Le grand retour de la Thalidomide

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À la fin des années 1950 la compagnie pharmaceutique allemande Chemie Grünenthal mit sur le marché un médicament destiné entre autres effets à contrecarrer les nausées des femmes nouvellement enceintes, le Contergan. Il fallut plus de six années pour que ce médicament soit reconnu comme un tératogène puissant provoquant des malformations irréversibles comme une absence totale ou partielle des membres ou des malformations cardiaques. Si ce médicament ne fit qu' »une vingtaine » de milliers de victimes parmi les enfants issus de femmes enceintes qui se traitaient pour éviter les nausées, il resta dans les mémoires comme étant le premier grand scandale pharmaceutique qu’aient connu de nombreux pays de par le monde. Fort heureusement la plupart des malformations foetales induites par ce produit conduisaient à une mort du foetus in utero. Néanmoins cette sombre histoire maintenant presque oubliée conduisit les régulateurs à exiger plus de rigueur de la part des laboratoires pharmaceutiques dans le cours des essais cliniques devant aboutir finalement à une autorisation de mise sur le marché.

Il fallut attendre près de 60 années pour comprendre le mécanisme intime de l’effet de la thalidomide sur les foetus lorsque l’on redécouvrit son efficacité pour le traitement de certaines formes de cancers. Le mode d’action de la thalidomide est maintenant connu. Ce produit interagit avec une protéine cellulaire impliquée dans l’angiogenèse et présente une efficacité dans le traitement de certains myélomes. Au cours du développement foetal la thalidomide bloquait la formation des artères et des veines provoquant alors une atrophie des membres, la partie visible de ces effets. De nombreux autres organes étaient atteints et conduisaient à des avortements spontanés, fort heureusement.

La thalidomide connait donc une nouvelle jeunesse inattendue qui rappelle de bien malheureux souvenirs à de nombreuses familles meurtries par la désinvolture des laboratoires pharmaceutiques qui affirmaient pourtant que ce produit n’avait aucun effet adverse …

Source : Université de Munich et Nature Medicine (DOI : 10.1038/nm.4128 )

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