Une protéine du necator pour traiter les allergies ? Peut-être pour bientôt

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Il y a deux ans j’avais relaté les travaux réalisés à l’Université James Cook à Cairns (Queensland) avec le ver parasite intestinal necator pour traiter de façon assez inattendue la maladie coeliaque (lien). Depuis lors le mécanisme de cette « protection » a été précisé en identifiant une protéine sécrétée par le ver parasite appelée AIP-2, acronyme d' »Anti inflammatory Protein ». Le gène codant pour cette protéine qui permet au ver parasite d’éteindre la réponse immunitaire de l’hôte afin de survivre sans encombre dans l’intestin a été identifié et a permis de produire la protéine recombinante en grandes quantités.

Des souris modèles de l’asthme ont été utilisées pour tester l’effet de cette protéine après injection parentérale et ça a parfaitement fonctionné ! Quand on sait que près de 30 % de la population mondiale souffre d’allergies variées, asthme, eczéma atopique, maladie coeliaque, etc … il y a tout lieu de penser que cette AIP-2 constitue un espoir certain. Le mécanisme d’action de cette petite protéine est paradoxal dans la mesure où au cours de l’infestation par le necator, le système immunitaire dans son ensemble semble stimulé alors que le parasite n’en souffre nullement et que l’hôte se voit protégé contre les réactions immunitaires associées aux allergies, dont en particulier l’asthme. Brièvement l’AIP-2 augmente l’apparition de lymphocytes T régulateurs, diminue l’infiltration pulmonaire par les cellules éosinophiles tout en ne provoquant pas de réaction adverse de la part des souris modèles, en d’autres termes pas de réaction immunitaire. Les lymphocytes T régulateurs jouent en effet un rôle anti-inflammatoire, ce qui peut donc expliquer l’effet de la protéine AIP-2.

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D’ors et déjà des investigations ont été réalisées sur des cellules humaines en culture et les résultats très prometteurs aboutiront probablement dans un proche avenir à des essais cliniques. Belle illustration de la découverte d’un nouvel outil pour traiter les réactions allergiques variées sans contraindre un patient à se faire intentionnellement parasiter par des necators …

Source et illustration : Science Translational Medicine, doi : 10.1126/scitranslmed.aaf8807 aimablement communiqué par le Docteur Lex Loukas qui est vivement remercié ici.

Note explicative de l’illustration. Coupes de tissu pulmonaire, PBS : témoin, OVA : réaction asthmatique aigüe en présence d’ovalbumine avec engorgement des bronchioles avec du mucus, AIP-2 : essai en présence d’ovalbumine avec traitement préventif d’AIP-2 par voie parentérale. Agrandissement 10 fois.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/10/03/on-a-parfois-besoin-dun-plus-petit-que-soi-par-exemple-de-necator-il-fallait-y-penser/

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