Des contemporains de Lucy étaient plus grands et plus forts

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Lorsque la fameuse paléoanthropologue Mary Leakey publia en 1981 les conclusions de ses travaux sur les empreintes de bipèdes dans la région du volcan Ngorongoro appellée la gorge de l’Olduvai en Tanzanie et la découverte de quelques os de l’hominidé qui sera emblêmatique appellé Lucy en Ethiopie, les spécialistes considérèrent que nos lointains ancêtres étaient petits, à peine plus de 1 mêtre 40, graciles, et vivaient en petits groupes disséminés dans une savane peuplée de gazelle et de petits bovidés. Tout ça se passait il y a plus de 3 millions et demi d’années.

Au sud de la vallée de l’Olduvai, sur le flanc ouest du complexe volcanique du Ngorongoro une équipe rassemblant des scientifiques des Universités de Dar es Salaam, de Pérouse et de Florence a mis à jour d’autres traces datant de la même époque, « imprimées » dans du tuf d’origine volcanique et l’étude minutieuses de ces dernières a conduit à la conclusion qu’elles avaient été laissées par des hominidés de la même famille que l’Australopithecus afarensis à peu près au même moment mais qu’il s’agissait d’individus d’une taille nettement plus grande : plus de 1 m 60 pour plus de 60 kg. Ces traces ont été assez bien préservées un peu comme dans le cas de celles des dinosaures (voir un précédent billet sur ce blog) car le tuf a été recouvert de sédiments qui ont en quelque sorte pétrifié ces empreintes de quelques 25 centimètres de long pour la postérité.

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L’équipe du Docteur Marco Cherin a en effet procédé à l’excavation de plus de 60 centimètres de sédiments pour atteindre l’horizon géologique où ont été retrouvées ces traces d’une remarquable netteté au milieu d’une multitude de traces d’autres animaux. Il s’agit incontestablement de bipèdes et compte tenu d’études variées sur les empreintes de pieds tant la taille que le poids et la vitesse de la marche ont pu en être déduits avec précision. Cette sorte d’idée reçue d’un ancêtre de l’homme moderne petit et léger est donc remise en question avec cette nouvelle étude que les curieux peuvent consulter en accès libre et d’où sont tirées les illustrations de ce billet. Seule petite incertitude difficile à éclaircir le dimorphisme entre mâles et femelles pourrait expliquer cette différence.

Source : eLife, doi : 10.7554/eLife.19568

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