Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (5)

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Dans cette rubrique qui semble attirer quelques réactions véhémentes de certains de mes lecteurs – je ne leur en veux nullement – je rappelle que je n’ai jamais été qu’un modeste biologiste académique ce qui ne m’empêche nullement aujourd’hui de porter un regard critique sur beaucoup de sujets de société. Je ne suis inféodé à aucun mouvement politique ou idéologique ni rémunéré par une quelconque compagnie industrielle ou commerciale. Si dans les pages de mon blog je conteste le réchauffement climatique global d’origine anthropique c’est tout simplement parce qu’il est assis sur des bases scientifiques fausses qui nient les lois fondamentales de la physique. Il s’agit donc d’une imposture planétaire dangereuse que je n’ai jamais cessé de dénoncer. Dans le domaine de la politique, en particulier française, je constate que la notion de démocratie est devenue une fiction. En dehors de la Suisse et peut-être de l’Islande, il n’y a plus de démocraties dans le monde mais seulement des gouvernements à la solde des puissances financières qui contrôlent les informations et les gouvernements se moquent allègrement des citoyens dont ils sont pourtant supposés assurer un certain bien-être, encore que cette notion soit toute relative. Dans le domaine de la santé ou de l’agriculture et aussi du climat, des domaines de choix pour des activistes ignorant tout de la vraie science, on assiste à une inflation de démagogie qui a atteint des niveaux surréalistes. En ce qui concerne l’alimentation l’histoire du gluten est une illustration de la stupidité effrayante des foules qui se laissent manipuler par des espèces de gourous à la Al Gore (ou à la Hulot en France) et ont perdu tout sens critique tant la propagande est organisée pour ternir au quotidien la science et les progrès technologiques qui sont néfastes pour Gaïa, suivez mon regard.

Je voudrais en terminer en répondant collectivement à ceux de mes lecteurs qui ont bien voulu laisser des commentaires sur les sujets abordés dans cette série. Puisque l’on constate une recrudescence de maladies dites infantiles dans le monde, l’utilisation abusive d’antibiotiques prescrits à tort et à travers par des médecins harcelés par des visiteurs médicaux à longueur de journée y est pour une grande part. Ces antibiotiques affaiblissent le système immunitaire et l’enfant n’est plus correctement armé pour se défendre. Je pense que le corps médical porte une grande responsabilité dans cet état sanitaire des enfants (et même de beaucoup d’adultes). Existe-t-il des études scientifiques honnêtes montrant clairement l’effet néfaste des antibiotiques sur l’organisme ? J’en doute, car les intérêts financiers en jeu sont immenses …

Dans le présent billet je parlerai des rhumes, du jeûne thérapeutique ou encore des boissons énergisantes. Bonne lecture …

17. Manger un ice-cream est mauvais si on est enrhumé

Encore une affirmation mensongère qui a été dénoncée dans une étude réalisée par la très sérieuse Mayo Clinic. Il y a même deux affirmations erronées dans cette mise en garde. Les produits lactés provoqueraient une sécrétion abondante de mucus nasal et le froid stimulerait la croissance des virus dans la gorge. La grande majorité des rhumes accompagnés ou non de maux de gorge sont d’origine virale et les produits lactés apportent des calories à l’organisme et un ice-cream présente au contraire quelques pouvoirs analgésiques bienfaiteurs mais le froid ne stimule en aucun cas la croissance des virus au niveau des muqueuses. Quant à la surproduction de mucus nasal supposée provoquée par les produits lactés et/ou le lait, jamais aucune preuve tangible n’a pu établir de relation de cause à effet.

18. Faire craquer les jointures des doigts provoque de l’arthrite

Une étude documentée parue en 2011 dans le Journal of the American Board of Family Medicine a définitivement mis un terme à la croyance consistant à affirmer que faire craquer les articulation des doigts de la main provoquait l’apparition d’arthrite (JABFM, vol. 24(2) 169-174). Au contraire, cette pratique qui peut être compulsive chez certaines personnes, n’a pas d’explication claire mais ne favorise pas, selon cette étude, l’apparition d’arthrite quel que soient l’âge, le sexe, l’origine ethnique ou le temps passé durant lequel les sujets étudiés faisaient craquer leurs jointures. On pourrait être tenté d’extrapoler cette étude aux personnes faisant « craquer » leurs vertèbres cervicales. J’ai cherché dans la littérature scientifique si une étude similaire avait été conduite à ce sujet mais sans succès. (Illustration Wikipedia)

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19. Fièvre : faire la diète, rhume : se nourrir

Il s’agit en quelque sorte d’une maxime qui est déjà mentionnée en 1574 dans le dictionnaire de médecine de John Withals qui notait que « le jeûne est un grand remède contre la fièvre ». La croyance populaire dit que manger quand on a de la fièvre entretient celle-ci puisque les aliments apportent des « calories » à l’organisme. Stricto sensu le terme calorie appliqué à l’alimentation ne signifie pas grand chose et prête plutôt à confusion. Quand on a de la fièvre l’organisme lutte contre les « pyrogènes », des substances d’origine virale ou bactérienne. Or l’organisme a justement besoin d’être alimenté pour entretenir cette lutte. De plus l’organisme sait parfaitement réguler les besoins en énergie en stockant temporairement celle-ci sous forme de glycogène et éventuellement en graisses. Une alimentation équilibrée quand on a de la fièvre est donc recommandée et dans cette situation il faut aussi beaucoup boire pour lutter contre la déshydratation, c’est du moins ce que conseillent les spécialistes en la matière.

Ces observations m’ont interpellé car j’ai souvent observé que mes enfants puis, une génération plus tard, mes petits-enfants choisissaient spontanément de se mettre à la diète quand ils avaient de la fièvre. Ma grand-mère préconisait un bouillon de poule pour combattre la fièvre et si le cas lui paraissait sérieux un grog ou un vin chaud quand j’étais enfant. Il s’agissait surtout d’apport de liquide, ce n’est pas le peu d’alcool qui reste dans un vin chaud qui enivrera un enfant … Enfin les rhumes sont d’origine virale et tout ce que le pharmacien ou votre médecin vous conseillent est inutile : il faut laisser l’organisme construire ses défenses immunitaires et souvent la fièvre est létale pour les virus. Pour ma part quand j’ai un mal de gorge je me gargarise profondément et à la limite de la douleur avec du rhum de Marie-Galante : les virus n’aiment pas beaucoup l’alcool et l’effet est spectaculaire.

20. Les boissons énergétiques sont bonnes pour les sportifs

J’en ai déjà dit un mot sur ce blog et je ne ferai pas de commentaire sur cette affirmation qui n’est que le résultat d’un marketing agressif. Ces boissons contiennent des quantités extravagantes de caféine et de sucres. À consommer avec encore plus de modération que le Pastis …

Sources : Business Insider, Mayo Clinic, Scientific American et lien mentionné dans le texte. Illustrations disponibles publiquement.

7 réflexions au sujet de « Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (5) »

  1. Bonjour,
    Je lis avec intérêt vos articles et régulièrement je me régale de vos critiques vigoureuses sur les délires de notre temps.
    Mon père, qui était médecin hospitalier, ancien interne des hôpitaux de Paris et qui avait connu dans sa pratique médicale les deux époques : avant les antibiotiques et après 1946, disait avec désespoir que avant 1946, les médecins étaient d’excellents cliniciens, habile au diagnostic clinique, mais sans moyens efficaces de traitement. Mais qu’après les antibiotiques, ils étaient devenus des prescripteurs d’antibiotique à large spectre(on ne sait jamais) qu’ils avaient oublié l’étude clinique et il disait dès les années 60 que l’abus des antibiotiques et la mauvaise formation clinique aboutirait à la reconstitution du système médical décrit dans Mme BOVARY : D’un coté les officiers de santé et de l’autre les spécialistes. Il ajoutait que l’abus d’antibiotiques se paierait par la sélection de souches insensibles aux antibiotiques (les revues médicales publiaient déjà des alertes sur ces sujets et les difficultés croissantes à traiter tel ou tel cas, les maladies nosocomiales en étaient un début de preuve concrète).
    Ne changez surtout pas ! Votre travail de vulgarisation avec les sources en bas d’article est excellent !
    Merci encore pour votre intérêt pour la science et votre respect de ses méthodologies

  2. Si il y a trop d’antibiotiques prescrits ce n’est pas la faute des visiteurs médicaux ( comme indiqué dans l’article) mais bien celle des médecins. Ils sont formés , professionnels et sensés être capables de ne pas se faire rouler par des commerciaux de firmes sans aucune formation médicale digne de ce nom.Il y a trop tendance à accuser systématiquement les firmes et à dédouaner les médecins alors que c’est leur rôle de mettre en œuvre une politique de santé efficace.

    • L’un de mes amis a épousé une femme médecin. Ils ont eu un seul enfant, un garçon qui a maintenant 12 ans. Depuis son plus jeune âge cet enfant a reçu sans discernement une multitude de traitements avec des antibiotiques pour le moindre rhume, la moindre petite fièvre, une épine plantée dans le doigt ou un bouton d’acné. Aujourd’hui ce gamin est frêle et fragile, il est perpétuellement malade. Voilà une observation évidente de l’incurie des médecins qui prescrivent des antibiotiques sans aucune justification car ils pensent qu’ils sauvent leur patient et prennent en outre une précaution (selon le fameux principe du même nom) qui les lave de toute responsabilité. C’est à mon humble avis une explication terrifiante de l’attitude actuelle de nombreux médecins …

      • Bonjour
        Quels que soient les bienfaits des antibiotiques prescrits à bon escient et leurs effets néfastes lors de mauvaise ou abusive utilisation , asseoir votre discours sur le seul cas de l’enfant de votre ami est un non sens épidémiologique qui m’étonne de votre part !
        Cordialement

  3. « a définitivement mis un terme à la croyance consistant à affirmer que faire craquer les articulation des doigts de la main provoquait l’apparition d’arthrite  » ah bah c’est parfait moi qui adore faire craquer mes doigts et mon cou

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