouvrant sur le sol après leur chute à fermenter rapidement. Je me souviens d’une mémorable soirée au sud du Sénégal arrosée de vin de palme qui en quelques heures seulement avait atteint un degré d’alcool largement suffisant pour se trouver dans un état d’euphorie agréable … La consommation d’alcool fut donc découverte probablement bien avant l’homme par les grands singes. Quand l’homme a-t-il maîtrisé la production de boissons alcoolisées ? Une question qui aura occupé toute la vie du Docteur Patrick McGovern en s’intéressant aux poteries retrouvées lors de fouilles archéologiques. Si l’alcool s’évapore et ne laisse aucunes traces imprégnées dans les fragments de poteries parfois datant de plus de 10000 ans, McGovern a retrouvé des éléments d’information relatifs aux ingrédients qui de toute évidence servaient à fabriquer des breuvages alcoolisés, que ce soient des fruits, du riz comme en Chine, du miel, ou encore d’autres céréales ou des graines de cacao en Amérique Centrale.

Pour McGovern la popularisation de l’alcool coïncide avec l’avènement de l’agriculture il y a environ 10000 ans mais les boissons alcoolisées étaient probablement connues depuis des dizaines sinon des centaines de milliers d’années avant que cette agriculture, orientée vers la production de céréales en particulier, soit appliquée à la production d’alcool. Selon McGovern l’attirance de l’homme (et des grands singes) est liée au fait que nous disposons de l’équipement enzymatique permettant à notre organisme de gérer la présence d’alcool présent dans l’alimentation. Cet enzyme appelé alcool-déshydrogénase est en grande partie produit dans le foie mais il est aussi présent dans la salive et le tractus intestinal. Il a pour fonction d’oxyder l’alcool et le transformer en acétate, un métabolite qui sera ensuite pris en charge pour toutes sortes de voies de biosynthèse.

McGovern a vérifié son hypothèse du lien entre l’attirance pour l’alcool et la présence de cet enzyme en étudiant le métabolisme des mouches des fruits ou encore des chauve-souris frugivores qui en mangeant des fruits partiellement fermentés ingèrent chaque soir l’équivalent pour l’homme de 10 verres de vin sans que pour autant leur habilité à voler soit altérée. Les conséquences de l’usage de boissons alcoolisées chez nos ancêtres du Paléolithique supérieur, toujours selon McGovern, sont multiples. L’état de légère ébriété aurait favorisé le renforcement des liens sociaux, permis l’apparition du langage, des arts rupestres, de la musique et pourquoi pas de la religion dont les premières manifestations furent le chamanisme. Les chamans étaient peut-être détenteurs du savoir-faire nécessaire pour la production de boissons alcoolisées, boissons qui furent importantes pour l’apparition d’une certaine hiérarchie dans les groupes humains, en quelque sorte un don des dieux, à consommer avec modération …

Source et illustration : Smithsonianmag.com