Le mystère du bâillement

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Si quelqu’un vous demande : »pourquoi tu bâilles ? » et que vous lui répondez en énumérant toutes les raisons de votre bâillement, faites-en vite part à l’Académie des Sciences car vous pourriez recevoir le Prix Nobel de physiologie. La science n’a toujours pas trouvé d’explication à ce comportement pratiquement universel chez les vertébrés. Dans l’utérus l’enfant commence à bâiller dès la fin du troisième mois de gestation. Tous les vertébrés se livrent inconsciemment à ce genre de rite primitif, depuis les tortues et les poissons jusqu’aux oiseaux. Le bâillement a été très bien décrit par exemple par le Docteur Robert R. Provine, spécialiste mondial de la science du bâillement, dans un fameux article paru en 2005 dans la revue American Scientist. N’importe qui peut décrire un bâillement mais de là à en élucider les causes profondes est une toute autre histoire.

Tout ce qui a pu être observé – et non pas expliqué – est que le bâillement est contagieux dès l’âge de 5 ans. Chez les bonobos ce comportement est d’autant plus « contagieux » que les individus sont proches socialement. Les chiens sont sensibles aux bâillements de leur maître mais pour les chats rien n’a pu être prouvé en ce sens.

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Les physiologistes se perdent en conjectures … Le bâillement serait une manifestation de l’empathie. En effectuant une imagerie fonctionnelle par résonance magnétique de personnes observant des petits clips vidéo montrant des personnes en train de bâiller des zones particulières du cerveau étaient activées et ces zones cérébrales seraient impliquées dans l’empathie, c’est à peu près tout.

Le rire est également contagieux et bâillement et rire feraient appel à des circuits neuronaux primitifs qui ont résisté à l’évolution. Les bâillements sont seulement plus fréquents quand on a sommeil, c’est un fait indéniable qui n’a pourtant jamais pu être vérifié scientifiquement en effectuant par exemple un électro-encéphalogramme. Les tracés ne révèlent aucune différence de l’état d’éveil avant et après un bâillement. Certains biologistes ont rapproché les bâillements à un déficit en oxygène du sang, pourtant toutes les analyses effectuées dans ce sens n’ont jamais pu formellement valider cette hypothèse. Enfin, une conséquence du bâillement est l’ouverture des trompes d’Eustache qui abaisserait la pression de l’oreille interne. Or si cette hypothèse était exacte les passagers d’un avion bâilleraient plus souvent quand l’avion change d’altitude, ce qui n’est pas le cas.

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Continuez à bailler, même aux corneilles, en vous disant que vous ne savez pas pourquoi, ce comportement est totalement inexpliqué …

Inspiré d’un article paru dans Medical News Today

3 réflexions au sujet de « Le mystère du bâillement »

  1. Bonjour,
    Les avions ont une pression cabine équivalent à 2000m d’altitude dès leur décollage et ce jusqu’à leur atterrissage, indépendantes donc des diverses altitudes rencontrées.
    Tu ne peux donc voir ce phénomène que 2 fois lors d’un vol :
    Au décollage, puis à l’arrêt de l’appareil à l’atterrissage. Rien (dû au phénomène évidemment) entre les 2.

    Amicalement
    Gus

  2. Il y a aussi qu’on se fait prodigieusement chier dans les avions et je crois voir une relation assez claire entre l’ennui et les bâillement. J’ai des collègues qui travaillent par intermittence et je peux clairement dire qu’ils sont en train de rien branler ou pas avec la fréquence de leurs bâillements.

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