Crise climatique : les ouragans passés dans les Caraïbes

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Il m’est apparu utile sinon important de relater dans ce blog une étude réalisée par le laboratoire de dendrologie de l’Université de l’Arizona à Tucson en collaboration avec les Universités de Santiago de Compostelle et de Huelva en Espagne. Il s’agit d’une sorte de compilation d’évènements passés qui à première vue n’ont aucune relation entre eux mais révèlent avec une clarté inattendue l’effet des variations passées du climat sur des évènements qui en raison de la grande peur climatique actuelle sont à prendre très sérieusement en considération. Comme les variations passées de l’activité solaire ont été largement ignorées par les spécialistes du climat constituant l’organisme onusien appelé IPCC, qu’il s’agisse de l’optimum médiéval ou du minimum dit de Maunder, il était tout à fait opportun de relater ces travaux relatifs à la fréquence des ouragans qui ont sévi durant la période froide dite de Maunder (1645-1715) dans la Caraïbe, un fait qui a pu être relié à la croissance des arbres en Floride durant la même période. La peur climatique entretenue par l’IPCC fait état d’une aggravation des phénomènes météorologiques naturels et en particulier les ouragans (hurricanes dans la Caraïbe, typhons dans le Pacifique nord-ouest et cyclones dans le Pacifique sud et l’Océan Indien). Il n’en est pourtant rien depuis près de 20 années, curieux is not it ?

Les archives espagnoles couvrant la période 1495-1825 recouvrant largement le minimum de Maunder font état de la disparition en mer de 657 bateaux liés à des ouragans tropicaux mais la base de données relative aux ouragans tropicaux qui ont sévi dans l’Atlantique Nord sur la période équivalente ne correspond pas avec les archives espagnoles. Il a donc fallu trouver une autre approche chronologique pour relier ces évènements entre eux. La dendrochronologie relative aux arbres de Floride a permis d’établir une relation crédible entre ces phénomènes météorologiques violents et les archives espagnoles sur la période 1707-2009. La croissance des pins de Floride (Pinus elliottii), en particulier ceux de Big Pine Key, est perturbée par l’apport d’eau chargée en sel occasionnée par les ouragans et la dendrologie permet d’établir une chronologie très précise des évènement cycloniques ayant atteint les côtes et par voie de conséquence cette approche constitue ce que l’on appelle un autre « proxy » décrivant la dynamique climatique de l’Atlantique Nord sur de relativement longues périodes.

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Le minimum de Maunder est l’évènement climatique le plus sévère répertorié précisément durant ces derniers siècles. Il est la résultante de quatre facteurs liés les uns aux autres ayant résulté en une chute spectaculaire du nombre de chavirages des bateaux marchands espagnols qui n’enduraient plus de conditions météorologiques extrêmes. La fréquence des ouragans dépend de la température absolue des eaux de surface dans la zone tropicale de l’Atlantique Nord. Elle dépend également de la différence de température des eaux de surface entre les zones tropicales et les zones sub-tropicales. Cette fréquence dépend encore des oscillations australes du phénomène El Nino (ENSO) et enfin des oscillations de l’Atlantique Nord (NAO). Ces conditions ont été profondément modifiées à la suite de la chute de l’activité magnétique solaire durant cette période qui a été largement vérifiée par de nombreux proxys dont le plus évident était la quasi absence de taches solaires pendant plusieurs dizaines d’années. Il y eut une conjonction de ces évènements climatiques qui renforça le phénomène conduisant à une raréfaction des ouragans. Le nombre de navires marchands espagnols perdus en mer durant cette période a donc chuté par voie de conséquence.

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Comme les projections actuelles des astrophysiciens font état d’une reproduction dans un futur proche du même type d’effondrement de l’activité magnétique solaire qui eut pour conséquence un refroidissement dramatique et durable du climat lors du minimum de Maunder il était donc intéressant d’établir une relation entre cette période historique et les évènement réels qui eurent lieu et qui sont sans ambiguité répertoriés dans les archives espagnoles. Il est apparu que la fréquence des ouragans s’est effondrée durant cette période comme cela a été montré par dendrochronologie et dans le même temps le nombre de bateaux marchands perdus en raison de conditions cycloniques a été considérablement réduite comme le montre l’illustration ci-dessous.

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Cette étude apporte donc un argument supplémentaire indéniable au sujet de l’effet de l’activité solaire sur les conditions météorologiques, et partant climatiques, qui ont prévalu durant cette période de refroidissement sévère. Il est intéressant enfin de rapprocher cette étude avec le « hiatus » climatique de ces dernières 20 années qui n’a pas pu établir une quelconque augmentation des températures moyennes observées objectivement, corroborant les données relatives à la baisse substantielle de l’activité solaire qui ne peut plus être niée ainsi que la diminution du nombre d’ouragans de catégorie 3 et plus qui ont atteint la terre ferme nord-américaine durant cette même période. Il est également intéressant de mentionner le renversement de tendance de la NAO (voir le lien) depuis la fin des années 1990.

En quelque sorte l’histoire passée, avec des rapprochements inattendus, apporte de nouveaux arguments en faveur d’une prédominance des variations de l’activité magnétique du Soleil sur le climat terrestre. Finalement il paraît donc vain sinon malhonnête de continuer à nier que le Soleil n’a pas d’effet sur le climat terrestre. Ce n’est plus l’affaire des scientifiques honnêtes que d’affirmer le contraire mais cela relève désormais uniquement des politiciens, des organisations non gouvernementales et des corporations multinationales que de soutenir que le climat est perturbé par l’activité humaine …

Sources et illustrations : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519566113

http://dx.doi.org/10.1016/j.earscirev.2016.02.005

 

7 réflexions au sujet de « Crise climatique : les ouragans passés dans les Caraïbes »

  1. Personne n’a jamais nié l’importance de l’activité solaire sur le climat terrestre. Qui peut croire çà ?
    Et tant mieux si le soleil compense un peu ou beaucoup l’activité anthropique.
    Actuellement, les grues, les oies sauvages, les mousserons de la st Georges (Lyophilisé Georgii) et beaucoup d’autres pensent, avec quelques solides arguments, que le réchauffement climatique est déjà en cours depuis plus de 10 ans.
    Et vérifiez vos moyennes, sur les 15 dernières années.

  2. Bonjour et merci pour votre article.

    L’activité solaire a bien entendu un effet sur la terre. Au niveau de l’atmosphère, chacun peut se rendre compte en investissant de son temps afin de lire les diverses études que le signal solaire, notamment celui de 11 ans, est assez significatif et augmente en fonction de l’altitude.
    En ce qui concerne les effets que peuvent avoir un minimum solaire prolongé tel que celui qui s’est déroulé lors du Minimum de Maunder, les connaissances scientifiques actuelles sont encore assez restreintes pour statuer sur des liens directs de cause à effet. Il est naturellement légitime au vu des observations actuelle sur la variation solaire de se demander quelle pourrait être les conséquences d’un tel minimum et si celui-ci pourrait de nouveau déboucher sur une période plutôt froide touchant principalement l’hémisphère nord. Le fait est que les mesures satellitaires ont seulement commencé depuis une bonne quarantaine d’années et que nous n’avons pas la moindre idée de l’intensité du déclin que peut atteindre l’activité magnétique du soleil, même au travers de différent proxies, bien qu’ils puissent nous aiguiller sur un ordre de grandeur spécifique.

    Une des possibles idées évoquées que je trouve intéressante pourrait être le lien entre le soleil, la chimie de l’ozone ( et donc la variabilité de la température et du comportement des vents de hautes atmosphère) sur le jet stream arctique. En effet, celui-ci à une ampleur d’oscillation qui peut être importante dû à la topologie du pôle nord et à la propagation des ondes atmosphériques qui en résultent. Il est beaucoup plus fragile que ne l’est son homologue de l’hémisphère sud. Tout à chacun est à même de s’apercevoir des phénomènes climatologiques conséquent qui se produisent au niveau de l’Europe et l’Amérique du nord tel que la soudaine baisse des températures et les événement neigeux lorsque le jet stream devient instable et subit d’importante oscillations, poussant ses vents vers le sud.. (notamment à cause d’évènement appelés « Sudden Stratospheric Warming »).

    Un minimum solaire qui déstabiliserai le jet stream et entraînerai un changement de tendance vers un index négatif au niveau des oscillations nord atlantiques est une idée assez intéressante. D’autant plus qu’une tel disposition diminuerait l’intensité des tempête comme décrit dans l’article présent.

    En ce sens, j’incite ceux qui sont intéressé par une tel éventualité à lire l’étude suivante :

    Katja Matthes, Solar cycle and climate predictions, NATURE GEOSCIENCE | VOL 4 | NOVEMBER 2011.

  3. Merci pour avoir signalé cet article.

    Il est d’autant plus intéressant que les auteurs ne cherchaient pas à démontrer l’impact du minimum de Maunder. Comme ils l’ont dit dans un entretien [référence à retrouver], le minimum de Maunder est apparu dans les données sans que cela soit attendu.

    Les auteurs ne sont donc pas victimes du biais de confirmation.

    Cdlt.

    PS: Avez-vous des nouvelles de Dr. V. V. Zharkova depuis le séminaire de la semaine dernière en Finlande ?

  4. guerresdusiècle @

    «  » » »Personne n’a jamais nié l’importance de l’activité solaire sur le climat terrestre. Qui peut croire çà ? » » » »

    En fait les variations de l’activité solaire sont très faibles en terme d’émission d’énergie (c’est de l’ordre de 1 à 2 watt/m2). Ce qu’oublie de signaler Jacques Henry, qui cherche à faire dire aux études qu’il cite ce qu’elles ne disent pas, c’est que le volcanisme a eu beaucoup plus d’importance dans ce qu’on appelle le minimum de Maunder que le soleil.

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