Bref billet d’humeur économique

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Les majors du pétrole, BP, Exxon et autres Total ne sont pas à court d’imagination pour réaliser des profits en ces temps de disette car ils souffrent tout autant de la chute des cours du pétrole – le WTI est passé sous la barre des 40 dollars en fin de semaine et le Brent s’en rapproche – que les pays producteurs comme l’Arabie Saoudite, la Russie ou le Vénézuela. Comme l’activité économique mondiale se ralentit en raison du trébuchement soudain mais prévisible de la Chine et qu’on est en passe de s’acheminer vers une crise encore plus profonde que celle de 2008, alors comme il n’y a plus de capacité de stockage du pétrole sur terre puisque les stocks sont énormes car la consommation diminue, ces majors réservent tous les gros tankers disponibles pour les remplir de brut et partir en haute mer en attendant que les cours remontent. Cette stratégie est d’autant plus abordable que le BDI (Baltic Dry Index) a atteint des profondeurs abyssales et qu’aucun affréteur n’ose plus se lancer dans l’acheminement de pétrole où que ce soit. Il faut en effet environ 6 dollars par baril pour payer la location d’un tanker et acheminer la cargaison à destination et comme les cours ne cessent de chuter, plus personne ne se risque dans ce business. Shell vient de réserver le TI Oceania, l’un des plus gros vaisseaux capable d’embarquer plus de 3 millions de baril, en faisant le pari que les cours remonteront aux alentours de 50 dollars. Ça revient tout de même et au mieux à 40000 dollars par jour de mettre à l’abri une telle cargaison en attendant des jours meilleurs … Le gros problème est que cette crise qui se profile pourrait durer un peu trop longtemps :

West Texas

au delà de 24 mois et si les cours ne sont pas revenus à 50 dollars le baril l’opération spéculative se transformera en une gigantesque perte nette. Il a fallu un peu plus de deux après la chute des cours de fin 2007 pour que le baril revienne à 100 dollars, les majors font donc ce pari risqué. Peut-être sont-ils mieux renseignés que n’importe quel analyste économique … rassurant n’est-il pas ? Heureusement que le FMI clame encore que la croissance de l’économie chinoise sera encore de 6,8 % en 2015. Ben voyons ! Le FMI semble ignorer que la consommation d’énergie de la Chine ne pourrait croître que d’à peine plus de 1,5 % cette année selon ces mêmes majors du pétrole qui ont naturellement pris en compte ce paramètre. Ce lundi 24 août 2015 toutes les bourses asiatiques chutent encore … Cherchez l’erreur !

Illustration TI Oceania (Wall Street Journal), 380 mètres de long, 68 mètres de large, tirant 24,5 mètres, imposant … Cours du WTI

Vol MH370 : la justice française dans le collimateur

Debris that has washed onto the Jamaique beach in Saint-Denis is seen on the shoreline of French Indian Ocean island of La Reunion, August 3, 2015. REUTERS/Jacky Naegelen

Debris that has washed onto the Jamaique beach in Saint-Denis is seen on the shoreline of French Indian Ocean island of La Reunion, August 3, 2015. REUTERS/Jacky Naegelen

Depuis le rapatriement du flaperon du boeing 777 du vol MH370 retrouvé sur une plage de l’île de la Réunion c’est la guerre des chefs en France entre le parquet, le BEA, la gendarmerie et la police, on ne sait pas trop. On peut même dire que c’est un vrai imbroglio et ça ne fait pas avancer la situation, bien au contraire. Pourtant depuis des dizaines d’années les enquêteurs des services de sécurité aérienne ont notoirement fait progresser la sécurité des vols avec des accidents devenus de plus en plus rares. En France comme d’ailleurs dans un certain nombre d’autres pays ces expertises sont disputées, c’est le cas de le dire, par diverses juridictions. Quand le crash du vol Germanwings eut lieu, ce fut presque une foire d’empoigne entre la gendarmerie et le pouvoir judiciaire, et vus de l’extérieur ces évènements révèlent l’organisation totalement ubuesque qui perdure en France car il n’est nullement défini qui est au service de qui ou de quoi.

Le pouvoir judiciaire français est impliqué dans cette enquête car 4 voyageurs français se trouvaient à bord du vol MH370 mais c’est la gendarmerie qui a retrouvé le morceau de flaperon sur une plage de la Réunion. Le BEA français est régulièrement sollicité puisque plus de 40 % des avions qui volent dans le monde ont été construit par Airbus en France. C’est assez facile à comprendre et pourtant la situation s’éternise alors que ce flaperon, correctement expertisé – on pense tout de suite aux barnacles, à leur âge, aux analyses qui pourraient éventuellement révéler la composition chimique des eaux dans lesquelles le flaperon a dérivé et pendant combien de temps il a dérivé, en d’autres termes quel chemin putatif ce flaperon a emprunté – pourrait constituer une lueur d’espoir pour les familles, pas seulement françaises, qui comptent parmi elles un disparu.

L’enquête est réalisée dans la plus profonde opacité avec l’interférence constante entre le Parquet et les services d’investigation du BEA. Et pourtant les enquêteurs doivent se conformer aux directives de l’organisation onusienne de l’aviation civile qui ont pour mission de prévenir de futurs accidents ( http://www.icao.int/Pages/default.aspx ). La mission de ces enquêtes n’est pas de désigner un coupable mais de prévenir que de tels accidents surviennent et d’améliorer la sécurité des aéronefs, selon Paul-Louis Arslanian, ancien directeur du BEA français.

On ne peut que déplorer que 17 mois après l’accident, la justice française se soit accaparée l’enquête pour la simple raison qu’un bout d’aile a été retrouvé sur une île française … Le BEA français ( http://www.bea.aero/index.php ) et son équivalent malais ont été tout simplement évincés de l’enquête et vu de l’extérieur, tant de Chine que de Malaisie ou d’Australie, ça commence à faire terriblement désordre. Quand un ATR 42-300 de Trigana Air Service s’est écrasé le 17 août 2015 en Indonésie, le BEA français a dépêché le lendemain trois enquêteurs à la demande du gouvernement indonésien. Que s’est-il passé à la Réunion ? La gendarmerie a récupéré la pièce « à conviction » et l’a livrée au pouvoir judiciaire français. Ce même puvoir judiciaire a convoqué le directeur du BEA afin qu’il livre à la police les derniers enregistrements des conversations dans le cockpit du vol MH370 ! Pire, les instances malaises, chinoises et australiennes impliquées dans l’enquête n’ont été convoquées que trois jours plus tard en France pour assister à l’inspection du flaperon sous le contrôle du Parquet et non pas du BEA. Le Ministre des Transports de Malaisie, Monsieur Liow Tiong Lai, a déclaré qu’il était déplorable que ce soit la justice française qui se soit emparée de l’enquête en violation des bonnes pratiques internationales d’enquêtes sur les accidents aériens.

Il est urgent de réformer ce système obsolète d’un pouvoir judiciaire français qui se réserve le droit absolu d’enquêter sur un accident qui a eu lieu à des milliers de kilomètres de Paris très certainement dans les eaux internationales. La crédibilité du BEA a été ternie par les tergiversations des juges et ravivé la risée de nombreux pays vis-à-vis de l’administration française. Si au moins ce genre de situation déplorable pouvait induire une nouvelle réglementation à l’échelle européenne mais on est en droit d’en douter. Toujours est-il que la confiance a été perdue et qu’il se pourrait bien que les juges en charges de l’enquête au niveau français fassent l’objet d’une plainte internationale pour manquement à la transparence et à la coopération qui constituent une entrave à la bonne poursuite des recherches … Triste France et comme le dit H16 ce pays est foutu !

Inspiré d’une dépêche de Reuters

Le glyphosate (et Monsanto) revient sur le devant de la scène

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Outre les articles consacrés à la supercherie éhontée du triste Séralini qui tenta de publier des expériences truquées sur les effets cancérigènes du glyphosate, j’avais également écrit quelques billets dans ce blog relatifs à cet herbicide (voir les liens) et les conclusions bâclées de l’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer, basé dans la bonne ville de Lyon) au sujet du glyphosate refont surface. Il ne faut en effet pas « lâcher le morceau » car tout est bon pour ternir l’image de la société Monsanto, l’une des pires bêtes noires des écologistes de tout poil. L’IARC n’est pas un centre de recherche au sens premier du terme mais une espèce d’usine à gaz rassemblant des fonctionnaires grassement payés par les Nations-Unies, donc par les impôts que paient les contribuables, qui pour 99 % d’entre eux ignorent tout de la biologie la plus basique. Aucune recherche digne de ce nom n’est effectuée dans le building de l’IARC que je connais bien pour y avoir erré plusieurs fois à la recherche de documents d’ailleurs introuvables. Dans cet endroit surréaliste quand on est familier d’un laboratoire de recherche en biologie il y a surtout des papiers et des ordinateurs. Ces fonctionnaires passent leurs journées à compiler les articles scientifiques mentionnant une molécule X ou Y pour pondre un rapport, le plus souvent sous l’influence de groupuscules écologistes (au sens politique du terme), afin d’influencer les régulateurs dans un sens prédéterminé.

La décision de classer le glyphosate comme probable (voir note en fin de billet) cancérigène a fait tellement de bruit médiatique que même Mademoiselle Ségolène s’en est personnellement émue, et ce d’autant plus qu’elle avait certainement eu vent en son temps des lamentables travaux de Séralini. On se trouve donc dans la continuation directe de ce combat organisé contre la société Monsanto et tous les moyens sont bons pour enfoncer le clou ! Le dernier en date des arguments susceptibles d’alimenter cette polémique idéologique est la soit-disante invasion incontrôlable de plantes invasives résistantes au glyphosate. Par exemple une plaie qui défigure la Californie est l’invasion des eucalyptus qui poussent spontanément n’importe où et favorisent finalement des feux de broussailles. Seul le glyphosate vient à bout de cette invasion. Les détracteurs du glyphosate prétendent que l’invasion de la vergerette, ou vergerolle du Canada (Conyza canadensis, voir illustration) est due au fait que cette plante est devenue résistante au glyphosate et qu’il n’existe plus d’outils chimiques pour s’en débarrasser. Pour ces raisons il serait alors préférable selon les écologistes d’interdire l’utilisation du glyphosate …

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Les compilation de l’IARC auraient décelé une corrélation entre l’apparition de myélomes et l’utilisation de glyphosate. Le souci dans cette étude réside dans le fait que les populations témoins utilisées dans ces études en comparaison de celles, agriculteurs, utilisant le glyphosate à des fins professionnelles se sont révélées être également utilisatrices de cet herbicides. En effet, une majorité de ces « témoins » rejetaient dans leurs urines du glyphosate car ils utilisaient ce produit pour désherber leur terrasse ou les allées de leur parc ou de leur jardin. Le glyphosate n’est en effet pas réservé aux agriculteurs et c’est ce point qui a ému Mademoiselle Ségolène. Autant dire que les conclusions de l’IARC sont sans valeur car aucune différence dans l’apparition de myélomes n’a pu être démontrée entre ces deux populations étudiées. Pour la petite histoire, s’il fallait aujourd’hui homologuer le vinaigre comme conservateur ce serait impossible car l’acide acétique est classé comme corrosif et peut attaquer l’épithélium de l’oesophage.

Sous peine de me répéter le glyphosate inhibe une activité enzymatique qui n’est présente que chez les végétaux. L’une des approches serait d’utiliser du glyphosate radioactif et d’identifier toutes les protéines et acides nucléiques humains ou d’origine animale sur lesquels il a tendance à se fixer avec une affinité notoire. Expérimentalement c’est très simple à réaliser, en termes scientifiques on parle de dialyses à l’équilibre sur des fractions sub-cellulaires, une technique triviale en biologie. On disposerait alors d’indications pour orienter des investigations plus détaillées. On peut douter que les fonctionnaires de l’IARC aient un jour entendu parler de cette technique et que l’IARC puisse disposer de tels moyens …

Toujours est-il que le lièvre a été levé et que tous les moyens sont devenus bons pour l’abattre, je veux parler du glyphosate.

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https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/01/quand-les-ecolos-se-prennent-les-pieds-dans-le-tapis/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/03/07/la-chimiophobie-une-nouvelle-maladie-incurable/

Note.  Probable : Étymologiquement ce terme signifie « pouvant être prouvé ». Ce n’est pas en compilant des articles scientifiques disparates n’ayant souvent aucun lien entre eux qu’on peut prouver quoi que ce soit. Les preuves ne peuvent être apportées qu’à l’issue d’expérimentations réalisées selon un protocole reproductible respectant les règles déontologiques élémentaires de la science sans qu’il n’existe initialement la moindre présomption sur les résultats finaux. Malheureusement la science est devenue prisonnière de l’idéologie dominante actuelle qui prône un retour à la nature telle qu’elle existait quand l’homme vivait encore dans des cavernes et se nourrissait des fruits de ses chasses et de ses cueillettes. Ce n’est pas avec de tels a priori idéologiques qu’on pourra faire progresser le savoir, certainement pas dans le domaine de la recherche sur le cancer.

Source : Associated Press

Le gène de l’obésité ? Pas de quoi en faire tout un pataquès médiatique !

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Encore un « non-évènement » scientifique qui a alimenté les rumeurs journalistiques : on a découvert le gène de l’obésité ! De plus ce genre de nouvelle stupidement reprise par des journalistes en quête de sensationnel représente un réel danger pour des centaines de millions de personnes dans le monde qui vont finir par se persuader qu’après tout c’est de la faute de leurs gènes s’ils ont de l’embonpoint. Ils continueront à se gaver jusqu’à en mourir prématurément … Ce n’est pas du tout ainsi qu’on peut honnêtement présenter la situation présente des recherches sur l’obésité. Ce qu’on vient de préciser, la découverte date déjà de plusieurs années (2007, doi:  10.1126/science.1141634 ), c’est la corrélation entre les modifications ponctuelles d’un unique gène et l’apparition de l’obésité mais de là à envisager un traitement préventif (ou curatif) il faudra attendre des dizaines d’années, pas de quoi donc se réjouir d’avance.

On comprend l’engouement journalistique quand on réalise une petite avancée dans la compréhension des mécanismes d’apparition du surpoids et de l’obésité, mais l’obésité infantile d’origine strictement génétique reste très rare, à peine 0,01 % de la population, soit une personne sur 10000. Or aux USA, en Arabie Saoudite et quelques autres pays le pourcentage de personnes en surpoids ou obèses atteint 60 % ! Il y a donc comme un fossé que la génétique ne peut pas expliquer clairement. L’obésité est le résultat de multiples facteurs dont la malbouffe et l’excès de malbouffe, le manque d’exercices physiques et un dérèglement progressif du métabolisme lorsque les tissus adipeux commencent à croître de manière anarchique et c’est un peu sur ce dernier point que les recherches se sont concentrées. Pourquoi certaines personnes peuvent se goinfrer ad libitum et ne grossissent pas alors que d’autres grossissent dès le premier plat de spaghetti ingurgité. Ce qui avait été montré par une équipe de biologistes de l’Université d’Oxford en 2007 est l’existence d’un lien entre l’apparition de diabète de type 2 et de l’obésité. Après une étude ayant porté sur des analyses génétiques de 3757 personnes souffrant de diabète de type 2 et en surpoids par rapport aux mêmes analyses conduites sur 5346 personnes ne souffrant pas de ces deux affections, il est apparu que le gène FTO, acronyme de FaT mass and Obesity, situé sur le chromosome 16 était significativement et systématiquement altéré dans le cas des obèses et diabétiques. Le problème était qu’on ignorait la fonction de ce gène et c’est là que réside l’avancée récente dans ce domaine de recherche. Les travaux publiés ce 19 août 2015 dans le NEJM (New England Journal of Medicine) précisent ce qui se passe au niveau des tissus adipeux et quelle est la cause première de l’obésité sans toutefois mentionner une quelconque approche thérapeutique possible.

Pour comprendre comment les choses se passent au niveau cellulaire l’équipe dirigée par le Docteur Manolis Kellis de la Harvard Medical School a étudié des cultures cellulaires de tissus adipeux provenant de 52 sujets répertoriés dans les banques de données génétiques qui étaient homozygotes pour un allèle à risque présentant des mutations ponctuelles sur le gène FTO appelé variant rs1421085 et ont comparé leurs investigations identiquement conduites avec 50 échantillons de tissus sous-cutanés de sujets ne présentant ni indice de masse corporelle supérieur à 24 kg/m2 ni diabète de type 2. L’étude s’est focalisée sur un certain nombre de paramètres permettant d’aboutir à une bonne représentation du métabolisme général du tissu adipeux et en particulier du métabolisme énergétique. Il faut rappeler en effet qu’il existe deux sortes de tissus adipeux, ceux qu’on appelle « bruns » car ils contiennent des mitochondries, les usines productrices d’énergie de l’organisme, qui sont naturellement brunes car elles sont colorées par des pigments impliqués dans la respiration, et il existe un tissu adipeux qu’on peut qualifier d’inutile, plus clair car il ne contient que très peu de ces mitochondries, qui ne sert qu’à accumuler des corps gras en provoquant le surpoids et l’obésité.

Pour déterminer dans quelle mesure ce gène FTO intervient dans l’apparition du tissu adipeux clair ou blanc, une accumulation de mauvaise graisse, une série de paramètres a été suivie, dont l’expression du taux d’expression de gènes impliqués dans le métabolisme énergétique. Pour utiliser une comparaison imagée de ce qui se passe dans l’organisme, il y a deux sortes de sources d’énergie, les sucres et les graisses. Les sucres, c’est comme de la paille, ça brûle vite et ce n’est utilisé qu’en cas d’urgence, en dehors du cerveau qui ne peut utiliser que cette source d’énergie. Les graisses sont comme le pétrole, elles sont beaucoup plus riches en énergie et constituent le réservoir disponible en continu à condition qu’elles soient correctement stockées dans les tissus adipeux bruns car les mitochondries sont capables de les dégrader rapidement pour satisfaire les besoins en énergie de l’organisme. Comme ce processus met en jeu des dizaines d’activités enzymatiques différentes, le seul moyen pour comprendre le rôle du gène FTO dans cette histoire était d’ « éteindre » les uns après les autres les gènes de chacune de ces activités en utilisant entre autres techniques l’outil fantastique que constitue le CRISPR dont j’ai déjà parlé dans plusieurs billets de ce blog.

Deux gènes dont l’expression a été démontrée comme étant sous la dépendance du gène FTO ont été identifiés et ils interviennent dans la thermogenèse, c’est-à-dire la dissipation d’énergie sous forme de chaleur par les mitochondries. Quand le gène FTO est défectueux, ces deux gènes (IRX3 et IRX5) sont plus intensément exprimés et les graisses ne sont plus « brûlées » normalement. Il en résulte une accumulation de ces graisses et une raréfaction progressive des mitochondries. Ces gènes codent pour des protéines favorisant une dissipation de l’énergie lors de l’oxydation des acides gras par les mitochondries. Le gène FTO, lorsqu’il est défectueux, et ces défauts sont légèrement plus fréquents chez les sujets obèses, conduit donc à une déviation du métabolisme qui ne produit plus de chaleur – processus participant à l’équilibre général de l’organisme – mais au contraire favorise l’accumulation de graisses, l’augmentation des triglycérides circulants et une diminution de la consommation d’oxygène.

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On en arrive donc à partir de ce qui est observé au niveau des cultures de cellules au tableau pathologique de l’obésité : le manque d’exercice physique correspond très exactement à la diminution de la demande en oxygène au niveau cellulaire, la non disponibilité des acides gras pour la fourniture d’énergie compte tenu de la raréfaction des mitochondries dans le tissu adipeux « inutile » conduit par voie de conséquence à une sensation de faim accentuée par le besoin de régulation de la température du corps qui ne peut plus être assurée par l’oxydation des graisses, d’où l’envie de sucreries et là c’est le cerveau qui décide, et le malade, car l’obésité est une maladie, n’a plus aucun pouvoir pour réfréner son emballement à se nourrir plus que de mesure.

Tout se passe donc au niveau du gène FTO qui apparaît, selon les travaux exposés dans ce récent article, être un facteur d’expression d’une série de gènes impliqués étroitement dans la thermogenèse et la balance énergétique des cellules et donc de l’organisme tout entier.

Il fallait trouver des preuves validant ce mécanisme de régulation et ce fut fait en utilisant des souris chez qui on avait « éteint » l’expression du gène IRX3. Le résultat fut presque spectaculaire car ces souris étaient incapables de prendre du poids quand elles étaient soumises à un régime riche en graisses, dépensaient plus d’énergie sous forme de chaleur et leur tissu adipeux était majoritairement « brun ». De plus elle consommaient plus d’oxygène de nuit comme de jour.

Le gène FTO perturbe donc non pas directement la modification des adipocytes du type « brun » utiles pour l’homéostasie vers le type « blanc » inutile mais en modifiant l’expression de quelques gènes seulement. Ce gène intervient déjà aux stades précoces de différenciation cellulaire conduisant soit aux adipolyses bruns soit aux adipocytes blancs inutiles. Cette étude lève donc un coin du voile masquant les mécanismes de l’apparition de l’obésité mais la prédisposition génétique n’explique pas tout, loin de là. Une hygiène personnelle générale restera toujours l’une des meilleures approches pour éviter de prendre inconsidérément du poids …

Les amateurs de science peuvent se plonger dans la lecture passionnante de l’article du NEJM disponible en ligne et dont voici le lien : DOI: 10.1056/NEJMoa1502214

Illustrations : Harvard University News Desk et Reuters

OGMs (3) : Le cas du riz doré, Greenpeace une organisation criminelle

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Au jour d’aujourd’hui 500 millions d’enfants en âge préscolaire dans le monde souffrent de carence en vitamine A. Chaque année entre 250 et 500000 d’entre eux deviennent aveugles et parmi ces derniers la moitié mourra avant la fin de l’année. Cet état de fait se situe essentiellement en Asie du Sud-Est où le riz constitue la principale source de nourriture. Or le riz est très pauvre en beta-carotène, le précurseur de la vitamine A, ceci explique cela.

Il y a 25 ans l’équipe du Docteur Ingo Potrykus de l’Institut Fédéral de Technologie à Zürich décida se se lancer dans la transgénèse du riz afin qu’il produise du beta-carotène. Pour Potrykus cette approche paraissait plus logique que de distribuer deux fois par an des pilules fortement dosées en vitamine A, un riz produisant lui-même le beta-carotène et consommé quotidiennement permettrait aisément de pallier à la carence en vitamine A, aux souffrances, aux infirmités et à la mort qui en sont la conséquence. Potrykus écrivit lui-même l’histoire du « riz doré » qu’on peut lire ici : http://www.goldenrice.org/PDFs/The_GR_Tale.pdf .

En 1999, après avoir réussi à incorporer un gène de bactérie et un autre gène provenant de la jonquille, le riz doré était né. Bill Clinton, alors président des Etats-Unis, se réjouit de cette avancée humanitaire indépendante des sociétés de l’agrochimie et enjoignit les sceptiques à le rejoindre dans son enthousiasme car il déclara que « ce riz pouvait sauver jusqu’à 40000 vies humaines chaque jour ». Comme on pouvait s’y attendre les organisations non gouvernementales opposées aux OGMs furent interloquées car ce projet humanitaire minait littéralement leurs objections au sujet de la transgénèse végétale appliquée aux cultures vivrières. En 2001, Benedikt Haerlin, le coordinateur anti-OGMs de Greenpeace, donna en France une conférence en présence de Potrykus. Il concéda que ce riz servait la bonne cause mais qu’il créait un réel problème de principe à son organisation. Ne pouvant pas déclarer que ce riz était un poison il argumenta sur le fait que selon lui ce riz doré ne produisait pas assez de carotène pour juguler la carence en vitamine A. C’était donc une opposition formelle purement technique de la part de Greenpeace qui préconisait plutôt d’aider les habitants de ces pays à cultiver dans leurs petits jardins privés des haricots ou des courges riches en vitamine A et si cette approche n’était pas suffisante l’autre recommandation de Greenpeace était de distribuer des pilules de vitamine A ou d’encourager la commercialisation de sucre, de farine ou de margarine enrichis artificiellement en vitamine A.

Il se trouve qu’en 2001, Greenpeace avait raison car le tout premier riz doré transgénique ne produisait effectivement pas assez de carotène. La Fondation Rockefeller qui finançait le projet de Potrykus avoua être d’accord avec Greenpeace mais contestait que l’approche préconisée puisse être viable sur le long terme compte tenu du fait que lors de la saison sèche il est très difficile de trouver des fruits et des légumes et que ces derniers sont très coûteux et inabordables pour les famille démunies qui n’ont que le riz pour survivre et n’ont même pas de jardin pour faire pousser quelques carottes. L’UNICEF emboita le pas de la Fondation et le projet du riz doré de Potrykus faillit bien sombrer dans l’oubli. La Fondation Rockefeller ne baissa pourtant pas les bras et continua à financer les travaux de Potrykus. Discrètement, même si Potrykus déclara haut et fort que la semence transgénique serait distribuée gratuitement aux fermiers sans exiger par la suite une quelconque redevance malgré la présence de brevets protégeant ce riz, la société AstraZeneca participa aussi au financement des travaux de l’équipe de Potrykus. En 2003 un riz doré produisant 8 fois plus de beta-carotène que la lignée originale fut enfin mis au point et deux ans plus tard c’était un riz, la version finale, qui produisait 20 fois plus de carotène. Tout était donc prêt pour l’expérimentation en vraie grandeur.

Mais pendant ce temps-là les pourfendeurs des OGMs n’avaient pas non plus baissé les bras. Ils faisaient feu de tout bois pour alimenter leur haine irraisonnée des plantes génétiquement modifiées. Le financement par la Fondation Rockefeller et le fait que ce riz était « protégé » par des brevets leur paraissait suspect. Ils prétendaient que jamais un Indonésien se risquerait à manger un riz qu’il ne connait pas ou qui ne lui a pas été transmis par ses ancêtres … un peu n’importe quoi.

Quand Potrykus annonça la mise au point de la version finale de son riz doré, les organisations opposées aux OGMs adoptèrent une attitude totalement irrationnelle en déclarant que les beta-carotène et la vitamine A à haute dose étaient dangereux pour la santé.

Pour argumenter leur nouvelle stratégie les Greenpeace et autres organisations comme The Institute of Science in Society, une obscure organisation créée par une dénommée Mae-Wan Ho, généticienne violemment opposée à toute forme de génie génétique peaufinèrent leurs arguments. Pour situer Mae-Wan Ho il faut rappeler que son organisation publia des pamphlets sur l’homéopathie, la mémoire de l’eau ou encore la médecine traditionnelle chinoise et la communauté scientifique digne de ce nom (mais elle est de plus en plus clairsemée) réfuta en bloc l’attitude pseudo-scientifique de Madame Ho. Toujours est-il que Greenpeace utilisa l’argument choc développé par cette généticienne qui déclara qu’une surabondance de vitamine A pouvait créer des malformations chez le fœtus. L’argument fut repris par un activiste anti-OGM, David Schubert, neurobiologiste de son état, sévissant au Salk Institute en Californie, qui déclara sans toutefois prendre trop de risques que tous les rétinoïdes pouvaient être peu ou prou tératogènes, entendez favoriser des malformations du fœtus, et qu’il était donc nécessaire de tester le riz doré avant de l’introduire dans l’alimentation. Il apparut que Schubert reprit un article faisant état de l’effet de la vitamine A sur l’apparition du cancer du poumon chez les fumeurs paru dans le NEJM en 1994 : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJM199404143301501 . Il tronqua sciemment en bon activiste anti-OGM qu’il était les conclusions qui montraient pourtant que la vitamine A réduisait l’incidence de cancers du poumon mais également que le traitement suivi et décrit dans cet article correspondait à 20 bols de riz doré quotidien en termes de carotène. Non seulement Schubert manipula les conclusions d’un article peer-review de haute qualité mais usa d’une réthorique mensongère auprès de la NRC (Nutrition Regulatory Commission) pour décrédibiliser les bénéfices du riz doré. Il avait, fort de sa position de directeur d’un laboratoire dans le prestigieux Salk Institute, écrit un rapport pseudo-scientifique totalement mensonger. Tous les lobbys anti-OGM sans exception citèrent son rapport qui précisait que « le riz doré a été génétiquement modifié pour surproduire du beta-carotène, les études montrent que certains rétinoïdes dérivés du beta-carotène sont toxiques et provoquent des malformations foetales ».

La stratégie des mouvements anti-OGMs au sujet du riz doré ressemblait étrangement à celle adoptée pour la toxine Bt : « pas assez » puis « beaucoup trop ». Etrange attitude de louvoiement entre deux extrêmes, une sorte de double jeu déconcertant … Pourquoi les opposants aux OGMs encourageaient-ils la culture de légumes riches en carotène ? On est en droit de supposer qu’ils font une distinction entre les beta-carotènes produits par le riz doré après transgénèse végétale et les beta-carotènes d’une vulgaire carotte. En d’autres termes si le beta-carotène du riz doré est toxique alors les carottes sont aussi toxiques ! Pour se sortir de leur pirouette sémantique les anti-OGMs, Greenpeace en tête, déclarèrent finalement qu’il n’était pas nécessaire de quantifier chaque vitamine ingérée dans l’alimentation tout en préconisant l’administration de pilules fortement dosées en vitamine A pour pallier aux carences et réclamaient des tests supplémentaires sur le riz doré. À franchement n’y rien comprendre. Ce que ces activistes oubliaient de mentionner comme d’ailleurs David Schubert est que l’organisme utilise ce qu’il lui est nécessaire pour toute vitamine et que le surplus est rejeté dans l’urine : http://umm.edu/health/medical/altmed/supplement/betacarotene . Comme à son habitude Greenpeace adopta alors une attitude franchement politique clamant qu’ « imposer le riz doré » était une atteinte aux libertés fondamentales et aux droits de l’homme et que pour cette raison le riz transgénique, quel qu’il soit, devait être interdit. L’attitude de Greenpeace consistait donc à obliger les gouvernements à favoriser la supplémentation en beta-carotène ou vitamine A et exactement comme pour le B.thuringiensis cette organisation approcha les multinationales de l’agroalimentaire pour supplémenter certains produits en vitamine A et en beta-carotène.

L’affaire prit une tournure presque violente aux Philippines où Greenpeace se battit pour faire interdire des essais plein-champ car il s’agissait de tout simplement bafouer les croyances religieuses, l’héritage culturel et le sens de l’identité des habitants. Aux Philippines, curieusement, ( http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15646309 ) la loi précise qu’il faut administrer aux enfants en âge préscolaire une pilule sur-dosée de vitamine A tous les six mois et aux femmes enceintes durant les premiers 28 jours de la grossesse. Des études ont cependant montré qu’il faudrait en réalité que les enfants reçoivent au moins trois doses par an. Bizarrement il semblait que Greenpeace était frappée d’amnésie car sur-doser en vitamine A une femme enceinte semblait tout à fait normal puisqu’il s’agissait d’une directive gouvernementale nonobstant les déclarations tonitruantes et malhonnêtes de David Schubert reprises par cette organisation et tous les activistes anti-OGMs sans exception. Si Greenpeace avait été en accord avec ses convictions jamais elle n’aurait apporté son support à un tel programme.

Plus incroyable encore fut l’attitude rétrospective de Greenpeace quand cette organisation apprit que les autorités chinoises avaient effectué un essai en vraie grandeur sur 24 enfants avec du riz doré dernière version en 2008 pour définitivement mesurer avec précision quelle était l’efficacité de ce riz sur la déficience en vitamine A. Au premier groupe d’enfants on donna du riz doré, au deuxième groupe du riz normal et des gélules de vitamine et au troisième groupe des épinards. Les résultats furent parfaitement concluants : un bol de riz doré préparé avec 50 grammes de riz suffisait à lui seul à satisfaire 60 % des besoins d’un enfant en carotène. Toutes proportions gardées le même résultat fut obtenu sur un groupe d’adultes. Il ressortit de cette étude que le riz doré était aussi efficace que les pilules et bien plus efficace que les épinards pour supplémenter l’organisme en vitamine A. On peut trouver cette étude ici : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3417220/ . Un comble pour Greenpeace, cette étude avait été réalisée en collaboration entre l’Académie de Médecine de Hangzhou, la Tufts University à Boston et le Baylor College of Medicine à Houston ! Greenpeace clama qu’il était inadmissible de traiter des enfants comme des animaux de laboratoire, sous-entendu la Chine est à leurs yeux un pays totalitaire (comme si Greenpeace n’était pas aussi une organisation totalitaire) et tout y est permis. Bref Greenpeace reprit ses arguments surannés selon lesquels aucune étude n’avait été effectuée sur les animaux permettant de prouver l’absence de toxicité de ce riz doré et que de toutes les façons David Schubert avait déclaré haut et fort que les caroténoïdes pouvaient être toxiques. Greenpeace s’alarma aussi du fait que les autorités compétentes qui avaient conduit ces essais n’avaient pas mentionné aux parents que le riz « qui fabriquait des carotènes » était en réalité un riz transgénique. Greenpeace, profondément offusquée, publia un communiqué de presse incendiaire à l’encontre des autorités chinoises en posant la question de savoir si les prochains cobayes ne seraient pas des petits Filipinos ! La Tuft University, sous la pression de Greenpeace, dut reconnaître qu’au cours de cette étude aucun aspect « santé » n’avait été sérieusement abordé mais qu’il ressortait seulement qu’un bol de riz doré chaque jour pouvait significativement améliorer la santé des enfants.

Ne savant plus vraiment où donner de la tête les dirigeants de Greenpeace exigèrent une recherche potentielle d’allergènes dans ce riz. Le résultat fut négatif ! Un autre argument, cette fois totalement délirant, fut que le changement climatique pourrait avoir un effet sur la stabilité génétique de ce riz et qu’enfin au cours des générations ce riz pourrait parfaitement devenir réellement toxique ! Vraiment n’importe quoi … Mais l’opiniâtreté de Greenpeace pour combattre les OGMs semble ne pas avoir de limites. Cette organisation réclama qu’on effectue une analyse génétique détaillée de toute plante transgénique afin de quantifier les sites d’intégration des gènes, le nombre de copies de gènes et les possibles réarrangements et délétions pouvant être intervenus lors de la manipulation génétique. Il se trouve, et tous les généticiens le savent, que la sélection assistée à l’aide de marqueurs créé beaucoup plus de modification génomiques indésirables que l’ingénierie génétique correctement réalisée. Monsanto, pour ne citer que cette compagnie, avait lancé un vaste programme de sélection végétale à l’aide de marqueurs il y a 3 ans. Le projet a été rapidement abandonné car il conduisit systématiquement à des impasses. L’idée était pourtant séduisante car une plante ainsi modifiée ne serait plus entachée par le label « GMO » et Monsanto aurait retrouvé l’estime de ces activistes viscéralement opposés aux OGMs.

La paranoïa des anti-OGM a atteint les limites du concevable. Par exemple le riz doré doit être interdit sinon les consommateurs ne se croiront plus obligés de manger d’autres légumes (sic) ou encore il apparaîtra des contrefaçons de riz doré coloré avec un pigment pas nécessairement de qualité alimentaire. Il y a deux ans Greenpeace a organisé une campagne de destruction systématique des rizières où était cultivé du riz doré aux Philippines. Greenpeace a récemment déclaré qu’ « en 10 ans le riz doré n’a pas atteint ses objectifs et il n’a pas amélioré la déficience en vitamine A ». Bel exemple de mauvaise foi. Greenpeace oublie que pendant ce temps-là des millions d’enfants sont morts de déficience en vitamine A : Greenpeace est tout simplement une organisation qui devrait être poursuivie pour crimes contre l’humanité.

Source : inspiré d’un article paru dans Slate.com, illustration Slate.com

OGMs (2) : Les produits « organiques » sont-ils plus sûrs ?

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En 1901 un biologiste japonais du nom de Ishiwata Shigetane découvrit qu’une bactérie du sol tuait les vers à soie. Il fallut attendre de nombreuses années pour mettre à profit le pouvoir de cette bactérie pour protéger les culture avec la toxine de cette bactérie appelée par la suite Bacillus thuringiensis par un biologiste allemand travaillant non plus sur le ver à soie mais sur la mite de la farine. Il observa les même effets toxiques de la bactérie et ce n’est qu’au début des années 70 qu’on commença à s’intéresser sérieusement à cette bactérie. On découvrit que sa toxicité pour les insectes – et seulement pour les insectes – était provoquée par une protéine codée par un plasmide, un petit ARN circulaire présent uniquement dans cette bactérie. On envisagea donc de cultiver à grande échelle cette bactérie pour la répandre sur les cultures et ainsi les protéger contre les insectes ravageurs puisque la toxine n’avait aucun effet sur les vertébrés. Dans les années 80 des biologistes belges eurent l’idée d’intégrer le gène codé par le plasmide dans des plants de tabac. Il faut mentionner ici que les premiers travaux de transgénèse végétale étaient presque exclusivement réalisés avec le tabac, non pas parce qu’ils étaient sponsorisés par les fabricants de cigarettes mais seulement parce que le tabac était une plante de laboratoire merveilleusement prolifique et facile à modifier génétiquement avec les techniques dont on disposait à l’époque. Le résultat ne se fit pas attendre quand on tenta de mettre des insectes suceurs sur les plants de tabac modifiés pour produire la toxine de la bactérie, Bt, ces derniers ne survivaient pas. Les agriculteurs applaudirent ces résultats prometteurs car ceux-ci allaient les dispenser de traitements phytosanitaires répétés et également, pour les agriculteurs dits « bio » de répandre à grands frais de la purée de bacille sur leurs champs de maïs ou leurs parcelles de légumes.

Les écologistes encore une fois ne l’entendirent pas de cette oreille et contre toute logique s’opposèrent immédiatement aux plantes génétiquement modifiées exprimant la toxine Bt. Alors que tout le monde s’accordait pour confirmer l’innocuité de la toxine pour les vertébrés dont l’homme et que ces écologistes préconisaient les bouillies de bacille aux producteurs « bio » pour conserver leur label « vert », d’un seul coup, parce qu’une plante modifiée génétiquement pour produire elle-même cette toxine, cette dernière devenait dangereuse parce que cette fois on avait affaire à une plante transgénique. Les premières plantes modifiées Bt apparurent à la fin des années 80 et l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) approuva les pommes de terre, le maïs et le coton Bt en 1995. Greenpeace se coalisa avec d’autres organismes non gouvernementaux – ils sont devenus quasiment gouvernementaux depuis – comme le Center for Food Safety, le Pesticide Action Network ou encore la fédération internationale des mouvements de l’agriculture organique (IFOAM) basée à Bonn en Allemagne pour intenter un procès à l’EPA. Les motivations de cette action en justice étaient les suivantes : possibilité de voir apparaître des insectes résistants à la toxine et possibilité d’être toxique pour les organismes vivants non ciblés par la toxine, traduisez les êtres humains !

Cette coalition d’écologistes purs et durs parlaient au nom de la protection de l’environnement alors que bon nombre d’agriculteurs inscrits sur la liste des plaignants opposés aux nouveaux OGMs Bt utilisaient les bouillies de bacille pour leurs propres productions agricoles, à n’y rien comprendre !

Greenpeace et ses partenaires se battaient pour protéger les producteurs de bacille et de coccinelles qui faisaient partie du business bio. Greenpeace avança sans aucune preuve à l’appui que les plantes transgéniques Bt contenaient jusqu’à 1000 fois plus de toxine que la purée de Bt répandue sur les plantes. Ils durent faire marche arrière en 2006 quand des enquêteurs mandatés par cette organisation s’aperçurent qu’en réalité les plantes transgéniques, dans le cas présent du maïs Bt cultivé en Espagne, ne contenaient que de très faibles quantités de toxine, à peine plus de 10 parties par million en moyenne dans la plante (voir le lien en fin de billet). Déconcertés par ce résultats, qu’entre parenthèses les biologistes de Monsanto connaissaient, les managers de Greenpeace changèrent leur fusil d’épaule et à court d’arguments décrétèrent que ces plantes transgéniques étaient de toutes les façons dangereuses pour la sécurité alimentaire animale et surtout humaine et qu’il n’y avait pas assez de toxine Bt exprimée pour que la plante soit vraiment résistante aux insectes ravageurs. Greenpeace s’appuya alors sur un argument totalement erroné en prétendant que la toxine Bt produite par la plante était activée et que c’était la raison pour laquelle il y en avait si peu dans les plantes transformées. Donc, dans la logique terrorisante de Greenpeace, puisqu’il en était ainsi cette toxine activée était donc dangereuse pour l’animal et l’homme puisqu’elle attaquait l’intestin des insectes, pourquoi pas celui de l’homme ?

Et c’est là que réside la rhétorique mensongère de Greenpeace. Il faut que soit présent dans l’intestin une protéine sur laquelle va se fixer la toxine Bt activée préalablement. Cette activation nécessite une activité enzymatique digestive particulière. Or les vertébrés ne possèdent ni cette activité enzymatique ni les récepteurs spécifiques au niveau de l’épithélium intestinal. Les curieux peuvent lire l’excellente revue citée ici en lien : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1899880/ . On y découvre, pour contrecarrer aussi l’argument fallacieux de Greenpeace relatif à l’apparition de résistance au Bt chez les insectes ravageurs qu’à ce jour plus de 140 toxines Bt ont été identifiées et que l’apparition d’une résistance est hautement improbable et si c’était le cas il existe une gigantesque panoplie dans cette famille de protéines pour contourner toute résistance pouvant éventuellement apparaître : http://www.lifesci.sussex.ac.uk/home/Neil_Crickmore/Bt/ .

Pour brouiller les cartes Greenpeace prétendit en 1999 que les plantes exprimant la toxine Bt étaient dangereuses pour l’environnement parce que la toxine n’était pas dégradée correctement dans le milieu naturel. Cette affirmation mensongère fut répétée de nombreuses fois mais elle contredisait l’autre affirmation consistant à dire que les quantités de Bt exprimées étaient trop faibles pour que la plante soit efficacement protégée contre les insectes ravageurs. Cette organisation réellement terroriste, à court d’arguments, monta de toute pièce une histoire de suicide de centaines de milliers d’agriculteurs indiens qui ne pouvaient pas acheter leurs semences de coton Bt et qui ne fut jamais prouvée dans les faits : http://blogs.discovermagazine.com/collideascape/files/2014/01/GMOsuicidemyth.pdf .

Avant même la mise au point de plantes transgéniques exprimant la toxine Bt pour leur propre protection contre les insectes ravageurs, cette toxine pulvérisée manuellement ou avec des machines sur les cultures avait été montrée comme étant l’insecticide le plus inoffensif dans le monde. À ce jour aucune corrélation de cause à effet n’a pu être démontrée sur un soit-disant effet néfaste de la toxine Bt que ce soit appliquée sur les plantes à l’aide de la bactérie vivante ou à partir de plantes transgéniques tant chez les animaux (vertébrés) que chez l’homme ( http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24041244 ) avec un retour d’expérience de maintenant plus de 30 ans, des dizaines de millions d’hectares de plantes Bt cultivées, des dizaines de milliards d’animaux nourris avec des préparations issues de plantes génétiquement modifiées sans parler du coton de nos chemises et de nos draps ou de l’huile de coton qu’on trouve dans n’importe quelle huile végétale pour cuisiner à la maison ou encore de la multitude de dérivés du soja ou du maïs transgéniques Bt utilisés dans l’alimentation.

Pour insister sur la malhonnêteté de cette organisation qui transparaît quand il faut trouver un nouvel argument permettant de justifier sa stratégie il y a cette mémorable histoire de persistance de la toxine dans les sols qui vient d’être brièvement mentionnée. En 2006 Greenpeace alerta le régulateur néo-zélandais du risque d’apparition d’insectes résistants à la toxine Bt en s’appuyant sur des études réalisées pour prouver la persistance de cette toxine dans le sol au delà de 200 jours. Selon Greenpeace si la toxine persistait aussi longtemps dans le sol alors des insectes pouvaient parfaitement s’en accommoder. Or les expériences conduites sur commande par Greenpeace, organisation qui prend bien soin de sous-traiter ses études pour ne jamais apparaître comme le responsable légal de ses allégations, furent réalisées non pas avec des plantes transgéniques mais avec le spray disponible commercialement et appelé DiPel, une émulsion de B.thuringiensis avec des particules d’argile. Le comble de l’ironie était que le but de l’action de Greenpeace était de protéger les agriculteurs « bio » des agriculteurs utilisant des plantes transgéniques Bt ! Même chose en Inde pour protéger les producteurs d’aubergines alors qu’une variété d’aubergine Bt venait d’être disponible pour les petits maraîchers indiens. Le souci avec la technique du spray de bactéries directement sur les plantes est qu’il est très coûteux et que dans certaines configurations il faut même faire appel à des hélicoptères. La propagande de Greenpeace précise bien dans ses recommandations qu’aucune partie des plantes ne doit être oubliée et de plus, selon les affirmations de cette même organisation il n’y a pas de souci à se faire car les protéines de la bactérie se dégradent en moins de deux semaines, il faut être logique avec soi-même ! Il faut donc effectuer des pulvérisations périodiquement et il n’y a aucun danger car les fruits et les légumes sont consommables presque immédiatement ! On croit rêver mais c’est pourtant la vérité : https://www.youtube.com/watch?v=vPQnphEJr98 !!!

Ce que Greenpeace oublie c’est que ces pulvérisation sont effectuées avec des bactéries vivantes et qu’elle persistent sur les aliments qu’on retrouve dans notre assiette « bio », des études réalisées au Danemark et en Chine l’ont montré. On retrouve même ces bactéries dans le lait … Le business de la pulvérisation de Bt représente un chiffre d’affaire d’environ 2 milliards de dollars par an. Aux USA seulement on a retrouvé la bactérie sur près de la moitié des tomates et plus de 60 % des brocolis, des choux-fleurs et des choux. Le plus hallucinant est que ce sont les gouvernements qui promeuvent l’agriculture dite « bio » sous prétexte que les plantes transgéniques Bt contiennent plus de toxine Bt alors que dans les faits c’est exactement le contraire. En Allemagne on estime que 125 kilos de pesticides bio sont pulvérisés par hectare et par an, en termes de toxine Bt cela représente 25 fois plus de toxine que ce que peut introduire une plante génétiquement modifiée Bt quelconque, bonjour la qualité des aliments !

Pour ajouter à l’attitude totalement ridicule de Greenpeace qui encourage les pulvérisations de bio-pesticides, devinez qui les commercialise ? Monsanto, Syngenta, Bayer, DuPont et BASF, ceux-là même qui ont développé et commercialisent aussi les plantes transgéniques. Ces grandes compagnies se frottent les mains car elles ont compris que les actions de Greenpeace et d’autres organisations comme l’Organic Consumers Association leur avaient ouvert le marché. DuPont a investi pas moins de 6 milliards de dollars pour être prêt à satisfaire la demande sans cesse croissante en bio-pesticides ! C’est proprement hallucinant de constater que Greenpeace et les autres ONGs qui répandent la terreur se sont fait prendre dans leur propre piège. Le combat contre les OGMs est devenu un faux prétexte mais il n’est pas question pour Greenpeace de l’abandonner, ce serait une catastrophe pour la réputation de cette organisation.

Alors, pour ne pas perdre la face, on voit encore des publications mensongères paraître dans des revues scientifiques qui n’existent même pas. GreenMedInfo, un site d’information des adeptes de l’agriculture organique a créé le « buzz » en livrant une information précisant que les plantes transgéniques type Bt ou RoundUp Ready favorisaient l’apparition de leucémies. C’était en 2013. L’article fut publié dans une revue inconnue qui n’existait pas auparavant ( http://www.esciencecentral.org/journals/ArchiveJHTD/jhtd-archive.php?month=April&&year=2013 ) ce qui est déjà suspect, et ce qui est encore plus suspect est que cette étude émane d’un obscur laboratoire de l’Université de Brasilia et qu’elle se garde bien de conclure si on lit l’article dans son intégralité (ce que j’ai fait).

Le dernier combat de Greenpeace reste donc l’étiquetage informatif. Et là c’est du business pour cette organisation car elle est devenue experte dans le domaine de l’intimidation et de l’arnaque des sociétés qui ne veulent pas se plier à ses injonctions « vertes ». Greenpeace a fait une fixation sur les plantes transgéniques et on vient de le voir à l’évidence avec les plantes Bt au détriment de la sécurité des consommateurs : la culture bio est un leurre, elle n’est pas rentable car non compétitive, elle appauvrit les consommateurs persuadés qu’elle sera meilleure pour leur santé ce qui est loin d’être le cas et elle n’est encore une fois réservée qu’à ceux qui ont les moyens de payer beaucoup plus cher leur nourriture. Finalement on peut dire que cette longue campagne anti-OGMs n’est qu’un mensonge de plus qui passe auprès de 60 % de la population car il suscite la peur, une peur orchestrée et montée de toute pièce sur la base de mensonges et de contradictions par Greenpeace et toutes les organisations qui en suivent l’idéologie.

Source : billet inspiré d’un article paru dans Slate.com, illustration Slate

https://www.testbiotech.org/sites/default/files/How%20much%20Bt%20toxin%20produced%20in%20MON810_Greenpeace.pdf

OGMs (1), l’odeur du triomphe de la papaye transgénique

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Il y a une vingtaine d’années les producteurs de papaye d’Hawaï vivaient de graves incertitudes pour leur avenir car les papayers étaient décimés les uns après les autres par un virus pas seulement pathogène pour le papayer mais également dévastateur pour les cucurbitacées, melons, pastèques, cornichons et autres courges. Le virus est transmis par les pucerons et le seul moyen de protéger un verger de papayer est d’utiliser des quantités massives d’insecticides afin d’exterminer jusqu’au dernier puceron pour prévenir l’extension de ce virus. Lorsque l’on mange un quartier de papaye (ou éventuellement de melon) on est pratiquement certain, si la peau du fruit n’est pas uniformément jaune et présente des taches circulaires vertes (ringspot, d’où le nom anglais de ringspot virus) que le fruit et la plante sont infestés par le virus.

Inspiré par des travaux réalisés par la société Monsanto sur la résistance aux virus le Docteur Dennis Gonsalves de la Cornell University eut l’idée de faire exprimer par le papayer la protéine de l’enveloppe du virus dans le but de perturber sa multiplication après une infestation par un puceron. Ça se passait au milieu des années 1990 et Monsanto, qui n’était pas intéressé par cette technique car les retombées économiques attendues étaient négligeables, céda la licence de l’utilisation de ses constructions d’acides nucléiques utilisées au cours de la transgénèse à l’Université de Cornell à un groupement de fermiers hawaiiens. L’idée de Gonsalves se révéla immédiatement efficace sans modifier les propriétés organoleptiques des papayes, les papayers étaient devenus résistants au virus, ils avaient été en quelque sorte « vaccinés ». Les fermiers reçurent des semences transgéniques gratuitement et depuis lors les papayers d’Hawaii sont en bonne santé, il y a toujours le virus et des pucerons mais la plante est devenue résistante.

L’histoire ne s’est pas déroulée aussi simplement qu’on pourrait le croire car des activistes écologistes opposés aux plantes transgéniques commencèrent immédiatement leur travail de sape idéologique. Malgré le fait que depuis que l’archipel produit des papayes transgéniques personne ne s’est trouvé incommodé par la présence de la protéine du virus alors que la plante est toujours infestée mais sans symptômes par ce virus, les écologistes ont répandu le doute et la papaye transgénique faillit être interdite à Hawaii. L’un des arguments des écolos, puisque le monde scientifique et les régulateurs (FDA) avaient prouvé qu’il n’y avait aucun risque pour la santé des consommateurs, fut que ce gène pouvait être transmis à d’autres virus en créant alors un nouveau virus encore plus pathogène. Greenpeace organisa la destruction de plantations expérimentales de papayers organisées par l’Université d’Hawaii arguant qu’il s’agissait de « pollution génétique » et qu’aucune étude sérieuse n’avait été réalisée pour prouver l’innocuité de cette transformation génétique sur la santé humaine.

Tous les arguments, y compris les plus rocambolesques, furent utilisés pour terroriser la population. Un article paru en 2002 incriminait une similitude entre la protéine du virus exprimée par le papayer transgénique et un facteur qui augmentait la production d’une immunoglobuline E ce qui pouvait constituer un danger pour la santé ( http://www.biomedcentral.com/1472-6807/2/8 ). Sur les 280 amine-acides de la protéine virale seulement une séquence de 6 amino-acides consécutifs coïncidait avec l’allergène stimulant la fameuse immunoglobuline E qui se trouvait être une protéine sécrétée par l’oxyure, un parasite intestinal commun, c’est dire à quel point l’argument était tarabiscoté ! Il n’en fallut pas plus pour affirmer haut et fort que la papaye transgénique pouvait déclencher des réactions allergiques. La même méthodologie fut utilisée pour déterminer si la toxine Bt exprimée par le maïs ou le coton (à l’époque, c’est-à-dire en 2002) risquait d’être allergène. On trouva également des analogies de séquence entre la toxine Bt et pas moins de 50 protéines du maïs ! Ces analogies se retrouvaient sur des portions de séquences de 6 amino-acides. Mais au delà de séquences de 8 amino-acides consécutifs aucune analogie ne put être établie. Cet article concluait que ce type de recherche était fallacieux et qu’il ne pouvait en aucun cas alimenter la polémique sur d’éventuelles propriétés allergènes nouvelles après introduction d’un gène étranger dans une plante. Les conséquences structurales de ce type d’analogies ne présentaient aucune signification biologique susceptible d’être sérieusement retenue ( http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12218366 ).

Ces activistes ont sciemment ignoré un article paru à peu près au même moment qui déniait tout effet allergène de la protéine du parasite intestinal démontant ainsi l’argumentation hautement fallacieuse développée à dessein pour discréditer la papaye transgénique ( http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC130290/ ).

Greenpeace n’en resta pas là et organisa une campagne de dénigrement, cette fois en Thaïlande, allant jusqu’à saccager en 2004 une plantation de papayers transgéniques en considérant qu’ils s’agissait d’une véritable « bombe à retardement ». Toutes ces actions spectaculaires et médiatisées, c’est là la spécificité de Greenpeace, n’avaient aucune justification scientifique rigoureuse. Les fermiers hawaiiens, qui entrevoyaient un espoir de survie avec le papayer transgénique, se trouvèrent confrontés à un nouvel ennemi : la mouvance écologiste !

Entre 2006 et 2010, une série d’études contredit les affirmations sans fondement scientifique avancées par Greenpeace : aucun allergène ne put être identifié en établissant une recherche sur 8 amino-acides consécutifs. Il fut également démontré que cette protéine était clivée en quelques secondes dans l’estomac. De plus les papayes non transgéniques et présentant les symptômes caractéristiques d’une attaque par le ringspot virus contenaient jusqu’à 8 fois plus de protéine virale que les papayes issues de papayers transgéniques résistant au virus.

Le Japon autorisa la culture de la papaye transgénique en 2011 considérant qu’il n’y avait aucun argument valable pour interdire cette culture (voir le lien en fin de billet) et la Chine suivit quelques mois plus tard.

Il faut donc se rendre à l’évidence que les pourfendeurs des OGMs n’ont que deux choix possibles : ou bien il leur faut reconnaître que leurs arguments n’ont aucune valeur scientifique et qu’ils se sont fourvoyés par pure idéologie ou alors ils persévèrent dans leur obscurantisme et continuent à semer la terreur apocalyptique que constituent les plantes transgéniques. Ces idéologues ont choisi de persévérer dans leur loufoquerie et poussèrent le Conseil de la plus grande île, Hawaii, à interdire le papayer transgénique. Pour mes lecteurs la ville d’Honolulu et Pearl Harbor se trouvent sur l’île d’O’ahu. Un membre de ce Conseil, une dénommée Margaret Wille, pourtant activiste anti-OGM bien connue, dut se rendre à l’évidence, il n’existait aucun argument objectif contre la culture du papayer transgénique à Hawaii, les récents travaux réalisés au Japon et en Chine le démontraient clairement. De plus elle reconnut que Monsanto n’avait rien à voir avec les papayers transgéniques et les arguments avancés par les agriculteurs qui ne traitaient plus leur culture avec des pesticides conforta sa décision d’exempter le papayer de l’interdiction des plantes transgéniques dans l’archipel. Margaret Wille opéra donc une sorte de reniement du dogme écologique consistant à classer les plantes transgéniques parmi des perturbateurs de la nature sans toutefois perdre la face car elle obtint l’interdiction de l’introduction dans l’archipel d’autres cultures génétiquement modifiées.

Son ami et collègue Jeffrey Smith, également membre du Conseil de l’île et écologiste notoire, persista dans ses idées et bien que n’ayant strictement aucune culture scientifique – sans faire d’humour – persista en listant dans une sorte de logorrhée délirante tous les inconvénients des OGMs. Il déclara que l’ARN introduit dans la papaye (sic, il ignorait donc à l’évidence tout des procédés de la transgénèse) pouvait perturber les gènes des consommateurs et que les protéines nouvelles étaient susceptibles de modifier l’immunité des êtres humains, qu’elles rendaient plus sensible aux virus du SIDA et de l’hépatite et qu’elles induisaient l’apparition de cancers pour cette raison. Il fut soutenu dans son discours par un agronome de l’Université, un dénommé Hector Valenzuela qui prétendit qu’aucune étude sérieuse n’avait été faite sur la santé humaine ou animale alors qu’à peine deux mois plus tôt une publication relatait l’absence d’effet sur les rats nourris avec des papayes, comme si la vraie science n’existait pas pour ces activistes empêtrés dans leur dogmatisme ( http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/jf305036x ). Smith et Valenzuela prétendirent que la FDA était noyautée par les sbires de Monsanto. Plus incroyable encore ces deux tristes individus prétendirent aussi que parmi les messages révélés par Wikileaks figuraient des instructions précises à destination des régulateurs japonais émanant du gouvernement américain pour faire approuver la papaye transgénique au Japon. Jamais ce dernier point n’a pu être confirmé par les analyses scrupuleuses des dépêches et messages révélés par Wikileaks.

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Aujourd’hui, dans les magasins de fruits et légumes on trouve des papayes transgéniques avec un label qui précise seulement que ces fruits ont été artificiellement modifiés pour permettre de réduire l’usage de pesticides par les agriculteurs mais on omet de dire que ces fruits ne présentent aucune différence nutritionnelle par rapport aux fruits non modifiés. Finalement, pour conclure cette sombre histoire, les écologistes ont réussi à semer le doute dans l’esprit des consommateurs sans jamais apporter de preuves irréfutables à l’appui de leurs arguments pour la simple raison qu’il n’y en a pas … Le doute persiste et c’est là que réside l’effet hautement néfaste de ces organisations qui nient ouvertement la vraie science, celle qui n’est pas prisonnière de l’idéologie et de la politique.

Source : adapté d’un article paru dans Slate.com, illustrations Wikipedia et Slate.

http://gain.fas.usda.gov/Recent%20GAIN%20Publications/Japan%20approved%20GM%20papaya_Tokyo_Japan_12-19-2011.pdf