Du rififi dans l’économie allemande

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Inutile de mentionner les déboires de la firme Volkswagen, ce n’est pas le sujet de ce billet. Il s’agit d’une situation beaucoup plus préoccupante relative au secteur de l’énergie. Après la décision stupide et inappropriée d’abandonner le nucléaire après la catastrophe de Fukushima-Daiichi provoquée par un tsunami géant, le secteur énergétique allemand se trouve aujourd’hui dans une situation tellement catastrophique qu’elle doit provoquer des nuits sans sommeil et certainement sans rêves au führer à dentelles Angela Merkel. Les chiffres sont là : RWE a perdu 25 % de sa capacité de production électrique et de son capital tangible en étant obligé de fermer dans un premier temps ses plus vieilles centrales nucléaires, et ce n’est pas fini ! La capitalisation boursière de cette société a chuté de 70 % depuis le tsunami japonais du 11 mars 2011. Ce n’est pas moi qui invente ces données, elles proviennent du très sérieux Frankfurter Allgemeine Zeitung. RWE est tout simplement en situation de banqueroute, également confronté à 45 milliards d’euros de dettes, soit 8 fois sa capitalisation boursière actuelle ! Et ce n’est pas mieux pour E.On le deuxième opérateur allemand dans le secteur de l’énergie dont la capitalisation boursière à chuté de 58 % depuis Fukushima.

Pour encore aggraver la situation de RWE les consommateurs et clients industriels anglais fuient sa filiale britannique qui représente un cinquième des ventes de la société et ce depuis le Brexit. On comprend les Anglais et je suis de tout coeur avec eux, puisque le führer Merkel a décidé de punir Londres, alors les citoyens anglais répondent en punissant les sociétés allemandes (et autres) installées sur leur sol.

Pour ma part, j’ai décidé de fermer mon compte à la Deutsche Bank car des rumeurs persistantes annoncent la fermeture de l’agence de Santa Cruz de Tenerife. En effet, la Deutsche Bank (DB) est empêtrée par des créances pourries et des produits financiers dérivés qui atteindraient des sommes inimaginables. Certains analystes vont jusqu’à mentionner le montant délirant de quinze-mille milliards de dollars de produits dérivés dans le bilan de cette seule banque.

Heureusement que RWE et DB sont trop gros pour faire faillite (too big to fail) et l’Etat allemand mettra la main à la poche, ou plutôt non, pas l’Etat mais les contribuables allemands, encore faudra-t-il qu’ils consentent à faire un tel effort astronomique, ce qui est loin d’être gagné lors des élections de cet automne prochain.

Peut-être bien que la crise européenne à avenir ne viendra finalement pas de l’Italie mais de la plus robuste économie de l’Union Européenne, un géant aux pieds d’argile, l’Allemagne …

Illustration : siège social de RWE à Essen (Wikipedia)

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