Le retour de l’énergie nucléaire au Japon, 70 ans après Hiroshima et Nagasaki

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Le dix août, la Kyushu Electric Power Company va remettre en fonctionnement le réacteur nucléaire Sandai 1, soixante-dix ans et quatre jours après le bombardement par les Américains de la ville d’Hiroshima et soixante-dix ans et un jour après celui de Nagasaki, deux villes également situées sur l’île de Kyushu, 4 ans et 5 mois après le grand tsunami qui frappa le Japon et provoqua l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi. Le combustible est déjà chargé et les tests finaux sont en cours sous la supervision de l’autorité de régulation (NRA), un organisme indépendant créé après le grand tsunami et l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires du Japon. Le personnel a suivi une formation extrêmement stricte pour parer à tout incident en accord avec le cahier des charges imposé par la NRA. Ce cahier des charges a contraint les compagnies d’électricité à réaliser des investissements nombreux, coûteux et variés pour améliorer la sécurité des installations nucléaires et pouvoir intervenir en cas de nouvelle grande catastrophe naturelle. L’unité de Sandai 1 a passé avec succès tous les tests et ceux ultimes de l’approbation populaire qui a demandé beaucoup de temps en raison du forcing des opposants au nucléaire. L’unité 2 du même site devrait également être opérationnelle dans les prochains mois.

La facture d’électricité des Japonais à doublé en 4 ans. L’arrêt de l’ensemble du parc nucléaire du pays a lourdement affecté l’équilibre économique du pays, les importations de charbon, de pétrole et de gaz naturel liquéfié ont en effet pénalisé non seulement les particuliers mais l’ensemble de l’économie qui ne s’en est sortie que grâce à l’abnégation, au sens civique et à l’opiniâtreté des Japonais dans leur ensemble. La facture énergétique japonaise a en effet augmenté de 30 milliards de dollars par an depuis le grand tsunami. Qu’en est-il du futur ? Le METI est pragmatique et ne s’est pas engagé dans des programmes « renouvelables » intenables. Il se limite à un programme dit S+3E, c’est-à-dire sécurité, efficacité énergétique, efficacité économique et conservation environnementale. La réduction de l’utilisation de combustibles fossiles carbonés ne pourra se faire qu’avec la remontée en puissance des quelques 20 réacteurs nucléaires considérés par la NRA comme aptes à être remis en fonctionnement pour atteindre environ 22 % du package énergétique électrique du pays. Au nucléaire s’ajouteront quelques aménagements hydroélectriques pour atteindre au mieux 9 % et les autres sources d’électricité renouvelables (vent, solaire et biomasse) n’atteindront pas plus de 14 % à l’horizon 2030. Cette réorientation en douceur permettra de diminuer la dépendance aux combustibles fossiles de 88 % actuellement à au mieux 55 % à cet horizon 2030. Par ailleurs la société Mitsubishi développe avec ses partenaires américains et chinois des réacteurs nucléaires dits modulaires dont la mise en place quasiment en série pourra être envisagée dès les années 2025. Ces « petits » réacteurs, tout de même 375 MWe soit la taille d’une centrale au charbon, seront beaucoup plus résistants aux tremblements de terre, une dimension mieux adaptée pour un pays qui subit plus du cinquième des tremblements de terre de toute la planète. Enfin le METI n’exclut pas la réouverture du programme neutrons rapides, créneau dans lequel le Japon a toujours été présent.

Source : Japan Atomic Industrial Forum ( jaif.or.jp ), illustration Asahi Shimbun

3 réflexions au sujet de « Le retour de l’énergie nucléaire au Japon, 70 ans après Hiroshima et Nagasaki »

  1. Ping : 70 ans après Hiroshima et Nagasaki, le retour du nucléaire au Japon | Contrepoints

  2. Que pensez vous du dernier article paru dans sciences et vie qui citant un rapport de l’Ademe, annonce que la France peut se passer totalement de l’énergie nucléaire ?

    • D’une part je ne lis pas Science et Vie qui est un magazine truffé d’erreurs grossières et d’autre part on peut se passer totalement de l’énergie nucléaire, certes, mais par quelle source d’énergie pourra-t-on la remplacer ? Ce sera du gaz russe ou du pétrole saoudien, il n’y a pas d’autres alternatives car les énergies dites renouvelables ne sont pas fiables. Maintenant si vous êtes un adepte du retour en arrière tel que le prêchent les écologistes, vous pouvez toujours aller vivre dans une grotte et vous éclairer avec une lampe à huile. Enfin, l’ADEME, un organisme que je connais bien pour l’avoir fréquenté quand j’étais consultant auprès d’EDF – il y a longtemps – , était et est toujours un nid d’écologistes purs et durs totalement déconnectés des réalités économiques. Prenez l’exemple de ce qu’on appelle pompeusement le biogaz. Savez-vous que les problèmes de corrosion provoqués par les dérivés soufrés émis par les bactéries dans un fermenteur à fumier ou lisier n’ont toujours pas été résolus ! Cela fait plus de trente années que les ingénieurs se cassent les dents sur ce détail mais on prend la précaution de ne surtout pas en parler …

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