Deux cent cinquante mille morts par morsures de serpents dans le monde (estimation optimiste)

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En juin 2016, le sérum « Fav-Afrique » anti-venin de serpents à spectre large fabriqué par Sanofi-Pasteur UK ne sera plus disponible car sa production a été arrêtée il y a quelques mois. La situation risque de devenir périlleuse dans de nombreux pays et pas que en Afrique car les estimations pour seulement l’Inde et le Bengladesh font état de cent mille morts par an à la suite de morsures de serpents du genre cobra à lunettes (illustration ci-dessus) et naja cracheur et la RDC ne dispose d’aucunes statistiques fiables alors que c’est un des pays les plus infestés de serpents en Afrique. Bref, la situation va donc devenir dramatique. Ces statistiques très imprécises ne font pas état du nombre de personnes amputées dans l’urgence d’une jambe ou d’un bras pour échapper à une mort certaine quand les dispensaires locaux ne disposent pas de sérum.
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Ce sérum est obtenu en immunisant des chevaux avec dix venins différents inactivés. Les gamma-globulines obtenues sont purifiées et conditionnées en ampoules qui ne peuvent pas être conservées plus de trois ans au réfrigérateur. Or dans la plupart des dispensaires de brousse il n’y a pas de réfrigérateur et donc pas de sérum. De plus ce sérum est coûteux, le traitement avec deux ampoules revient à 120 euros, soit une petite fortune pour un paysan camerounais qui s’est fait mordre par une vipère des tapis (Echis leucogaster, illustration ci-dessus) ou un mamba noir (Dendroaspis polylepis, illustration ci-dessous) dont il mourra en quelques jours à moins de se faire amputer du membre envenimé.

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Le Fav-Afrique, anciennement produit par l’Institut Mérieux à Marcy-l’Etoile en France sous un autre nom, contient un mélange d’immunoglobulines dirigées contre les venins de deux vipères, vipère du Gabon (illustration) et vipère heurtante, deux échides, trois mambas (illustration) et trois naja ou cobras (illustration). Il est coûteux à produire et vendu à perte le plus souvent à des associations caritatives. Voilà tout le problème qui ne semble pas poser de désagrément moral aux pays européens pour qui la mort de deux-cent mille personnes de plus ou de moins dans ces pays sous-développés est un épiphénomène.

On en est là. Des sociétés de produits pharmaceutiques tant en Afrique du Sud qu’au Mexique ou encore au Costa-Rica se sont penché sur ce problème mais il faudra plusieurs années pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché et des essais cliniques seront nécessaires pour obtenir cette autorisation. Qui paiera ? Les centres de recherche de l’armée française sont sur les rangs et ce n’est pas un hasard car comme toute armée dans le monde quand il s’agit de toxines, de venins et autres poisons les militaires sont particulièrement intéressés. L’armée française entretient des liens étroits avec les armées des différents pays africains francophones et les antennes de brousse de ces dernières sont parfois les seuls endroits où on peut encore se procurer du Fav-Afrique si le malade ne se trouve pas à des jours de marche … sinon il est condamné à la mort (pour le mamba et le naja en quelques heures) ou à une amputation pratiquée à la machette dans l’urgence.

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Les morsures de serpents sont classées parmi les maladies tropicales « négligées » ou pourrait-on dire négligeables parce tout le monde s’en moque : il n’y a aucun profit à réaliser.

Source : OMS et Associated Press, illustrations Wikipedia et AP

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