La malbouffe industrielle et la santé

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Le National Obesity Forum (Grande-Bretagne) vient de rendre public un rapport qui bouscule les idées préconçues enfoncées dans nos têtes depuis le développement accéléré et généralisé de la malbouffe industrielle. Manger des graisses animales et végétales est bon pour la santé ! À condition toutefois que ces graisses n’aient pas été intentionnellement modifiées par hydrogénation partielle. Naturellement les critiques souvent violentes ont été immédiates. Manger des oeufs, de la viande grasse, des fromages, du beurre, permet, selon ce rapport, de réduire l’obésité, le diabète de type 2 et les pathologies qui y sont associées.

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Ce rapport sulfureux considère que le corps médical s’est focalisé sur l’apport en calories des aliments mais n’a pas dirigé son approche sur la qualité des aliments dans leur globalité. Et c’est là la grande erreur. Tant en Grande-Bretagne qu’aux USA, deux personnes sur trois souffrent de surpoids et la raison en est l’alimentation constituée de plats cuisinés produits industriellement. C’est plus facile, plus rapide et on a plus de temps pour regarder la télévision. Qui sait exactement ce que contient une soupe de légumes prête à être réchauffée que l’on trouve sur les linéaires de n’importe quel supermarché ? Qui connait la provenance des ingrédients d’une pizza congelée prête à être mise au four ? Ne parlons même pas des pâtisseries qui peuvent se conserver 8 jours voire plus sans que leurs propriétés gustatives aient été dégradées.

Les habitudes alimentaires modernes ont incontestablement conduit à l’ « épidémie d’obésité » accompagnée de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. La controverse récente tient à la mise en cause de nutriments spécifiques pour trouver une explication à cet état de fait. Si on considère les nutriments, à n’en pas douter l’alimentation industrielle introduit trop de sucre, trop de carbohydrates raffinés, trop de graisses et trop d’huile d’origine végétale. Il faut également considérer la dégradation de la qualité des productions carnées, poulet, porc et boeuf en raison des modes d’élevage intensif. Enfin l’industrie agro-alimentaire est aujourd’hui dominée par d’énormes multinationales qui ont « acheté » auprès du pouvoir politique leur impunité tout en développant dans des laboratoires dédiés les procédés de transformation des aliments qui inondent le marché grâce à un marketing hautement sophistiqué.

Les ingrédients bruts sont réduits en pulpe, en poudre et en concentrés. Des produits chimiques qui n’existaient pas il y a 50 ans sont utilisés pour émulsifier, amplifier le goût comme le sel et bien d’autres molécules synthétiques. Les nouvelles technologies alimentaires extraient, décolorent ou colorent, changent les extraits liquides en pâtes, extraient des carcasses animales les dernières parcelles carnées et « fortifient » enfin ces nouvelles matières premières appauvries en vitamines lors des traitements successifs en ajoutant des cocktails de ces vitamines.

Dans ces conditions comment est-il possible d’incriminer un constituant ou un autre d’un plat cuisiné industriel ? Il y a tout de même quelques éléments de réponse : trop de sel, trop de sucre dont des sirops enrichis en fructose, trop d’acides gras transformés par hydrogénation … pour que ce soit « mangeable ». Mais ne considérer que les constituants de la malbouffe industrielle est une erreur car la nourriture préparée industriellement est appauvrie en micro-nutriments et en fibres et contient le minimum d’eau pour se conserver plus longtemps. Insidieusement les emballages font un descriptif alléchant en terme de calories, de présence de vitamines, de métaux essentiels, de sucres, de protéines et de graisses pour rassurer le plus possible le consommateur. Les vertus de la margarine sont présentées comme un corps gras sans cholestérol mais les firmes produisant cet ingrédient oublient de mentionner qu’elle est enrichie en acides gras partiellement hydrogénés particulièrement dangereux pour la santé. Les céréales massivement consommées au petit-déjeuner sont présentées comme étant des apports indispensables en vitamines, en fibres et en fer mais il n’est mentionné nulle part qu’elles contiennent en poids plus de 25 % de sucre … N’importe quel consommateur obsédé par la composition de ce qu’il mange se prépare lui-même à être asservi par l’industrie agro-alimentaire qui contrôle les pâtisseries et sucreries, les plats cuisinés et les boissons. C’est le plus grand changement survenu pour l’homme depuis l’apparition de l’agriculture.

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Jamais un agriculteur ne vous vendra un choux avec une fiche analytique provenant d’un laboratoire digne de respect. Un choux est un choux et il possède toutes les qualités qui lui sont intrinsèques. D’ailleurs qui fera la promotion du choux, pourtant le roi des légumes : ça ne rapporte rien aux industriels de l’agroalimentaire …

Sources et illustrations : BBC, The Conversation et aussi The Lancet en accès libre : http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(12)62089-3

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