Pourquoi notre cerveau est le plus gros et le plus complexe

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En 1924 Joséphine Salmons, la seule étudiante en anatomie de l’Université de Witwatersrand en Afrique du Sud, tous les autres étudiants étaient des hommes, alla comme chaque été surveiller les excavations d’une carrière de calcaire près de la ville de Taung qui appartenait à des amis de ses parents. C’était un peu son passe-temps favori et cette année-là elle ne fut pas déçue car elle trouva le crane complet d’un singe, peut-être, en tous les cas d’un ancêtre éloigné de l’homme, un simien que les propriétaires de la carrière avaient rapporté chez eux. Elle emmena ce fossile à son professeur, le Docteur Raymond Dart. Selon toute vraisemblance il s’agissait d’un enfant et Dart le nomma Australopithecus africanus, un ancêtre de l’homme, l’enfant de Taung. Les mesures du volume de son cerveau indiquaient que ce dernier était un peu plus gros que celui du chimpanzé, 400 grammes. Il fallut attendre les années 1950 pour considérer qu’effectivement cette découverte était considérable après de nombreuses découvertes d’autres fossiles d’hominidés en Afrique et en particulier dans la région des grands lacs. L’enfant de Taung a été ultérieurement daté et aurait vécu il y a un peu plus de trois millions d’années.

Aujourd’hui on peut se faire une idée précise de la chronologie de l’évolution des hominidés. Les hominidés (nos ancêtres lointains) et les chimpanzés y compris leurs cousins proches les bonobos ont divergé d’un ancêtre commun il y a environ 7 millions d’années. Il fallut attendre 4 millions d’années pour assister au début d’une augmentation massive du volume du cerveau de notre ancêtre Homo sapiens qui tripla de volume en moins de 3 millions d’années. L’homme moderne tel que nous le connaissons aujourd’hui n’apparut qu’il y a 200000 ans.

Par quel processus le cerveau de ces créatures qui allaient devenir des hommes a-t-il pu quadrupler en volume, passant de 350 à plus de 1300 grammes ? De plus parmi tous les mammifères y compris les éléphants et les mammifères marins qui ont un cerveau notoirement plus volumineux que celui de l’homme, ce dernier reste champion toutes catégories pour le nombre de neurones. Le cerveau d’un éléphant possède 5,6 milliards de neurones dans le cortex alors que celui de l’homme en rassemble dans la même zone cérébrale 16,3 milliards. Même les gorilles et les chimpanzés font pâle figure puisqu’ils possèdent respectivement 9 et 6 milliards de neurones corticaux.

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Il aura fallu attendre la révolution récente de la génétique moléculaire pour comprendre cette évolution particulière du cerveau humain. Bien que le cerveau représente 2 % du poids d’un être humain, il consomme plus de 20 % de l’énergie dont dispose le corps, essentiellement sous forme de glucose. Si on fait un bilan énergétique chez le chimpanzé, on découvre que le cerveau de ce primate consomme, rapporté à son poids, moitié moins d’énergie que celui de l’homme. Ces observations ont conduit à formuler l’hypothèse d’une redistribution de l’énergie en faveur du cerveau au cours de l’évolution de l’homme et au détriment des autres organes dont en particulier le tube digestif et les muscles. Au sujet des muscles, il est évident que le chimpanzé possède une musculature beaucoup plus développée que celle de l’homme, mais pour le système digestif la seule explication permettant d’éventuellement confirmer cette hypothèse est le régime alimentaire que développa et diversifia l’homme au cours de l’évolution. La cuisson (on considère que l’homme a inventé le feu il y a plus de 500000 ans) a favorisé cette redirection de l’énergie vers le cerveau en facilitant la digestion et donc en réduisant l’apport en énergie vers le système digestif. L’invention d’outils et d’armes pour faciliter la chasse a également contribué à réduire l’apport en énergie vers les muscles. Enfin, l’homme a très vite diversifié son régime alimentaire.

Encore fallait-il expliciter par des faits ces hypothèses et c’est ce qui a été rendu possible avec la biologie moléculaire en étudiant des cerveaux de primates et d’hommes et en quantifiant l’expression des gènes impliqués dans le transport du glucose. En effet les gènes codant pour les systèmes de transport du glucose vers le cerveau et les muscles sont différents et il a été possible de différencier entre les chimpanzés et l’homme l’expression de ces gènes. Il se trouve que le système de transport du glucose vers le cerveau est trois fois plus exprimé chez l’homme que chez le chimpanzé et à l’inverse plus d’une fois et demi plus exprimé chez le chimpanzé pour les muscles alors qu’il n’y a pas de différence au niveau du foie.

Mais il n’y a pas seulement le glucose. Une étude portant sur près de 1000 métabolites différents (métabolome) a clairement montré qu’au niveau du cortex préfrontal la divergence entre les chimpanzés et l’homme ne pouvait pas s’expliquer par la simple dérive génétique mais surtout par l’évolution. Par exemple il n’y a pas ou peu de différence pour les reins mais au niveau du cortex préfrontal cette différence due à l’évolution est 7 fois plus élevée que celle de la simple dérive génétique en ce qui concerne les profondes modifications de l’utilisation des petites molécules nécessaires à la croissance cellulaire. Qu’en est-il alors au niveau du développement embryonnaire du cerveau ?

L’approche a consisté à introduire chez la souris les gènes respectifs appelés HARE5 qui orchestrent le développement du cerveau provenant de l’homme et du chimpanzé et qui diffèrent de seulement 16 bases. Le résultat a été étonnant. Au bout de 9 jours de développement embryonnaire, il était déjà évident que le gène humain accélérait la croissance du cortex cérébral en diminuant le temps de division des cellules neuronales de 12 à 9 heures avec au final un cerveau 12 % plus gros que celui obtenu en présence de l’HARE5 de chimpanzé. Cette approche expérimentale était encore impossible il y a seulement dix ans. Le début de la divergence du gène HARE5 a pu être approximativement datée comme ayant eu lieu il y a 6 millions d’années … Il aura fallu encore près de trois millions d’années de dérive génétique pour aboutir à cet accroissement du volume du cerveau humain !

Pour conclure, l’évolution du cerveau vers une plus grande taille et une plus grande complexité est la résultante de plusieurs facteurs, alimentation et dérive génétique, qui nous différencient de nos cousins les singes.

Source et liens :

https://www.quantamagazine.org/20151110-evolution-of-big-brains/

http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fnana.2014.00077/full

http://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.1001871

Illustrations : Quantamagazine

La France n’est plus que l’ombre d’elle-même …

 

Le 21 février 1966 le Général De Gaulle prononce un discours d’anthologie décisif qui va réorienter les politiques intérieure et étrangère de la France. Je cite les passages clé de ce discours :

« Des conflits où l’Amérique s’engage dans d’autres parties du monde, comme avant-hier en Corée, hier à Cuba, aujourd’hui au Viêt Nam, risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu’il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l’Europe, dont la stratégie est, dans l’O.T.A.N., celle de l’Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu’elle ne l’aurait pas voulu ».

« Enfin, la volonté qu’a la France de disposer d’elle-même, volonté sans laquelle elle cesserait bientôt de croire en son propre rôle et de pouvoir être utile aux autres, est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée ».
« Au total, il s’agit de rétablir une situation normale de souveraineté, dans laquelle ce qui est français, en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France, ne relèveront plus que des seules autorités françaises. C’est dire qu’il s’agit là, non point du tout d’une rupture, mais d’une nécessaire adaptation ».
En mars 1966 la France quitte l’OTAN.
En 1995, l’arrivée de Chirac, pourtant gaulliste convaincu, envisage de réintégrer la France dans l’OTAN. Mais la cohabitation avec les Socialistes repoussera cette décision qui ne sera matérialisée qu’en 2008 après le long combat atlantiste de Nicolas Sarkozy qui fait ami-ami avec Georges Bush Junior après son élection à la présidence de la République. C’est le début de la débandade de la politique étrangère française qui retourne sous le giron des néo-cons américains avec l’envoi de troupes en Afghanistan puis les « escalades » qu’on garde toujours en mémoire notamment l’intervention franco-américaine en Libye qu’on peut considérer comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente de la France.
Après Maurice Schuman qui fut ministre des Affaires Etrangères dans le gouverment de Raymond Barre puis Dominique de Villepin qui s’opposa à l’intervention américaine en Irak, la France n’a plus jamais eu de politique étrangère cohérente. Elle a choisi de laisser parler les armes sous la houlette des Américains. C’est un fait indéniable. Qu’avons-nous récolté ? Tout simplement le mépris et la haine des populations de tous les pays où se sont engagé militairement les Français conjointement avec l’OTAN et donc avec les Américains, en particulier au Moyen-Orient et dans des conditions hautement contestables.
Qui porte la responsabilité des attentats terroristes de la semaine dernière à Paris ? Nicolas Sarkozy, pour avoir réintégré l’OTAN. Qui est responsable de la crise économique actuelle en France et en Europe avec les sanctions imposées à la Russie par la Maison-Blanche à la suite des évènements d’Ukraine ? Sarkozy et son successeur Hollande.
Nous n’avons même pas le droit de nous plaindre ou de nous lamenter à propos de ces attentats – et il y en aura d’autres – car nous avons mis au pouvoir depuis des années par nos bulletins de vote des gens incompétents. En bref, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, seul le Général de Gaulle a su, de par son analyse visionnaire de la géopolitique, orienter la France dans une politique étrangère digne et efficace. Depuis, la France n’a fait que dériver dans la médiocrité et la servitude. Nous ne faisons que récolter les fruits sanglants des erreurs de nos politiciens … La France est devenue l’ombre d’elle-même.
http://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00113/conference-de-presse-du-21-fevrier-1966.html

Désormais on ne dispose plus d’armes contre les bactéries multirésistantes

 

« Un temps arrivera quand la pénicilline pourra être achetée par n’importe qui dans les magasins. Alors il y aura un danger car l’ignorant pourra facilement se traiter avec de petites doses et exposant ses microbes à des doses non létales, ces derniers deviendront résistants ».

Alexander Fleming, lecture Nobel, 1945

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L’antibiotique de « dernier recours » dont les hôpitaux disposaient encore pour tenter de sauver des malades atteints de graves infections par des bactéries multirésistantes est devenu inefficace. Il s’agit d’une polymyxine appelée colistine qui était encore active car depuis près de 50 ans elle n’était plus utilisée en raison de sa toxicité. On l’a ressortie des tiroirs pour les traitements d’infections réfractaires à toutes les autres molécules connues mais par un effet du hasard, qui n’en est pas un comme on va le découvrir, une multitude d’autres bactéries outre le MRSA, le vilain staphylocoque doré multirésistant et bien d’autres bactéries sont devenues finalement résistantes à la colistine et vont se répandre partout.

Il faut peut-être mettre les points sur les i s’il en est encore temps … Malgré le fait que cet antibiotique ait été abandonné car il n’a jamais été recertifié selon les critères modernes – sa découverte remonte au début des années cinquante – et également car il est toxique pour les reins il s’en produit, tenez-vous bien, 14000 tonnes par an pour un usage exclusivement vétérinaire. On s’est aperçu en effet que si on administre cet antibiotique par exemple aux porcs dans les élevages intensifs comme en Chine, le premier consommateur de porc du monde, ces animaux grossissent plus rapidement. Comment ne pas comprendre qu’une telle pratique pourtant autorisée par les services vétérinaires chinois accélère la sélection des bactéries vers une résistance.

Le fait nouveau en ce qui concerne la colistine est que l’acquisition de la résistance à cet antibiotique était jusqu’alors chromosomique, c’est-à-dire qu’elle ne pouvait pas se transmettre à d’autres bactéries, jusqu’à cette découverte de la transmission à d’autres bactéries, on parle alors de transmission horizontale. Le gène de résistance n’est plus chromosomique mais présent dans un petit ADN circulaire appelé plasmide qui est facilement transmissible à n’importe quelle autre bactérie par simple contact.

Les autorités sanitaires chinoises ont été prises de court par ce fait nouveau. Des analyses ont montré que des bactéries communes mais potentiellement dangereuses comme Escherichia coli avaient acquis ce gène de résistance, 166 souches sur les 804 analysées après prélèvement sur des porcs. Pire encore, sur 523 échantillons de viande crue 78 souches ont été identifiées comme résistantes aux polymyxines. La résistance a déjà atteint les hôpitaux de Guangzhou. Seize souches de E.coli et de Klebsiella pneumoniae résistantes à la polymyxine ont été repérées sur 1322 malades !

Le pire est à venir car cette résistance nouvelle amplifie le gène appelé NDM-1 qui code pour un enzyme du nom de New Delhi metallo-beta-lactamase-1 et rend les bactéries quasiment résistantes à tous les antibiotiques connus dont les carbapenems. Par exemple des souches de Pseudomonas aeruginosa, une bactérie opportuniste qui provoque de nombreuses infections, ont également été détectées en milieu hospitalier comme résistantes aux polymyxines dont la colistine.

Alors qu’on nous terrorise par la propagande du changement climatique, ne faudrait-il pas agir dès à présent sur le risque bien plus terrifiant que constitue l’usage d’antibiotiques dans les élevages car il s’agit d’une menace mondiale pour la santé et pas seulement en Chine mais également en Europe, en Amérique du Nord ou encore en Australie. Tous les animaux d’élevage sont concernés y compris les truites et les saumons !

Source : Wired

Espèces en voie de disparition : le changement climatique n’a rien à voir !

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En 2013, je relatais la mort des coraux de par le monde. Naturellement cette mort des coraux fut reprise par les médias et on accusa immédiatement le réchauffement climatique comme pour la soit-disante disparition programmée des ours polaires. Si la disparition des ours polaires n’a jamais pu être vérifiée, au contraire ils prospèrent, le blanchissement des coraux reste toujours d’actualité et on continue à incriminer l’acidification des océans comme en étant la cause première alors qu’il s’agit d’une attaque virale et ce dernier fait a été prouvé (voir le lien sur ce blog). Pour les grenouilles et autres crapauds qui disparaissent, même scénario : c’est la faute du climat, du CO2 et des activités humaines. Pas du tout et des zoologistes sérieux viennent encore de le démontrer.

On sait depuis 1998 que les amphibiens meurent en raison d’attaques fongiques (voir le lien en accès libre) et les spécialistes de l’environnement s’affairent pour tenter de sauver des espèces de grenouilles en voie de disparition dans de nombreuses régions du globe. C’est la tâche presque insurmontable à laquelle s’est consacré Jaime Bosch du Muséum National d’Histoire Naturelle espagnol dans l’île de Mallorca dans l’archipel des Baléares. Cette île est l’hôte du crapaud accoucheur (Alytes muletensis) en voie de disparition en raison de l’infection de sa peau par un champignon pathogène (Batrachochytrium dendrobatidis) qui comme son nom l’indique s’attaque spécifiquement aux batraciens. Si la peau d’un batracien perd ses fonctions de respiration et de perméabilité à l’eau, l’animal est condamné. Ce crapaud ne se trouve que dans l’île de Mallorca et la situation pouvait sembler maîtrisable puisqu’il n’existe que 5 points d’eau où ce crapaud se reproduit. La stratégie du zoologiste a consisté à récupérer des têtards au printemps dans un de ces points d’eau avant qu’ils ne soient contaminés, de les élever au laboratoire dans des conditions sanitaires exemptes de champignon et de les réintroduire à l’automne lors des premières pluies qui alimentent à nouveau les trous d’eau asséchés durant la période estivale sans pluie.

L’accessibilité aux trous d’eau situés dans des canyons profonds est malaisée et il faut parfois se faire hélitreuiller ! Espérant que les pluies laveraient des trous d’eau de tout champignon la réintroduction des crapauds pourrait réussir. Las ! Les crapauds furent à nouveau contaminés. Mais Jaime Bosch ne s’est pas découragé. Il a tenté la décontamination d’un trou d’eau avec du Virkon, du peroxysulfate de potassium utilisé pour « nettoyer » les piscines. Et après avoir réintroduit les crapauds ceux-ci se trouvèrent en parfait état. Après cinq années de travail, il ne reste plus qu’une seule mare à décontaminer sur l’île et Mallorca pourra alors être déclarée officiellement débarrassée du champignon mortel pour les batraciens.

Cette intervention couronnée de succès est unique en son genre mais inapplicable sur d’autres sites comme par exemple les forêts humides d’Amérique Centrale où les batraciens auront bientôt presque tous disparu, mais pas à cause du réchauffement climatique, tout simplement en raison de la présence de ce champignon pathogène qu’on ne peut pas éradiquer totalement car il faudrait désinfecter toute la jungle …

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Vue de l’un des trois trous d’eau du canyon Torrent de Ferrerets sur l’île de Mallorca en cours de désinfection.

Source (et illustrations) en accès libre : http://dx.doi.org/10.1098/rsbl.2015.0874

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/13/rechauffement-climatique-non-un-virus/

http://www.pnas.org/content/95/15/9031.full

COP21 : Le Soleil, ce grand absent du débat … Normal, on ne peut pas taxer le Soleil !

 

Contrairement à ce que les climatologues mandatés par les Nations-Unies prétendent dans leur projections vers le futur, ce n’est pas le CO2, ce gaz supposé avoir un effet de serre, qui pourrait être à l’origine d’un hypothétique réchauffement climatique futur. Dans le passé, chaque fois qu’il y eut des épisodes climatiques chauds la teneur en CO2 de l’atmosphère augmentait entre cinquante et cent années plus tard et réciproquement (voir le billet sur la loi de Henry). Toute modification du climat est la conséquence d’une modification de l’activité magnétique du Soleil. En effet, les prédictions réalisées par des astrophysiciens et des géophysiciens sérieux concernant l’évolution de l’activité magnétique du Soleil vont toutes dans le même sens, l’optimum moderne qui a commencé aux alentours des années 1940 est terminé. La teneur en CO2 atmosphérique va continuer à augmenter en raison de l’inertie thermique des océans qui vont continuer à « dégazer » sans pour autant avoir un quelconque effet sur l’évolution du climat : la température moyenne de la planète n’a pas augmenté depuis près de 20 ans alors que la teneur en CO2 n’a cessé d’augmenter durant la même période. Le champ magnétique solaire a commencé à diminuer dramatiquement et va continuer à diminuer et donc ne va plus dévier les rayons cosmiques avec autant d’efficacité que par le passé récent et les hautes couches de l’atmosphère vont se charger encore plus de micro-cristaux de glace d’autant plus que l’activité solaire diminuera (voir la note 1 en fin de billet). L’énergie atteignant la surface terrestre va donc diminuer brutalement car le pouvoir réflecteur de l’atmosphère (l’albédo) va augmenter et a déjà augmenté depuis 20 ans.

On peut dire brutalement parce que les oscillations périodiques de la circulation des courants marins dans l’Atlantique et le Pacifique sont arrivées il y a une quinzaine d’années vers un maximum (période d’environ 60 ans) et qu’elles ont tendance à aller vers un ralentissement. Les deux phénomènes combinés – diminution de l’activité magnétique du Soleil et ralentissement des courants marins des océans, pour faire bref – vont précipiter le climat vers une refroidissement généralisé dont l’établissement pourrait avoir lieu en seulement quelques années comme cela a été le cas dans le passé.

Il faut ajouter que le rayonnement cosmique accru favorisera également la formation de nuages dans les plus basses couches de l’atmosphère par les mêmes mécanismes d’ionisation des molécules d’azote ou d’oxygène et d’eau favorisant l’apparition de gouttelettes d’eau accélérant le refroidissement par les précipitations sous forme de pluie et de neige contribuant également à l’amplification de l’effet « miroir » de l’ensemble du système Terre-atmosphère. La formation de cristaux de glace dans les hautes couches de l’atmosphère, entre 6000 et 12000 mètres d’altitude, contribuera également à ce refroidissement car la cristallisation de la vapeur d’eau, un phénomène physique produisant de la chaleur, relâchera celle-ci et elle ira se perdre dans l’espace. La même situation aura lieu pour la formation de nuages aux plus basses altitudes.

Si le CO2 avait réellement un effet de serre on pourrait échapper à ce refroidissement qui sera infiniment catastrophique mais ce ne sera malheureusement pas le cas ! Les océans vont en effet se refroidir et seront donc à même de dissoudre encore plus de gaz carbonique ou de méthane d’origine humaine ou naturelle. Les théories des climatologues qui s’intéressent au futur et non pas au passé vont donc à l’encontre de ce qui va arriver inévitablement, un petit âge glaciaire – restons un peu optimiste – qui va devenir sensible dans quelques années seulement et durer jusqu’aux alentours de 2070-2080 voire plus longtemps, certains géophysiciens parlent de 2160 …

Dans moins de dix ans la Seine, la Tamise, le Rhin ou encore le Danube, pour parler seulement de l’Europe, seront pris par les glaces chaque hiver comme cela s’est déjà produit dans le passé autour des années 1650. Les printemps seront maussades et pluvieux, les étés seront frais, les automnes auront à peine débuté qu’il y aura des chutes abondantes de neige jusqu’au mois de mai. Cette situation climatique s’étendra sur l’ensemble des zones dites tempérées (aujourd’hui) de la planète. Les productions agricoles chuteront brutalement, en quelques années seulement, avec des conséquences tellement effroyables qu’il est terrifiant d’y songer une seule minute.

Et pourtant, en ce moment, on ne parle que de réchauffement climatique et les pouvoirs financiers et politiques se préparent, sur la base d’une propagande totalement mensongère, à asservir le monde entier pour « sauver » la planète de l’enfer du réchauffement annoncé par des climatologues qui n’en sont pas. Ont-ils songé un instant que les conséquences du refroidissement attendu et précisément annoncé par des spécialistes incontestables ne pourront en aucune manière être maîtrisées ? Quelle que soit l’attitude qu’adoptera l’humanité toute entière sous prétexte de « sauver » le climat, aucun résultat ne pourra être atteint car les variations du climat terrestre ne dépendent pas de l’homme et de ses activités mais seulement du Soleil.

Note 1. Quand je voyageais en avion il y a 20 ou 30 ans, vu d’avion à 11000 mètres d’altitude, par exemple au dessus du Grand Nord Canadien pour me rendre d’Europe en Californie, le ciel était d’un bleu profond presque noir. Ces dernières années j’ai survolé la Sibérie à de nombreuses reprises pour me rendre au Japon, toujours à la même altitude, le ciel était bleu pâle alors qu’il y a une grande similitude entre la Sibérie et le grand nord canadien en terme de climat. Cette différence traduit bien la présence de micro-cristaux de glace. À cette même altitude il y a encore des molécules d’eau libres mais l’ionisation par les rayons cosmiques de l’azote et de l’oxygène favorise leur agrégation conduisant à la formation instantanée de micro-cristaux ce glace.

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L’illustration ci-dessus ( tropic.ssec.wisc.edu ) est une représentation des vents en altitude déduits de clichés pris dans l’infra-rouge de la présence d’eau (vapeur ou glace). En bleu, les altitudes sont comprises entre 10 et 13 kilomètres, en jaune entre 8 et 10 kilomètres et en vert entre 5,5 et 8 kilomètres. Cliché du 19 novembre 2015 à 6 h UTC.

Une méduse dégénérée devient un parasite du saumon : étrange !

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Il y a quelques jours je relatais une étude de cas clinique assez terrifiante, l’envahissement du corps d’un homme par des tumeurs générées par des cellules de ténia. Cette fois-ci il ne s’agit ni de ténia ni d’un être humain mais d’un parasite qui décime les fermes marines de salmonidés. Les saumons et les truites arc-en-ciel parasités deviennent fous et tournent en rond indéfiniment, ne se nourrissent plus et meurent. Leur cerveau a été parasité par une créature microscopique qu’on appelle un myxozoaire. Ce parasite obligatoire passe le plus clair de sa vie sous forme d’un amas de quelques cellules. Les poissons se contaminent en ingérant un ver annelé qui sert de véhicule aux entités infectieuses appelées actinospores :

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Jusqu’à une étude parue dans les PNAS par une équipe plurinationale de biologistes (en accès libre, voir le lien) on ne savait pas trop comment classer ce parasite dont l’ADN est l’un des plus petits pour un organisme vivant. Ce qui intriguait les zoologistes était la faculté qu’avait cette étrange créature à former une sorte de tentacule pour pouvoir s’accrocher à l’hôte et s’y incorporer car elle ne peut vivre à l’état libre, le Myxobolus cerebralis étant un parasite obligatoire (photo) constitué de seulement 4 à 6 cellules. Les tentatives de classification n’étaient pas concluantes et la seule manière d’élucider la nature de cette étrange créature a donc été le séquençage de son ADN.

Il s’est avéré que ce parasite est un proche cousin des anémones de mer, des méduses et des coraux. Et quand on dit proche, c’est un abus de langage car le myxobolus par exemple a perdu une très grande quantité de gènes par rapport à ceux d’une méduse et ne peut plus s’organiser en une structure multi-cellulaire complexe. Seule cette capsule présente sur les cellules du parasite et se transformant en un dard comme ceux des anémones de mer est un vestige de parenté avec les méduses et les coraux faisant également partie de la famille des cnidaires. On se trouve donc en présence d’un parasite qui est une forme dégénérée d’une méduse (ou d’une anémone de mer) avec plus de 75 % des gènes qui ont disparu. Des gènes commandant par exemple les interactions entre cellules et la différenciation cellulaire qui sont universels dans le règne animal ont disparu, les gènes Hox, présents aussi chez l’homme …

Le plus proche parent de ce parasite est un cnidaire appelé Polypodium hydriforme vivant en eau douce et parasitant les ovaires des esturgeons mais le lien de parenté s’arrête là car entre ces deux « cousins » génétiquement apparentés les différence sont de taille. Moins d’un tiers des gènes du polypodium se retrouvent dans le myxobolus ce qui rend ce dernier un parasite endocellulaire obligatoire avec les conséquences indésirables sur le système nerveux des salmonidés et également les dégâts économiques des éleveurs de poissons. Les êtres vivants d’adaptent pour engendrer des êtres étranges  !

Source : PNAS : www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1511468112

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/11/06/une-etude-de-cas-clinique-terrifiante/

Obésité : la « roue de secours » est la plus dangereuse

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Il y a toutes sortes d’approches pour caractériser le surpoids et l’obésité. La plus connue est la mesure de l’indice de masse corporelle qui est le quotient du poids exprimé en kg par le carré de la taille exprimée en mètres. Ça donne donc des kg/m2 et il y a fort heureusement de la marge. Une autre méthode pour connaître si on est dans la mauvaise pente est le rapport entre le tour de taille et le tour de hanches et c’est là que la situation se complique car on se trouve au devant d’une forme de surpoids pas nécessairement classé comme pathologique avec la mesure de l’indice de masse corporelle mais beaucoup plus dangereux pour la santé. C’est une étude réalisée sur 15000 adultes ( 52 % de femmes) âgés de 18 à 90 ans et suivis pendant 14 ans dans le cadre d’un programme mis en place par la Mayo Clinic à Rochester dans l’Etat du Minnesota qui a tiré l’alarme : la « roue de secours » est la forme la plus dangereuse de surpoids. La roue de secours est l’accumulation adipeuse autour de la taille et peut passer « inaperçue » quand on mesure l’indice de masse corporelle. L’étude a révélé que la morbidité induite par cette forme particulière de surpoids localisée était plus importante qu’un surpoids localisé sur l’ensemble du corps aussi bien chez les femmes que chez les hommes avec un triplement des risques de maladies cardiovasculaires ou de diabète.

L’hypothèse émise par l’équipe de médecins de la Mayo Clinic serait que l’accumulation de graisses au niveau du cœur, des poumons et de l’appareil digestif – foie, pancréas, intestins et estomac – provoque une multitude de pathologies triplant le risque de morbidité même si l’indice de masse corporelle n’est pas en lui-même dans la zone rouge.

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La normalité du rapport taille/hanche est de 0,7 pour les femmes et de 0,9 pour les hommes. Au delà il faut vite tirer la sonnette d’alarme. Mesdames et Messieurs prenez vite un mètre de couturière et faites votre test …

Source : DOI : 10.7326/M14-2525 (Annals of Internal Medicine) et mayoclinic.org