L’asthme : une histoire d’enzyme et de génétique ?

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Les acariens qui pullulent sur les planchers et dans la literie, se nourrissant des débris de notre épiderme en continuel renouvellement sont les principaux facteurs d’apparition de l’asthme. C’est un fait reconnu. Le revêtement extérieur de ces acariens est constitué de chitine, un polymère de sucres rigide tel qu’on peut en trouver aussi dans les élytres de nombreux insectes. Cette chitine provenant d’acariens morts est également dégradée en partie par des bactéries et des champignons microscopiques et en quelque sorte réduite en fine poussière qui atteint les poumons quand on respire. Ces résidus provoquent une réaction allergique, une inflammation, au niveau des poumons. Or le génome de l’être humain possède un gène ancestral codant pour un enzyme spécialisé dans la dégradation ultime de ces résidus de chitine.

Pour mettre en évidence le rôle de cet enzyme dans la protection contre l’asthme une équipe de biologistes de l’Université de Californie à San Francisco dirigée par le Professeur Richard Locksley a manipulé génétiquement des souris afin qu’elles ne puissent plus exprimer cet enzyme particulier homologue de l’enzyme humain. Il s’est avéré qu’en l’absence de ce cette activité les souris devenaient sérieusement asthmatiques et leur espérance de vie était notablement diminuée. Cet enzyme (AMCase, acronyme de « acidic mammalian chitinase ») est sécrété continuellement par les cellules épithéliales du poumon et en son absence les résidus de chitine s’accumulent au niveau des voies respiratoires entrainant une fibrose de l’épithélium et un stress cellulaire provoquant la réaction asthmatique.

Selon cette étude (article en accès libre) l’asthme serait donc provoqué par un dysfonctionnement de l’expression de la chitinase au niveau pulmonaire, une explication qui va à l’encontre des autres approches de l’étude de l’asthme car au final certains individus seraient donc génétiquement prédisposés à l’asthme. Quelles que soient les précautions de propreté que l’on puisse prendre dans une maison, il y aura toujours des acariens et d’autres animalcules constitués de chitine qui provoqueront une réaction asthmatique et seules les personnes incapables de se protéger elles-mêmes de manière efficace contre ces résidus de chitine souffriront de cette réaction parfois handicapante.

Source et illustration : Cell, doi : 10.1016/j.cell.2017.03.044

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