La SNCF : un modèle pour l’étranger ?

Hier mardi, je pensais à ma petite-fille en pleine période d’écrits des concours des grandes écoles d’ingénieurs perturbée par la grève des employés de la SNCF, la énième grève et certainement pas la dernière à moins qu’un gouvernement lucide décide d’interdire tout simplement cette prise en otage de toute la population par des syndicalistes radicaux qui osent revendiquer je ne sais quoi alors qu’une grande partie de la population active française est au chômage quoiqu’en disent les dernières statistiques évidemment bidouillées pour que « ça aille mieux ».

Le sommaire de l’édition en ligne du soir du quotidien Les Echos titrait ceci (capture d’écran) :

Capture d’écran 2016-04-27 à 08.07.15.png

J’ai, comme vous, relevé sans lire l’article cette perle : « un modèle que l’étranger nous envie ». Je séjourne en ce moment à Tokyo et j’ai eu comme une crise de fou-rire intérieur. Il faut raconter les faits dans le détail pour apprécier la saveur de ce modèle qu’est la SNCF envié par l’étranger. Le Japon est-il inclus dans ces étrangers ? Certainement pas ! Pour rentrer à la maison après avoir déjeuné avec mon fils à Chiyoda City, c’est-à-dire Ginza, je prend la Yamanote à Shimbashi en direction de Ueno. La station de train et de métro de Shimbashi est un peu merdique en ce moment parce qu’elle est en totale réfection mais tout est organisé pour que les centaines de milliers de personnes qui l’empruntent quotidiennement ne soient pas incommodées.

Je rappelle aux Parisiens que cette ligne de train, la Yamanote, est circulaire, sa longueur est sensiblement identique à celle du périphérique parisien et elle interconnecte les usagers par 29 stations à une multitude d’autres lignes de trains et de métros. Je change de train à la station Kanda qui était encore en travaux il y a un an et qui a été entièrement rénovée. Je prend alors la Chuo rapide (pas la « special rapid » qui ne s’arrête pas à la station où je descend) en direction de Mitaka puis Ome et très loin jusqu’à Otsuki à l’ouest de Tokyo.

À Kanda j’ai eu l’impression que la JR (Japan Rail) avait organisé un retard par solidarité avec la SNCF : le prochain train était affiché à 14h12 et normalement tous les trains sont à l’heure à la seconde près car tout est automatique. Hier après-midi le train avait un retard de 10 minutes. Vent de panique et de stupeur à la station ! Le chef de gare s’est confondu en excuses par haut-parleur expliquant, bien que je n’aie rien compris sur le moment, que le retard était dû à un incident à la station de Yotsuya et qu’il n’y avait plus de train à la station Tokyo, terminus de la ligne Chuo. L’annonce a été reprise ensuite en anglais, en chinois et en coréen, ouf !

Les retards de trains sont un fait rarissime à Tokyo. Les trains sont toujours à l’heure sauf s’il y a un incident du genre suicide ou tremblement de terre. De plus il n’y a jamais de grèves : la culture de l’exactitude ferroviaire est profondément ancrée dans l’esprit de tous les employés des lignes de trains car il y a aussi des lignes privées utilisant les voies qui font partie du domaine public et tout doit fonctionner à la minute près sinon ce serait une terrible pagaille dans une agglomération de 38 millions d’habitants qui n’utilisent que le train ou le métro pour se déplacer. J’en profite pour mentionner que certaines lignes de métro sont aussi des trains de banlieue du genre RER à Paris et que leurs terminus se trouvent parfois à des dizaines de kilomètres.

Je demande donc à Olivier Pastré, journaliste des Echos quel est le modèle ferroviaire français tant envié par l’étranger. Les TGV ? Ce sont de vraies poubelles avec des toilettes inutilisables, les TER ? Ils sont toujours en retard, les RER pour les Parisiens ? On se demande dans quel pays on se trouve tant ils sont sales, recouverts de graffitis, lents et vétustes … Le modèle français ? Permettez-moi Monsieur Pastré d’avoir un gros fou-rire. De toute évidence vous n’êtes jamais allé au Japon et vous n’avez jamais pris de train – Shinkansen compris – ni à Tokyo ni à Osaka.

Vendredi prochain je rentre chez moi et pour aller à l’aéroport de Narita je sais que les trains seront ponctuellement à l’heure et qu’il n’y aura naturellement pas de grève … Vive le modèle ferroviaire japonais !

5 réflexions au sujet de « La SNCF : un modèle pour l’étranger ? »

  1. C’est bien français de se prendre pour référence. D’emblée rien n’est mieux qu’en France, car … il y a toujours une justification.
    Plutôt que de partir d’une réflexion (ce qu’on veut comme transports, qualité de vie, production agricole, emploi…), en France c’est la culture de l’immobilisme(rien ne peut se faire autrement)…

  2. Et vous pouvez ajouter les problèmes d’incivilité, d’agressions et de vols par des bandes de sauvages….On est bien loin du respect de Japonais.

  3. Ping : Cette SNCF que le monde nous envie face au modèle japonais

  4. Oh ! Comment oser vous dénigrer la SNCF, elle qui enregistre années après années des bénéfices négatifs, qui emploie un personnel pléthorique pour assurer un sévice le plus inconfortable possible aux usagers, des trains silencieusement bruyants, des sièges mous-durs calibrés à la douleur près, des odeurs distribuées auprès de tout un chacun de sueur, de rance de fromage bien fait, comment osez vous ! dénoncer une légère promiscuité, des portables quasiment toujours muets comme leur propriétaires beuglants, des arrêts dès que votre désir s’exprime y compris en rase campagne pour vous assurer le plus court chemin possible à votre point d’arrivée, ralentir pour admirer le paysage, honorer la mariée dans l’intimité d’un ouagon « 10 chevaux 50 hommes », à un prix calculé au plus juste c’est à dire 5 à 6 fois plus cher que le moins cher des autres modes de transport . . .
    Ah! oui! il y a peut être erreur de ma part, j’ai rêvé, un peu . . . à moins d’un cauchemar

  5. le premier paragraphe est fort!!! Ah bon monsieur propose d’interdire la grève? Grève pour « revendiquer je ne sais quoi »… je n’en sais pas plus mais avant de parler faut au moins se renseigner… Radical de faire la grève? Ou acquis social? un gouvernement lucide qui interdit la grève? ultra capitaliste alors? Et ensuite il ose dire que si on a un travail on se la ferme… typiquement une logique capitaliste, ça doit faire chaud au cœur des patrons qui traitent les gens comme de la merde… et le reste… comment comparer le Japon et la France? sur comment ça marche? ou sur comment les employés sont traités? parce que là il y aurait beaucoup à redire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s