Du Kopi luwak dans votre tasse, ce n’est plus un luxe inaccessible

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Durant l’occupation des Indes Orientales *(voir note) par les Hollandais, les agriculteurs qui produisaient du café n’avaient pas le droit de se servir pour leur propre consommation. Ils trouvèrent rapidement un stratagème pour contourner cette interdiction conforme à la plus pure idéologie colonialiste de l’époque, ramasser les défécations des civettes qui se nourrissent des baies des caféiers, récupérer les graines, les nettoyer, les torréfier et les broyer pour préparer leur propre café. La saveur de ce breuvage était très particulière et les Hollandais finirent par apprécier ce café exceptionnel appelé Kopi luwak.

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Aujourd’hui ce café est encore produit en élevant des civettes en captivité et en leur forçant à manger des baies de caféier pour obtenir ce nectar exceptionnel. Un kilo de graines de café produit après digestion dans l’intestin des civettes peut atteindre l’incroyable prix de 1000 dollars. Le souci est que les civettes en captivité ne choisissent pas leurs baies préférées selon leur murissement et la qualité du produit final peut être aléatoire. De plus les civettes ne se reproduisent pas en captivité.

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Pour reproduire le Kopi luwak, une petite start-up américaine a eu l’idée d’analyser la flore intestinale des civettes et d’en isoler environ 700 bactéries et moisissures différentes dans le but de reproduire dans des fermenteurs le processus digestif des civettes pour obtenir ce café exceptionnel dont l’amertume a pratiquement disparu en faisant apparaître des saveurs fruitées et florales avec une touche chocolatée. Les co-fondateurs de cette société basée à Brooklyn et promise à un grand avenir sont deux Français, Camille Delebecque et Sophie Deterre qui ont conjugué leurs talents, le premier étant biologiste et la seconde chimiste spécialisée dans les arômes. Il leur a fallu de longs mois de tâtonnements pour arriver à en quelque sorte formuler un cocktail bactérien pour reproduire le Kopi luwak. La société Afineur, c’est son nom et qui ne compte donc que 2 employés, a déjà réalisé un chiffre d’affaire de 100000 dollars en 2015 en commercialisant directement ou via des petits détaillants de produits alimentaires de luxe ce café d’un nouveau genre, torréfié avec le plus grand soin, opération qui élimine naturellement les microorganismes utilisés lors du processus de fermentation. Il vous en coutera environ 140 dollars le kilo, soit dix fois moins que le Kopi luwak authentique pour déguster un café à l’arôme incomparable …

* Les Indes Orientales comprenaient une grande partie de l’Indonésie actuelle. Le développement de la culture du café à grande échelle date du début du XVIIIe siècle.

Source et illustrations : http://www.afineur.com/cultured-coffee. Civette des palmiers (Paradoxurus hermaphroditus) se nourrissant de baies de caféier (Getty Images)

Les USA : un pays moyenâgeux …

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Les USA se targuent d’être le pays le plus représentatif des libertés, de la démocratie et du respect des droits de l’homme en faisant la leçon à des dizaines de pays de par le monde. Pour de basses raisons économiques ils flirtent avec des royaumes comptant parmi les plus rétrogrades du monde comme l’Arabie Saoudite. Mais qu’en est-il exactement dans l’Amérique profonde puritaine jusqu’à la nausée ?

Un rapport datant de 2012 publié par le CDC (Center for Disease Control) faisait état de 513000 mutilations génitales de jeunes filles d’origine afro-américaines pour cette seule année 2012. On n’est pas loin des mêmes statistiques de la Guinée, de l’Ethiopie ou de la République Centrafricaine. Il faut rappeler ici qu’en Egypte, un autre grand pays ami des USA, 98 % des femmes sont excisées. La loi américaine interdit cette pratique et pourtant … Sous prétexte de revenir aux sources de nombreux afro-américains vont en quelque sorte en pèlerinage dans les pays putatifs d’où sont originaires leurs ancêtres avec leurs gamines pour soumettre ces dernières à une excision dans les règles de l’art des ancêtres. On appelle ce genre de voyage le « vacation cutting », littéralement les vacances pour couper !

Ces jeunes filles excisées en Afrique pour les besoins de la cause plus traditionnelle que religieuse sont pour la majorité nées aux USA ainsi que leurs parents. Leurs grands-parents immigrèrent dans le pays dans les années 40 quand les USA faisaient appel à de la main-d’oeuvre bon marché afin de pourvoir l’industrie de l’armement en personnel peu rémunéré. Malgré un semblant d’assimilation, cette coutume perdure après deux générations en dépit des campagnes de sensibilisation organisées par les églises et les gouvernements des Etats … Ça laisse rêveur.

Sources : bioedge.org et Unicef. Illustration bioedge.org (FGM : female genital mutilation)

Les câpres, c’est bon pour les troubles de la bandaison

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Il y a plus de trente années j’étais, un mercredi soir jour de football à la télévision, affairé avec ma petite liste dans un hyper-marché pour remplir le réfrigérateur et le congélateur. Il était 21 heures et au détour d’une allée je tombais, comme on dit, sur l’épouse d’un ami joueur de tennis et sportif en tous genres. Nous échangeâmes quelques propos dénués d’importance puis elle se confia à moi en des termes presque désespérés. Son époux était tombé subitement sur le cours de tennis. Il avait soudainement perdu le contrôle d’une jambe, en d’autres termes elle avait été comme paralysée. Il était allé voir son médecin qui avait diagnostiqué un problème de lombaires et qu’il lui était nécessaire de confier sa carcasse à un kinésithérapeute. Bien que n’étant pas médecin et ayant moi-même souffert de crises de sciatique, après quelques secondes de réflexion, il me parut curieux que le médecin ait pu conclure à un tel diagnostic car le pincement d’un nerf sciatique n’est pas soudain, on commence à souffrir de douleurs lombaires. Bref, je lui posais une question directe et très intime à laquelle elle me répondit immédiatement : son époux avait depuis plusieurs mois des problèmes de bandaison. Quelques jours plus tard on lui posait une artère fémorale en rilsan …

Les troubles de l’érection perturbent plus du tiers des hommes âgés de 35 à 55 ans selon des statistiques britanniques récentes et on sait maintenant que ces troubles sont liés à des problèmes vasculaires. Quel peut être l’impact du style de vie sur ce type de troubles, c’est la question à laquelle une étude réalisée conjointement entre l’Université d’East-Anglia et l’Université d’Harvard a répondu en étudiant pendant près de douze ans 51529 hommes âgés de 40 à 75 ans, tous exerçant une profession médicale ou para-médicale et recrutés sur les campus des universités à qui on demanda tous les 4 ans quelles étaient leurs performances érectiles sans utiliser une quelconque médication genre Viagra.

Le traitement statistique rigoureux de tous les paramètres relatifs au style de vie, à l’usage d’alcool ou de cigarettes, au nombre de tasses de café quotidiennes, à l’activité physique, à l’état de santé général et enfin aux habitudes alimentaires fit ressortir que l’alimentation avait un effet direct sur l’aptitude à maintenir une érection satisfaisante. La consommation de fruits et légumes et de boissons riches en flavonoïdes retarde l’apparition de troubles de l’érection et d’un manière générale diminue de près de 15 % la sévérité de ces troubles. Les flavonoïdes sont des substances comportant des fonctions phénol que l’on trouve dans les fruits rouges, le vin rouge, le resveratrol fait partie de la famille des flavonoïdes, le café et le thé. Ces résultats ne sont pas surprenants puisque certaines flavanones et autres flavonols présents dans le café et par exemple le cassis ou le citron, sans entrer dans les détails, ont une action directe sur la production de NO ou monoxide d’azote. Le NO est un modulateur puissant de la vasodilatation et par voie de conséquence favorise le maintien d’une érection satisfaisante. Pour rappel, le NO induit la production d’un signal secondaire appelé cGMP (guanosine monophosphate cyclique) et le Viagra inhibe la dégradation de ce signal.

Par exemple la quercétine agit directement sur la production de NO et donc la vasodilatation des vaisseaux. Les câpres et le coriandre sont très riches en quercétine et leur consommation régulière peut contribuer à une amélioration des troubles de l’érection. L’apigénine, un autre composé de la classe des flavonoïdes agit directement sur les vaisseaux en activant également la production de NO. Le persil, le céleri et la camomille sont des sources bien connues de ce composé. Pourquoi ne pas user de ces divers condiments pour, sinon prévenir, du moins retarder l’apparition des troubles de l’érection … Mais il ne faut pas oublier que le style de vie en général est important. Une alimentation saine combinée à une activité physique régulière sont aussi des conditions essentielles pour ne pas se trouver confronté à ce problème d’érection plus fréquent qu’on ne le croit et dévastateur sur le plan psychologique.

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Source : American Society for Nutrition, doi : 10.3945/ajcn.115.122010

Illustrations : Big Nambas de l’île de Malikolo (ou Malakula) au Vanuatu. En bislama namba signifie étui pénien. Fruits du câprier.

Mayonnaises sans graisses et sel « bio » : arnaques dangereuses !

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Il y a bien longtemps que je n’ai pas écrit de billet sur la malbouffe qui transforme de plus en plus de jolies jeunes filles en répugnants amas de graisse informe ne présentant plus aucun aspect de féminité mis à part le bout de leur nez. Dès que la spirale vicieuse de la prise de poids inconsidérée a débuté, la cause est perdue à moins de consentir à d’immenses efforts que seule une anorexique décide de s’imposer. Et pourtant ce serait tellement facile de préserver une ligne svelte, témoin visuel et agréable d’une bonne santé et d’une alimentation équilibrée.

Prenons comme exemple la sauce de salade prête à l’emploi supposée excellente pour la « ligne » puisqu’elle ne contient pratiquement pas de corps gras. Une pincée de lécithine de soja comme émulsifiant et le reste … ce ne sont que des sucres : amidon de maïs, saccharose et sirop de glucose avec un peu de sel pour donner un peu de goût. Une cuillère à soupe de cette mixture représente deux cuillères à café de sucre et pourtant elle est rangée dans les linéaires des super-marchés parmi les aliments à faibles calories car cette sauce ne contient que des traces d’acides gras !

Dans le même genre de malbouffe industrielle écoeurante figurent les portions pauvres en corps gras à réchauffer dans un four à micro-ondes. Encore une fois pour que ces mixtures indéfinissables puissent être consommables il faut leur ajouter des quantités massives de sucres et au final le consommateur ne peut éviter de prendre de l’embonpoint malgré ses efforts – surtout financiers – pour ne pas grossir. Le business de l’alimentation pauvre en corps gras est florissant et ne continue à progresser que grâce à une publicité mensongère qui prétend que les graisses font grossir. Certes, rapportées aux unités de poids, les graisses représentent plus de calories que les sucres mais le concept même de calories alimentaires a introduit un faux débat totalement déconnecté de la réalité du métabolisme de notre corps.

À moins d’avoir atteint volontairement un état pathologique de surpoids ayant conduit à une dégradation des fonctions hépatiques, l’organisme est parfaitement capable de prendre en charge les graisses. Celles-ci sont rarement stockées sauf, il faut le répéter, en cas de situation métabolique pathologique, mais transformées en énergie lors de leur dégradation et éventuellement en glucose au cas où l’organisme le juge nécessaire.

On pourrait paraphraser la fameuse équation d’Einstein E = mc2 : si on consomme plus d’énergie que l’organisme n’en a besoin on la transforme en masse ! Prenons l’exemple des produits lactés qui contiennent du calcium. Ce calcium a pour effet de réduire la capacité de l’intestin à assimiler les acides gras car les sels de calcium de ces acides sont très peu solubles et se retrouvent au final éliminés dans les selles, à condition naturellement de consommer des produits laitiers « normaux » c’est-à-dire du lait entier ou des yaourts préparés avec du lait entier. Utiliser du lait écrémé ou pire encore du lait artificiel à base de soja est un non-sens nutritionnel !

Venons-en au sel, le vulgaire chlorure de sodium. Le seul point négatif que l’on peut noter à propos du sel est la propension du sodium à augmenter la pression artérielle. Si vous entrez dans une boutique vendant des produits « bio » ou « nature » la dose d’arnaque et de mensonges devient consternante. On vous propose du « sel sans sodium » qui n’est autre que du chlorure de potassium, merci pour les reins et la balance sodium-potassium très délicate à maintenir. En quoi des sels roses en provenance de l’Himalaya, des sels gris de Guérande (par exemple) et autres fleurs de sel sont-ils bénéfiques pour la santé et la pression artérielle ? Les cardiologues sont eux-mêmes perplexes quant à l’effet du sel sur la pression sanguine car il varie d’un individu à l’autre pour des raisons inexpliquées. Si vous êtes prêt à payer dix fois le prix du sel marin industriel un sel grisé avec des cendres volcaniques d’Hawaii vous ne ferez qu’enrichir des escrocs. On peut même ajouter que jamais un restaurateur spécialisé dans la cuisine sans sel n’a réussi à être étoilé dans le guide Michelin. Les industriels de la malbouffe le savent très bien, sans sel leurs préparations toxiques seraient invendables.

Inspiré de diverses sources.

Un nouvel adjuvant pour les vaccins destinés aux très jeunes enfants

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Les opposants à la vaccination dont les arguments sont basés sur des a priori totalement faux vont encore hurler d’effroi en apprenant qu’un nouvel adjuvant a été mis au point pour amplifier la réponse immunitaire au vaccin de la grippe chez les très jeunes enfants. Ces opposants à la vaccination basent en effet leurs arguments sur l’effet délétère de l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant dans les vaccins qui serait tellement dangereux que des milliers de personnes développeraient la maladie d’Alzheimer ou que d’autres milliers d’enfants deviendraient autistes à cause de cet adjuvant (voir le billet sur l’autisme). Jamais une quelconque relation de cause à effet crédible n’a pu être scientifiquement établie. Sur des milliards de vaccins administrés les « incidents » ayant été prétendument liés à ces derniers sont indiscernables de ce que l’on appelle le bruit de fond statistique. À coup sûr les opposants à la vaccination vont immédiatement organiser une campagne populaire pour s’opposer à un nouveau vaccin trivalent contre la grippe dont l’adjuvant est du squalène et on verra apparaître dans la presse de caniveau des articles rageurs dénonçant la dangerosité des vaccins.

Le squalène dont le nom dérive de celui des requins (squales) est un produit naturel que nous synthétisons pour la production des stérols et que l’on trouve dans de nombreux aliments et huiles végétales. Il fallait le préciser car on pourrait croire que cet adjuvant est préparé à partir d’ailerons de requin … Bref, le problème se situe au niveau de la réponse immunitaire des très jeunes enfants au vaccin anti-grippe car ils répondent mal à ce vaccin préparé sans ou avec seulement des traces d’adjuvants classiques. Un essai clinique en phase II et en double aveugle englobant 90 enfants âgés de 14 à 24 mois a montré que l’adjuvant à base de squalène était très bien toléré et conduisait à une réponse immunitaire robuste. Il s’agit d’un résultat important car la réponse des très jeunes enfants à la vaccination est parfois très faible car leur système immunitaire n’est pas encore totalement établi. Le vaccin trivalent contre la grippe avec du squalène comme adjuvant est déjà largement utilisé pour les populations d’âges compris entre 6 et 72 ans. La vaccination des très jeunes enfants est considérée comme importante et utile pour prévenir les complications de la grippe qui peuvent être sévères chez ces derniers. Enfin, d’une manière générale la vaccination est un outil de prévention peu coûteux dont l’efficacité et l’innocuité ont été largement prouvées depuis de nombreuses années.

Il est intéressant de rappeler ici la polémique au sujet de la récente épidémie de coqueluche non pas due à un virus mais à une bactérie (Bordetella pertusis) en Floride. Les enfant de moins de trois ans souffrant de coqueluche avaient été normalement vaccinés contre cette affection respiratoire qui peut parfois être mortelle. Or il se trouve que le corps médical s’est souvent plaint du manque d’efficacité du vaccin qui n’atteindrait qu’à peine 45 % d’efficacité. Naturellement il n’en a fallu pas plus pour que les activistes anti-vaccins crient à l’imposture et à la tromperie des laboratoires pharmaceutiques. Peut-être faudrait-il aussi reconsidérer la nature des adjuvants utilisés pour les vaccins administrés aux très jeunes enfants dont le vaccin hepta-valent incluant la coqueluche.

Source : PNAS, http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519690113 et The Daily Beast. Illustration : The Daily Beast.

Billet d’humeur économique

Chine et les autres : tout le monde sait que les dirigeants politiques mentent mais personne n’ose le dire !

Si on lit la presse en ligne, quelques blogs et autres sites d’information spécialisés, le tout complété par des dépêches d’agence, on se rend très vite compte que le journalisme est devenu une fabrique de mensonges, mais pas seulement car la presse en ligne correspondant à la presse papier que Monsieur Tout le Monde peut trouver chez son marchand de journaux est aux ordres du monde politique, lui-même aux ordres du monde de la finance dont les principaux dirigeants sont en ce moment même réunis à Davos. Au final c’est donc le monde de la finance qui ment …

En ce qui concerne la Chine, première économie mondiale, la croissance en 2015 n’a été « que » de 6,9 %, une statistique sortie directement du chapeau des dirigeants à peine deux semaines après la fin de l’année, une prouesse d’efficacité de l’administration chinoise. Mais on apprend aussi que durant la même année 2015, les exportations ont baissé de 7,5 % et les importations de 14 %. La production d’acier a plongé de près de 6 % en 2015 ainsi que la production d’énergie, -2,5 % par rapport à 2014. Inutile enfin de rappeler la dégringolade des bourses chinoises et le trouble profond du dollar d’Hong-Kong et de la bourse de la même ville. Les investisseurs et les fonds vendent dans l’urgence pour ne pas perdre trop de plumes si ce n’est déjà fait.

Malgré le fait qu’il y a comme un gros hiatus dans ces données économiques, tout le monde continue à croire que l’économie chinoise est encore en pleine croissance. Il s’agit d’un mensonge dont l’énormité est proportionnelle à la taille du pays ! Avec ces quelques données économiques pêchées ça et là il est évident que la croissance chinoise n’était pas en 2015 de 6,9 % mais que le pays souffre d’une récession violente depuis plus d’un an, peut-être, pour rester optimiste, -2 à -3 % : de la « croissance négative » en novlangue.

Il ne faut pas chercher plus loin l’explication de la chute des cours du pétrole, du charbon ou encore du minerai de fer. Que les économistes du monde entier cessent de se voiler la face. Toutes les tentatives de relance domestique de l’économie chinoise ont échoué. Les dirigeants chinois ont tenté de réorienter la croissance jusqu’alors poussée par les exportations vers la consommation intérieure mais comme on dit dans nos campagnes « on ne peut pas obliger un âne à boire s’il n’a pas soif ». En d’autres termes l’immense majorité de la population chinoise reste encore pauvre parce que sous-payée et elle n’est pas disposée à « consommer » tout simplement parce qu’elle n’en a pas les moyens.

Enfin on ne peut pas également continuer à nier que dans la foulée l’ensemble des économies dites occidentales sont en récession. Encore une fois, les politiciens nous mentent : la plupart des pays européens maintiennent artificiellement une croissance chétive à coup d’endettements sur les marchés. Il s’agit d’une autre forme de trucage des statistiques économiques : sans endettement chronique, des pays comme l’Italie, la France ou l’Espagne seraient en profonde récession et la persistance du chômage dans ces pays est bien le signe le plus évident que l’économie est atone.

Bienvenue dans le monde du mensonge …

L’autisme : une petite malformation du cortex cérébral

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L’autisme dont la fréquence est d’environ une personne sur 100 atteint 5 fois plus les garçons que les filles et cette pathologie d’origine encore largement inconnue aurait tendance à augmenter mais cette observation peut être contestée en raison des progrès réalisés dans sa détection. Il n’existe aucun traitement pour améliorer ce trouble psychiatrique plus ou moins handicapant. Très brièvement l’autisme est un trouble apparaissant dès l’âge de six mois et bien établi à l’âge de deux ans dont le principal symptôme est un déficit communicationnel de l’enfant entrainant de ce fait un repli sur lui-même. Sur le plan génétique les tentatives d’explication de l’autisme se sont révélées décevantes. Quant aux facteurs environnementaux, y compris l’administration de vaccins, ayant pu interférer avec le développement cérébral avant ou après la naissance, il n’y a pas de conclusions claires qui puissent étayer une origine de l’autisme liée à ces derniers. Enfin, de nombreuses études ont fait état de discrètes modifications des replis du cortex chez les enfants autistes sans qu’une quelconque relation de cause à effet ait pu être avancée.

Une récente étude réalisée à l’Université Aix-Marseille en liaison avec l’Hôpital de la Timone à Marseille sous la direction du Docteur Christine Deruelle vient de lever un coin du voile mystérieux de l’autisme qui tendrait à prouver que l’origine de cette maladie psychiatrique est liée à un défaut du repli des circonvolutions du cortex cérébral au niveau des aires du langage en particulier l’aire de Broca. De nombreux travaux réalisés en imagerie du cerveau par résonance magnétique nucléaire ont montré que les enfants autistes présentaient des modifications sans que jamais il ait pu être mis en évidence de manière décisive une origine anatomique. C’est ce que vient de réaliser l’équipe du docteur Deruelle en cartographiant par IRM les cerveaux de 59 enfants diagnostiqués autistes, 21 enfants souffrant de troubles psychologiques autres que l’autisme et 22 enfants normaux, tous âgés de 18 à 110 mois. Comme l’occurence de l’autisme est plus fréquente chez les garçons, tous les sujets ayant participé à cette étude étaient donc des garçons.

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Pour comprendre la signification des résultats obtenus il faut faire un bref rappel de la structure du cortex cérébral. Le volume du cerveau est limité par la boite crânienne, la surface du cortex n’a donc pu se développer qu’en s’organisant en replis formant des fissures (sulcus en latin) de profondeurs variées que les anatomistes appellent des pits, un mot d’origine anglo-saxonne pouvant se traduire par puits. Ces fissures se forment au cours du troisième trimestre de la gestation mais le développement du cortex continue au cours des deux premières années après la naissance et ces fissures évoluent encore contribuant à la bonne mise en place de l’organisation neuronale finale du cortex.

Un traitement informatique des données IRM permet de quantifier la profondeur des fissures du cortex cérébral dont, il faut le rappeler, l’épaisseur n’est que de quelques millimètres, la partie du cerveau où se trouvent les fameuses « petites cellules grises » si souvent vantées par Hercule Poirot au cours de ses enquêtes policières.

La profondeur de ces replis discrets du cortex est donc directement liée à l’activité cérébrale sensorielle ou cognitive. L’ étude par imagerie par résonance magnétique réalisée à Marseille a montré que la profondeur de ces replis était significativement altérée chez les enfants autistes. Les « puits » (sulcal pits) au niveau de l’aire de Broca ou aire de Brodmann 45 sont moins profonds chez les enfants autistes. Il n’est pas difficile de comprendre que les enfants souffrant d’autisme disposent dans cette aire particulière du cerveau d’un déficit en neurones puisque la surface du cortex y est géométriquement réduite (voir la note explicative de la figure tirée de l’article cité en référence).

Quelles sont les causes de cette malformation discrète mais évidente du cortex conduisant à l’autisme ? Cette étude n’aborde pas le sujet car il est extrêmement complexe et multifactoriel. Finalement l’autisme ne serait qu’un petit incident apparaissant au cours du développement du cerveau depuis le troisième tiers de la vie foetale jusqu’à l’âge de deux ans dont on ne connaîtra peut-être jamais les causes …

Source et illustration : Biological Psychiatry, http://dx.doi.org/10.1016/j.bpsc.2015.11.003 Article aimablement communiqué par le Docteur Deruelle qui est chaleureusement remerciée ici. Autre illustration du cerveau (aire de Broca) Wikipedia.

Note. Graphique : différence de profondeur des fissures (sulcal pits) en centimètres entre les contrôles (CTR), les enfants autistes (AD, autism disease) et les enfants souffrant d’autres troubles du développement PDD-NOS), deep : profond, shallow : peu profond . Partie droite, représentations des parties gauche et droite du cortex. En jaune les différences non significatives entre les trois groupes, en rouge, différence significative. Partie inférieure : zoom de la fissure de l’aire de Broca symbolisée par un point noir jouxtant la grande fissure de Sylvius, échelle colorée de -1 à +1 centimètre.