Les insectes commensaux de l’homme : un vrai roman animalier !

Capture d’écran 2016-02-08 à 19.55.13.png

L’écosystème des maisons d’habitation était assez mal connu jusqu’à cette étude réalisée à l’Université de Raleigh en Caroline du Nord et concernant la population d’arthropodes commensaux de l’homme dans 50 maisons de la ville de Raleigh et de ses alentours. Et les résultats sont assez surprenants malgré le fait que seules les surfaces visibles et accessibles ont fait l’objet d’investigations minutieuses. Par exemple les tiroirs, les placards et l’intérieur des murs n’ont pas été étudiés alors qu’ils peuvent servir de refuge à ces arthropodes. Les couloirs, salles de séjour, cuisines, salles de bain et chambres à coucher ont été passés au peigne fin par des entomologistes entrainés à l’aide pincettes, de petits aspirateurs spéciaux et de filets spécialement étudiés pour piéger tous les insectes rampants et volants qui peuvent se trouver dans une maison d’habitation.

Le résultat est pour le moins inattendu : 145 arthropodes différents ont été référencés, depuis des mille-pattes et autres poissons d’argent en passant par les mouches (30 espèces différentes), les acariens, les mites de la laine, les poux, les puces, les cafards, les araignées, les fourmis et autres termites. On vit carrément dans une sorte de zoo sans vraiment s’en rendre compte et ceci malgré tous les efforts que l’on puisse faire pour garder une maison « propre », ce qui n’est qu’une apparence.

Capture d’écran 2016-02-08 à 19.55.41.png

L’illustration en trois parties ci-dessus tirée de l’étude publiée dans le journal PeerJ ( DOI : 10.7717/peerj.1582 ) représente les 12 familles d’arthropodes les plus fréquemment retrouvés dans les maisons. Il s’agit par ordre alphabétique et de fréquence des araignées communes tissant une toile parfois invisible, du scarabée des tapis, d’une mouche parasitant les plantes, la cécidomie (C), les fourmis, le poux des livres (Liposcelis) (E) qui ne s’attaque pas seulement au papier mais aussi à la farine, au riz, au pain, aux biscuits et qu’on ne reconnaît que difficilement à l’oeil nu. Viennent ensuite (F) les petites mouches s’attaquant aux plantes d’appartement – ici des maisons – inoffensives mais qu’on peut confondre avec les mouches du vinaigre. Dans 84 % des maisons étudiées des pholcus ont été retrouvés, ces araignées aux longues pattes très communes (G).

Capture d’écran 2016-02-08 à 19.55.57.png

L’inévitable charançon de la farine est aussi très commun (H) comme l’est aussi le moustique Aedes albopictus (I) qui peut transmettre le virus Zika, retrouvé avec d’autres moustiques comme le vulgaire culex dans 82 % des maisons. Est-ce la raison pour laquelle le Président Obama a débloqué la coquette somme de 1,8 milliard de dollars pour la prévention du virus Zika ? Vient ensuite, curieusement, une mouche qui parasite d’autre hyménoptères comme les scarabées retrouvée dans beaucoup de maisons (J) et dont il a été fait mention dans ce blog au sujet des abeilles (billet du 6 février 2015), puis dans encore 82 % des maisons la cicadelle commune, un petit insecte suceur de sève qui doit probablement passer au travers des moustiquaires des fenêtres et des portes (K) ou être introduite par des fleurs coupées et enfin les moucherons ressemblant à des moustiques mais qui ne piquent pas (L). Les acariens ont été retrouvés dans plus des trois quarts des maisons et on les a détecté préférentiellement dans les moquettes et les tapis, on pouvait s’y attendre …

Source et illustrations : PeerJ

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s