Désinformation journalistique

Ce samedi j’ai été interpellé par cette dépêche d’agence que je confie à mes lecteurs. Il était environ 13 heures, heure de Greenwich et des Iles Canaries.

La montée des eaux fait disparaître cinq des îles Salomon

Cinq îles des Salomon, dans le Pacifique, ont disparu en raison de la montée des eaux et de l’érosion côtière, selon une étude scientifique australienne publiée samedi. Six autres sont fortement touchées.

Les cinq îles qui ont totalement disparu étaient des îles non habitées mais porteuses de végétation, d’une superficie allant jusqu’à cinq hectares et que les pêcheurs utilisaient parfois comme escale. « Il ne s’agit pas seulement de petits îlots sablonneux », a expliqué l’un des scientifiques auteurs de l’étude, Simon Albert.

Sur les six autres îles touchées, l’érosion de la côte a précipité une dizaine de maisons dans la mer depuis cinq ans. Elle a obligé deux villages à se relocaliser plus à l’intérieur.

Les îles Salomon sont particulièrement menacées. A la fois par la montée des eaux qui est près de trois fois plus importante dans ce secteur que dans la moyenne mondiale, et par des vagues particulièrement violentes qui érodent les côtes.

La réaction locale à cette évolution peut également servir d’exemple pour les pays menacés par la montée des eaux, expliquent aussi les scientifiques. Ils notent que la ville de Taro, capitale de la province de Choiseul, a déjà prévu de se relocaliser vers des terres plus hautes.

(ATS / 07.05.2016 12:36)

Aux alentours de 17 heures, toujours à l’heure de Greenwich, j’ai été étonné de lire les head-lines du Point en ligne que je relate ici en capture d’écran :

Capture d’écran 2016-05-08 à 09.15.14.png

Il est étonnant de constater que le Point cite l’AFP alors que la dépêche originale provenait d’ATS. Passons sur cette faute vénielle. Ce qui est surprenant est la relative capacité des journalistes en ce pont de l’ascension d’écrire des scoops pour attirer l’attention des lecteurs assoupis. Il faut rappeler que l’archipel des Salomons comporte plus de 900 îles et ilots dont beaucoup de bancs de sable qui apparaissent et disparaissent au gré des saisons, des courants et des vents. Au Vanuatu où j’ai vécu plusieurs années, un archipel situé juste au sud des Salomon, il existe une multitude de ces petits motus hébergeant parfois des herbes folles qui disparaissent subitement sans que l’on ne sache trop pourquoi. Au large du village de Takara, au nord de l’île d’Efate, je suis allé nager près d’un de ces bancs de sable coralien mou qui avait hébergé temporairement des pousses de Vigna marina (Vigna lutea), un plante rampante très répandue sur les plages. Quelques semaines plus tard, après une petite tempête, le banc de sable avait disparu.

Faut-il pour autant s’alarmer d’une redoutable montée des eaux de quelques dixièmes de millimètres par an qui pourrait mettre en péril quelques plantes opportunistes ? Les journalistes, le doigt sur la couture de leur pantalon, trop effrayés de perdre leur emploi s’ils ne contribuent pas quotidiennement à alimenter la peur climatique, relatent des non-évènements qui n’intéressent personne, certainement pas les habitants des Salomon qui vivent encore pour la plupart complètement nus dans la forêt. Le Point fait partie de la presse française lourdement subventionnée pour colporter des fausses nouvelles. Continuez Messieurs les journalistes, la méthode Coué finit par payer … dans le mauvais sens.

3 réflexions au sujet de « Désinformation journalistique »

  1. Bonjour
    Un « détail  » de cette dépêche me frappe tout particulièrement
    « la montée des eaux qui est près de trois fois plus importante dans ce secteur que dans la moyenne mondiale, »
    Pour des eaux libres , principe des vases communicants aidant , je ne vois pas comment une montée des eaux pourrait être durablement supérieure à la moyenne d’une (éventuelle) montée générale !

  2. Rappelons simplement que: Depuis que ‘le monde est monde’ il n’y a PAS UNE GOUTTE D’EAU DE PLUS OU DE MOINS’. Une putain de chaîne française a (dernièrement) fait un reportage sur ‘la montée des eaux’ (océanographes invités à mesurer le niveau en divers points des côtes de France au même instant dit ‘de marée-basse’) et, les résultats (visibles immédiatement) ne seront communiqués… qu’en fin 2016 !!!! (le temps de réévaluer/lisser/retoucher/gommer/réécrire en ‘variations saisonnières’ !) Hahahaha !

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