Histoire de tomates

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La Chine est le premier producteur de tomates du monde avec 52 millions de tonnes sur un total mondial de 170 millions suivie de loin par l’Inde (19 Mt), les USA (15 Mt) puis la Turquie (12 Mt). Certes il y a beaucoup d’habitants en Chine mais consomment-ils tous quotidiennement des tomates ? Pas si sûr selon le journaliste Jean-Baptiste Malet qui a enquêté sur la tomate chinoise. Et ce qu’il décrit dans son livre à paraître prochainement « L’empire de l’Or Rouge » est assez effrayant.

Comment les Chinois se sont lancé massivement dans la production de tomates, tout simplement parce que l’Italie avait mis au point des machines pour produire industriellement du concentré de tomates alors qu’il y a une trentaine d’années les consommateurs chinois ne connaissaient même pas la sauce tomate et encore moins le ketchup. Les industriels italiens sont allé rencontrer des hauts responsables à Pékin et leur ont vanté leur maîtrise de la production de sauce tomate. Le pouvoir central a donc décidé de lancer dans la culture industrielle les provinces reculées du Xinjiang pour occuper les paysans miséreux. Résultat la Chine contrôle aujourd’hui le marché mondial du concentré de tomate.

Ironie de la situation actuelle l’Italie importe aujourd’hui massivement ce concentré en provenance de Chine dont la qualité n’est pas toujours satisfaisante ni de surcroit contrôlée, pire encore certains pays d’Afrique délaissent leur production locale de tomates pour acheter des briques de concentré de tomate de médiocre qualité et à bas prix made in PRC. Voilà un résultat inattendu de la mondialisation de l’agriculture car il n’y a pas que l’industrie textile et l’électronique qui exploitent des travailleurs à bas prix dans les pays d’Asie. Pire encore puisque Malet cite le Ghana dans on ouvrage, les paysans appauvris de ce pays s’expatrient en Italie pour assurer la récolte de tomates car en pleine saison de production il faut cueillir ce fruit 24h sur 24 et 7 jours sur 7 ! Quand vous consommerez du jus de tomate, de la sauce ou du ketchup il y a de fortes chances que vous ingurgitiez un produit fabriqué avec du concentré de tomates made in PRC puisqu’il n’existe aucune régulation sur la provenance des tomates ou de leurs dérivés …

Source : RTS info

6 réflexions au sujet de « Histoire de tomates »

  1. Et qu’est ce qui empêche les Africains de faire la même chose? Ils ont de l’espace, de la chaleur ,de l’eau , des masses de gens sans emploi et des salaires bas.

    • Je vous arrête tout de suite : j’ai vécu dans les pays tropicaux et faire pousser des tomates relève du courage sinon de l’abnégation, des patates douces ou des bananes oui mais des tomates ça ne marche pas en raison de l’humidité, des ravageurs et de la température. Un de mes amis français a investi des millions d’euros dans la culture hydroponique sous serre de tomates et de haricots verts, une catastrophe totale … Ça se passait au Vanuatu pour être précis

      • L’Afrique est grande et variée ( vs Vanuatu). Qui aurait imaginé qu’à Almeria ( Espagne) il y aurait une des plus grandes zones au monde de production de tomate ( pour le frais) alors qu’il ne pleut pas, qu’il n’y a pas de terre …et ils font plus de 400/ tonnes à l’ha.
        L’afrique de l’ouest ( cameroun…) produit déjà pas mal de tomates mais il est vrai qu’un travail de sélection est nécessaire pour adapter les variétés aux situations locales.L’Afrique produit plus de 10 millions tonnes de frais.( soit 30 fois la production française)

  2. Je connais le Cameroun et c’est surtout dans le nord du pays vers Garoua qu’il y a de la culture de tomates très artisanale de même que le Sénégal produit des haricots verts également dans le nord du pays. En Casamance pas question, trop humide. Dans les autres pays d’Afrique ce genre de culture est possible sur les plateaux où il y a malheureusement peu d’eau (on n’est pas en Israël où avec 1000 litres d’eau on produit dans le Neguev 700 kg de tomates !
    Quant au cas de la région d’Almeria que vous mentionnez ce n’est pas une exception en Espagne, les îles Canaries furent les précurseurs dans le domaine de la culture sous plastique avec la banane (premier producteur d’Europe) et aussi maintenant les primeurs et les fleurs, un gros pourcentage du revenu de l’archipel après le tourisme … Il y a ici des vignobles qui jouxtent des bananeraies, assez surprenant ! Et je peux vous assurer que le vin local est excellent comme les bananes quand on trouve des petites-sucrées malheureusement en voie de disparition car trop fragiles pour être transportées.

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