1965, Barry McGuire fait un tabac avec sa chanson « The Eve of Destruction »

 

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Cette chanson terrible est tellement d’actualité avec Hitlery Clinton, la va-t-guerre compulsive au service du complexe militaro-industriel américain qui pourrait précipiter la planète dans la destruction si elle est élue présidente des States, que je me suis permis de rappeler à mes lecteurs cette chanson (paroles en français sur le site http://www.lacoccinelle.net)

https://www.youtube.com/watch?v=qfZVu0alU0I

The Eve Of Destruction (Veille De L’anéantissement)

The eastern world, it is explodin’.
Le monde oriental, il est en train d’exploser
Violence flarin’, bullets loadin’
La violence s’embrase, les balles sont dans le chargeur
You’re old enough to kill, but not for votin’
Tu es assez vieux pour tuer, mais pas assez vieux pour voter
You don’t believe in war, but what’s that gun you’re totin’
Tu ne crois pas en la guerre, mais c’est quoi ce canon que tu transportes ?
And even the Jordan River has bodies floatin’
Et même sur le fleuve Jourdain flottent des cadavres

But you tell me
Mais dis-moi
Over and over and over again, my friend
Redis-moi encore et encore, mon ami
Ah, you don’t believe
Ah, que tu ne crois pas
We’re on the eve
Que nous soyons à la veille
Of destruction.
De l’anéantissement.

Don’t you understand what I’m tryin’ to say
Ne comprends-tu pas ce que j’essaie de dire
Can’t you feel the fears I’m feelin’ today ?
Ne ressens-tu pas les peurs qui sont les miennes aujourd’hui ?
If the button is pushed, there’s no runnin’ away
S’ils pressent sur le bouton, il n’y a aucune possibilité d’y échapper
There’ll be no one to save, with the world in a grave
Il n’y aura personne à sauver, quand le monde entier sera dans un tombeau
Take a look around you boy
Regarde autour de toi mon gars
It’s bound to scare you boy
Ça ne peut que t’effrayer mon gars

[Chorus]
[Refrain]
And you tell me
Et tu me dis
Over and over and over again, my friend
Et redis encore et encore, mon ami
Ah, you don’t believe
Ah, que tu ne crois pas
We’re on the eve
Que nous soyons à la veille
Of destruction.
De l’anéantissement.

Yeah, my blood’s so mad feels like coagulatin’
Ouais mon sang est si affolé qu’il semble se coaguler
I’m sitting here just contemplatin’
Je suis assis ici seulement à contempler
You can’t twist the truth, it knows no regulation.
Tu ne peux déformer la vérité, elle ne connait pas de règlements
Handful of senators don’t pass legislation
Une poignée de sénateurs ne peut légiférer
And marches alone can’t bring integration
Et les manifestations à elles seules ne peuvent apporter d’intégration
When human respect is disintegratin’
Quand le respect envers les hommes se désagrège
This whole crazy world is just too frustratin’
Tout ce monde fou est simplement trop frustrant

[Chorus]
[Refrain]

Think of all the hate there is in Red China
Pense à toute la haine qu’il y a dans la Chine rouge
Then take a look around to Selma, Alabama
Puis jette un regard autour de Selma, en Alabama
You may leave here for 4 days in space
Tu peux quitter cette terre pour un voyage de 4 jours dans l’espace
But when you return, it’s the same old place
Mais quand tu reviens, c’est (toujours) le même vieil endroit
The poundin’ of the drum, the pride and disgrace
Le roulement du tambour, l’orgueil et la honte
You can bury your dead, but don’t leave a trace
Tu peux enterrer tes morts, mais n’en laisse aucune trace
Hate your next-door neighbor, but don’t forget to say grace
Hais ton voisin de l’immeuble à côté, mais n’oublie pas de dire l’action de grâces(1)

And…. [Chorus]
Et… [Refrain]

Histoire de bisons

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C’est en comparant attentivement des peintures pariétales dans diverses grottes du sud de la France occupées par les hommes il y a 30 à 40000 ans que des paléontologues ont découvert que nos ancêtres avaient représenté deux espèces de bisons différentes. Or le bison d’Europe qui a échappé de justesse à l’extinction massive de la « mégafaune » qui sévit à la fin du Pléistocène à la faveur d’un changement climatique profond ne ressemble ni à celui représenté à Lascaux ni à celui peint dans la grotte Chauvet même si ces représentations sont stylisées. Ci-dessus le bison peint dans la grotte de Lascaux et ci-dessous celui peint dans la grotte Chauvet.

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Une équipe internationale allant de la Russie à l’Australie en passant par la France et l’Allemagne a voulu en avoir le coeur net. Il s’est agi de retrouver des ossements de bisons et ce fut chose faite dans l’Aven d’Arquet situé pas très loin de la grotte Chauvet mais aussi dans bien d’autres sites éparpillés dans toute l’Europe. Le séquençage de l’ADN mitochondrial tant de 38 restes d’ossements datant de 50 à 14000 ans que des bisons européens actuels a permis d’établir une sorte d’arbre généalogique du bison d’Europe actuel appelé « wisent » :

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Le bison d’Europe dont il n’existe plus aujourd’hui que quelques 4000 individus à l’état semi-sauvage résulte d’un croisement des deux espèces de bisons peints dans les grottes il y a 40000 ans environ. Il s’agit du bison des steppes, aujourd’hui disparu, ayant une sorte de crinière et de longues cornes et de l’autre bison peint dans les grottes sans trop de crinière et avec de plus petites cornes, également disparu aujourd’hui, mais dont le bison actuel d’Europe (de l’Atlantique à l’Oural) est issu. La très forte pression de sélection qui eut lieu à la fin du Pléistocène sélectionna cet hybride qui résista donc à l’extinction massive de la mégafaune européenne qui comprenait, entre autres animaux, les mammouths laineux et également des animaux apparentés aux rhinocéros.

Source : Nature communications, doi : 10.1038/ncomms13158

Des dinosaures dans les Pyrénées : ils ont laissé des traces !

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La partie méridionale de la chaine des Pyrénées renferme un trésor paléontologique qui a été systématiquement étudié par une équipe de scientifiques de l’Université Autonome de Barcelone dirigée par le Docteur Victor Fondevilla. Il s’agit de traces de sauropodes, des dinosaures géants pouvant peser jusqu’à 90 tonnes, herbivores et vivant dans ce qui était alors une savane humide densément recouverte de plantes variées. La région étudiée se trouve au sud-est de Seo de Urgel et est un assez vaste synclinal – une sorte de cuvette appelée par les spécialistes formation de Tremp – constituée de grès et de conglomérats, cuvette comblée en partie par des sédiments. Les traces de sauropodes ont été découverte tout autour de la formation géologique de grès. Ces roches ont été datée par une technique dite de paléomagnétisme et remontent pour celles où ont été retrouvées les traces de dinosaures à environ 300000 ans avant la transition crétacé-paléogène (ou crétacé-trias) qui fut provoquée par un évènement cosmique de grande ampleur conduisant à la disparition soudaine des dinosaures, en particulier ceux ayant atteint des tailles géantes qui étaient les derniers représentants de ces animaux.

Les traces retrouvées constituent donc une signature ultime de la présence des sauropodes européens.

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Cette illustration montre clairement diverses traces soit en relief soit en creux et ceci s’explique facilement dans la mesure où la surface du sol sur laquelle ont marché ces dinosaures a ensuite été recouverte d’alluvions qui au cours des dizaines de millions d’années suivantes ont été progressivement transformés en roches plus ou moins tendres selon l’activité géologique et les constituants de ces sédiments. Dans l’illustration ci-dessus les barres représentent 15 centimètres. Il s’agit donc d’espèces d’hadrosaures de taille sensiblement moins imposante que ceux qui ont aussi laissé des traces en Amérique du Nord dans le Colorado.

L’ensemble de ces empreintes de pieds de dinosaures a été reconstitué de la manière suivante :

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Plus incroyable encore est la découverte sur le même site d’une « empreinte » de peau d’hadrosaure. L’animal s’est probablement ébroué dans une rivière et a laissé cette empreinte au fond des sédiments qui ont été à la suite d’une crue recouverts d’alluvions. Les temps passants les sédiments ayant « reçu », si on peut dire les choses ainsi, cette empreinte de peau ont disparu laissant les alluvions eux-mêmes transformés en grès avec les millions d’années reconstituer l’aspect initial de cette peau comme si les temps géologiques avaient effectué un moulage :

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À quelques mètres de cette traces incroyable de peau a été découverte l’empreinte du pied d’un titanosaure, le plus grand sauropode. Il est donc possible que cette peau ait appartenu à ce genre de dinosaure, sans toutefois qu’il soit possible de l’affirmer. La barre noire représentant 5 cm il est donc facile d’imaginer que ces immenses sauriens possédaient une peau granuleuse ressemblant à celle de certains lézards d’aujourd’hui.

Sources : PlosOne, doi : 10.1371/journal.pone.0072579 en accès libre et Geological Magazine, doi : 10.1017/S0016756816000868 , article aimablement communiqué par le Docteur Fondevilla qui est chaleureusement remercié ici.

Une société sans cash : qui va en profiter ?

Une société sans cash : qui va en profiter ?

Je fonctionne à l’ancienne mode avec mon argent. Je suis un peu comme les vieux dont je suis, j’aime bien pouvoir compter ce qu’il y a dans mon porte-monnaie. Je retire une certaine somme de cash dans la machine à sous en bas de chez moi et je sais qu’elle me suffira pour vivre, disons deux semaines. Ainsi, si je fais une dépense imprévue, il faudra que je rectifie le tir la quinzaine suivante pour rester dans une situation de sécurité, en d’autres termes ne pas dépenser la totalité de ma retraite chaque mois mais épargner au moins 10 % de cette dernière. Je peux conserver cette épargne chez moi en toute sécurité (ce que je fais déjà) car je n’ai pas de Ferrari, je n’ai d’ailleurs pas de voiture, et je ne porte sur moi aucun signe extérieur de richesse. Pour moi une société sans cash signifierait la fin d’un style de vie que je peux gérer facilement et ce d’autant plus que mon téléphone portable est mon ennemi numéro un … un parasite plutôt qu’un objet utilitaire dont je ne me sers que pour savoir quelle heure il est.

Ce lundi 17 octobre 2016 Tim Cook, le CEO d’Apple déclara à l’Agence Nikkei à Tokyo : « Nous ne pensons pas que le consommateur aime particulièrement le cash« . C’est assez bizarre de faire une remarque pareille dans ce pays du monde où le cash est roi. Les billets en circulation (90000 milliards de yens) représentent un cinquième du PIB du Japon, c’est la plus forte proportion dans le monde. De nombreux petits business y compris des restaurants n’acceptent pas les cartes de crédit malgré le fait que ce pays fut le premier à inventer le paiement avec un smartphone il y a dix ans, paradoxal !

Cook a ajouté droit dans ses bottes : « Nous voulons (Apple) être le catalyseur de la suppression du cash » avec l’arrière pensée du système Apple Pay qui rapporte un petit pourcentage à la compagnie de la Silicon Valley. Apple a créé cette application en 2014 et annoncé qu’elle fonctionnerait avec FeliCa, un système de paiement standard avec smartphone répandu au Japon, sous-entendu encore Apple en tirera profit. Le souci est qu’Apple Pay n’est compatible qu’avec le système d’exploitation Apple et ne fonctionne pas sur Androïd. Si le pourcentage prélevé sur les transactions avec iPhone (0,15 % du montant) paraît dérisoire, cela n’a pas empêché Tim Cook d’annoncer aussi qu’il allait ouvrir un centre de recherche sur l’intelligence artificielle à Yokohama, tout est bon pour séduire les Japonais.

Bref, la suppression du cash va peut-être devenir à l’avenir effective avec les smartphones tant au Japon que dans bien d’autres pays.

Mais qui a intérêt, en dehors d’Apple naturellement, à ce que le cash soit supprimé ? C’est là une bonne question à laquelle Don Quijones, journaliste éditorialiste de son propre blog Raging Bull-shit et de WolfStreet tente de répondre et je me suis permis de traduire son article pour mes lecteurs (sans son autorisation) car on y trouve des informations effrayantes. Il s’agit d’une traduction libre dont je porte l’entière responsabilité.

Il y a d’abord les banques centrales qui aimeraient bien que tous les déposants, entendez les clients des banques, soient soumis aux taux d’intérêt négatifs qui pourraient durer beaucoup plus longtemps que prévu car ces banques centrales ne savent pas trop comment sortir de l’ornière dans laquelle ils se sont embourbé, mais c’est une autre histoire. En d’autres termes si votre compte en banque est bien alimenté, outre les frais de gestion (de quoi ?) vous paierez une sorte de taxe proportionnelle au volume de votre compte, tout pour plaire ! Aux yeux des banquiers centraux le moindre quidam qui retire du cash de sa banque est donc plutôt mal vu, il faut donc que ça cesse au plus vite. Il y a aussi les compagnies de cartes de crédit, Visa, Mastercard, Amex et quelques autres pour qui le cash est le rival ultime. Pas étonnant donc qu’elles poussent les banquiers centraux à procéder le plus rapidement possible à la suppression du cash. Pour les banques commerciales, celles qui se trouvent au coin de votre rue (il y a 7 banques à moins de 50 mètres de chez moi), c’est aussi tout bénéfice : moins de frais de gestion, moins de personnel, meilleur contrôle des flux de monnaie et prélèvements plus importants sur chaque transaction.

Pour les politiciens, les fonctionnaires de l’Union européenne et les ploutocrates en tous genres incluant les hauts-fonctionnaires du Fond Monétaire International, de la Banque Mondiale et des Nations-Unies, c’est encore tout gagnant car ils pourront encore mieux contrôler la population dans leurs besoins pour tout simplement survivre, ce que le blogueur Martin Armstrong appelle le « contrôle totalitaire sur l’économie« .

Tous ces acteurs puissants ont déjà créé une sorte de club pour promouvoir une société sans cash, le « Better Than Cash Alliance » (BTCA), un appendice – comme il y en a tant d’autres – de l’ONU, partenaire aussi des gouvernements, des grandes corporations et des organisations internationales. Sa devise est : « Accélérer la transition du cash vers le paiement numérique à l’échelle mondiale dans l’excellence de la qualité et du service pour tous« . Les membres de cette émanation du « machin onusien » font partie du who’s who des institutions et des corporations les plus influentes dans le monde. On y trouve pêle-mêle Coca Cola, Visa et Mastercard, la Fondation Bill & Melinda Gates, City Group, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dont les liens avec la CIA sont notoires, et aussi le World Saving Banks Institute qui représente 7000 banques commerciales et d’épargne dans le monde, rien que ça. Curieusement Apple ne figure pas dans la liste des membres de cette alliance d’un nouveau genre, quelle discrétion de façade étonnante !

Il y a aussi d’autres puissantes fondations privées qui s’intéressent à la société sans cash comme par exemple la Fondation Ford, la Clinton Development Initiative (tiens-tiens !), le World Food Program des Nations-Unies, le UNFPA (Fond des Nations-Unies pour la population), l’UNPD (programme de développement de l’ONU) l’IFAD ou fond international pour le développement agricole et l’UNCDF (fond onusien de développement du capital). Dix-huit gouvernements ont rejoint cette organisation : Colombie, Pérou, Mexique, Philippines, Bangladesh, Pakistan, Afghanistan, Inde, Papouasie-Nouvelle Guinée, Moldavie et sept pays d’Afrique, Libéria, Sénégal, Sierra-Leone, Rwanda, Ghana, Benin et Malawi. Ces sept pays sont en première position pour la lutte contre le cash et c’est facile à comprendre. Les réseaux de téléphonie sans fil remplacent le téléphone « terrestre » qui n’existait que peu ou pas du tout dans ces pays.

Dans ces pays peu de personnes ont un compte en banque et les transactions se font le plus souvent de la main à la main, une économie grise sinon noire. C’était donc une opportunité à saisir pour cette association que de se concentrer sur l’Afrique pour réaliser la plus importante expérimentation sociale de tous les temps : une société sans cash, et comme Bill Gates le souligne « quand cette expérience aura réussi elle s’imposera tout naturellement aux pays développés« .

Au Nigeria par exemple, le pays le plus peuplé d’Afrique (170 millions d’habitants) Mastercard vient de lancer une « carte-de-paiement-carte- nationale-d’identité-biométrique » dans laquelle toutes les informations relatives à un individu se retrouvent rassemblées, tout simplement Orwellien !!! Pour les pays qui trainent les pieds, la BTCA a publié un rapport qui identifie les 10 moyens dont dispose un gouvernement pour créer une économie 100 pour 100 digitale dont un programme d’identification unique, une digitalisation des paiements et des reçus gouvernementaux et aussi la politique à adopter pour inciter les citoyens à adopter in fine les paiements digitaux (voir le lien). Pour Ruth Goodwin-Groen, CEO de BTCA, une société sans cash sera tout bénéfice et pas seulement pour les membres de l’association mais elle sera un élément promoteur du développement économique en faisant sortir les gens de la pauvreté. Comme par hasard l’Institut Mckinsley en rajoute un couche et a calculé qu’en 2025 la société sans cash dégagera 3700 milliards d’économies qui seront utilisées pour créer 95 millions d’emplois dans le monde et éviter des détournements de fonds (et d’impôts) à hauteur de 110 milliards par an dans les pays émergeants. Tout ça semblerait impressionnant si c’était vrai …

La réalité est plus sombre. L’établissement d’une société sans cash ne bénéficiera qu’à ceux qui détiennent déjà le pouvoir, comme certains commentateurs économiques l’appellent, le « Deep State ». En détruisant lentement mais sûrement le cash ces corporations et gouvernements qui leurs sont associés ne cherchent qu’à s’accaparer et contrôler le peu de liberté qui nous reste, l’anonymat, la vie privée et la liberté personnelle et, vu comment l’affaire évolue, ils y arriveront et nous serons tous réduits à l’état d’esclaves sauf naturellement ceux appartenant au top 0,1 % … Il est déjà trop tard comme dirait Charles Sannat à la fin de tous ses billets …

Sources : fortune.com, armstrongeconomic.com, betterthancash.org, wolfstreet.com et aussi : https://www.betterthancash.org/news/media-releases/new-united-nations-study-maps-top-10-ways-governments-and-companies-can-create-digital-economies . Allez sur ce site, vous ne serez pas déçu !

L’ultra-coûteuse saga d’ITER continue … pour rien

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Quand Reagan et Gorbachev signèrent en 1985 un agrément pour la construction de l’International Thermonuclear Experimental Reactor, plus connu sous le nom d’ITER en construction à Cadarache dans le sud de la France, paradoxalement à l’endroit même où se trouve une branche importante du CEA qui produit quelques-uns des ingrédients des bombes thermonucléaires françaises, ces deux politiciens ne savaient probablement pas de quoi ils parlaient.

Personne ne sait encore avec quel matériau seront construits les échangeurs de chaleur et le tore de confinement du plasma, la question étant d’en trouver un résistant à des températures frisant le million de degré et à un bombardement neutronique extrêmement intense qui détruira très rapidement toute la structure en forme de tore où sera confiné le plasma de deutérium et de tritium qui devrait permettre cette fusion sur laquelle tous les espoirs d’une « énergie propre » et inépuisable sont fondés. De plus l’ensemble de cette machine à gaz deviendra rapidement tellement radioactive qu’il sera impossible d’y intervenir pendant des milliers d’années … mais personne n’en parle, c’est trop gênant.

Juste un exemple pour situer le problème. Le grand accélérateur de hadrons du CERN qui ne fait qu’accélérer des particules tout au long d’un cercle de 28 kilomètres comprend aussi des aimants et ces particules, quand elles s’entrechoquent, émettent tellement de radiations qu’il faut remplacer certains matériaux devenus hautement radioactifs pratiquement tous les 5 ans à grands frais le plus souvent à l’aide de robots télécommandés à distance. C’est tout de même curieux que les ingénieurs qui travaillent pour le projet ITER n’aient pas intégré dans leur tête les gros problèmes de maintenance du CERN qu’ils connaissent pourtant parfaitement alors que la CERN ne réalise pas de fusions à proprement parler mais seulement des chocs frontaux de particules et d’ions plus ou moins lourds qui provoquent des gerbes d’intenses radiations.

Ce projet ITER est une pure vue de l’esprit, une extravagance incroyablement coûteuse pour accoucher d’une ruine qui n’aura produit finalement aucun kilowatt commercial.

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En 1985 le coût initial du projet était estimé à 5 milliards de dollars de l’époque car l’euro n’existait pas encore. Les personnes autorisées mentionnaient qu’en 2015 tout serait plié et que le réacteur serait opérationnel. Quel beau rêve ! Aux alentours de 2005 le coût global de cette construction fut réévalué à 9 milliards d’euros, un détail … En 2010 ce coût atteignit 15 milliards et maintenant, en 2016, la facture s’élèvera probablement à 20 milliards. Les prévisions font état d’une première « fusion » réussie aux alentours de 2025 mais, soyons prudents tout de même, les premiers kilowatts ne seront produits qu’en … 2035, naturellement si tout va bien.

Qui paie pour ce délire ? Les pays qui ont ratifié ce projet, c’est-à-dire les contribuables de l’Union Européenne, des USA, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, de la Corée et du Japon. Et ça va continuer puisqu’une estimation réalisée par l’agence Nikkei prévoit qu’en 2022 le budget d’ITER sera révisé à la hausse à 26 milliards d’euros pour éventuellement atteindre 40 milliards au final, ben voyons !

Tout ça pour un projet qui ne sera jamais couronné de succès ! Les opposants utilisent des arguments totalement débiles en avançant que 62 éoliennes off-shore de nouvelle génération produisent la même quantité d’électricité que celle programmée pour ITER au final (500 MW électriques) et ils avancent des arguments encore plus fallacieux à propos de l’énergie nucléaire civile par fission qui a fait ses preuves depuis des années en surestimant systématiquement les coûts du démantèlement des réacteurs et du retraitement des combustibles irradiés. Il s’agit de désinformations tout aussi grossières que celle qu’on trouve sur le site officiel d’ITER ( https://www.iter.org/ ) où les problèmes techniques totalement insolubles mentionnés ci-dessus sont soigneusement occultés. Le fantasmagorique projet ITER est une pompe à fric scandaleuse, un scandale auquel il faut que les gouvernements des pays partie-prenante mettent fin aussi vite que possible.

Source et illustration : Nikkei et Wolfstreet

L’incroyable histoire de la « petite Pauline »

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Quand une amibe vole des gènes à des bactéries

C’est l’incroyable histoire d’une amibe tout à fait banale qui s’est arrangée pour subvenir elle-même à ses propres besoins. Imaginez un instant que vous incorporiez dans vos gènes ceux qui sont nécessaires pour, comme les plantes, réaliser par photosynthèse la production de sucres en mangeant des épinards. Vous n’aurez qu’à exposer au soleil votre peau devenue verte et le tour sera joué. C’est ce genre de prouesse qu’a réalisé il y a une centaine de millions d’années la petite amibe répondant au charmant nom de Paulinella chromatophora.

Normalement les amibes mangent des trucs plus petits qu’elles, surtout des bactéries, et un jour l’ancêtre de la « petite Pauline » s’est dit qu’après tout si elle pouvait photosynthétiser des sucres ça serait tout bon pour ses finances, pardon, pour son métabolisme. En quelque sorte elle ferait son pain toute seule quand il y a de la lumière …

Un jour, prise d’une grosse fringale, elle a avalé une cyanobactérie qui s’est trouvée pas si mal que ça dans son ventre. La petite Pauline a gardé ce dont elle avait besoin et un peu trop rapidement mangé le reste. Ce qu’elle a préservé s’est vite mis à ressembler à des genres de saucisses vertes, toutes proportions gardées, parce qu’elle avait incorporé les gènes qui servent à effectuer la photosynthèse du sucre et de quelques autres métabolites.

Pour ne pas devenir complètement obèse, c’est-à-dire laisser un peu de place à tous ces nouveaux gènes, un peu par erreur la petite Pauline en a effacé quelques-uns de son propre patrimoine génétique. C’était presque suicidaire mais la petite Pauline, pas très contente de son résultat a alors mangé quelques bactéries et a prélevé dans leur génome ce qui lui manquait pour rester en bonne santé, quelques gènes par ci par là pour que tout fonctionne finalement correctement.

Cette histoire paraît complètement délirante mais c’est pourtant ce qui s’est passé non pas en un jour mais au cours d’une lente évolution pour aboutir à cette amibe assez phénoménale qui a littéralement reconstruit tout son patrimoine génétique en faisant des « emprunts » génétiques à des bactéries.

Cette histoire a été étudiée en détail dans le cadre d’une collaboration entre plusieurs universités nord-américaines et allemandes sous la direction du Docteur Eva Nowack de l’Université de Düsseldorf. Cette étude n’a pas été très facile à réaliser au niveau des ADNs, l’ADN circulaire du plastide ou chromatophore, les choses vertes dans la photo ci-dessus, celui du noyau de l’amibe et des contaminants d’origine bactérienne.

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Il y a eu donc un transfert de gènes en provenance du plastide (on pourrait dire chloroplaste comme pour les plantes) dans le cadre de la symbiose initiale amibe-cyanobactérie (EGT, pour endosymbiotic gene transfer) mais également tout un trafic de gènes dit horizontal (HGT, pour horizontal gene transfer) en provenance d’autres bactéries pour aboutir à la Paulinella actuelle comme l’illustre le schéma ci-dessus tiré de l’article paru dans la revue PNAS. Il est intéressant d’insister sur le fait que cette histoire de la petite Pauline date d’une centaine de millions d’années alors que les premiers plastides photosynthétiques apparurent il y a plus d’un milliard d’années à la suite de symbioses avec des cyanobactéries pour aboutir par exemple aux végétaux que l’on connait aujourd’hui.

Source : PNAS, doi : 10.1073/pnas.1608016112 aimablement communiqué par le Docteur Nowack qui est chaleureusement remerciée ici.

Pourquoi Sirius disparaît à l’horizon, suite.

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Le 30 septembre dernier j’avais laissé un billet dont le titre était « Pourquoi Sirius disparaît à l’horizon ? » De retour du Japon ce mardi dernier 11 octobre sur un vol de jour depuis l’aéroport d’Haneda jusqu’à Londres, puis Tenerife, j’ai pu trouver un premier élément d’explication à ma remarque. Après avoir survolé la Mer du Japon pendant environ trois heures l’aéronef a survolé l’oblast de Khabarovsk au dessus d’une ondulation interminable de collines couvertes de neige, vues de 36000 pieds de hauteur (un peu plus de 10000 mètres) et j’ai remarqué comme l’indique la photo ci-dessus la présence d’une couche nuageuse ténue à une altitude beaucoup plus élevée que celle de croisière de l’avion et décelable uniquement à l’horizon.

Au dessus de Saint-Petersbourg, sept heures et demi plus tard, cette fine couche blanche était toujours présente :

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Depuis dix ans je suis un habitué des vols au dessus de la Sibérie entre l’Europe et le Japon, peut-être plus de 25 aller-retour, je n’avais jamais observé un tel phénomène tellement constant durant tout le trajet qu’il ne peut pas être expliqué par les trainées de cristaux de glace des aéronefs survolant cette région puisqu’elle se trouve à vue d’oeil à une altitude supérieure à 50000 pieds (15000 mètres) là où seuls quelques avions militaires viennent s’aventurer mais certainement pas des avions commerciaux qui constituent l’essentiel du trafic aérien au nord du cinquantième parallèle.

J’ai donc trouvé une raison plausible à la disparition d’Orion durant un vol de nuit, cette couche nuageuse que l’on ne peut qu’observer vers l’horizon car elle est trop ténue pour être vue en levant les yeux vers le ciel depuis le hublot d’un avion. Explication dans un prochain billet.