Le plan Macron de « transition énergétique » : une utopie …

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L’Académie des Sciences française a rendu public un rapport édifiant sur ce qu’il est de bon ton d’appeler la « transition énergétique » car si on est politiquement correct il faut décarboner l’énergie afin de sauver la planète de la fournaise et le nouveau Président de la République française a grosso modo repris les projets mis sur le papier par l’ex de son prédécesseur, la Miss Ségolène alias Grande Prêtresse mondiale du climat. Selon l’idéologie pure et dure des écologistes en ce qui concerne cette transition énergétique il s’agira pour la France de développer les énergies renouvelables, ce qui pourrait dans l’esprit de cet ex-banquier, générer 50 milliards d’investissement, ce n’est pas votre serviteur qui l’affirme mais l’agence Bloomberg. Suivant les principes onusiens de l’ « investissement responsable » BNP Paribas Assest Management a suivi Amundi (Crédit Agricole) en émettant des obligations « vertes » afin de financer ce projet, délirant comme vous allez vous en rendre compte, d’énergies renouvelables pour l’horizon 2023. Ci-dessus en un graphique l’objectif du Sieur Macron (source Bloomberg).

Pour bien comprendre l’absurdité de ce projet il faut faire quelques rappels succincts au sujet de la situation énergétique de la France. Trente-neuf pour cent de toute l’énergie primaire consommée en France provient des 58 réacteurs nucléaires, en d’autres termes deux cinquièmes. Inutile de rappeler ici que les centrales nucléaires ne rejettent aucun CO2 dans l’atmosphère et projeter de remplacer les réacteurs dits vieillissants – mais qui pourraient encore fonctionner sans encombre pendant peut-être encore plus de 30 ans – par des sources d’énergie renouvelable, car ne produisant pas de CO2, est en soi une première aberration. Je rappelle à mes lecteurs que la France se classe deuxième dans le monde après le Québec pour la production d’énergie électrique non carbonée, c’est un fait incontestable malheureusement remis en cause par les écologistes qui ont développé avec le temps une allergie incurable à l’uranium …

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La France produit 416 TWh d’électricité d’origine nucléaire sur un total d’électricité produit de 546 TWh (source Wikipedia, graphique ci-dessus) pour une puissance installée de 61,3 TW électriques répartie sur 58 réacteurs avec un taux de disponibilité de près de 84 %, ce qui constitue une prouesse mondiale que personne n’est en droit de contester. L’énergie nucléaire représente donc le pilier incontournable de la production d’électricité dans ce pays et prétendre faire passer la part du nucléaire de 76 % (actuellement) à 50 % à l’horizon 2025 en remplaçant donc 274 TWh de production par des énergies renouvelables tient du rêve et le rapport de l’Académie des Sciences du 19 Avril 2017 le montre parfaitement.

Par définition les énergies dites renouvelables sont incapables de fournir de l’électricité en continu. Quand il n’y a pas (ou trop) de vent les moulins à vent ne produisent rien du tout et la nuit les panneaux photo-voltaïques ne produisent rien du tout non plus. Le concept de « gratuité » des énergies renouvelables est un leurre économique et surtout idéologique dans lequel Macron s’est engouffré tête baissée car il faut toujours avoir présente une source d’énergie électrique fiable pour pallier à cette intermittence fatale. Le cas de l’Allemagne est exemplaire dans la stupidité de la transition énergétique que ce pays a adopté à la suite de l’accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi. Couvrant à grand frais une grande partie de son territoire national de moulins à vent afin d’arrêter tous les réacteurs nucléaires aux alentours de 2025 (la moitié d’entre eux est déjà arrêtée définitivement) ce pays n’a pas réduit d’un gramme ses émissions de CO2 en 6 ans alors que le prix du kW a doublé dans le même temps. C’est du renouvelable, oui, mais pas pour le porte-monnaie des consommateurs et la fameuse (et fumeuse) empreinte carbone de l’Allemagne fait que ce pays est le plus mauvais élève de l’Europe dans ce domaine !

Pour bien faire dans le meilleur des mondes énergétiques (électriques) possibles il faudrait pouvoir stocker l’électricité « verte ». Or la France a atteint ses limites en termes de stockage hydroélectrique. Reste donc le stockage à l’aide batteries d’accumulateurs, toutes les autres technologies de stockage relèvent de l’utopie économique. Selon le plan Macron de transition énergétique, soit 45 GW de puissance électrique renouvelable installée produisant au mieux 2,25 GWh il faudrait disposer afin de stocker cette énergie, tenez-vous bien assis, 372000 tonnes de batteries d’accumulateurs au lithium dont la fabrication nécessiterait 11100 tonnes de lithium, soit 28 % de la production actuelle mondiale de lithium. Ce n’est pas moi qui invente ces chiffres, ils figurent en clair dans le rapport de l’Académie des Sciences. C’est écrit en toutes lettres dans ce rapport : si on voulait stocker deux jours de production électrique française à l’aide de batteries d’accumulateurs (une situation qui pourrait se présenter si le plan Macron est mis en place) il faudrait 12 millions de tonnes de batteries nécessitant pas moins de 360000 tonnes de lithium alors que la production annuelle mondiale de lithium n’est actuellement que de 40000 tonnes !

Restent les véhicules automobiles électriques qui constituent le gros de la consommation d’énergie primaire ainsi que la majeure partie des émissions de CO2 en France. À ce propos je rappelle à mes lecteurs que la fermeture prématurée des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim privera de recharge quotidienne 400000 véhicules électriques. Rien qu’à la lueur de toutes ces données il est inutile d’épiloguer, Macron a repris le plan élaboré par l’ex de l’ex-président les yeux fermés et avec une stupidité atterrante. Qui peut croire un instant qu’il fera mieux dans d’autres domaines économiques et sociaux durant son quinquennat ? Pour ma part j’émets de sérieux doutes …

Sources : Wikipedia, Bloomberg et le rapport de l’Académie des Sciences du 19 avril 2017 disponible sur le site de l’Institut de France : http://www.academie-sciences.fr/fr/Libres-points-de-vue-d-academiciens/libres-points-de-vue-d-academiciens-sur-l-energie.html

L’intelligence artificielle, raciste et sexiste ?

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Certains programmes informatiques reproduisent les stéréotypes humains, montre une nouvelle étude. Pas forcément étonnant mais potentiellement dangereux, compte tenu des responsabilités que l’on compte leur donner.

Les androïdes rêvent-ils de moutons noirs expulsés par des moutons blancs ?

Avec leurs capacités de raisonnement froides, basées sur des calculs complexes, on imagine les intelligences artificielles dénuées de tout préjugé. C’est tout le contraire selon une étude parue dans la revue Science (voir le doi). Les auteurs ont démontré que certains types de programmes informatiques d’intelligence artificielle (IA) reproduisent des stéréotypes racistes ou sexistes existant dans le langage. Des résultats qui interpellent, alors qu’on nous promet une implication croissante des machines dans les prises de décision, du classement de photos de vacances à la conduite de voitures autonomes.

Sans possibilité de comprendre le raisonnement des machines qui l’utilisent, le « deep learning » reste une boîte noire.

Aylin Caliskan et son équipe de l’université Princeton ont eu recours à un programme nommé GloVe, une intelligence artificielle effectuant le test dit d’association implicite. Mis au point en 1998 dans le cadre d’études en psychologie, celui-ci évalue le degré d’association d’idées ou de concepts en mesurant le temps mis par une personne à former des paires de mots qu’elle estime semblables. Plus il est court, plus l’association est forte. Ainsi, si une personne associe plus rapidement le mot «bon» avec une «personne jeune» plutôt qu’avec une «personne âgée», ceci trahit une tendance à avoir des attitudes plus positives envers les jeunes qu’envers les vieux.

840 milliards de mots

En lieu et place d’un cobaye humain, c’est donc GloVe qui s’est prêté au jeu d’association d’idées. Ce programme est une IA basée sur le «machine learning», c’est-à-dire capable d’apprendre, à partir de nombreux exemples, à classer des informations selon des critères exigés par un humain. C’est sur ce type d’apprentissage que reposent notamment les algorithmes de reconnaissance d’images utilisés par Facebook ou Google. Pour entraîner GloVe, Aylin Caliskan l’a donc «nourri» avec un gigantesque corpus de 840 milliards de mots issus du Web (http://commoncrawl.org/), en 40 langues différentes. Ses réponses laissent songeur. Comme un être humain, le programme a associé des noms de fleurs à des connotations positives, tandis que des noms d’insectes, par exemple, ont été catégorisés plutôt négativement.

Mais ces biais plutôt innocents ont été reproduits ailleurs, et de manière problématique. Des prénoms féminins ont ainsi été plus généralement mis de pair avec des termes liés à la famille (mère, mariage…) tandis que les prénoms masculins ont fini classés avec des mots liés à la carrière (profession, salaire…) De même, des noms à consonance européenne étaient plus volontiers classés positivement que ceux à consonance africaine. Les machines intelligentes naîtraient-elles donc sexistes et racistes?

Miroir du comportement humain

«Ces résultats ne me surprennent pas du tout, s’amuse Claude Touzet, spécialiste de l’apprentissage tant biologique qu’artificiel au Laboratoire de neurosciences intégratives et adaptatives de l’université d’Aix-Marseille. Les machines capables d’apprentissage sont un miroir du comportement humain. En les nourrissant avec un discours humain forcément biaisé, il est naturel qu’elles le reproduisent». «Si les données que l’on fournit à la méthode d’apprentissage sont biaisées, alors la machine apprend ces biais», enchérit Sébastien Konieczny, du Centre de recherche en informatique de Lens.

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Les machines capables d’apprentissage sont un miroir du comportement humain.

L’étude rappelle un épisode malheureux vécu l’an passé par Microsoft. Après avoir mis en ligne sur Twitter une IA censée s’abreuver des conversations humaines, le géant de l’informatique avait dû lui couper le sifflet en catastrophe après que celle-ci, baptisée Tay, ne proférait plus que des abominations racistes et négationnistes, au bout de seulement quelques heures.

Source : Science DOI: 10.1126/science.aal4230 via un article paru dans Le Temps

Illustrations : captures d’écran du film « Le procès » (The Trial, 1962) d’Orson Welles d’après l’oeuvre de Franz Kafka avec Antony Perkins

 

Histoire de tomates

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La Chine est le premier producteur de tomates du monde avec 52 millions de tonnes sur un total mondial de 170 millions suivie de loin par l’Inde (19 Mt), les USA (15 Mt) puis la Turquie (12 Mt). Certes il y a beaucoup d’habitants en Chine mais consomment-ils tous quotidiennement des tomates ? Pas si sûr selon le journaliste Jean-Baptiste Malet qui a enquêté sur la tomate chinoise. Et ce qu’il décrit dans son livre à paraître prochainement « L’empire de l’Or Rouge » est assez effrayant.

Comment les Chinois se sont lancé massivement dans la production de tomates, tout simplement parce que l’Italie avait mis au point des machines pour produire industriellement du concentré de tomates alors qu’il y a une trentaine d’années les consommateurs chinois ne connaissaient même pas la sauce tomate et encore moins le ketchup. Les industriels italiens sont allé rencontrer des hauts responsables à Pékin et leur ont vanté leur maîtrise de la production de sauce tomate. Le pouvoir central a donc décidé de lancer dans la culture industrielle les provinces reculées du Xinjiang pour occuper les paysans miséreux. Résultat la Chine contrôle aujourd’hui le marché mondial du concentré de tomate.

Ironie de la situation actuelle l’Italie importe aujourd’hui massivement ce concentré en provenance de Chine dont la qualité n’est pas toujours satisfaisante ni de surcroit contrôlée, pire encore certains pays d’Afrique délaissent leur production locale de tomates pour acheter des briques de concentré de tomate de médiocre qualité et à bas prix made in PRC. Voilà un résultat inattendu de la mondialisation de l’agriculture car il n’y a pas que l’industrie textile et l’électronique qui exploitent des travailleurs à bas prix dans les pays d’Asie. Pire encore puisque Malet cite le Ghana dans on ouvrage, les paysans appauvris de ce pays s’expatrient en Italie pour assurer la récolte de tomates car en pleine saison de production il faut cueillir ce fruit 24h sur 24 et 7 jours sur 7 ! Quand vous consommerez du jus de tomate, de la sauce ou du ketchup il y a de fortes chances que vous ingurgitiez un produit fabriqué avec du concentré de tomates made in PRC puisqu’il n’existe aucune régulation sur la provenance des tomates ou de leurs dérivés …

Source : RTS info

En 2016 les cultures OGM sont reparties à la hausse

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Les cultures OGM sont reparties à l’assaut de la planète en 2016, après avoir marqué le pas pour la première fois en 2015, avec une augmentation de 3% des surfaces plantées à 185,1 millions d’hectares dans 26 pays du monde.
L’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications) voit dans l’augmentation des surfaces la confirmation de son verdict d’un recul uniquement « conjoncturel » en 2015, dû « aux prix bas mondiaux des denrées ».
La prédiction de l’ISAAA selon laquelle les plantations d’OGM repartiraient à la hausse dès que les prix augmenteraient « s’est réalisée », note le rapport annuel, « contrairement à la propagande des détracteurs selon laquelle la biotechnologie ne convainc pas les fermiers ».
En 2015, après 19 ans de croissance annuelle consécutive, les surfaces cultivées en OGM avaient reculé pour la première fois, de 1%, à 179,7 millions d’hectares contre 181,5 millions en 2014, selon le rapport 2015 de l’ISAAA.
En 2016, les États-Unis continuent d’être au premier rang des pays OGM avec 72,9 millions d’hectares, suivis par le Brésil (49,1), l’Argentine (23,8), le Canada (11,6), et l’Inde (10,8). 
A eux cinq, ces pays représentent 91% de la superficie totale de plantations OGM.
Europe: augmentation de 17%
En Europe, les surfaces ont progressé de 17% par rapport à 2015, soit au total 136.363 hectares de maïs MON 810, commercialisé par Monsanto.
C’est l’Espagne qui est le premier pays européen planteur d’OGM, avec 95% de la superficie de maïs génétiquement modifié de l’UE (129.081 hectares), et le seul où les surfaces sont en croissance.
Derrière, plutôt en baisse, arrivent le Portugal (7.069 hectares en 2016), la Slovaquie (138 hectares) et la République Tchèque (75 hectares). La Roumanie a arrêté les OGM en 2016.
En Afrique, seuls l’Afrique du sud et le Soudan ont planté des OGM sur 2,8 millions d’hectares l’an passé, après une suspension au Burkina Faso et en Egypte.
Le Burkina Faso a renoncé au coton transgénique de Monsanto introduit en 2008, affirmant qu’il n’était pas rentable, et que sa fibre devenait de plus en plus courte, donc vendue moins cher sur les marchés mondiaux.
En Afrique, l’ISAAA souligne néanmoins l’avancée de la recherche et de la mise en place de cadres réglementaires permettant des cultures OGM : le Kenya, le Malawi et le Nigeria sont passés du stade de la « recherche » à « l’octroi d’autorisation de libération dans l’environnement », et six autres pays (Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Nigeria, Swaziland, et Ouganda) « tentent de mettre sur pied des essais multi-localisation en vue d’une autorisation commerciale », note avec satisfaction l’organisation.
En terme d’espèces végétales génétiquement modifiées, c’est le soja qui est le plus diffusé dans le monde, avec 91,4 millions d’hectares, soit la moitié de la superficie mondiale d’OGM.
Le coton OGM en recul
Pour l’Inde, l’ISAAA évoque une baisse de 11,6 à 10,8 millions d’hectares de coton transgénique en 2016.
L’an passé, la valeur du marché mondial des plantes génétiquement modifiées, estimé par Cropnosis, était de 15,8 milliards de dollars, en hausse de 3% par rapport à 2015.
Selon son site internet, l’ISAAA, qui mène depuis 1996 le recensement des surfaces OGM dans le monde, est financée par des fondations et des donneurs privés, mais aussi par le ministère américain de l’Agriculture et le groupe Monsanto en cours de fusion avec le géant allemand Bayer.

Source et illustration : isaaa.org

De quoi se nourrissaient les Néandertaliens

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C’est en analysant très finement quatre fragments de dents d’hommes de Neandertal qu’une équipe internationale sous la direction du Docteur Laura Weyrich de l’Université d’Adélaïde en Australie a pu obtenir une bonne image de l’alimentation de nos cousins éloignés. Deux spécimens provenaient de la grotte de El Sidron en Espagne et deux autres de la grotte de Spy en Belgique. Il ne s’agissait pas de préciser la structure de l’ADN de ces hommes disparus d’Europe il y a environ 40000 ans mais de rechercher des évidences génétiques des bactéries et autres microorganismes formant ce que l’on appelle la plaque dentaire. Les types de bactéries buccales sont en effet un bon reflet de l’alimentation car ils sont différents selon la quantité de viande, de racines ou encore de champignons ingérés et donc en contact avec la bouche. Les hommes de Neandertal apparus en Europe il y a environ 700000 ans, c’est-à-dire bien avant l’ « Out of Africa » de l’homme moderne il y a 100000 ans étaient des chasseurs-cueilleurs et se contentaient de végétaux et de viande.

Les dents provenant de la grotte de Spy ont montré que les néandertaliens de cette région se nourrissaient presque exclusivement de viande, ils étaient des carnivores au même titre que les loups ! Leur menu était constitué de viande de rhinocéros laineux, de renne, de mouflon, de mammouth ou encore de cheval mais ils ne dédaignaient pas quelques champignons pour agrémenter leur mets. Au contraire ceux de la grotte d’El Sidron en Espagne étaient plutôt végétariens et mangeaient des écorces d’arbre, des mousses et autres lichens, des graines de pin (pignons) et des céréales bien que ne connaissant pas l’agriculture. L’un des spécimens de la grotte espagnole indique qu’il souffrait d’un abcès dentaire et les travaux réalisés (voir le lien) ont indiqué que l’individu utilisait des feuilles de saule probablement pour calmer ses douleurs, la feuille de saule étant riche en acide salicylique connue aujourd’hui sous le nom d’aspirine. Une autre indication de pratiques médicinales ancestrales est la présence d’acides nucléiques de Pénicillium, un champignon microscopique bien connu d’Alexander Fleming, retrouvés à El Sidron comme à Spy.

Finalement l’homme de Neandertal qui s’est hybridé avec l’homme moderne entre cent et quarante mille ans avant l’ère présente avait su s’adapter à son environnement et disposait de pratiques médicinales évidentes. Etait-il intelligent, comment vivait-il, pourquoi a-t-il disparu, des questions auxquelles les analyses de plaques dentaires n’apportent évidemment pas de réponses.

Source et illustration Nature, doi 10.1038/nature21674 aimablement communiqué par le Docteur Weyrich qui est vivement remerciée ici.

Note : Les bactéries buccales d’un chimpanzé sauvage, de l’homme de Neandertal et d’un homme moderne sont représentés au niveau des phylums simplifiés, en bleu les bactéries Gram-positives et en rouge et rose les bactéries Gram-négatives. Les autres microorganismes, végétaux et virus sont représentés du jaune au vert et au gris.

La controverse du gluten terminée ?

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C’est une étude parue dans le British Medical Journal qui l’affirme la mode des aliments sans gluten est néfaste pour la santé ! Les aliments sans gluten ne sont préconisés que pour les personnes diagnostiquées sans équivoque comme souffrant de maladie coeliaque, une « allergie » au gluten se traduisant par une inflammation de l’intestin, c’est-à-dire environ 1 à 2 % de la population. Tous les consommateurs qui se sont, par précaution, soumis à une alimentation sans gluten augmentent significativement leur exposition à des maladies cardiovasculaires. L’étude en question (voir le lien) a duré 26 ans et comportait un examen minutieux de l’alimentation de 64714 femmes et 45303 hommes ainsi que l’évolution de leur état de santé durant cette période. Il est apparu que l’alimentation contenant du gluten dans divers aliments – 131 aliments différents furent examinés – conduisait à une réduction des risques cardiovasculaires. Toutes les études antérieures de ce type s’étaient focalisées sur les personnes souffrant de maladies coeliaques et ne consommant ni de céréales entières (non raffinées pour ne plus contenir de gluten), ni d’autres aliments préparés à partir de blé, de seigle ou d’orge. Or la corrélation entre fréquence des maladies cardiovasculaires et absence de gluten dans l’alimentation n’a pas pu être établie.

Il ressort donc que les céréales (orge, seigle et blé) raffinées afin de ne plus contenir de gluten sont plutôt mauvaises pour la santé des personnes ne souffrant pas de maladie coeliaque : encore une rumeur infondée que cette étude a parfaitement bien mise en doute.

Source BMJ, doi : 10.1136/bmj.j1892

Nouvelles des îles

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Que mes lecteurs se rassurent je suis toujours vivant ! Un couple d’amis, une Française et un Néerlandais, nous ont invités mon amie espagnole et votre serviteur à passer le week-end dans leur nid d’aigle, une maison totalement isolée au bout d’un chemin dans la montagne surplombant l’océan. On se serait cru au bout du monde. La liaison avec le monde extérieur, je veux parler d’internet, était tellement lente et capricieuse que j’ai opté pour un silence épistolaire prolongé et quand je suis rentré tard chez moi hier lundi je n’ai pas eu le courage d’ouvrir ma boite de courrier électronique. Position géographique oblige la langue commune adoptée pour converser entre nous quatre fut l’espagnol.

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Comme le bureau de vote se trouve à Santa Cruz, c’est-à-dire à 80 kilomètres, je ne suis même pas allé voter et d’ailleurs cela n’aurait rien changé à la donne car les dés politiques étaient pipés. Pour les amateurs d’exotisme il n’est pas nécessaire de parcourir des milliers de kilomètres car on trouve facilement dans l’île de Tenerife des sites vraiment inattendus. Le hameau de Genovese se trouve sur la commune de Garachico (dernière illustration) dont on peut voir une partie depuis la maison. De l’autre côté se trouve le volcan Teide (3718 m) :

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La nature est sauvage, préservée, impénétrable, en quelque sorte abandonnée à elle-même bien qu’il soit possible de soupçonner la présence d’anciennes terrasses qui furent cultivées en des temps que la mémoire humaine a oublié. Certaines d’entre elles sont en cours de rénovation par mon ami néerlandais car il projète de cultiver des maracuja (Passiflora edulis), autrement dit des fruits de la passion. Je l’ai aidé à remonter un mur de soutènement en pierres de basalte sèches et j’ai eu la surprise de découvrir que je me débrouillais très bien. Comme je suis toujours animé d’une certaine curiosité intellectuelle j’ai tenté de savoir pourquoi je possédais cette sorte de don qui étonna mon ami anciennement informaticien de son état. Choisir un bloc de basalte et lui trouver exactement la position adéquate dans cette construction méticuleuse devant soutenir par la suite des tonnes de terre. Pour trouver une explication à la précision de mes gestes, les mains gantées car les pierres volcaniques sont très coupantes et abrasives, il m’a fallu remonter à mon enfance alors que j’avais seulement huit ans.

J’avais participé du regard à l’empierrage d’un puits qu’avait fait creuser mon père au début des années 50 car toute la famille souffrait du manque d’eau durant les interminables étés secs à répétition. Le maçon choisissait chaque pierre en la tournant et la retournant comme si elle avait en quelque sorte une personnalité, un rôle bien précis à jouer. Je redécouvris ces gestes probablement enfouis dans ma mémoire depuis ma tendre enfance. Je n’appris que lundi matin que le petit Manu avait été élu et dorénavant n’importe quoi pourra arriver à la France pourvu que je reçoive chaque mois ma retraite. Je ne sais même pas si j’irai voter pour les législatives. Rendez-vous demain mercredi, je vous parlerai à nouveau de gluten et puis ce seront d’autres sujets variés.

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