Les guerres climatiques du passé

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Dans les Iles Fiji comme dans bien d’autres îles du Pacifique sud, le passe-temps favori des hommes était de se battre entre tribus pour la conquête de la terre et des femmes. L’île de Vanua Levu, la deuxième plus grande île de cet archipel après celle de Viti Levu où se trouve la capitale Suva, n’a pas échappé à cette triste histoire. C’est toujours le cas aujourd’hui dans les îles Salomon où des guerres intestines permanentes ravagent ce pays paradis des plongeurs sous-marins. L’histoire écrite de Fiji est récente car elle date de l’arrivée des colonisateurs et des missionnaires. La population locale mélanésienne a d’ailleurs failli disparaître au XVIIIe siècle car les missionnaires n’arrivèrent pas seulement avec leurs livres saints mais aussi avec la variole, la grippe et la vérole. Combinées, ces trois maladies constituèrent une sorte de génocide non prémédité puisque plus de 80 % de la population en mourut. Le même phénomène se produisit aussi aux Îles Marquises …

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Ces îles furent occupées par des hommes venant d’Asie il y a plus de 3000 ans et comme ce passé est encore largement inconnu, il en reste cependant quelques indices. Dans les montagnes une équipe constituée d’un archéologue, d’un géographe et d’un géologue de l’Université du Pacifique Sud, de l’Université de la Sunshine Coast (Australie) et du Muséum National de Fiji à Suva, a étudié les restes de fortins que la tradition orale appelle des « koronivalu », littéralement des « villes de guerre ». Les premières descriptions de ces villes fortifiées situées au sommet des montagnes datent du début des années 1800 relatant des constructions au sommet des montagnes de la péninsule de Seseleka. Pourtant de nombreux restes de gros villages datant du début du deuxième millénaire (autour des années 1000) ont été retrouvés tout le long des plaines côtières. Les datations tant de ces villes fortifiées des montagnes que de ces villages côtiers grâce aux amas de coquillages mais aussi des ossements humains parfois enterrés dans des fosses communes ont permis de mettre en évidence un changement radical du mode de vie des habitants de Vanua Levu aux alentours des années 1250. Les mêmes modifications ont été observées lors de recherches archéologiques dans la plupart des îles du Pacifique Sud.

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L’hypothèse retenue pour expliquer l’apparition de ces villes de montagne serait que le niveau de la mer a brusquement baissé, découvrant les lagons coralliens devenus des marais insalubres et abaissant la nappe phréatique d’eau douce des plaines côtières où il ne fut soudainement plus possible de cultiver les plantes vivrières locales comme le tarot ou la patate douce. L’eau douce est plus légère que l’eau de mer et en quelque sorte s’accumule près de la surface des plaines côtières car elle ne se mélange pas à l’eau de mer qui forme un genre de barrage de retenue. Ces plaines sont toutes intensément cultivées car y compris durant la saison sèche il y a toujours de l’eau. Lorsque le niveau de l’océan baissa lors de l’évènement climatique dit de 1300, la mangrove disparut laissant derrière elle des étendues pestilentielles. Les habitants, à court de nourriture n’eurent d’autre choix que d’agresser ceux qui habitaient traditionnellement dans les montagnes et d’investir leurs villages.

Autour des années 1000-1200 à la faveur du réchauffement climatique appelé optimum médiéval, le niveau des mers avait significativement monté permettant l’apparition de lagons coralliens propices à la pêche. La météorologie était relativement calme et prévisible et ces facteurs se conjuguèrent pour favoriser une augmentation de la population et l’apparition d’une société hiérarchisée. Mais très rapidement le climat changea totalement et le niveau de la mer baissa dramatiquement d’environ un mètre. Ce refroidissement généralisé fut suivi du petit âge glaciaire culminant avec le minimum de Maunder et qui perdura jusqu’au XIXe siècle.

Aujourd’hui les Fidjiens sont retournés vivre en bord de mer. Dans l’île de Taveuni à l’est de Vanua Levu, au village de Somosomo où se trouve un panneau dérisoire signalant le méridien 180 degrés, la plage sert de toilettes municipales et les crabes s’affairent pour la nettoyer car il n’y a pas de système d’eau courante. Les habitants continuent par tradition à cultiver leurs jardins perdus dans la montagne au milieu de la forêt et les produits de la mer entrent dans la composition des repas. La tradition orale a oublié en grande partie la période sombre que traversèrent ces îles en raison des changements climatiques, l’évangélisation a pacifié ceux qui échappèrent aux épidémies mais les Fidjiens, fiers de leur origine ethnique, considèrent encore aujourd’hui que leurs compatriotes d’origine indienne, descendants des travailleurs « sous contrat » amenés par bateaux entiers par les Anglais pour cultiver la canne à sucre, sont leurs ennemis qu’ils doivent combattre et mépriser socialement et politiquement. On ne peut que déplorer que l’attitude agressive des Fidjiens d’origine mélanésienne apparue lors de changements climatiques ait perduré jusqu’à nos jours.

Il est difficile d’imaginer le moindre scénario provoqué par le refroidissement climatique annoncé par de nombreux scientifiques et devant se préciser dans moins de dix ans.

Source partielle : Sapiens.org et expériences personnelles. Illustrations Sapiens.org et Wikipedia.

4 réflexions au sujet de « Les guerres climatiques du passé »

  1. Comment expliquer la corrélation entre un refroidissement (gel) qui glacifie une partie des mers et donc en fait réhausser le niveau par l’augmentation du volume de glace et le réchauffement qui fait qu’une bouteille en plastique remplie d’eau et préalablement mise au congel diminue de volume si mise au soleil ?

    N’y aurait-il pas plutôt une énigme corrélative avec des tremblements de terre qui font (tous les jours) apparaître des îles (plus ou moins grandes) en fonds marins jusqu’à leurs émergeances ou, des failles qui absorbent l’eau ?

    • Votre argumentaire ne tient pas : la banquise n’a jamais fait remonter le niveau des océans. Prenez un verre d’eau, ajoutez un glaçon et notez le niveau de l’eau. Il ne variera pas quand le glaçon aura fondu. Quant à la bouteille d’eau congelée, le volume de glace est plus élevé que celui de l’eau liquide, c’est la raison pour laquelle la glace flotte.
      L’hypothèse des tremblements de terre ne peut être prise en compte car l’archipel des Fiji se trouve dans une zone relativement stable sismiquement parlant.

  2. Oui effectivement je me suis mal exprimé, excuses; le fait qu’il y ait de la glace ou un gros bateau dans une baignoire fera que ce solide ajouté va faire monter le niveau de l’eau malgré que la glace flotte (sauf les glaciers qui sont encore accrochés au fond des calottes glacières aux pôles).

    Pour ce qui est des tremblements de terre (maritimes ou terrestres) je ne précisai pas ‘les Fidji’, mais parlai de l’ensemble de la planète

    http://hisz.rsoe.hu/alertmap/index2.php

    qui est en mouvement perpétuel. Donc, la rencontre de plaques sous-marines (+ de 70% de notre planète est occupé par les mers & océans) fait qu’il y a émergences de ‘monticules’ plus ou moins importants (signalés uniquement lorsqu’ils émergent ou s’apprêtent à le faire) et comme lors de choc dans un réservoir: le niveau de l’eau devient plus haut, ou, contrairement, lors de tremblements de terre maritimes apparaissent des failles qui absorbent l’eau (d’où la baisse de niveau).

    Tout ceci pour dire que ce n’est pas le ‘réchauffement climatique’ qui peut faire monter le niveau de la mer mais seulement le déplacement de terres.

    • Je me permets de réfuter encore vos remarques. Un exemple parmi d’autres la grotte Cosquer dont l’entrée se situe dans la calanque de Morgiou à 38 mètres de profondeur sous la mer. Les peintures datent de 27000 ans. À cette époque une grande partie de l’Europe du Nord, de l’Amérique du Nord et presque tout le massif des Alpes étaient recouverts de glaciers. La fonte de ces derniers a fait remonter la surface des océans et de la Méditerranée de plus de 100 mètres. Libérées du poids de cette glace le nord de l’Ecosse et la péninsule scandinave se sont relevés de près de 20 mètres ! Cet épisode glaciaire dura près de 100000 ans et se termina il y a environ 20000 ans (Dryas récent). Il n’y avait pas encore de présence humaine dans les îles des mers du sud mais cette variation considérable du niveau des mers explique parfaitement la formation de la grande barrière de corail australienne ainsi que le lagon de Nouvelle-Calédonie et les multiples récifs entre les îles de l’archipel des Fiji que j’ai survolé plusieurs fois …
      J’allais oublier les Tuamotu qui sont une merveille vues d’avion ! Il a bien fallu des variations du niveau de l’océan pour que de telles formations coralliennes puissent se former.

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