Des vaches « OGM » pour produire des immunoglobulines humaines

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Les Laboratoires SAB Biotherapeutics ont modifié génétiquement des vaches pour qu’elles expriment des anticorps humains. Ce ne sera pas la première fois qu’on utilise des animaux de la ferme pour traiter des maladies humaines. En 1890 le bactériologiste allemand Emil von Behring injecta la bactérie responsable de la diphtérie à des chevaux et utilisa ensuite le sérum de ces chevaux pour traiter des malades souffrant de diphtérie. Le problème est que l’organisme humain réagit contre les anticorps d’origine équine. Avec ces vaches d’un type particulier, ce problème est contourné puisqu’elles sont reprogrammées pour exprimer des anticorps en tous points identiques à ceux d’origine humaine. Les gènes des vaches codant pour leurs propres anticorps ont été « éteints » et remplacés par leurs homologues humains. Quand on injecte un virus à ces vaches elles vont produire des anticorps en tous points « humains » présentant l’avantage d’être comme on dit polyclonaux. Il suffit ensuite d’effectuer une plasmaphérèse sur la vache et de purifier ensuite ces anticorps.

L’avantage de cette technique est qu’elle est infiniment moins coûteuse que les anticorps dits monoclonaux de plus en plus utilisés en médecine pour traiter diverses maladies et produits à partir de souris génétiquement modifiées ou avec des cellules en culture. Elever des vaches dans le but de produire ces anticorps ne revient pas plus cher que produire du lait et le volume de sang d’une vache n’a rien à voir avec celui d’une souris et les capitaux mis en jeu sont sans aucune mesure avec ceux investis dans des installations de culture cellulaire industrielles. L’une des premières applications de ces vaches transgéniques a été la production d’immunoglobulines dirigées contre le virus Zika (illustration, source SAB) qui se sont révélées efficaces pour traiter cette maladie.

Une autre direction de recherche sur le point d’aboutir est la mise au point de chèvres modifiées selon la même méthode pour produire, cette fois dans leur lait, un vaccin dirigé contre le parasite de la malaria actif après ingestion du lait. Il n’est pas difficile de comprendre l’intérêt de tels animaux pour des pays pauvres où la malaria est endémique. Un certain nombre d’animaux transgéniques ont été approuvés par l’OMS mais il reste cependant à convaincre l’opinion publique viscéralement opposée et de manière irrationnelle aux animaux génétiquement modifiés et aux OGMs en général. Un autre frein provient des laboratoires pharmaceutiques eux-mêmes qui voient d’un mauvais oeil que de telles productions à bas coût envahissent le marché des médicaments dits « mab » vendus à prix d’or … Utiliser des animaux transgéniques en thérapeutique humaine en particulier dans ce créneau particulier des anticorps polyclonaux n’est plus qu’une question d’années sinon de mois.

Source : UC Davis, illustration SAB Biotherapeutics

Une réflexion au sujet de « Des vaches « OGM » pour produire des immunoglobulines humaines »

  1. Pourquoi les laboratoires bloqueraient-ils ? Personne d’autre ne peut produire ces Ac, et les génériqueurs ne seront pas sur le marché. C’est un nouveau débouché pour eux.

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