Un nouvel adjuvant pour les vaccins destinés aux très jeunes enfants

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Les opposants à la vaccination dont les arguments sont basés sur des a priori totalement faux vont encore hurler d’effroi en apprenant qu’un nouvel adjuvant a été mis au point pour amplifier la réponse immunitaire au vaccin de la grippe chez les très jeunes enfants. Ces opposants à la vaccination basent en effet leurs arguments sur l’effet délétère de l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant dans les vaccins qui serait tellement dangereux que des milliers de personnes développeraient la maladie d’Alzheimer ou que d’autres milliers d’enfants deviendraient autistes à cause de cet adjuvant (voir le billet sur l’autisme). Jamais une quelconque relation de cause à effet crédible n’a pu être scientifiquement établie. Sur des milliards de vaccins administrés les « incidents » ayant été prétendument liés à ces derniers sont indiscernables de ce que l’on appelle le bruit de fond statistique. À coup sûr les opposants à la vaccination vont immédiatement organiser une campagne populaire pour s’opposer à un nouveau vaccin trivalent contre la grippe dont l’adjuvant est du squalène et on verra apparaître dans la presse de caniveau des articles rageurs dénonçant la dangerosité des vaccins.

Le squalène dont le nom dérive de celui des requins (squales) est un produit naturel que nous synthétisons pour la production des stérols et que l’on trouve dans de nombreux aliments et huiles végétales. Il fallait le préciser car on pourrait croire que cet adjuvant est préparé à partir d’ailerons de requin … Bref, le problème se situe au niveau de la réponse immunitaire des très jeunes enfants au vaccin anti-grippe car ils répondent mal à ce vaccin préparé sans ou avec seulement des traces d’adjuvants classiques. Un essai clinique en phase II et en double aveugle englobant 90 enfants âgés de 14 à 24 mois a montré que l’adjuvant à base de squalène était très bien toléré et conduisait à une réponse immunitaire robuste. Il s’agit d’un résultat important car la réponse des très jeunes enfants à la vaccination est parfois très faible car leur système immunitaire n’est pas encore totalement établi. Le vaccin trivalent contre la grippe avec du squalène comme adjuvant est déjà largement utilisé pour les populations d’âges compris entre 6 et 72 ans. La vaccination des très jeunes enfants est considérée comme importante et utile pour prévenir les complications de la grippe qui peuvent être sévères chez ces derniers. Enfin, d’une manière générale la vaccination est un outil de prévention peu coûteux dont l’efficacité et l’innocuité ont été largement prouvées depuis de nombreuses années.

Il est intéressant de rappeler ici la polémique au sujet de la récente épidémie de coqueluche non pas due à un virus mais à une bactérie (Bordetella pertusis) en Floride. Les enfant de moins de trois ans souffrant de coqueluche avaient été normalement vaccinés contre cette affection respiratoire qui peut parfois être mortelle. Or il se trouve que le corps médical s’est souvent plaint du manque d’efficacité du vaccin qui n’atteindrait qu’à peine 45 % d’efficacité. Naturellement il n’en a fallu pas plus pour que les activistes anti-vaccins crient à l’imposture et à la tromperie des laboratoires pharmaceutiques. Peut-être faudrait-il aussi reconsidérer la nature des adjuvants utilisés pour les vaccins administrés aux très jeunes enfants dont le vaccin hepta-valent incluant la coqueluche.

Source : PNAS, http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519690113 et The Daily Beast. Illustration : The Daily Beast.

8 réflexions au sujet de « Un nouvel adjuvant pour les vaccins destinés aux très jeunes enfants »

  1. Bonjour,
    Malheureusement, il vaut mieux lire ce que vous dites plutôt que d’être aveugle.
    Quoique…
    Je ne souhaite pas à votre famille de découvrir cette fameuse preuve, que les vaccins engendrent l’autisme.
    Certains savent et n’en n’ont plus besoin.

    Amicalement
    Gus

      • 🙂
        Cela je me doutais bien.
        Et c’est fort dommage, car, au milieu du doc., tu as de nombreux scientifiques qui s’expliquent.
        Que tu trouves des choses qui ne conviennent pas,par rapport à l’éducation scientifique que tu as eu, dans les premières minutes, n’en fait pas un document entier à réfuté.
        En cela, c’est dommage car tu te prives, et par la même occasion, nous prives, d’une critique concrète de ton expérience.
        On ne peut nier tous les faits rapportés dans ce document, qui est pourtant vaste dans le domaine de la santé.
        Certes, certaines choses sont biaisées, trompeuses ou mal orientées.
        Mais ce ne serait que s’attarder sur la forme et non sur le fond de ce qui est dit.
        Je pense que les personnes qui suivent ton blog, on assez de recul pour utiliser leur intelligence dans un esprit de critique constructif.
        Ce qui m’intéressait avant tout, n’est pas la forme ‘complotiste’, ou autre théorie, mais les faits.
        Que penser de ces cas ou des constatations dans ces divers domaines, tels que la biologie (Viviane Schaller), la neurologie (Dr Thomas pierre-jean), de la chimie (Dogna Michel), la biochimie(Dr Serbi), la physiologie cellulaire (DrClark Hulda), l’ingénierie industrielle (Violet marcel), l’ingénierie civille (Lakhosvky georges), la médecine généraliste (Dr Scohy alain), le cas de l’enfant autiste québecaois Pommeleau daniel…
        Tous ces faits ne peuvent pourtant pas être réfutés, d’un simple revers de main, encore moins en 10 min de présentation…
        Moi qui ne suis pas spécialiste dans ce domaine, je pensais, à tord, avoir au moins l’avis d’un connaisseur….
        Mais n’est connaisseur que celui qui sait qu’il ne l’est qu’à moitié,tout en étant heureux de pouvoir chercher l’autre partie.

        Amicalement
        Gus
        P.S.: Je dis toujours à mes enfants que l’horizon n’est visible que si on le regarde avec les 2 yeux…. 🙂

    • J’ai effectivement lu l’article, qui ne dit finalement pas grand chose, et se compose de quelque contradiction tel que:
      « cette pathologie d’origine encore largement inconnue aurait tendance à augmenter mais cette observation peut être contestée en raison des progrès réalisés dans sa détection. »
      « Finalement l’autisme ne serait qu’un petit incident apparaissant au cours du développement du cerveau depuis le troisième tiers de la vie foetale jusqu’à l’âge de deux ans dont on ne connaîtra peut-être jamais les causes … »

      Quoiqu’il se passe, ce document ne parle pas d’autisme en particulier, mais de maladie de Lyme, beaucoup plus. C’est d’ailleurs l’introduction que tu as du voir, puisque tu as tenu 10 min ! 🙂
      D’ailleurs, mon post réponse du 25 janvier, n’évoque même pas l’autisme.
      Je sais que j’ai mis ce lien vidéo dans le billet concernant l’autisme, suite à ma réponse. Je m’en excuse, je ne savais pas où le placer.

      Quant à The Lancet, que tu cites beaucoup, le Dr Richard Horton, éditeur en chef du fameux magazine médical dit “de référence” The Lancet, écrivait ceci, dans le volume 385 du 11 avril 2015, à propos de la science biomédicale :

      “Une bonne partie de la littérature scientifique, peut-être la moitié, est sans doute tout simplement fausse. Affligée par des études sur de petits échantillons, des effets minuscules, des analyses exploratoires non valables, pétrie de flagrants conflits d’intérêts, avec de plus une obsession de participer aux tendances à la mode mais sans importance, la science à pris un virage vers l’obscur.”

      Et de rajouter :

      “L’aspect endémique de ce mauvais comportement est alarmant. Dans leur quête d’une histoire captivante, les scientifiques trop souvent sculptent leurs données pour les rendre raccord avec leur conception du monde. Ou ils rétrofitent certaines hypothèses afin de les concilier avec leurs données. Les éditeurs de journaux (scientifiques, ndt) méritent leur part de critique. Nous aidons et facilitons les plus mauvais comportements. Notre reconnaissance du facteur d’impact nourri une compétition malsaine pour une place dans les quelques journaux les plus réputés.”

      On se croirait au GIEC…n’est-ce pas ?
      Sauf que là, évidemment, ton domaine est prit en mal, et que forcément, il t’est plus difficile de crier que c’est n’importe quoi, comme tu l’as constaté pour le RCA.

      Alors moi, qui ne suis qu’un petit citoyen lambda, qui me pose des questions, tout en étant un curieux de la vie, a horreur d’être pris de haut.
      Et ceci par n’importe quel humain se disant spécialiste.
      La seule spécialité acceptable ici, doit être la logique.
      Et sa conséquence ne doit en aucun cas être le rejet, mais l’explication.
      Je ne crois pas en la science ! Ce n’est pas une religion !
      Par contre j’ai foi en elle, ce qui montre ma spiritualité.
      J’ai hâte que les pratiquants de sciences le comprennent dans leurs travaux, car sans cette spiritualité, la science telle qu’on la connait , va s’en aller…..

      J’espère que, à tout âge, l’humain est assez sage pour comprendre qu’il faut qu’il ouvre les 2 yeux pour voir son horizon….
      amicalement
      Gus

      • Merci pour cet excellent commentaire ! J’avais effectivement lu l’éditorial de Horton qui ne mâchait pas ses mots.
        Une de mes anciennes collègues travaillant depuis près de 30 ans au VA Hospital de Los Angeles qui dépend du Health Science Center de UCLA où j’ai travaillé quelque temps aussi me disait que de nombreux pans de la science étaient pervertis en raison du système de financement des travaux de recherche. Il faut publier pour obtenir des « grants » et justifier ensuite l’attribution de ces « grants » par des publications, si possible dans des revues à haute cotation genre Science, PNAS ou Nature. J’ai passé les dernières 13 années de ma carrière de chercheur en biologie dans un laboratoire privé pour être déconnecté de ce système et ainsi être presque libre de choisir mes sujets de recherche sans devoir faire la course aux publications. Ceci m’a valu une mauvaise évaluation par le CNRS, mon employeur, et mon avancement a été purement et simplement stoppé. J’ai d’ailleurs fini par démissionner de ce panier de crabe monstrueux.
        Pour vous prouver mon honnêteté, j’ai osé publier dans Science des travaux de recherche négatifs qui ont fait grand bruit à l’époque. J’ai même essuyé les sarcasmes de John Maddox, à l’époque éditeur en chef de Nature ! Cet article n’a pas vraiment plu car il remettait en question la validité d’une technique pouvant conduire à des artefacts très gênants en biologie. Mon patron à l’époque, Prix Nobel de Médecine, m’a appuyé dans cette démarche qui avait pour but de remettre un peu les choses en place, en d’autres termes à obliger les chercheurs à se montrer plus critiques envers leurs travaux.
        Cordialement

      • Merci de me rassurer de ton honnêteté, que je ne remettais toutefois pas en cause.
        Verras-tu donc plus en avant que les 10 1ère minutes ?
        🙂

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