Sans énergie nucléaire difficile d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone.

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Stephen Tindale, ancien responsable de Greenpeace UK, était un farouche opposant à l’énergie nucléaire. C’était, dans les années 90 et 2000, le cheval de bataille de Greenpeace et la totalité des membres de cette organisation terroriste est toujours profondément allergique à l’uranium. Tindale claqua la porte de Greenpeace en 2007 se rendant à l’évidence que l’énergie nucléaire était la seule source d’énergie avec l’hydroélectricité qui pouvait apporter une solution économique et durable afin de contrecarrer le « réchauffement climatique ». Ce qui mit Tindale sur la voie de la prise de conscience de son erreur d’activiste anti-nucléaire fut l’alarme qui fut lancée à propos de la fonte du permafrost sibérien qui relâcherait les milliards de tonnes de méthane dans l’atmosphère provoquant à coup sûr, selon les climatologues mandatés par les Nations-Unies, un terrible réchauffement planétaire. Aujourd’hui Tindale reconnaît qu’il a eu tort d’abonder dans le sens de l’idéologie de Greenpeace et il est devenu un partisan actif de l’énergie nucléaire qui pour lui constitue une approche nécessaire pour résoudre le problème climatique.

L’approche de Tindale est la suivante. Pour atteindre un objectif zéro carbone il faudra au moins 60 à 70 ans de progrès technologiques et seule l’énergie électronucléaire type PWR actuelle ou de quatrième génération (surrégénérateur) pourra assurer cette transition. Pour Tindale, je reprends ses propos, « le tribalisme technologique de ceux qui sont impliqués dans le changement climatique constitue le plus grand échec à venir ». Si on décode son propos (voir le lien Youtube) ce qu’entend Tindale par tribalisme technologique est l’opposition inébranlable de Greenpeace et d’autres activistes tels que le WWF à l’énergie nucléaire en faveur des énergies dites renouvelables qui ne pourront pas assurer cette transition compte tenu de leur manque de fiabilité, de leur coût et de l’absence de technologies de stockage de l’énergie électrique à grande échelle pour pallier aux intermittences de ces sources d’énergie. Seule l’énergie nucléaire peut donc assurer cette transition.

Cette position est défendue par le Forum Européen de l’Atome (Foratom) en des termes réalistes. D’ici les années 2050, il faudra construire dans au moins 14 pays membres de l’Union Européenne pas moins de 100 réacteurs nucléaires pour atteindre entre 2025 et 2045 une énergie disponible de 122 GWe. Depuis la dernière publication du rapport de Foratom (PINC) en 2007 la situation a changé en Europe. Après la crise économique de 2007, l’accident de Fukushima et les tensions en Ukraine, il est apparu que l’énergie nucléaire restait malgré tout la solution la mieux adaptée pour faire face aux risques de réchauffement climatique. C’est dans cette optique que l’on ne peut pas déplorer qu’il y a en ce moment dans le monde plus de réacteurs nucléaires en construction que jamais auparavant. L’IPCC a d’ailleurs confirmé il y a quelques semaines que l’énergie nucléaire ne pouvait pas être contournée pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone. L’Union Européenne en est consciente et ce que Foratom soulignera dans son prochain rapport PINC est la nécessité pour l’Union Européenne d’adopter une approche non partisane afin de promouvoir l’énergie nucléaire en Europe. Les recommandations de Foratom mentionnent la nécessité de ne pas instituer de taxes spéciales sur le combustible nucléaire comme c’est le cas en Allemagne à la suite des pressions constantes des écologistes et d’abolir toute discrimination d’ordre idéologique entre les diverses technologies à faible empreinte carbone : éolien, solaire, hydroélectrique, nucléaire et biomasse.

Au niveau de la sureté des installations électronucléaires présentes et à venir, la Commission Européenne doit promouvoir une harmonisation des régulations ainsi que la R&D dans le domaine des réacteurs de quatrième génération. Quelle sera l’attitude des participants au COP21 au sujet de l’énergie nucléaire. Il y a tout lieu de penser que le fanatisme idéologique l’emportera sur le réalisme car, quelle que soit l’évolution du climat – vers le chaud ou vers le froid – il y a une majorité d’anti-nucléaires parmi les adeptes de l’Eglise de Scientologie Climatique, ce qui est tout à fait regrettable et dangereux pour l’avenir de la planète.

Sources : Foratom et World Nuclear Association, illustration capture d’écran du clip Youtube. Liens :

http://www.foratom.org/public/position-papers/8650-nuclear-indicative-programme-pinc/file.html

https://www.youtube.com/watch?v=Cc4L7D1_hKg&feature=youtu.be

Selon une information parue dans Les Echos de ce jour la Chine veut construire 5 à 8 centrales nucléaires par an d’ici à 2030. Ceci confirme cela.

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