Le « principe de précaution » : la Chine n’en a cure !

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En dehors de quelques universités privées réservées aux « étudiants fortunés » comme Stanford, Harvard ou Emory la majorité des universités américaines se trouvent aujourd’hui dans un état financier désastreux. En moyenne le budget des universités d’Etat se trouve absorbé à plus de 60 % par les frais administratifs y compris les salaires des enseignants et il ne reste plus rien pour les dépenses courantes. Les chercheurs de métier doivent comme on disait lorsque je fis le choix d’une localisation dans un laboratoire privé pour poursuivre mes travaux de recherche se « prostituer » pour le privé. Quelle belle affirmation provenant directement des groupuscules idéologiques gauchistes qui ont toujours, y compris aux USA et en particulier sur des campus comme celui de Berkeley, plaidé pour une indépendance de la recherche universitaire.

Il faut préciser que l’Université de Californie, dont Berkeley est l’un des campus, présente la particularité d’être gratuite pour les étudiants nés et résidents de cet Etat, ce qui n’est pas le cas des autres universités américaines. Aujourd’hui, aux USA – et y compris en Californie – comme dans la plupart des pays de l’OCDE, la recherche universitaire en partie financée par des fonds publics ne peut survivre sans contrats avec l’industrie privée et c’est tout à fait normal car la recherche doit déboucher vers des applications qui bénéficieront non pas seulement aux industriels mais également à l’ensemble de la société.

Dans le secteur de la santé il ne fait aucun doute que la recherche universitaire ne peut être poursuivie sans liens étroits avec les laboratoires pharmaceutiques privés. Dans le secteurs un peu flou des énergies nouvelles, les gouvernements versent leur aune prélevée sous forme d’impôts et taxes diverses mais des firmes privées sont à l’affut de toute découverte ou avancée technologique potentiellement profitables et elle ne dissimulent pas leurs financements, ne serait-ce que pour « entretenir » les brevets prometteurs. Dans le vaste domaine de l’agro-alimentaire la situation est presque caricaturale car les recherches dans les améliorations génétiques tant des plantes que des animaux sont extrêmement coûteuses. Seulement en terme de consommables, n’importe quelle manipulation génétique se chiffre rapidement en dizaines de milliers de dollars pour un seul projet et ces charges s’accumulent chaque semaine … Il en résulte que les universitaires sont contraints du fait de ces coûts incompressibles de leurs travaux d’orienter leurs recherches vers des applications susceptibles d’intéresser les industriels ou spécifiquement commandées par ces derniers.

L’un des exemples les plus évidents dans le secteur de l’agro-alimentaire est la démarche agressive du Boyalife Group, une société chinoise basée à Tianjin qui a opté ouvertement pour le clonage et l’amélioration génétique du cheptel bovin et pas seulement car parmi ses 22 filiales les préoccupations de ses chercheurs, la plupart tous formés dans les plus prestigieuses universités américaines, s’intéressent aussi au cancer, à la polyarthrite rhumatoïde ou encore à l’amélioration génétique des poissons d’élevage. Des milliers de techniciens et de chercheurs s’acharnent quotidiennement dans des multitudes de domaines de la biologie dans le seul but d’obtenir rapidement des résultats économiquement rentables.

On est loin de la situation lascive de la plupart des universités américaines et je ne parle même pas de leurs pendants européens car il serait affligeant de dépeindre l’état financier catastrophique de la majorité des universités d’Europe, des exceptions confirmant la règle qui est une régression alarmante de l’attrait des étudiants pour les disciplines scientifiques. En Chine, c’est exactement le contraire ! Depuis plus de 20 ans le gouvernement chinois a investi des sommes considérables dans la formation de ses scientifiques en offrant aux meilleurs élèves des bourses d’étude dans les meilleures écoles d’ingénieurs et universités du monde.

Aujourd’hui le résultat est évident, la Chine est en passe de devenir leader mondial dans la recherche universitaire. Passant outre les régulations obsolètes qui sont un frein pour la recherche dans les pays européens et nord-américains comme le monstrueusement stupide « principe de précaution », les universitaires chinois comme Xiao-Chun Xu, le fondateur de Boyalife, s’adaptent rapidement aux changements civilisationnels de l’Empire du Milieu. Par exemple l’appétit nouveau pour la viande de boeuf a conduit Xu à créer une ferme modèle grande comme trois terrains de foot-ball pour produire des bêtes à corne de la meilleur espèce clonées à partir du meilleur spécimen. Cette ferme produira d’ici deux ans 100000 clones chaque année pour la boucherie !

Le clonage des bananiers est une pratique courante depuis plus de 20 ans et la France fut d’ailleurs leader dans ce domaine avec également le clonage du palmier à huile mais cloner des bovins à une telle échelle est un véritable événement qui ne pouvait pas passer inaperçu.

La firme sud-coréenne Sooam Biotech est déjà spécialisée dans le clonage des chiens de compagnie pour apaiser les douleurs de leurs maîtres. Au jour d’aujourd’hui plus de 700 chiots clones à partir de cellules de chiens défunts que leur maîtres voulaient voir revivre sont sortis des laboratoires de cette firme, naturellement moyennant un somme plus que rondelette ( en.sooam.com/index.html ). Le projet du Docteur Xu est d’une toute autre échelle et les universitaires occidentaux le traitent déjà de savant fou … sauf les Américains car la FDA a approuvé les animaux d’élevage clonés pour l’alimentation humaine. Il faut admettre que le Docteur Xu est diplomé (PhD) de l’Université de Washington et titulaire d’un MBA de l’université prestigieuse Emory. Il est CEO fondateur de Boyalife et professeur de médecine moléculaire à l’Université de Pékin.

L’Union Européenne, en vertu du principe de précaution et en raison de la pression des écologistes, n’a pas encore statué sur ce point précis mais à n’en pas douter, le clonage des animaux d’élevage à usage alimentaire sera banni en Europe comme le sont les plantes génétiquement modifiées dans la plupart des pays de l’Union.

Source et illustration : The Daily Beast et www.boyalifegroup.com/

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