Paracetamol pendant la grossesse : pas vraiment de danger.

 

Quand les médecins font des mathématiques, c’est affligeant !

Une étude « très » sérieuse réalisée conjointement par les Universités de Bristol et d’Oslo portant sur 114761 enfants pour qui le dossier médical de leurs mères avait été dûment enregistré dans le cadre d’une étude reliant les médicaments pris lors de la grossesse et les pathologies dont pouvaient souffrir les enfants a conclu à un effet néfaste du paracétamol sur ces derniers. La relation de cause à effet entre le paracétamol au cours de la grossesse et l’apparition d’allergie, dont l’asthme, a été établie de manière « indubitable ». Il faut lire l’article en détail pour comprendre que l’affirmation de ces médecins est une vaste supercherie. Mes lecteurs curieux peuvent se risquer à la lecture de cet article paru dans l’International Journal of Epidemiology qui est un exemple de mauvaise foi et de fausse science (voir le lien).

En effet, rien n’indique clairement qu’il puisse exister une relation entre la prise de paracétamol par la mère au cours de la grossesse et quel que soit l’état d’avancement de cette grossesse avec l’apparition d’asthme chez l’enfant. Le suivi des enfants n’a été réalisé qu’en fonction du paracétamol et non sur la base d’autres critères. L’échantillonnage des enfants diagnostiqués comme souffrant d’asthme était ciblé en trois catégories : quelques mois après la naissance, à trois ans et à sept ans et seuls les enfants en très bas âge ont semble-t-il été affectés par cette prise de paracétamol au cours de la grossesse.

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Les conclusions de ces travaux purement statistiques font ressortir que la prise de paracétamol durant la grossesse a une « influence certaine » sur l’apparition précoce de l’asthme chez l’enfant selon les conclusions des auteurs de cette étude. Cette influence est-elle significative ? On peut raisonnablement en douter car il faut avoir un oeil exercé pour décrypter les données présentées dans cet article : quelques points de pourcentage de différence, une différence significative ?

Je n’ai jamais été un féru de statistiques mais il paraît clair que cette différence relève du bruit de fond statistique … Cette étude aurait pu tout aussi bien montrer que manger du chocolat pendant la grossesse était un facteur favorable à l’apparition de l’asthme chez l’enfant. On peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres avec de telles études statistiques. Comme en ce qui concerne le climat, la médecine dérive dangereusement vers des modélisations mathématiques et des analyses statistiques ex abrupto qui n’ont plus aucun lien avec la réalité. Méfiance !

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Notes relatives aux illustrations. 1 : reproduit ici un fragment du tableau 2 de l’article qui décrit les cas d’asthme chez les enfants de 3 ans. La deuxième colonne indique le pourcentage d’enfants atteints.

2 : exemple d’une relation de cause à effet : l’incidence du nombre de meurtres avec des produits ou des objets chauds sur l’âge de Miss America. Sans commentaire …

Source : doi: 10.1093/ije/dyv366

3 réflexions au sujet de « Paracetamol pendant la grossesse : pas vraiment de danger. »

  1. Je ne sais pas ce que vaut réellement l’étude, mais sur le plan purement statistique, les résultats sont significatifs : un écart de 2,1 point sur un échantillon de 45 607 est largement supérieur à l’intervalle de confiance à 95% ( qui est de 2xsqrt(0.05×0.95/45000) = 0,2 point).
    D’autre part que la consommation de paracétamol (comme celle des antibiotiques) explique une partie de l’augmentation des cas d’allergie chez l’enfant me parait tout à fait plausible.

    • Les non-chercheurs sont plus nombreux que les chercheurs dans les laboratoires de toutes sortes. Ils ne trouvent jamais, mais ils publient autant sinon plus. Entre parenthèses, l’effet Allee est aussi, selon moi, le résultat d’une non recherche : comment prendre l’effet pour la cause. Les apiculteurs, depuis les grecs au moins (2700 ans environ), savent qu’il est inutile de nourrir un essaim qui fait moins de 2 poings. Comme pour les abeilles, l’augmentation considérable des allergies est multifactorielle : l’hygiène « occidentale », les pesticides, l’urbanisation, l’alimentation « normalisee » sont probablement les principaux facteurs, peut-être aussi le paracétamol …

  2. Si cette étude porte aussi sur 45000 enfants dont les mères n’ont pas pris de paracétamol pendant la grossesse, alors elle est recevable. Ce n’est pas le cas, je crois. Mais si par hasard l’étude parallèle montrait que les enfants de ces mères sans paracétamol étaient allergiques avec une différence de +0,2%, ce qui est très possible, il faudrait peut être prescrire du paracétamol à toutes les femmes enceintes ? …

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