La dracunculose, deuxième maladie bientôt éradiquée de la planète

Capture d’écran 2016-02-06 à 00.57.08.png

Lorsqu’il y a 30 ans l’ex-président Jimmy Carter quitta la Maison-Blanche il réalisa un vieux rêve : éradiquer la maladie du ver de Guinée uniquement par des actions sur le terrain sans l’aide d’aucun laboratoire pharmaceutique ni d’aucun pesticide. La Fondation Carter se débattit pour combattre cette maladie tropicale oubliée, un doux euphémisme car ce genre de pathologie n’intéresse personne pour la simple raison qu’il n’y a pas de profits à réaliser …

En 1986 plus de 3,5 millions de personnes de tous ages souffraient de cette parasitose particulièrement douloureuse et débilitante dans 21 pays africains et asiatiques. En 2015 le nombre de personnes souffrant de « filaire » n’était plus officiellement que 22 ! Belle réussite … Sans les conflits du Sud-Soudan, du Mali (où la France est impliquée), du Tchad et de l’Ethiopie, des états en guerre civile, l’objectif de Jimmy Carter aurait été atteint bien avant mais la guerre passe avant la santé des citoyens.

Il n’en reste pas moins qu’il faut reconnaître l’opiniâtreté de Jimmy Carter, de sa fondation et de tous les organismes locaux qui est finalement payante à moindres frais, le ver de Guinée ( Dracunculus medenisis) va être très probablement cette année 2016 la deuxième maladie humaine définitivement rayée de la carte après la variole.

Drac_life_cycle.png

Comment en est-on arrivé à ce résultat spectaculaire bien que cette maladie ne soit pas mortelle et n’ait jamais intéressé qui que ce soit dans le monde ? Pour répondre à cette question il faut revenir quelques instants sur le cycle de vie de ce parasite dont le réservoir est essentiellement l’homme et anecdotiquement le chien.

Le cycle de vie du nématode passe par l’intermédiaire de copépodes, de minuscules créatures aquatiques qu’on peut assimiler au zooplancton. C’est en buvant de l’eau contenant ces copépodes que l’homme s’infecte et le résultat est l’apparition au bout de plusieurs mois d’une sorte d’ampoule, le plus souvent au niveau de la cheville, d’où finit par émerger le ver femelle qu’il faut soigneusement retirer à l’aide d’un bout de bois servant littéralement de bobine car le ver peut atteindre plus d’un mètre de long. Le processus est lent, parfois plusieurs semaines, et extrêmement douloureux. Le malade est immobilisé. Durant cette opération, le ver relâche des oeufs dans l’eau dans laquelle le patient baigne son pied pour atténuer les douleurs et naturellement le cycle recommence (illustration Wikipedia).

Capture d’écran 2016-02-06 à 00.56.09.png

La Fondation ( http://www.cartercenter.org/health/guinea_worm:index.html ) a tout simplement éduqué les villageois pour qu’ils filtrent systématiquement l’eau destinée à la boisson afin d’éliminer les copépodes. L’OMS et l’UNICEF ont été les deux principaux partenaires de la Fondation Carter avec l’appui des ministères de la santé locaux et cette action soutenue pendant 30 ans se termine finalement sur une très belle réussite.

Capture d’écran 2016-02-06 à 00.56.31.png

Source et illustrations : Fondation Carter

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s